dimanche 25 juin 2017

A propos de la lettre Amoris Laetita et des questions qu'elle pose


Très Saint-Père,


Cardinal Caffara
C’est avec une certaine trépidation que je m’adresse à votre sainteté, pendant cette période du temps pascal. Je le fais au nom des très éminents cardinaux, Walter Bandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner, et en mon propre nom.

Nous voulons d’emblée renouveler notre dévouement absolu et notre amour inconditionnel pour la chaire de Pierre et pour votre auguste personne, en laquelle nous reconnaissons le successeur de Pierre et le vicaire de Jésus : le « Doux Christ en terre », ainsi que sainte Catherine de Sienne aimait à le dire. Nous ne partageons en rien la position de ceux qui considèrent que le siège de Pierre est vacant, ni celle de personnes qui veulent attribuer à d’autres la responsabilité indivisible du munus pétrinien. Nous sommes mus seulement par la conscience de la grave responsabilité qu’entraîne le munus des cardinaux : être des conseillers du successeur de Pierre en son ministère souverain. Et du sacrement de l’épiscopat, qui nous a « établis évêques, pour gouverner l’église de Dieu, qu’Il a acquise par son sang ».

Cardinal Meisner
Le 19 septembre 2016, nous avons remis à Votre Sainteté et à la Congrégation pour la Doctrine de la foi cinq dubia, vous demandant de résoudre des incertitudes et d’apporter la clarté sur certains points de l’exhortation apostolique post-synodale, Amoris laetitia.

N’ayant reçu aucune réponse de Votre Sainteté, nous avons pris la décision de vous demander, respectueusement et humblement, de nous accorder une audience, ensemble si Votre Sainteté le désirait. Nous joignons, comme c’est l’usage, une feuille d’audience dans laquelle nous présentons les deux points dont nous voudrions nous entretenir avec vous.

Très Saint-Père,
Cardinal Brandmüller
Un an a donc passé depuis la publication d’Amoris laetitia. Pendant ce laps de temps, des interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation postent synodales ont été publiquement données, qui ne sont pas divergentes par rapport au magistère permanent de l’Eglise, mais qui lui sont contraires. Malgré le fait que le Préfet de la Doctrine de la foi a déclaré de manière répétée que la doctrine de l’Eglise n’a pas changé, de nombreuses déclarations ont paru, de la part d’évêques individuels, de cardinaux et même de conférences épiscopales, approuvant ce que le magistère de l’Eglise n’a jamais approuvé. Il ne s’agit pas seulement de l’accès à la Sainte Eucharistie pour ceux qui vivent objectivement et publiquement dans un état de péché grave, et qui ont l’intention d’y demeurer, mais aussi une conception de la conscience morale qui est contraire à la tradition de l’Eglise. Et donc il advient –  combien douloureux est-il de le constater ! –  que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, que ce qui est interdit dans l’archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte. Et ainsi de suite. Cela remet en mémoire l’amère observation de B. Pascal : « Plaisante justice qu’une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

Cardinal Burke
De nombreux fidèles laïcs compétents, profondément amoureux de l’Eglise et indéfectiblement loyaux à l’égard du siège apostolique, se sont tournés vers leurs pasteurs et vers Votre Sainteté afin d’être confirmés dans la sainte doctrine en ce qui concerne les trois sacrements du mariage, de la confession, et de l’eucharistie. Et en ces jours-même, à Rome, six fidèles laïcs, de chaque continent, ont présenté un séminaire d’études très fréquenté sous le titre significatif : « Apporter la clarté. » Face à cette grave situation, qui fait que de nombreuses communautés chrétiennes sont en train d’être divisés, nous ressentons le poids de notre responsabilité, et notre conscience nous oblige à demander humblement et respectueusement une audience.

Que Votre Sainteté se souvienne de nous dans vos prières, de même que nous nous engageons à nous souvenir de vous dans les nôtres, et nous demandons le don de votre bénédiction apostolique.

+ Carlo Card. Caffarra
Rome, 25 avril 2017
Fête de Saint Marc l’évangéliste





samedi 24 juin 2017

Coeur immaculé de Marie, Refuge des pécheurs, priez pour nous

Coeur Sacré de Jésus
Vie nouvelle de Henri-Marie Boudon, par Mgr. Matthieu, Archevêque de Besançon

De toutes les pratiques dont la piété se sert pour honorer la sainte Vierge, celle qui plaisait le plus à l’âme tendre de Boudon était la dévotion à son saint cœur. Il vit avec transport cette dévotion se propager et s’étendre par les soins du P. Eudes malgré les oppositions, de l’esprit de parti et la répugnance de ceux que ses clameurs intimidaient. Il s’empressa d’attacher ses jeunes condisciples au culte de ce cœur compatissant et de le leur montrer comme le canal de toutes les grâces et de toutes les bénédictions célestes.

