vendredi 30 décembre 2016

Accueillir le Seigneur, la véritable crèche est notre âme et notre coeur


Du saint Pape Jean XXIII, Journal de l’âme 

Demain doit être un jour de grand recueillement et de grande ferveur. Jésus est proche, il est sur le point de sortir du sein maternel. Il a déjà fait entendre sa voix pleine d’amour : « Voici que je viens ! » (Ap 16, 15) Et moi, je dois me préparer avec une attention spéciale à sa venue, car j’en espère des avantages immenses. J’ai de grandes choses à lui communiquer, et il a, lui, de grands et innombrables bienfaits à me donner. Demain, mon esprit et mon cœur doivent rester au calme toute la journée devant le tabernacle, transformé ces jours-ci en étable de Bethléem. « Viens, bon Jésus, viens et ne tarde pas ! » ~

La nuit est déjà avancée, les étoiles scintillent dans le froid du ciel. De la ville, des voix bruyantes et des cris parviennent à mes oreilles. Ce sont les jouisseurs de ce monde qui fêtent dans les excès la pauvreté du Sauveur. Et moi, je veille, en pensant au mystère de Bethléem. Viens, Seigneur Jésus, je t’attends.

Marie et Joseph, repoussés par les habitants et sentant le moment arrivé, partent dans la campagne à la recherche d’un abri. Moi, je ne suis qu’un pauvre berger, je n’ai qu’une pauvre étable, une petite mangeoire et un peu de paille. Je vous offre tout, ayez la bonté d’accepter cette pauvre cabane. Hâte-toi, Jésus, voici mon cœur pour toi. Mon âme est pauvre et vide de vertus, la paille de mes nombreuses imperfections te piquera... ; mais que veux-tu, Seigneur ? C’est tout ce que je possède. Ta pauvreté m’émeut, m’attendrit, m’arrache des larmes. Mais je ne vois rien de mieux à t’offrir. Jésus, orne mon âme de ta présence, de tes grâces, brûle la paille et change-la en une couche sous ton corps très saint ~

Jésus, je t’attends... Ils te laissent geler ; viens dans mon cœur. Je ne suis qu’un petit pauvre, je te réchaufferai de mon mieux ; au moins, je veux que tu te réjouisses du désir que j’ai de t’aimer beaucoup.




mercredi 28 décembre 2016

Saints Innocents. Prions pour le respect et la protection de la vie humaine

Icône du massacre des saints Innocents.
Du Bienheureux Cardinal John Henry Newman, Sermon « The Mind of Little Children »

Il est bien juste que nous célébrions la mort de ces Saints Innocents, car elle était sainte.

Quand les événements nous rapprochent du Christ, quand nous souffrons pour le Christ, c’est sûrement un privilège inexprimable, quelle que soit la souffrance, même si sur le moment nous ne sommes pas conscients de souffrir pour lui.

Les petits enfants que Jésus a pris dans ses bras ne pouvaient pas non plus comprendre sur le moment de quelle admirable condescendance ils étaient l’objet, mais cette bénédiction du Seigneur n’était-elle pas un réel privilège ? Pareillement, ce massacre des enfants de Bethléem tient lieu pour eux de sacrement ; c’était le gage de l’amour du Fils de Dieu envers ceux qui ont subi cette souffrance. Tous ceux qui l’ont approché ont souffert plus ou moins, du fait même de ce contact, comme si émanait de lui une force secrète qui purifie et qui sanctifie les âmes à travers les peines de ce monde. Tel a été le cas des Saints Innocents.
Sagrada Familia. Le massacre des saints Innocents

Vraiment, la présence même de Jésus tient lieu de sacrement : tous ses actes, tous ses regards, toutes ses paroles communiquent la grâce à ceux qui acceptent de les recevoir, et combien plus à ceux qui acceptent de devenir ses disciples.

Dès les débuts de l’Église donc, un tel martyre a été considéré comme une forme du baptême, un vrai baptême de sang, qui a la même efficacité sacramentelle que l’eau qui régénère.

Nous sommes donc invités à considérer ces petits enfants comme des martyrs et à profiter du témoignage de leur innocence.






