lundi 29 mai 2017

A la fin, mon Cœur immaculé triomphera

Par John-Henry Westen, publié le 4 mai 2017 sur le site LifeSiteNews

Comme je faisais des recherches sur Fatima afin de donner plusieurs conférences cette année, j’ai été confronté à maintes reprises devant l’insistance de Notre-Dame à la Consécration de la Russie. Lorsque cette Consécration sera réalisée ainsi que la pratique des cinq premiers samedis de réparation, Notre-Dame a promis que la Russie serait convertie et une période de paix serait donnée au monde. Sinon, a annoncé la Reine des Cieux, la Russie « répandra ses erreurs dans le monde entier, provoquant des guerres et des persécutions de l’Église ». Elle a ajouté : « Le bon sera martyrisé, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront anéanties ».

« À la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera » a-t-elle dit. « Le Saint-Père Me consacrera la Russie et elle sera convertie, et une période de paix sera accordée au monde ».

Bien sûr, le Pape Saint Jean-Paul II a consacré le monde au Cœur Immaculé en 1984, mais nous attendons encore cette période de paix. Nous avons vu plus de guerre, de massacres, de martyrs et d’avortement au cours du dernier demi-siècle que jamais. Par contre, nous n’avons pas encore vu de façon menaçante l’anéantissement de diverses nations. Mais qu’est-ce que tout cela a à voir avec la Russie ?

La Russie, dans l’esprit de la plupart des gens, est l’initiatrice du communisme — considéré principalement comme étant un système économique en concurrence avec le capitalisme. Cependant, lorsque nous comprenons vraiment le communisme, la propagation des erreurs de la Russie devient reconnaissable.

Couronnement de Marie
« The Naked Communist » [ « Le Communisme Nu » ] est la source la plus concise et directe décrivant les objectifs et l’idéologie communistes. Ce livre a été écrit par W. Cleon Skousen, un ancien agent du FBI qui a utilisé de nombreuses sources originales et les meilleurs renseignements du FBI lors de l’enquête sur l’infiltration communiste aux États-Unis. Le livre est enregistré au registre du Congrès et le Président Ronald Reagan l’a commenté en disant : « Personne n’est mieux qualifié pour discuter de la menace du communisme pour notre nation ».

Une sélection des objectifs du communisme énumérés par Skousen sert à illustrer sa propagation à toutes les nations, en particulier à l’Ouest :
1. Éliminer toutes les lois régissant l’obscénité en les appelant « censures » et une violation de la liberté d’expression individuelle et de celle de la presse.
2. Réduire les normes culturelles de la morale en favorisant la pornographie et l’obscénité dans les livres, les magazines, les films cinématographiques, la radio et la télévision.
3. Présenter l’homosexualité, la dépravation et la promiscuité comme « normales, naturelles, saines ».
4. Infiltrer les Églises et remplacer la religion Révélée par une religion « sociale ».
5. Discréditer la Bible et souligner le besoin de maturité intellectuelle qui n’a pas besoin d’une « béquille religieuse ».
6. Éliminer la prière ou toute phase d’expression religieuse dans les écoles au motif qu’elle viole le principe de « séparation de l’Église et de l’État ».
7. Discréditer la famille en tant qu’institution. Encourager la promiscuité, la masturbation et le divorce facile.
Le jeûne, la prière, l'offrande de soi et du monde.
Les Sacrements, le chapelet, le scapulaire.
Pauvres moyens, moyens surnaturels
du Salut et du triomphe des Coeurs de Jésus et de Marie
8. Souligner la nécessité d’élever les enfants hors de l’influence négative des parents. Attribuer des « préjugés, des blocages mentaux et des retards chez les enfants à cause l’influence répressive des parents ».

Au-delà du communisme, cependant, une autre des erreurs de la Russie s’est répandue dans le monde entier — l’avortement. L’avortement a d’abord été légalisé en Russie en 1920. À ce jour, la Russie a le taux d’avortement le plus élevé dans le monde par habitant. Avec une population de 143 millions d’habitants, il y a 1,2 million d’avortements par an.

Il ne fait aucun doute que les prédictions et les promesses de Marie seront réalisées. Notre-Dame de Fatima a prédit la Seconde Guerre mondiale et a même noté qu’un signe avertisseur la précéderait. Elle a mis en garde contre la peste massive de l’impureté qui a infesté la planète. Elle a donné aux fidèles des tâches à accomplir pour voir le Triomphe de Son Cœur Immaculé et elle sera fidèle à ces prophéties aussi.

Ainsi, comme nous honorons nos propres mères ce mois-ci, examinons à nouveau les demandes de Notre Sainte Mère et mettons-les en pratique. Elle a demandé la prière, en particulier le Saint-Rosaire et la dévotion du Scapulaire Brun (NB. Celui de Notre-Dame du Mont Carmel). Elle a exhorté à la réparation des péchés et des outrages perpétrés contre la Grâce de Dieu et des blasphèmes contre les Saints Cœurs de Jésus et de Marie, en particulier par la pratique des Cinq Premiers Samedis. Et enfin, elle a demandé la Consécration au Cœur Immaculé de Marie, à la fois sur le plan personnel et, sur le plan public, celle de la Russie par le Pape et tous les Évêques du monde.

Le saint Rosaire
La quasi-totalité de ces questions relèvent de notre contrôle personnel. Il n’y a pas de meilleur temps que cette année, surtout pendant la saison de la Résurrection, la saison de Pâques, pour mettre en œuvre ces pratiques dans nos vies.