Coeur immaculé de Marie
Des considérations si consolantes devaient agir puissamment sur leur esprit ; aussi la fête du cœur de Marie fut elle mise au rang des principales fêtes de la congrégation. On se servit pour la solenniser du livre que venait de publier le célèbre missionnaire qui mettait sous son appui sa société naissante. Tous les jours, on récitait les litanies qu’il avait composées en son honneur devant un tableau que Boudon avait fait faire et qui représentait les cœurs de Jésus et de Marie environnés d’anges adorateurs avec ces paroles : Cor Jesu et Mariœ cœtûs nostri gloria.

Ce tableau était l’unique ornement de la salle où ils se réunissaient comme pour leur montrer que rien ne devait les distraire de l’application à ces objets sacrés. Ils les saluaient en y entrant par d’humbles génuflexions ou par des exclamations courtes et vives qui marquaient qu’ils avaient placé en eux toute leur force et toute leur espérance.


vendredi 23 juin 2017

Coeur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous et sauvez nous ! Apprenez-nous à aimer et nous offrir à vous

La Basilique du Sacré-Coeur et du Christ-Roi, Voeu national de la France en expiation des erreurs de la Révolution et de la Commune de Paris. Adoration, Offrande, Expiation !
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 155
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DIEU SEUL

Il est l'heure d'aimer !
Mon cher Monsieur ;

Vous m’avez donné une consolation bien grande de m’apprendre les saints mouvements que la grâce inspire pour honorer le très saint Cœur.

~ C’est une grande marque que Dieu tout bon a dessein de se servir de ces bons messieurs pour sa gloire en leur donnant une application si spéciale au Cœur qui a attiré le Fils bien aimé du Père éternel en notre terre, et dont il a bien voulu recevoir sa vie humaine après son incarnation, dans les pures entrailles de la très sainte Vierge.

Si un Dieu a bien voulu se servir de ce Cœur très aimant et tout aimable pour en tirer sa vie humaine, il n’y a pas à s’étonner s’il s’en sert pour donner la vie à toutes les âmes ; si donc ce Cœur admirable est le canal sacré par lequel la grâce de la vie divine est communiquée aux hommes, sans doute que les personnes qui en sont plus proches et qui y sont plus unies en reçoivent des secours plus efficaces et plus puissants pour le salut du cher prochain.

mercredi 21 juin 2017

Le miracle eucharistique de Bolsena

De la consécration du pain au Corps du Christ...
Les doutes d’un prêtre, le prodige à Bolsena, Italie, 1264

Vers la fin de l’été 1264, un prêtre germanique, pieux et de grande vertu, fut assailli de doutes sur le mystère de la transsubstantiation, c'est-à-dire de la transformation du pain et du vin en Corps et en Sang du Christ. Comme il souffrait trop, il décida d’aller en pèlerinage à Rome. À son retour chez lui, il s’arrêta dans la ville de Bolsena, pour célébrer la messe en l’Église Sainte-Christine. En élevant l’hostie pendant la consécration, il implora, de tout son cœur, le Sauveur de lui enlever ses doutes sur l’Eucharistie, lorsque tout d’un coup, l’hostie consacrée se mit à saigner.

... à l'adoration eucharistique.
Impressionné par l’extraordinaire phénomène, il se hâta d’essuyer le sang avec le corporal. À la fin, le drap sacré était couvert de vingt-cinq taches de sang. Stupéfait par cette manifestation extraordinaire, il s’empressa d’aller à Orvieto rencontrer le pape Urbain IV, qui y résidait depuis deux ans. Le pape ordonna de déposer le corporal miraculeux à la cathédrale Santa-Maria d’Orvieto, où il l’exposa à l’adoration des fidèles. Une multitude de gens commença à venir adorer le sang du corporal et cette église devint un haut lieu de pèlerinage dans tout le moyen-âge et jusqu’à nos jours. Ce miracle eucharistique encouragea le pape Urbain IV à instituer la fête de Corpus Christi que l’on appelle aussi la Fête-Dieu dans l’Église universelle. Il demanda aussi à saint Thomas d’Aquin de composer l’office de Corpus Domini pour honorer le Saint-Sacrement.