L'humeur de Pasquin, L'homme nouveau, n°1628 du 12 décembre 2016


Saints Innocents, d'hier et d'aujourd'hui, priez, priez pour nous ! Pardonnez-nous ! Intercédez pour nous !











mardi 27 décembre 2016

Neuvaine pour l'établissement du Règne de Dieu

Lettre 352

J'ai oublié à vous faire souvenir de la neuvaine particulière de Dieu qui commence le jour de la fête des saints Innocents.

Vous en trouverez la dévotion dans la seconde partie du petit Livre du purgatoire. Nous ne pouvons mieux commencer et finir les années que par l’application à l’intérêt de Dieu. Parlez-en, s’il vous plaît, aux bonnes âmes. Je n’ai vu des miracles, comme je vous l’ai mandé, que la première fois qu’on la fit. J’étais encore séculier lorsque la divine Providence me l’inspira.


« Dieu seul, ou l’association pour l’intérêt de Dieu seul », par l’abbé Henri Marie Boudon

DIEU SEUL

Oraison pour demander l’établissement de l’intérêt de Dieu seul.

Adorable Jésus qui avez dit : « Demandez et vous recevrez », quoique je ne sois que poudre et cendre, j’oserai bien me présenter en la présence de votre divine Majesté pour lui parler en toute humilité, et avec tout le respect qu’il m’est possible.

Appuyé sur le commandement que vous m’avez fait, et instruit par les divins enseignements que vous m’avez donnés, j’ose, bien abîmé au-dessus du néant, vous offrir cette prière que mon âme vous présente du plus profond de mon cœur.

Vous avez voulu que je vous prie : c’est ce que je fais ; je le fais en votre nom comme vous l’avez ordonné et je ne le veux faire qu’en la manière qu’il vous a plu pour la sanctification de votre nom sacré, pour l’avancement de votre Royaume, pour l’accomplissement de votre volonté en la terre comme au ciel.

Ecoutez donc favorablement, ô mon Seigneur et mon Dieu, ces prières que nous vous faisons puisque nous vous prions par votre ordre comme vous l’avez institué et pour les fins que vous nous avez marquées ; c’est voire seule gloire que nous recherchons, c’est votre seule gloire que nous désirons, c’est votre seule gloire que nous demandons.

O Père éternel, regardez amoureusement, non pas vos créatures qui ne méritent que l’enfer, mais votre Fils bien-aimé : regardez les intérêts de son saint Nom et non pas ceux des hommes qui ne sont que des intérêts du néant.

Pour l’honneur de ce Nom sacré, faites que tous les peuples en connaissent, l’honorent, en aiment les grandeurs et les excellences ; par les mérites de sa très douloureuse mort, faites que l’Evangile soit prêché à toutes les Nations et à tous les infidèles, faites en votre vertu toute-puissante qu’il soit reçu partout ; que le grand Roi Jésus règne souverainement sur tous les cœurs.

Détruisez par la force de votre bras tous les obstacles que les démons, que la nature et le monde y apportent.
Bénissez de vos plus saintes bénédictions tous ceux qui travaillent à faire connaître et aimer votre Fils bien-aimé, et fortifiez-les de vos plus puissants secours.
Ruinez l’hérésie, ôtez les schismes, anéantissez le péché, afin que tous les esprits soient dans la vérité et toutes les voluptés en l’amour de vous seul.

C’est ce que nous vous demandons uniquement : que vos intérêts soient établis, c’est tout ce dont nous vous prions.
Etablissez-les donc, ô Père des lumières, ô Père tout-puissant, en faisant connaître et aimer Jésus, en donnant et augmentant la dévotion pour la très sainte Vierge, la digne Mère de cet aimable Sauveur, pour tous les neuf chœurs de Anges et les Princes de votre Cour céleste ; nous vous demandons cette grâce, renonçant en votre présence au propre intérêt que nous voulons avoir en horreur le reste de notre vie, que nous voulons toujours regarder comme l’abomination de toute désolation, et nous vous demandons cette faveur.