Prenons l’arme du chapelet — notre cordon ombilical à notre Céleste Mère. Faisons la dévotion des Cinq Premiers Samedis et enseignons-la à nos enfants. Consacrons-nous au Cœur Immaculé comme Saint Louis de Montfort l’a enseigné et que Saint Jean-Paul II appelait « indispensable à quiconque veut se donner sans réserve au Christ et à l’œuvre de la rédemption ».


Coeur immaculé et douloureux de Marie


dimanche 28 mai 2017

Dimanche après l'Ascension

Sois donc béni, Ô Cierge de la Pâque, colonne lumineuse, qui nous as réjouis quarante jours par ta flamme joyeuse et brillante.

Tu nous parlais de Jésus, notre flambeau dans la nuit de ce monde ; maintenant ta lumière éteinte nous avertit qu'ici-bas on ne voit plus Jésus, et que pour le voir désormais, il faut s'élever au ciel.

Symbole chéri que la main maternelle de la sainte Eglise avait créé pour parler à nos cœurs en attirant nos regards, nous te faisons nos adieux ; mais nous conservons le souvenir des saintes émotions que ta vue nous fit ressentir dans tout le cours de cet heureux temps pascal que tu fus chargé de nous annoncer, et qui à peine te survivra de quelques jours.

Couronnement de Marie, Pinacothèque du Vatican

vendredi 26 mai 2017

Neuvaine à l'Esprit Saint


De l'Ascension à la Pentecôte, prions l'Esprit Saint. Il est Dieu tout puissant, l'adorable 3e Personne de la Trinité qui nous donne la connaissance et l'amour du Père, qui nous aide à comprendre et à mettre en pratique les paroles du Fils éternel.
Viens Esprit Saint ! Viens nous sauver et renouveler nos cœurs et la face de la terre !

de Dom Guéranger :
Qui procedis ab utroque,
Genitore Genitoque
Pariter, Paraclite,
Redde linguas eloquentes,
Fac ferventes in te mentes
Flamma tua divite.
O toi qui procèdes
du Père et du Fils,
divin Paraclet,
par ta flamme féconde,
viens rendre éloquent notre organe,
et embraser nos cœurs de tes feux.
Amor Patris Filiique,
Par amborum, et utrique
Compar et consimilis,
Cuncta reples, cuncta foves,
Astra regis, cœlum moves,
Permanens immobilis.
Amour du Père et du Fils,
l’égal des deux et
leur semblable en essence,
tu remplis tout, tu donnes la vie à tout ;
dans ton repos, tu conduis les astres,
tu règles le mouvement des cieux.
Lumen carum, lumen clarum,
Internarum tenebrarum
Effugas caliginem ;
Per te mundi sunt mundati ;
Tu peccatum, tu peccati
Destruis rubiginem.
Lumière éblouissante et chérie,
tu dissipes nos ténèbres intérieures ;
ceux qui sont purs,
tu les rends plus purs encore ;
c’est toi qui fais disparaître le péché
et la rouille qu’il apporte avec lui.
Veritatem notam facis,
Et ostendis viam pacis
Et iter justitiæ.
Perversorum corda vitas,
Et bonorum corda ditas
Munere scientiæ.
Tu manifestes la vérité,
tu montres la voie de la paix
et celle de la justice ;
tu fuis les cœurs pervers,
et tu combles des trésors de ta science
ceux qui sont droits.
Te docente nil obscurum,
Te præsente nil impurum ;
Sub tua præsentia,
Gloriatur mens jocunda ;
Per te læta, per te munda
Gaudet conscientia.
Si tu enseignes, rien ne demeure obscur ;
si tu es présent à l’âme,
rien ne reste impur en elle ;
tu lui apportes la joie et l’allégresse,
et la conscience que tu as purifiée
goûte enfin le bonheur.
Tu commutas elementa,
Per te suam sacramenta
Habent efficaciam :
Tu nocivam vim repellis,
Tu confutas et refellis
Hostium nequitiam.
Ton pouvoir transforme les éléments ;
par toi les sacrements
obtiennent leur efficacité ;
tu fais obstacle à la puissance mauvaise,
tu repousses les embûches
de nos ennemis.
Quando venis,
Corda lenis ;
Quando subis,
Atrae nubis
Effugit obscuritas ;
Sacer ignis,
Pectus uris ;
Non comburis,
Sed a curis
Purgas, quando visitas.
A ta venue,
nos cœurs sont dans le calme ;
à ton entrée,
le sombre nuage se dissipe ;
feu sacré,
tu embrases le cœur
sans le consumer,
et ta visite
l’affranchit de ses angoisses.
Mentes prius imperitas,
Et sopitas et oblitas
Erudis et excitas.
Foves linguas, formas sonum.
Cor ad bonum facit pronum
A te data charitas.
Des âmes jusqu’alors ignorantes,
engourdies et insensibles,
tu les instruis et les ranimes.
Inspirée par toi, la langue fait entendre
des accents que tu lui donnes ;
la charité que tu apportes avec toi
dispose le cœur à tout bien.
O juvamen oppressorum,
O solamen miserorum,
Pauperum refugium,
Da contemptum terrenorum :
Ad amorem supernorum
Trahe desiderium.
Secours des opprimés,
consolation des malheureux,
refuge des pauvres,
donne-nous de mépriser les objets terrestres ;
entraîne notre désir
à l’amour des choses célestes.
Consolator et fundator,
Habitator et amator
Cordium humilium,
Pelle mala, terge sordes,
Et discordes fac concordes,
Et affer præsidium.
Tu consoles et tu affermis
les cœurs humbles ;
tu les habites et tu les aimes ;
expulse tout mal, efface toute souillure,
rétablis la concorde entre ceux qui sont divisés
et apporte-nous ton secours.
Tu qui quondam visitasti,
Docuisti, confortasti
Timentes discipulos,
Visitare nos digneris ;
Nos, si placet, consoleris
Et credentes populos.
Tu visitas un jour
les disciples timides :
par toi ils furent instruits et fortifiés ;
daigne nous visiter aussi
et répandre ta consolation
sur nous et sur le peuple fidèle.
Par majestas personarum,
Par potestas est earum,
Et communis deitas :
Tu procedens a duobus
Coæqualis es ambobus :
In nullo disparitas.
Égale est la majesté des divines personnes,
égale leur puissance ;
commune aux trois est la divinité ;
tu procèdes des deux premières,
semblable à l’une et à l’autre,
et rien d’inférieur n’est en toi.
Quia tantus es et talis,
Quantus Pater est et qualis ;
Servorum humilitas
Deo Patri, Filioque
Redemptori, tibi quoque
Laudes reddat debitas.
Amen.
Aussi grand que l’est
le Père lui-même,
souffre que tes humbles serviteurs
rendent à ce Dieu-Père,
au Fils rédempteur et à toi-même
la louange qui vous est due.
Amen