Ce prodige fut une récompense extraordinaire pour ce prêtre loyal. Alors qu’il était pieux, ses doutes durent le faire souffrir terriblement mais il fit tout pour recouvrer la foi. Sans trouver de repos, il est parti jusqu’à Rome en pèlerinage. Il a ainsi répondu à l’invitation de Jésus à ses apôtres à Gethsémani: « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Lc 22, 40).Ce prêtre qui passait par un vrai Gethsémani s’est battu pour sa foi avec les armes de la foi. Et Jésus s’est rendu visible à ses yeux.

Calice du XIIe s.
Le peu de foi qui restait à ce bon prêtre, hanté par ses doutes, le poussa tout de même à réagir. Mais qui veut servir le Seigneur doit se préparer à l’épreuve, car la foi doit être amené à la perfection : « Courrons avec constance l'épreuve qui nous est proposée, fixant nos yeux sur le chef de notre foi, qui la mène à la perfection, Jésus » (He 12, 1-2). En effet, l’épreuve fait partie de notre cheminement spirituel, et la manière de persévérer jusqu’à la fin se fait à travers la prière, et en particulier l’adoration.

L’adoration est une prière pleine d’humilité et d’abandon face à l’Amour de Dieu. En faisant un geste de soumission en s’inclinant, nos couronnes d’orgueil tombent à terre. Et avec cette disposition du cœur, Dieu se donne tout à nous. Voilà pourquoi l’adoration peut tout. La grâce divine tombe sur nous comme une pluie, ouvrant notre esprit et notre cœur à sa lumière. C’est justement ce qui s’est passé pour notre prêtre à Bolsena: tandis qu’il adorait, en élevant le Corps de Jésus, il a été délivré, au même instant, de tous ses doutes. Le Seigneur versait sur lui une pluie abondante de grâces, le guérissant et le libérant.

La communion du chevalier, cathédrale de Reims
Jésus nous attend en permanence au Saint-Sacrement, où il se donne à nous dans l’intimité de son Amour. Dans cette proximité, il nous libère de nos chaînes et de nos souffrances et nous comble de son bonheur. Il est notre Bonheur. Venons, adorons-le !
 
Enrique Munita




dimanche 18 juin 2017

Fête-Dieu, solennité du Corps et du Sang du Christ

Vitrail de la Fête-Dieu

Solennité et Fête titulaire de l'Archiconfrérie du Très Saint Sacrement de l'Autel et des Saints Anges !


Très sainte fête à tous.





Procession à S.-Pierre du Vatican

Rien n’est beau comme cet instant solennel des cérémonies catholiques, alors que les prêtres, vêtus de leurs blancs surplis ou de chapes étincelantes, marchent lentement, précédant le dais et suivant la croix d’argent qu’éclairent les cierges par-dessous, et qui coupe de son éclat l’ombre des voûtes dans laquelle elle semble nager, comme la croix, il y a dix-huit siècles, sillonna les ténèbres qui couvraient le monde.


Jules Barbey d’Aurevilly


Encensement dans le rite oriental


jeudi 15 juin 2017

De la communion spirituelle et de la communion sacramentelle

Voici mon Corps, livré pour vous
L’Imitation de Jésus-Christ – livre IV – Du sacrement de l'Eucharistie, n.10. Qu'on ne doit pas facilement s'éloigner de la sainte Communion

Voix du Bien-Aimé
1. Il faut recourir souvent à la source de la grâce et de la divine miséricorde, à la source
de toute bonté et de toute pureté, afin que vous puissiez être guéri de vos passions et de vos vices, et que, plus fort, plus vigilant, vous ne soyez ni vaincu par les attaques du démon, ni surpris par ses artifices.
L'ennemi des hommes, sachant quel est le fruit de la sainte communion et combien est grand le remède qu'y trouvent les âmes pieuses et fidèles, s'efforce en toute occasion et par tous les moyens de les en éloigner autant qu'il peut.