Par Jésus notre Seigneur, votre Fils, qui vit et règne avec vous en l’unité du Saint Esprit, par tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.



dimanche 25 décembre 2016

Noël. Célébrons la Nativité du Sauveur qui vient à nous à la célébration de chaque Messe

La Nativité, par Abraham Danielsz Hondius
L'Archiconfrérie du Très Saint Sacrement et des saints Anges 
est heureuse de vous souhaiter de 
bonnes et saintes fêtes de Noël.

Il est né, le divin Enfant,
couché entre les bras de Notre-Dame immaculée,
Reine des Anges et des Saints,
et de son admirable époux, saint Joseph.

Il vient à nous à chaque instant, à chaque moment.

Que cette fête, emplie de saintes joies, nous comble de grâces et du désir de devenir, nous aussi, des saints !

Saint et heureux Noël à tous.



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « De l’amour de notre Seigneur Jésus-Christ »

Considérons donc avec les plus profonds respects dont nous sommes capables qu’un Dieu, venant au monde et s’y faisant Homme, y a paru en sa Naissance comme un Enfant et comme un Homme ; 
l’opprobre des hommes en sa très précieuse Mort ; 
mais, après les plus ignominieux et les plus barbares traitements que l’on puisse jamais souffrir, il revient tout de nouveau demeurer avec ces ingrates et cruelles créatures, se mettant sous les apparences du pain et du vin, au très saint Sacrement de l’Autel.


samedi 24 décembre 2016

L'arrivée imminente de notre Sauveur. Il est plus que temps ! Accueillons-Le !

L'arrivée à Bethléem. Les temps sont accomplis.

Saint Anselme, Entretien sur l’existence de Dieu

Allons, courage, pauvre homme ! Fuis un peu tes occupations, dérobe-toi un moment au tumulte de tes pensées.
Rejette maintenant tes lourds soucis et laisse de côté tes tracas. Donne un petit instant à Dieu et repose-toi un peu en lui. Entre dans la chambre de ton esprit, bannis-en tout, sauf Dieu ou ce qui peut t'aider à le chercher. Ferme la porte et mets-toi à sa recherche. 

À présent, parle, mon cœur, ouvre-toi tout entier et dis à Dieu : Je cherche ton visage ; c'est ton visage, Seigneur, que je cherche. 
L'annonce aux bergers, par Abraham Ddanielsz Hondius

Et maintenant, toi, Seigneur mon Dieu, enseigne à mon cœur où et comment te chercher, où et comment te trouver. Seigneur, si tu n'es pas ici, où te chercherai-je en ton absence ? Et si tu es partout, pourquoi ta présence m'est-elle invisible ? Certes, tu habites une lumière inaccessible. Mais où est-elle, cette lumière inaccessible ? Comment accéder à une lumière inaccessible ? Qui donc m'y conduira et m'y introduira pour que je t'y voie ? Et puis, à quels indices, sous quels traits te chercher ?

(…) Enseigne-moi à te chercher et montre-toi quand je te cherche ; car je ne puis te chercher si tu ne me l'enseignes, ni te trouver si tu ne te montres.

En mon désir, puissé-je te chercher, et, dans ma recherche, te désirer ; dans mon amour, puissé-je te trouver et, en te trouvant, t'aimer.


Saint-Germain en Laye, blason en l'honneur du
Baptême de S. Louis IX de France

mardi 20 décembre 2016

Venez, divin Messie, nous rendre espoir et nous sauver. Venez ! Venez ! Venez !

Icône des saints Ancêtres du Seigneur. "Depuis plus
de 4.000 ans nous l'annonçaient les prophètes"

Mémoire des ancêtres du Seigneur

Tropaire de la Résurrection en ton 8 : Tu es descendu des hauteurs, ô Plein de bonté ! Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours, afin de nous délivrer de nos passions, ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !

Tropaire des saints ancêtres en ton 2 : Par la Foi Tu as justifié tes ancêtres, Seigneur, par eux Tu épousas d’avance l’Eglise des nations. Ils se trouvent comblés de gloire et de fierté à cause de l’illustre fruit de leur lignée, qui sans semence t’enfanta. Par leurs prières, ô Christ notre Dieu, fais que nos âmes reçoivent le salut.