Le Saint Esprit, plaque de l'Ordre sur le roi Louis XVI, musée Carnavalet

jeudi 25 mai 2017

Ascension du Seigneur au plus haut des Cieux

De la liturgie syriaque

« Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue » (cf Lc 15,6)

Au jour de ton Ascension, ô Roi Christ, les anges et les hommes te crient : « Tu es saint, Seigneur, car tu es descendu et tu as sauvé Adam, l’homme fait de poussière (cf Gn 2,7), de l’abîme de la mort et du péché, et par ton Ascension sainte, ô Fils de Dieu, les cieux et la terre entrent dans la paix. Gloire à celui qui t’a envoyé ! »

L’Église a vu son Époux dans la gloire, et elle a oublié les souffrances endurées au Golgotha. Au lieu du fardeau de la croix qu’il portait c’est une nuée de lumière qui le porte. Voici qu’il s’élève, vêtu de splendeur et de gloire.

Un grand prodige s’accomplit aujourd’hui au mont des Oliviers. Qui est capable de le dire ? ~ Notre maître était descendu à la recherche d’Adam et après avoir retrouvé celui qui était perdu,  il l’a porté sur ses épaules et avec gloire il l’a introduit au ciel avec lui (cf Lc 15,4s). Il est venu et il nous a montré qu’il était Dieu ; il a revêtu un corps et il a montré qu’il était homme ; il est descendu aux enfers et il a montré qu’il était mort il est monté et a été exalté et il a montré qu’il était grand.

Bénie soit son exaltation ! 
Au jour de sa Naissance, Marie se réjouit,
Au jour de sa Mort, la terre tremble,
Au jour de sa Résurrection, l’enfer s’afflige,
Au jour de son Ascension, le ciel exulte.
Bénie soit son Ascension !



mardi 23 mai 2017

Lundi, mardi et mercredi des Rogations

Procession des rogations et bénédiction des champs.
Les lundi, mardi et mercredi précédents la solennité de l'Ascension, nous sommes invités à prier d'une manière particulière notre Dieu pour le remercier pour tous les bienfaits qu'Il nous offre et intercéder pour qu'Il ne se lasse pas de nous en faire de nouveaux.

Tant d'hommes et de femmes meurent de faim. Pire ! Tant d'hommes et de femmes n'ont pas la foi et ne connaissent pas Dieu !

Prions tous nos frères les saints pour que nous nous convertissions enfin. Que nous abandonnions toute tiédeur, que nous irradions de foi et de charité.


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le triomphe de la Croix »

Le temps des moissons.
Oh ! que toutes vos créatures en bénissent et glorifient votre saint nom ; que celles qui sont dans les cieux vous en louent ; qu’elles vous en louent au plus haut du firmament !

Que vos anges vous en louent ; que vos puissances et vos armées vous bénissent toutes !

Soleil et lune, louez-en le Seigneur : étoiles claires et luisantes, louez-le toutes ! Cieux des cieux, louez-le ; et les eaux qui sont au-dessus des airs louent son nom saint. Que sa louange soit dans la bouche de tous ses saints, qu’ils chantent un nouveau cantique à sa gloire et que toutes les nations et tous les peuples le louent.


Détail d'une icône. Le Seigneur Jésus bénissant une grappe de raisin.

dimanche 21 mai 2017

Consécration à Notre-Dame de France, par la vénérable Madame Elisabeth

Prière à la Vierge Marie, Reine de France, de la vénérable Madame Elisabeth de France :


Ô Vierge sainte ! Vous avez toujours si spécialement protégé la France... Tant de monuments nous attestent combien elle vous a toujours été chère ! Et à présent qu’elle est malheureuse, et plus malheureuse que jamais, elle semble vous être devenue étrangère !... Il est vrai qu’elle est bien coupable !... Mais tant d’autres fois elle le fut, et vous lui obtîntes son pardon !...