2. Aussi est-ce au moment où ils s'y disposent que quelques-uns éprouvent les plus vives attaques de Satan. Cet esprit de malice, comme il est écrit au livre de Job, vient parmi les enfants de Dieu pour les troubler par les ruses ordinaires de sa haine, cherchant à leur inspirer des craintes excessives et de pénibles perplexités, pour affaiblir leur amour, ébranler leur foi, afin qu'ils renoncent à communier, ou qu'ils ne communient qu'avec tiédeur.
Mais il ne faut pas s'inquiéter de ses artifices et de ses suggestions, quelques honteuses, quelques horribles qu'elles soient, mais les rejeter toutes sur lui. Il faut se rire avec mépris de cet esprit misérable et n'abandonner jamais la sainte communion à cause de ses attaques et des mouvements qu'il excite en nous.

3. Souvent aussi l'on s'en éloigne par un désir trop vif de la ferveur sensible et parce qu'on a conçu de l'inquiétude sur sa confessions.
Agissez selon le conseil des personnes prudentes et bannissez de votre cœur l'anxiété et les scrupules, parce qu'ils détruisent la piété et sont un obstacle à la grâce de Dieu.
L'allégorie de la foi
Ne vous privez point de la sainte communion dès que vous éprouverez quelque trouble ou une légère peine de conscience; mais confessez-vous au plus tôt et pardonnez sincèrement aux autres les offenses que vous avez reçues d'eux. Que si vous avez vous-même offensé quelqu'un, demandez-lui humblement pardon, et Dieu aussi vous pardonnera.

4. Que sert de tarder à se confesser et de différer la sainte communion ? Purifiez-vous promptement, hâtez-vous de rejeter le venin et de recourir au remède; vous vous en trouverez mieux que de différer longtemps.
Si vous différez aujourd'hui pour une raison, peut-être s'en présentera-t-il demain une plus forte; et vous pourriez ainsi être sans cesse détourné de la communion, et sans cesse vous y sentir moins disposé. Ne perdez pas un moment, secouez votre langueur, déchargez-vous de ce qui vous pèse; car à quoi revient-il de vivre toujours dans l'anxiété, toujours dans le trouble, et d'être éloigne chaque jour par de nouveaux obstacles de la Table sainte ?
Rien, au contraire, ne nuit davantage que de s'abstenir longtemps de communier; car d'ordinaire l'âme tombe par-là dans un profond assoupissement. Ô douleur ! il se rencontre des chrétiens si tièdes et si lâches qu'ils saisissent avec joie tous les prétextes pour différer à se confesser, et dès lors aussi à communier, afin de n'être pas obligés de veiller avec plus de soin sur eux-mêmes.

Voici mon Sang, versé pour vous
5. Hélas ! qu'ils ont peu de piété, peu d'amour, ceux qui se privent si aisément de la sainte communion ! Qu'il est heureux, au contraire, et agréable à Dieu, celui qui vit de telle sorte et qui conserve sa conscience si pure, qu'il serait préparé à communier tous les jours et communierait en effet, s'il lui était permis et qu'il pût le faire sans singularité !
Si quelqu'un s'en abstient quelquefois par humilité ou pour une cause légitime, on doit louer son respect. Mais si sa ferveur s'est refroidie, il doit se ranimer et faire tout ce qu'il peut: et Dieu secondera ses désirs, à cause de la droiture de sa volonté qu'il considère principalement.

6. Que si des motifs légitimes l'empêchent d'approcher de la sainte Table, il conservera toujours l'intention et le saint désir de communier, et ainsi il ne sera pas entièrement privé du fruit du Sacrement.
Quoique tout fidèle doive, à certains jours et au temps fixé, recevoir avec un tendre respect le Corps du Sauveur dans son Sacrement, et rechercher en cela plutôt la gloire de Dieu que sa propre consolation, cependant il peut aussi communier en esprit tous les jours, à toute heure, avec beaucoup de fruit. Car il communie de cette manière et se nourrit invisiblement de Jésus-Christ toutes les fois qu'il médite avec piété les mystères de son Incarnation et de sa Passion, et qu'il s'enflamme de son amour.

7. Celui qui ne se prépare à la Communion qu'aux approches des fêtes et quand la coutume l'y oblige, sera souvent mal préparé.
Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en
moi, et moi en lui.
Heureux celui qui s'offre au Seigneur en holocauste toutes les fois qu'il célèbre le sacrifice ou qu'il communie ! Ne soyez, en célébrant les saints mystères, ni trop lent ni trop prompt; mais conformez-vous à l'usage ordinaire et régulier de ceux avec qui vous vivez. Il ne faut point fatiguer les autres ni leur causer d'ennui, mais suivre l'ordre commun établi par vos pères, et consulter plutôt l'utilité de tous que votre attrait et votre piété particulière.



mardi 13 juin 2017

Ordination sacerdotale pour le diocèse d'Evreux, une joie pour toute l'Eglise


Grande joie pour le diocèse d’Évreux !

