mardi 4 avril 2017

1er mardi du mois d'Avril - la constance dans l'épreuve

"Non, il ne dort pas, il ne sommeille pas ton gardien"
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 74, à Mme Anne Lefebvre, alors qu’il est calomnié par son propre Evêque

Dieu seul

Ma chère fille,
Ni je ne vous oublie, ni je ne veux vous oublier et j’espère de l’infinie miséricorde de Notre Seigneur et de sa très sainte Mère que je me souviendrai de vous en leur divine présence éternellement et cela, avec bien de la reconnaissance.

Christ aux outrages, Paroisse
Saint-Eustache, Paris
Notre bon prélat me décrie ici, à Paris, de tous côtés ; il faut le laisser faire le bien, honorer, en dire du bien et demeurer en repos. Notre paix sera solide si nous la mettons dans la croix, puisque c’est par le mystère de la croix que toutes choses ont été pacifiées ; elle est, ma chère fille, notre unique espérance, comme le chante l’Eglise : il est doux d’y vivre, il est encore plus doux d’y mourir et nous n’avons plus que faire au monde quand nous cessons d’y souffrir.

Le prélat fait ce qu’il peut pour m’obliger à quitter mon bénéfice mais jamais je n’ai ressenti plus d’ardeur pour le conserver.

La croix ne nous doit pas faire quitter les lieux où nous la portons ; c’est bien au contraire, s’il y a quelque chose qui nous y doive arrêter, c’est la souffrance.
J’espère de la très sainte Mère de Dieu et des saints anges et de nos patrons qu’on en verra, en temps et lieu, les fruits précieux.

Je vous prie de faire dire neuf messes à saint Michel, à commencer le premier jour de mars qui sera à ce que je pense le premier mardi de carême, en l’honneur des saints anges du diocèse, et de celui qui garde le prélat et du mien. Je vous prie aussi d’aller une fois à la semaine à Saint-Taurin pour lui recommander l’affaire de mon bénéfice.

Nous avons recours au ciel, ma chère fille, quand ceux qui nous sont opposés se servent des créatures de la terre de tous côtés. Une fois aussi la semaine vous irez à Notre-Dame (NB. Notre-Dame d’Evreux, la cathédrale où M. Boudon exerçait son ministère d’archidiacre) comme à la Dame et Protectrice du diocèse.

Tâchez de bien faire la neuvaine des Saints Anges du diocèse et leur recommandez l’affaire de mon bénéfice car, mes amis qui en cela se trompent - à ce que je crois - me persécutent pour le quitter ; mais je me sens dans une fermeté tout entière pour ne le pas faire. Je vous supplie d’envoyer par une voie bien sûre la lettre pour le Neubourg car elle m’est de conséquence.

Je salue très cordialement madame de Rouves et vos saints anges et suis, ma très chère fille, etc…

A Paris, ce 17 février, dans l’octave de Saint Aquilin, évêque d’Evreux.


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