D’où vient donc qu’aujourd’hui vous ne parlez plus en sa faveur ?... car si vous disiez seulement à votre Divin Fils : «Ils sont accablés de maux», bientôt nous cesserions de l’être... Qu’attendez-vous donc, ô Vierge sainte ? Qu’attendez-vous, pour faire changer notre malheureux sort ? Ah ! Dieu veut peut-être qu’il soit renouvelé par nous, le vœu que fit un de nos rois pour Vous consacrer la France...

La Reine Marie-Antoinette de France et le jeune roi martyre Louis XVII
Eh bien ! ô Marie, ô très Sainte Mère de Jésus-Christ ! Nous Vous la vouons, nous Vous la consacrons de nouveau ! Si cet acte particulier pouvait être le prélude d’un renouvellement plus solennel et public... Ou si plutôt elle pouvait retentir depuis le trône jusqu’aux extrémités du royaume, cette parole qui lui a attiré tant de bénédictions. Vierge sainte, nous nous vouons tous à Vous, mais le désir que nous en avons ne peut-il pas y suppléer ?... Mais les liens sacrés qui nous unissent à tous les habitants de ce royaume comme à nos frères, mais la charité qui étend nos vues et dilate nos cœurs pour les comprendre tous dans notre offrande, ne peut-elle pas donner à une consécration particulière le mérite de l’efficacité d’une Consécration générale?... Nous Vous en prions, ô Vierge sainte !... Nous Vous en conjurons !...

Louis XVI de France
Nous l’espérons et, dans cette confiance, nous Vous offrons notre Roi, notre Reine et sa famille, nous Vous offrons nos princes, nous Vous offrons nos armées et ceux qui les commandent, nous Vous offrons nos magistrats ; nous Vous offrons toutes les conditions et tous les états ; nous Vous offrons surtout ceux qui sont chargés du maintien de la religion et des mœurs.

Enfin, nous Vous rendons la France tout entière. Reprenez, ô Vierge sainte, vos premiers droits sur elle ; rendez-lui la Foi, rendez-lui votre ancienne protection, rendez-lui la paix. Rendez-lui, rendez-lui Jésus-Christ qu’elle semble avoir perdu. Enfin que ce royaume, de nouveau adopté par vous, redevienne tout entier le royaume de Jésus-Christ… Ainsi soit-il.



Madame Elisabeth Philippine Marie Hélène de France
au Temple, par Alexandre Kucharski, 1792


Prière de béatification de la vénérable Mme Elisabeth de France :


Ô Dieu, qui par un effet admirable de Votre Providence, avez daigné enrichir le cœur de Votre servante Madame Élisabeth de France, des trésors les plus précieux de la nature et de la grâce : pour que ces dons ne demeurent pas stériles en son âme, daignez avoir pour agréables les prières que nous Vous adressons par son intercession (on peut ici énumérer les intentions recommandées à l’intercession de la servante de Dieu), et donnez-nous d’imiter, avec son abandon à cette même Providence, son abnégation et sa générosité dans le sacrifice, afin que, par une sainte vie, nous méritions tous d’avoir part à la joie dont Vous couronnez Vos élus. Ainsi soit-il.







Le vœu du roi Louis XIII, cathédrale Notre-Dame de Paris


vendredi 19 mai 2017

Consécration à Marie du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Archidiacre d'Evreux, serviteur de Notre Dame

L'Assomption, par Guillaume Courtois
Du saint esclavage de la Mère de Dieu
ORAISON POUR S’OFFRIR À LA TRÈS SAINTE VIERGE,
EN QUALITÉ D’ESCLAVE


Très-sainte et suradorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, Dieu d’infinie majesté, devant qui les cieux et la terre, tous les anges et les hommes, et la très sacrée Vierge même ne sont qu’un pur néant, abîmé devant vos divines grandeurs, je reconnais que je ne suis rien et que je ne puis rien, non pas même dire une seule parole chrétiennement, ni avoir la moindre bonne pensée pour l’éternité. Pénétré de cette vérité, je mets toute ma confiance en votre seule vertu, et je n’espère qu’en vos amoureuses bontés.

Je confesse que je suis un serviteur inutile, un pauvre pécheur, qui ne suis digne que de l’enfer, qui ne mérite que votre colère, et à qui rien autre chose n’appartient que la damnation éternelle.
Je confesse que mes péchés me rendent indigne entièrement de vos miséricordes, que j’implore, ô Père éternel, avec les secours de votre grâce, par les mérites des souffrances et de la mort adorable de Jésus-Christ Notre-Seigneur, votre Fils bien-aimé, mon très débonnaire sauveur et toute mon espérance.


Appuyé sur sa divine grâce je déteste et ai en horreur, en général et en particulier, tous les péchés que j’ai commis depuis l’usage de raison jusqu’à présent, parce qu’ils vous déplaisent et parce qu’ils vous offensent ; ni la crainte de l’enfer, ô mon Dieu ! ni la peur de perdre le paradis ne sont pas les motifs de ma douleur ; ce n’est pas aussi seulement à raison de tant de bontés que vous avez eues pour moi, de tant de miséricordes et de grâces, et tant de dons que vous nous avez communiqués si libéralement, que je regrette mes péchés : je les ai en horreur, mon Dieu, à raison de ce que vous êtes ; je désire que mon âme en ait toute la douleur possible, parce qu’ils sont contre vous. Je veux, selon vos ordres, m’en confesser de tous au prêtre votre ministre, comme vous l’avez commandé, et à l’avenir, avec le secours de votre grâce, j’aimerais mieux mourir que de vous offenser, faisant une ferme résolution non-seulement d’éviter le péché, mais toutes les occasions prochaines du péché, et désirant sérieusement satisfaire pour tous les péchés que j’ai commis contre la justice en la manière que vos serviteurs l’ordonneront.
Ensuite, ô mon Seigneur, mon cœur dit en votre divine présence, et sous la protection de votre puissante main, qu’il veut dès à présent commencer une nouvelle vie, ne vivant plus, ô adorable Jésus, mon Sauveur, qu’en vous, de vous, par vous et pour vous. Tout ce qui me reste donc à faire durant toute ma vie est de vous plaire, d’exécuter vos ordres et suivre fidèlement vos divines volontés. Je vois bien que c’est là la grande affaire, l’affaire des affaires, et l’unique affaire que nous ayons au monde.