Ludovic Bazin sera ordonné prêtre le 18 juin 2017 en la cathédrale Notre-Dame d’Evreux à 15h30 par S.Exc.R. Mgr Nourrichard.


Au sein de l’Eglise catholique, le service de la communauté est assuré plus particulièrement par les évêques, les prêtres et les diacres, que l’on appelle « ministres ordonnés ».

Leur mission dans l’Eglise leur est confiée, au nom de Jésus Christ, par le sacrement de l’ordre, généralement appelé « ordination »
Le sacrement de l’ordre se caractérise par l’imposition des mains et la prière de consécration prévue
Le sacrement est conféré une fois pour toutes.
Le ministre ordonné manifeste à tous que c’est le Christ qui appelle, rassemble et envoie sur les chemins du monde.

Qui est Ludovic Bazin ? 
Ludovic est né à Évreux il y a 29 ans. C’est dans cette ville qu’il a suivi ses études. Après un baccalauréat littéraire spécialité musique au lycée Aristide Briand, une hypokhâgne au lycée Léopold Sédar Senghor et l’obtention d’une licence d’Histoire à Rouen, il est rentré au Séminaire des Carmes en septembre 2008. Il est l’ainé de trois enfants.

Quel appel a t-il entendu ?
Plusieurs fois la question s’est posée à lui.
Cela ne lui est pas tombé dessus du jour au lendemain. La première fois, à l’âge de 7 ans. Un petit moment de distraction pendant la séance de catéchisme avec le père Jean-Marie Vermelin. Il lui paraissait très vieux (il est toujours vivant aujourd’hui!) et il s’est dit: «Quest-ce quil est vieux ce prêtre, il faut peut-être penser un jour à le remplacer. Pourquoi pas moi» Or, le père Jean-Marie lui proposait la semaine suivante de devenir servant d’autel. Ce qu’il accepta avec grand plaisir. 

La crise d’adolescence est ensuite passée par là. C’est par la musique qu’il renoue avec la foi en terminale. Avec un peu d’audace, on lui propose alors de venir chanter à la messe du Jeudi Saint à l’église Saint-Taurin à Évreux (NB. Saint Taurin est le fondateur du diocèse d’Evreux, très aimé et prié de l’abbé Henri Marie Boudon. Quant au Jeudi Saint, c’est le jour où le Christ institua prêtres ses Apôtres et leur donna la capacité de célébrer les Sacrements de l’Alliance nouvelle et éternelle. Cette Messe nous fait entrer dans le Triduum pascal et c’est au cours de cette Messe que les prêtres renouvellent leur engagement à servir le Christ dans son Eglise). Il manquait de choristes.
Heureux de chanter, il eut une profonde envie de communier. Il se senti alors en paix profonde, ressentant le désir de revenir chanter à la cathédrale pour revivre cette expérience.
Très rapidement, le curé de l’époque lui a proposé d’animer les chants sur la paroisse. (Il a accompli ce service avec beaucoup de joie jusqu’à son entrée au séminaire en 2008).
C’est pendant cette période que la question de la prêtrise se pose à nouveau. Mais il ne sait avec qui en parler jusqu’à ce que le père Pascal Le Roux, alors curé de la paroisse, ose lui poser la question : «Bon quand est-ce que tu rentres au Séminaire? Pour Ludovic cela ne pouvait tomber mieux : "Il fallait que je vous en parle !».
Un cheminement de discernement commence, avec le père Le Roux, aidés de l’Esprit Saint. Se préparer à devenir prêtre pour un diocèse c’est aussi apprendre à le connaître. Ludovic en fait l’expérience avec le père Pascal qui lui fait découvrir assez régulièrement.

Les rencontres :
C’est à l’occasion d’une semaine de retraite à l’abbaye du Bec et un entretien avec le Père Abbé qui l’ont aidé à discerner ce à quoi le Seigneur l’appelle. Ensuite, les découvertes humaines et géographiques :
- humaines dans les différentes personnes en responsabilité diocésaine et paroissiale. Ce sont toujours de belles rencontres gratuites et simples. 
- géographiques en allant découvrir les paroisses, mais aussi les paysages de l’Eure.