Ah ! Il est vrai, mon souverain Seigneur ! Je n’y suis ni pour moi, ni pour aucune créature ; hélas ! Nos pauvres cœurs le ressentent bien, ne pouvant trouver de véritable repos en aucune chose créée, n’y ayant que vous seul qui en soyez le centre et la fin, aussi bien que le principe. Ô mon âme ! Que tard nous avons bien connu cette vérité ! Nous laissant aller à tant d’égarements dans la multitude des créatures et des choses du monde que nous recherchions. Ô mon Dieu ! Aujourd’hui je renonce par une résolution irrévocable à tout ce qui n’est pas vous ; je n’ai plus d’autre dessein ni d’autre volonté que de vous chercher et votre gloire en tout ce que je penserai, dirai, ferai ou souffrirai.
C’est vous seul que je veux aimer dans toutes les amitiés ; c’est votre divin intérêt que je prétends dans les biens que je puis avoir ; c’est votre ordre que je veux exécuter dans l’état où je suis, dans la vocation où vous m’avez appelé, ne m’y regardant que comme votre créature, pour y agir conformément à votre très sainte volonté, laissant là toutes les considérations de la terre et de la nature, de famille, de proches, d’amis, tous les respects humains, toutes les vues intéressées, soit du bien, soit du plaisir, soit de l’honneur, ne voulant purement dans le bien, le plaisir ou l’honneur de ce monde que le bien de votre gloire, que votre bon plaisir, que votre honneur.
Tous les jours donc, ô mon Dieu ! à mon réveil je considérai ces vérités et ne vous offrirai pas seulement toutes mes actions de bouche, mais bien plus de cœur, tâchant de porter ces dispositions par état, de n’avoir point dans le fond de mon âme d’autres desseins. Je me lèverai donc dans la vue et la résolution de vous servir dans toutes mes actions ; ce sera pour vous que je serai occupé selon ma vocation, que je converserai avec les créatures, que je ferai affaire avec elles, que je prendrai des desseins, que j’entreprendrai les choses ; toutes mes paroles n’auront point d’autre fin que vous ; je mangerai, je me récréerai, je travaillerai, je marcherai, je dormirai, je m’arrêterai en un lieu où je ferai des voyages, tout cela uniquement pour vous ; et afin qu’en vérité je puisse dire que ces choses n’ont point d’autre fin que votre gloire, je prendrai garde de ne rien faire qui vous y déplaise et tâcherai de les faire comme vous le voulez, et en la manière que vous le désirez, sans empressement, sans inquiétude, sans chagrin, pour la nécessité et dans une juste modération chrétienne ; et puisque ce n’est que votre volonté que je veux, je me mets dans une entière indifférence pour recevoir tout ce qu’il vous plaira m’envoyer, soit pauvreté, perte de biens, de réputation, délaissement de mes amis, privation des personnes les plus chères, mépris, confusions, maladies, peines d’esprit, m’abandonnant sans réserve à tout ce que vous voudrez ; puisque ce n’est pas moi que je cherche, puisque je ne dois vivre ni pour moi ni pour aucune créature, il me doit bien suffire que votre volonté s’accomplisse et tout le reste me doit être indifférent, puisque vous êtes ma fin, nécessairement il faut aller à vous : les uns y vont par une voie et les autres par une autre, ce n’est pas à nous d’ordonner des moyens qui nous conduisent à notre fin ; ce que nous avons à faire est de nous tenir dans la voie où notre bon Maitre et Seigneur nous met : quelque pénible qu’elle soit, c’est toujours pour nous la meilleure ; que les autres aillent par des chemins plus doux, pour nous tout notre contentement doit être de nous contenter de votre bon plaisir, ô divin Créateur du ciel et de la terre !
 
Mais parce que votre bon plaisir a été de vous donner à nous par la très sainte Vierge, et que vous voulez que nous nous donnions à vous par cette glorieuse Princesse, et que, dans cette vue, vous l’avez choisie pour votre très sainte mère, et avez bien voulu vous assujettir à elle et lui obéir par une humilité infiniment étonnante, en l’honneur de cette admirable dépendance, aujourd’hui, en présence de toute la cour céleste, je la prends et choisis pour ma très bonne et très chère mère, pour ma très sainte patronne, pour ma fidèle avocate, pour ma chère maîtresse, pour ma souveraine et ma reine, m’engageant à être le reste de ma vie son vassal et son esclave.

Grande reine, prosterné donc à vos pieds, avec tous les respects et tous les sentiments les plus tendres dont mon cœur est capable, je vous consacre ma liberté et vous cède tout le droit que j’ai sur moi-même et sur toutes mes actions, vous en laissant la disposition entière, au moins autant que je le puis selon les ordres de votre Fils bien-aimé, et conformément à mon état et vocation, pour l’appliquer à qui bon vous semblera, me l’ôtant quand il vous plaira, selon votre bon plaisir et durant ma vie et après ma mort.

Ô mon âme ! Que nous sommes heureux d’être entièrement de la sorte à la divine Marie ! Ne nous regardons donc plus jamais que comme une chose qui lui est entièrement dévouée et consacrée, comme une chose qui lui appartient et qui est entièrement à elle. Non, nous ne sommes plus à nous, nous ne sommes plus à aucune créature du monde ; il ne faut donc plus vivre que pour son service et n’entreprendre jamais rien qu’avec sa dépendance.

Ô mon saint ange ! Assistez-moi dans une si sainte résolution ! Esprits célestes de tous les neuf chœurs des anges ! Esprits si aimants et si aimables ! Aidez-moi à aimer ma divine Princesse, offrez-lui le don que je lui fais de ce que je suis et de tout ce qui m’appartient. Glorieux saints et saintes, et particulièrement mes patrons et patronnes, bienheureux saint Joseph, aimable saint Jean l’évangéliste, vous tous qui avez excellé spécialement dans l’amour et la dévotion de ma grande reine, obtenez-moi quelque part au zèle fervent et à la fidélité inviolable que vous lui avez gardée, pour l’honneur et la gloire de Jésus-Christ, notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles.



Note de M. Boudon : Il faut prendre garde à dire plus de cœur que de bouche cette oraison, tâchant d’en bien concevoir le sens, et, l’ayant pris une bonne fois, en faire une ferme résolution pour le reste de sa vie. C’est pourquoi il est à propos de la méditer auparavant que de la réciter, et il faut prier Notre-Seigneur qu’il nous fasse la grâce de nous bien pénétrer de cette vérité : que nous ne sommes au monde que pour lui, que nous n’y avons autre chose à faire ; et ensuite, avec l’aide de sa grâce, entrer très fortement dans le dessein de ne vivre plus que pour sa gloire, portant cette disposition au fond de notre âme et par état, en sorte que, lorsque nous réfléchirons sur nos actions, nous puissions voir que dans le fond de notre cœur c’est Dieu que nous cherchons, et qu’au moins, si nous faisons quelque chose de contraire, que ce ne soit pas par une entière advertance, de telle manière que notre âme demeure toujours invariable quant à son fond. Une âme pénétrée de la sorte renouvellera facilement tous les matins ce qui est contenu en cette oraison, qui consiste au renoncement de tout ce qui n’est pas Dieu, dans le regret de ses fautes et dans le dessein à l’avenir de ne chercher que lui seul et ses divins intérêts, dans une dépendance entière en qualité d’esclave de sa très sainte Mère. Un mot ou deux suffiront aux âmes heureusement engagées dans le divin amour.


mardi 16 mai 2017

Saint Simon Stock, priez pour nous Notre Dame du Mont Carmel

Marie immaculée, par Placido Costanzi, XVIIIe s.
Saint Simon Stock, Général des Carmes (Aylesford, v. 1165 - Bordeaux, 16 mai 1265)

Simon Stock, anglais d'origine, naît d'une très illustre famille du Kent dont son père était gouverneur. Lorsqu'elle le portait, sa mère le consacra à la Sainte Vierge. On le voyait souvent tressaillir entre les bras de sa mère lorsqu'elle prononçait le doux nom de Marie. Pour apaiser ses cris et ses pleurs, il suffisait de lui présenter une image de la Vierge Marie. Il n'avait pas encore un an qu'on l'entendit plusieurs fois articuler distinctement la salutation angélique. Cette dévotion précoce ne peut provenir que d'un mouvement extraordinaire de l'Esprit-Saint.

Saint Simon Stock et Saint Dominique recevant
la saint Chapelet et le saint Scapulaire
À douze ans, Simon se retira au désert dans le creux d'un arbre, d'où lui vint le surnom de Stock qui signifie « tronc », en langue anglaise. Sa nourriture consistait en herbes crues, quelques racines et pommes sauvages, un peu d'eau claire lui servait de breuvage. Bien que le tronc d'arbre où il avait élu domicile ne lui offrît pas la liberté de s'étendre pour dormir, il prenait son bref repos dans ce gîte précaire. Au sein de cette retraite sauvage, ses prières montaient sans interruption vers le ciel.

Simon Stock passa vingt ans dans la plus entière solitude, nourrissant son âme des célestes délices de la contemplation. S'étant privé volontairement de la conversation des hommes, il jouissait de celle de la Vierge Marie et des anges qui l'exhortaient à persévérer dans sa vie de renoncement et d'amour. La Reine du Ciel l'avertit qu'il verrait bientôt débarquer en Angleterre des ermites de la Palestine. Elle ajouta qu'il devait s'associer à ces hommes qu'elle considérait comme ses serviteurs. En effet, Jean lord Vesoy et Richard lord Gray de Codnor revinrent de Terre Sainte, ramenant en effet avec eux quelques ermites du Mont-Carmel.

Docile aux directives de la Mère de Dieu, saint Simon Stock se joignit à ces pères, en 1212. Élu vicaire général de l'ordre des Carmes en 1215, le Saint travailla de toutes ses forces à obtenir de Rome la confirmation de son ordre pour l'Occident. Il ne manquait pas d'adversaires pour en empêcher l'extension en Europe. Mais Simon Stock supplia la Vierge Marie par d'instantes prières et beaucoup de larmes de défendre elle-même cet ordre qui lui était consacré. Apparaissant en songe au pape Honorius III, la Mère de Dieu lui fit connaître ses volontés, et en 1226, ce pape confirma la règle des Carmes.