Le cheminement après ces rencontres?
C’est grâce à cela que son goût profond de servir le Christ comme prêtre dans notre diocèse est né. L’entretien avec Mgr Nourrichard, évêque d’Evreux,  pour lui faire part de son désir fut une étape. A la suite duquel, l’évêque l’envoya se former au Séminaire des Carmes à Paris. (NB lieu du martyre de trois Evêques et de nombreux prêtres le 2 septembre 1792 pendant la Révolution française)

Sacerdos alter Christus. Le Prêtre, un autre Christ !
La vie en paroisse?
Après avoir été à Saint-Vincent de Paul (Paris 10e), puis à Saint-Étienne d’Issy-les-Moulineaux, il est à présent à la paroisse Saint-Hippolyte dans le 13e à Paris. Il a été également en paroisse d’accueil  dans le diocèse à Gaillon après avoir été à Bernay et à Vernon. Il y a découvert notamment la joie de l’accompagnement. Rejoindre les personnes là où elles en sont, les faire grandir, un peu à l’exemple des disciples d’Emmaüs.
Pendant sa formation, Ludovic a vécu une année de stage en République Démocratique du Congo dans le diocèse de Boma. Pendant un semestre, dans le cadre de son master en Théologie, il a pu aller étudier à l’Université Laval à Québec (NB Université sous le haut patronage spirituel de Saint François de Montmorency Laval, illustre prédécesseur du vénérable abbé Boudon pour l’archidiaconé d’Evreux et grand ami de celui-ci). Depuis son ordination diaconale le 26 juin 2016, Ludovic est à la paroisse Saint-Nicaise du Vexin Normand. Il est également référent pour les établissements catholiques de la ville de Vernon.

Quelles joies dans son ministère diaconale ?
Le Christ bon Pasteur.
Basilique Saint-Laurent-hors-les-murs, Rome
" Sur mon image d’ordination diaconale, j’avais repris cette phrase « … dans la joie de servir le Serviteur de l’Homme ». J’ai pu mesurer combien cette joie nous était donnée par l’action pastorale. Avec ses mots simples, elle résume profondément ce que j’ai ressenti au cœur de l’exercice du ministère diaconal et de ma prière. Durant cette année, grâce à ma nomination sur la paroisse Saint-Nicaise du Vexin Normand et sur les établissements d’enseignement catholique de la ville de Vernon, j’ai pu mesurer la joie que me procurait l’annonce de l’Evangile, la sanctification du peuple chrétien qui m’était confié dans mon ministère, mais aussi la découverte progressive du gouvernement dans le travail en équipe avec les laïcs en responsabilité et les ministres ordonnés. J’ai eu à cœur de m’y consacrer pleinement en ne cessant de découvrir la soif de notre monde, et notamment des jeunes, de connaître le Christ Jésus. "
"Je suis émerveillé de la joie suscitée par l’annonce de mon ordination diaconale et de l’ordination presbytérale de Jimmy et de Frère Samuel. Notre diocèse est dans la fête pour accueillir de nouveaux ministres pour l’annonce du Christ et de son Évangile en terre de l’Eure. J’ose lancer un appel aux jeunes de notre diocèse : « suivre Jésus » rend heureux, n’ayez pas peur de vous engager à sa suite en devenant prêtre. Cela rend heureux et je peux vous l’assurer ! Je crois que nos communautés paroissiales devraient être plus audacieuses dans la pastorale des vocations : si vous ressentez le besoin de prêtre pour notre Église diocésaine, il faut oser poser la question aux jeunes de nos paroisses et les accompagner dans la prière."


J.Faivre du Paigre d’après l’article de Eglise d’Evreux - pour l’ordination diaconale 2016


dimanche 11 juin 2017

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, Trinité Sainte, un seul Dieu

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La dévotion à la sainte Trinité »

Glorieuse Trinité, vous êtes un abîme infini dans lequel il faut que tout esprit du ciel et de la terre se perde, car il n’y a point d’esprit, soit humain, soit angélique, qui puisse pénétrer entièrement ce que vous êtes et ce que vous faites.
L’hymne du silence vous est dû, même dans la sainte Sion dans laquelle les séraphins se voilent la face pour marquer qu’ils sont dans l’impuissance de comprendre et d’expliquer parfaitement vos grandeurs et vos bienfaits incompréhensibles. L’obscurité et les nuages vous environnent comme nous le déclare votre divine parole, car comment pourrions-nous découvrir entièrement vos éternelles bontés ? Ici mon âme, ô très sainte Trinité, se trouve tout abîmée en votre suradorable présence.