La vierge apparut un jour à son serviteur, toute éclatante de lumière et accompagnée d'un grand nombre d'esprits bienheureux, Elle lui remit un scapulaire en disant :
« Reçois mon fils ce scapulaire, comme le signe d'une étroite alliance avec moi. Je te le donne pour habit de ton ordre ; ce sera pour toi et pour tous les Carmes un excellent privilège et celui qui le portera ne souffrira jamais l'embrasement éternel. C'est la marque du salut dans les dangers et de l'heureuse possession de la vie qui n'aura jamais de fin. »

La dévotion au scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel se répandit non seulement parmi le peuple, mais aussi parmi les rois et les princes qui se trouvèrent fort honorés de porter cette marque des serviteurs de la Vierge. 

Simon Stock, présent au concile général de Lyon tenu sous le règne du pape Innocent IV, y prononça un éloquent discours contre les divisions qui agitaient alors l'Église. Il mourut dans la vingtième année de son généralat et la centième de son âge, après avoir laissé d'admirables exemples de vertu. La mort le cueillit dans la ville de Bordeaux, alors qu'il visitait ses monastères

L'Église ajouta ses dernières paroles à la salutation angélique :

« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. »



samedi 13 mai 2017

Notre Dame de Fatima, priez pour nous, l'Europe, le monde, l'Eglise. Accordez-nous la paix et la fidélité à l'Evangile. Prenez pitié de vos enfants.

Homélie du Pape Benoît XVI, esplanade du sanctuaire de Fátima, le Jeudi 13 mai 2010

Chers pèlerins,

« Votre descendance sera célèbre parmi les nations, …elle sera la descendance bénie par le Seigneur » (Is 61, 9). C’est ainsi que débutait la première lecture de cette Eucharistie, dont les paroles trouvent un admirable accomplissement dans cette assemblée recueillie avec dévotion aux pieds de la Vierge de Fatima.

Chers frères et sœurs bien-aimés, moi aussi je suis venu en tant que pèlerin à Fatima, en cette ‘maison’ que Marie a choisie pour nous parler en nos temps modernes. Je suis venu à Fatima pour jouir de la présence de Marie et de sa protection maternelle. Je suis venu à Fatima, parce que vers ce lieu converge aujourd’hui l’Église pérégrinante, voulue par son Fils comme instrument d’évangélisation et sacrement du salut. Je suis venu à Fatima pour prier, avec Marie et avec de nombreux pèlerins, pour notre humanité affligée par des détresses et des souffrances. Enfin, je suis venu à Fatima, avec les mêmes sentiments que ceux des Bienheureux François et Jacinthe et de la Servante de Dieu Lucie, pour confier à la Vierge la confession intime que ‘j’aime’ Jésus, que l’Église, que les prêtres ‘l’aiment’ et désirent garder les yeux fixés sur Lui, alors que s’achève cette Année sacerdotale, et pour confier à la protection maternelle de Marie les prêtres, les personnes consacrées, les missionnaires et tous ceux qui œuvrent pour rendre la Maison de Dieu accueillante et bienfaisante.

Ils sont la descendance que le Seigneur a bénie… ~ De cœur, j’embrasse tous les diocèses du Portugal, ici représentés par leurs Évêques, et je confie au Ciel tous les peuples et toutes les nations de la terre. Je confie à Dieu, dans mon cœur, tous leurs fils et filles, en particulier ceux qui vivent dans l’épreuve ou qui sont abandonnées, avec le désir de leur transmettre cette grande espérance qui brûle en mon cœur et qui, ici à Fatima, se laisse accueillir de façon plus palpable. Que notre grande espérance plonge des racines profondes dans la vie de chacun de vous, chers pèlerins qui êtes ici présents, ainsi que dans la vie de tous ceux qui nous sont unis à travers les moyens de communication sociale.

Oui ! Le Seigneur, notre grande espérance, est avec nous ; dans son amour miséricordieux, il offre un avenir à son peuple : un avenir de communion avec Lui. Ayant expérimenté la miséricorde et la consolation de Dieu qui ne l’avait pas abandonné sur le pénible chemin de retour de l’exil à Babylone, le peuple de Dieu s’exclame : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu » (Is 61, 10). Fille éminente de ce peuple, revêtue de grâce et doucement étonnée par la gestation du Fils de Dieu qui s’accomplissait en son sein, la Vierge Mère de Nazareth fait également sienne cette joie et cette espérance dans le cantique du Magnificat : « Mon esprit exulte en Dieu, mon Sauveur ». Toutefois, elle ne se regardait pas comme une privilégiée au milieu d’un peuple stérile, au contraire, elle prophétisait pour lui les douces joies d’une prodigieuse maternité du Fils de Dieu, parce que « son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent » (Lc 1, 47. 50).

Ce lieu béni en est la preuve. Dans sept ans, vous reviendrez ici pour célébrer le centenaire de la première visite faite par la Dame « venue du Ciel », comme une maîtresse qui introduit les petits voyants dans la connaissance profonde de l’Amour trinitaire et les conduit à goûter Dieu lui-même comme la réalité la plus belle de l’existence humaine.