Que vous rendrai-je pour tous les bienfaits que j’ai reçus de votre aimable Providence ? Vous m’avez donné tout ce que je suis ; je tiens mon être et toutes les opérations de mon être de votre divine main. Vous avez pensé à moi de toute éternité, vous y pensez incessamment avec autant d’affection que si j’étais seul au monde. Vous n’êtes pas un seul instant sans me regarder et vous me considérez avec bonté quand je ne pense pas à vous, et lors même que je suis dans l’impuissance d’y penser.

Retable de la Très Sainte Trinité, d'après l'icône de la philoxénie d'Abraham
de Saint André Roublev.
Vous voyez toutes mes actions, tous mes gestes, tous mes mouvements avec une patience et une douceur incroyables. Il n y a pas une seule de mes pensées qui ne demeure à toute éternité dans votre connaissance. Mais le bienfait immense de la rédemption, les effets précieux et immuables qui en arrivent, la vocation au Christianisme, tant de grâces singulières dont vous m’avez prévenu si miséricordieusement, la longue patience que vous avez exercée en me souffrant dans mes énormes ingratitudes, les soins si assidus et extraordinaires que votre Providence adorable a pris de tout ce qui regarde mon corps et mon âme, le temporel et le spirituel, devraient me consumer d’amour sans aucune réserve.

Mais hélas ! bien loin d’avoir fait un bon usage de tant de dons et de tant de faveurs, je ne remarque que des ingratitudes qui n’ont jamais rien eu de semblable et je suis obligé d’avouer en votre présence et celle de vos saints anges et de toute la cour céleste et de tous les hommes, s’il m’était possible, que je suis la créature la plus ingrate qui fut jamais, et que je mérite d’être au plus profond des enfers, au-dessous de tous les damnés.

C’est un aveu sincère que je vous fais de tout mon cœur, ne pouvant assez expliquer ni la grandeur, ni la multitude de mes ingratitudes. Qui me donnera des torrents de larmes pour pleurer jour et nuit inconsolablement mes épouvantables infidélités ? Mais qui me donnera une voix assez forte pour publier vos miséricordes, pour raconter vos bienfaits ? Je vois bien que c’est ce que je ne puis jamais faire dignement !

La Trinité sainte entourée d'Anges et adorée par la cour céleste.
Adorable Jésus qui êtes notre tout en toutes choses, venez à mon secours Trinité sainte, prenez-en lui toute la reconnaissance qui vous est due, prenez en lui toutes les satisfactions que demande votre justice ! Qu’il soit mon oraison pour obtenir la continuation et l’augmentation de vos miséricordes. Et comme c’est lui seul qui peut vous satisfaire, qui peut vous remercier autant que vous le méritez, je vous le présente, je vous l’offre en autant de lieux qu’il y a d'autels où il s’immole tous les jours à votre suprême grandeur.

C’est par le culte qu’il vous rend par la gloire que vous eut, recevez ce que vous en avez reçue et que vous en recevrez éternellement, que je désire vous honorer et vous glorifier. C’est par ses mains sacrées que je vous offre ce petit ouvrage que vous m’avez fait la grâce d’écrire à votre honneur et que votre divine Providence, sans laquelle rien n’arrive, me fait vous présenter dans le jour que toute l’Église célèbre votre fête. Bénissez-le au nom de cet aimable Sauveur pour votre plus grande gloire ! C’est en qualité de l’un de ses membres, car vous m’avez comblé de cette grâce inestimable que je vous demande en toute humilité et par tous ses mérites, celle de vous glorifier incessamment, souverainement et uniquement dans tous les moments qui me restent de vie, dans le moment de ma mort, pour ne cesser jamais de vous glorifier après ma mort.

Ah ! Dieu seul ! Dieu seul en trois personnes ! toujours Dieu seul dans l’union de notre bon Sauveur, Jésus-Christ, pour le temps et pour l’éternité ! Ainsi soit-il !




vendredi 9 juin 2017

Se préparer à bien communier

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « De l’amour de Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l’Autel »

Dieu est le Saint des Saints, et il veut loger en nos cœurs, mais quel rapport entre les ténèbres avec la lumière ?