Une expérience de grâce qui les a fait devenir amoureux de Dieu en Jésus, au point que Jacinthe s’exclamait : « J’aime tellement dire à Jésus que je L’aime ! Quand je le Lui dit de nombreuses fois, il me semble avoir un feu dans le cœur, mais qui ne me brûle pas ».
Et François disait : « Ce que j’ai aimé par-dessus tout, fut de voir Notre Seigneur dans cette lumière que Notre Mère nous a mise dans le cœur. J’aime tant Dieu ! » (Mémoires de Sœur Lucie, I, p.42 et p.126).

Frères, en entendant ces innocentes et profondes confidences mystiques des petits bergers, certains pourraient les regarder avec un peu d’envie parce que eux ils ont vu, ou bien avec la résignation amère de celui qui n’a pas eu la même chance mais qui insiste parce qu’il veut voir. À ces personnes, le Pape dit comme Jésus : « N’êtes-vous pas dans l’erreur, en méconnaissant les Écritures, et la puissance de Dieu ? » (Mc 12, 24). Les Écritures nous invitent à croire : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20, 29), mais Dieu – plus intime à moi que je le suis à moi-même (cf. Saint Augustin, Confessions, III, 6, 11) – a le pouvoir d’arriver jusqu’à nous, en particulier à travers nos sens intérieurs, de sorte que l’âme reçoive le toucher suave d’une réalité qui se trouve au-delà du sensible et qui la rende capable de rejoindre le non-sensible, ce qui est imperceptible aux sens. Pour cela, il est besoin d’une vigilance du cœur que, la plupart du temps, nous n’avons pas en raison de la forte pression de la réalité extérieure, des images et des préoccupations qui emplissent l’âme (cf. Commentaire théologique du Message de Fatima, 2000). Oui ! Dieu peut nous rejoindre, en s’offrant à notre vision intérieure.

Qui plus est, cette Lumière dans l’âme des jeunes bergers, qui provient de l’éternité de Dieu, est la même qui s’est manifestée à la plénitude des temps et qui est venue pour tous : le Fils de Dieu fait homme. Qu’Il ait le pouvoir d’enflammer les cœurs les plus froids et les plus tristes, nous le voyons avec les disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 32). C’est pourquoi notre espérance a un fondement réel, elle s’appuie sur un événement qui prend sa place dans l’histoire et en même temps la dépasse : c’est Jésus de Nazareth. L’enthousiasme suscité par sa sagesse et par sa puissance salvifique auprès des gens de l’époque était tel qu’une femme au milieu de la foule – comme nous l’avons entendu dans l’Évangile – s’exclama pour dire : « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! ». Cependant, Jésus répond : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Lc 11, 27. 28).

Mais qui a le temps d’écouter sa parole et de se laisser séduire par son amour ?
Qui veille, dans la nuit du doute ou de l’incertitude, avec le cœur éveillé en prière ?
Qui attend l’aube du jour nouveau, tenant allumée la flamme de la foi ?

La foi en Dieu ouvre à l’homme l’horizon d’une espérance certaine qui ne déçoit pas ; elle indique un fondement solide sur lequel appuyer, sans peur, toute son existence ; elle requiert l’abandon, plein de confiance, entre les mains de l’Amour qui soutient le monde.

« Votre descendance sera célèbre parmi les nations, …elle sera la descendance bénie par le Seigneur » (Is 61, 9) avec une espérance inébranlable et qui fructifie en un amour qui se sacrifie pour les autres et qui ne sacrifie pas les autres ; au contraire – comme nous l’avons entendu dans la deuxième lecture – qui « supporte tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout » (1 Co 13, 7). De cela, les petits bergers sont un exemple et nous stimulent, eux qui ont fait de leur vie une offrande à Dieu et l’ont partagée avec les autres par amour de Dieu.

La Vierge les a aidés à ouvrir leur cœur à l’universalité de l’amour. La Bienheureuse Jacinthe, notamment, se montrait infatigable dans le partage avec les pauvres et dans le sacrifice pour la conversion des pécheurs. Ce n’est qu’avec cet amour de fraternité et de partage, que nous réussirons à bâtir la civilisation de l’Amour et de la Paix.

Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait. Revit ici ce dessein de Dieu qui interpelle l’humanité depuis ses origines : « Où est ton frère Abel ? …La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi ! » (Gn 4, 9). L’homme a pu déclencher un cycle de mort et de terreur, mais il ne réussit pas l’interrompre… Dans l’Écriture Sainte, il apparaît fréquemment que Dieu est à la recherche des justes pour sauver la cité des hommes et il en est de même ici, à Fatima, quand Notre Dame demande : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour prendre sur vous toutes les souffrances qu’il voudra vous envoyer, en réparation des péchés par lesquels il est offensé, et en intercession pour la conversion des pécheurs ? » (Mémoires de Sœur Lucie, I, p.162).

À la famille humaine prête à sacrifier ses liens les plus saints sur l’autel de l’égoïsme mesquin de la nation, de la race, de l’idéologie, du groupe, de l’individu, notre Mère bénie est venue du Ciel pour mettre dans le cœur de ceux qui se recommandent à Elle, l’amour de Dieu qui brûle dans le sien.

À cette époque, ils n’étaient que trois ; leur exemple de vie s’est diffusé et multiplié en d’innombrables groupes sur la surface de la terre, en particulier au passage des Vierges pèlerines, qui se sont consacrés à la cause de la solidarité fraternelle. Puissent ces sept années qui nous séparent du centenaire des Apparitions hâter le triomphe annoncé du Cœur Immaculée de Marie à la gloire de la Très Sainte Trinité.