J’entends bien à présent pourquoi il nous dit qu’il veut que nous soyons saints, parce qu’il est saint. Pourquoi entre toutes ses perfections divines qui sont égales, les anges adorent-ils particulièrement sa sainteté ? C’est qu’il désire demeurer en nous pour y être reçu : il faut qu’il trouve des âmes pures et nettes, il faut que nous l’imitions en une perfection qui lui est si chère.
 
Car, quel moyen de recevoir avec des lèvres polluées, avec une bouche puante et infectée la pureté même ? S’il a reproché au pécheur, chez le Psalmiste, sa témérité d’entreprendre de parler de lui, que doit-il dire, hélas ! que fera-t-il à celui qui le logera en son cœur ?

~ O pères et mères, apportez des lis à l’aimable Jésus, conduisant vos enfants à la sainte Communion les y ayant disposés par l’innocence et la pureté. O prêtres du Seigneur, préparez-lui de dignes demeures en n’omettant rien de vos soins pour conserver les âmes de vos pénitents et de vos ouailles dans la sainteté des voies du christianisme.



mardi 6 juin 2017

1er mardi du mois de juin

Prière à mon saint Ange, du vénérable abbé Henri Marie Boudon :

Ô saint Ange que Dieu m’a donné par sa grande bonté, et tous ceux qu’il a chargé de ma conduite, de mon assistance, de tous mes besoins spirituels et corporels ; qui par sa bonté me consolez, me soutenez dans mes peines, m’obtenez les grâces, et me défendez de mes ennemis ; je vous rends, comme à l’envoyé de Dieu de profonds hommages reconnaissance, respects, amour et fidélité.

Éloignez de moi les occasions de péché et toute infidélité aux mouvements de la grâce, formez mon cœur à la pureté de l’amour de Jésus et de Marie, à la simplicité de pensée.

Considérez moi par les vues de la foi et de la confiance en Dieu, que je vous sois soumis et fidèle. Tenez-moi sans cesse, mon aimable confident, prosterné d’esprit et de cœur au Saint Sacrement et, lorsque je n’y serai point en corps, tenez-y ma place, je vous en conjure, ne m’abandonnez ni en ma vie, ni après ma mort, jusqu’à ce que je jouisse avec vous de la vue de mon Dieu.



dimanche 4 juin 2017

Dimanche de la Pentecôte : l'Esprit Saint vient dans le cœur des Apôtres et Il renouvelle la face de la terre

L'Esprit Saint descend du Ciel au jour de la Pentecôte,
Missel  d'Aix en Provence, XIVe
Ô Esprit semblable au Père et au Fils et de la même essence, tu n’as pas été fait, mais tu coexistes, procédant du Père d’une façon mystérieuse, et recevant du Fils d’une manière inénarrable ; tu es descendu aujourd’hui dans le Cénacle pour donner à tes convives le breuvage de ta grâce : daigne nous abreuver aussi dans ta miséricorde au calice de la sagesse.

Créateur de tous les êtres, toi qui étais porté sur les eaux, tu te montres caressant comme la colombe dans les eaux du bain sacre qu’a daigné instituer pour nous celui qui t’est coexistant ; là tu enfantes des hommes qui ont la forme de Dieu : daigne nous abreuver aussi dans ta miséricorde au calice de la sagesse.

Lectionnaire de Cluny. Le Christ envoie d'auprès
du Père l'Esprit de Sainteté.
Toi qui instruis à la fois les intelligences célestes et nous qui venons sous les organes corporels ; toi qui prends des bergers pour en faire des Prophètes, des pécheurs pour en faire des Apôtres, des publicains pour en faire des Evangélistes, des persécuteurs pour en faire des prédicateurs de ta parole, daigne nous abreuver aussi dans ta miséricorde au calice de la sagesse.

Comme un vent redoutable, au bruit violent d’une tempête, o Esprit, tu es apparu dans le Cénacle au chœur des douze ; tu les as baptisés dans le feu, tu les as purifiés comme l’or dans la flamme ; chasse loin de nous les ténèbres du péché, et revêts-nous de la lumière de gloire.

Celui qui est amour t’a envoyé par amour, toi qui es amour ; par toi il s’est uni ses membres, il a établi sur tes sept colonnes son Église qu’il a bâtie ; il a établi en elle, pour l’administrer, ses Apôtres décorés de tes sept dons ; chasse loin de nous les ténèbres du péché, et revêts-nous de la lumière de gloire.

Très Sainte Vierge Marie, priez pour nous. Que nous soyons fidèles aux dons reçus dans la foi.