Le roi David le chantait dans les Psaumes
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Kondakion de l’avant-fête de Noël en ton 3 : La Vierge en ce jour se prépare à enfanter ineffablement en une grotte le Verbe qui précède les siècles. Terre entière, à cette nouvelle, chante et danse ! Glorifie avec les anges et les bergers celui qui a voulu devenir un enfant nouveau-né, le Dieu qui précède les siècles !

Le Vierge pure Lui donna son corps pour qu'Il prenne
chair de sa chair et, ainsi, nous sauver. Arbre de Jessé
Prokimenon du ton 4Béni soit-Tu, Seigneur, Dieu de nos Pères ! A ton Nom louange et gloire éternellement ! V/ Car Tu es juste en tout ce que Tu as fait pour nous ; toutes tes œuvres sont vérité.


Catéchèse du temps de l’Avent

1. Les ancêtres du Christ (cf. les généalogies de Jésus en Matt.1, 1-4 et Luc 3, 23-38), représentent toute l’humanité et son chemin historique à la redécouverte de la Personne de Dieu. L’Histoire n’est pas absurde. Elle a un sens et un contenu : du premier Adam au Christ (le « second Adam ») ; c’est, après la chute, l’expérience de la souffrance et de la mort, une lente évolution, montant de génération en génération, jusqu’à Marie la Vierge en qui s’incarne Dieu le Verbe, et de qui Il naît humainement : Noël ! La première partie de l’Histoire est orientée vers l’accomplissement de la promesse (Gen.3, 15) du Seigneur à Eve : le Malin sera vaincu pas sa descendance, Jésus, Fils de Dieu et Fils de l’Homme, le Vainqueur de la souffrance et de la mort, qui reviendra en gloire pour régner à jamais.

2. L’avenir historique de l’humanité dans l’évangile de ce jour : la fin de l’Histoire universelle est comparée à une fête dont les pécheurs se priveraient par ingratitude. Cette parabole est un avertissement : la fête risque d’être gâchée par l’indifférence d’enfants gâtés – aucun ne goûtera le banquet ! Elle signifie également que l’Histoire humaine a pour but la réjouissance.
L’apôtre Paul en ce jour enseigne : « avec joie rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints », à la joie des saints dans l’Esprit. Et le chant de communion : « Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur ! » Le terme de ce temps de l’Avent, c’est bien la joie – ecclésiale, familiale, sociale, la fête de Noël ! Le terme de notre vie, de toute vie, de l’Histoire humaine, est la fête de la rencontre personnelle avec le Seigneur, en son hospitalité divine, pour nous rassasier !

Cathédrale de Munich-Freising. Le voici l'Agneau de Dieu,
celui-là seul qui enlève le péché du monde et peut nous
ouvrir le Ciel ! Adoramus Te, Christe, et benedicimus Tibi !
3. L’Eglise est la culture de la joie et de la gratification. Si le Seigneur oblige les plus démunis d’entre nous à venir au banquet, Il ne les forcera pas à se réjouir ! La joie est dans la réponse libre à l’invitation de l’Esprit – « église » veut dire invitation et convocation.
Refus de la fête, dégoût ou  manque de goût et d’appétit, caprice, mépris des mets divins, préférence d’autres biens à ceux que nous propose notre Maître, incapacité de se réjouir en Dieu, ingratitude en somme et ignorance du bonheur que nous aurions à répondre à l’appel : ce sont les symptômes de la maladie de l’Homme déchu.
Le Médecin de l’âme et du corps diagnostique en ce jour ces subtils retards à la vie dans l’Esprit : tristesse, découragement, bonheur et plaisir sans Dieu, sans la présence bienheureuse de l’Invitant divin. Faire la fête sans lui, la Source de tout bien et de toute grâce, est la grande illusion dont nous avertit le Sauveur aujourd’hui.
Par le jeûne, le repentir, la prière et l’aumône, l’Esprit saint veut nous faire savourer la douceur de la Parole de Dieu – « goûtez et voyez combien le Seigneur est bon ! » : c’est Lui qui nous donne la conscience et la reconnaissance des dons du Père !




dimanche 18 décembre 2016

4e dimanche de l'Avent : la venue du Seigneur est imminente, préparons-nous dignement à L'accueillir


Friedrich von Hügel, The mystical element of religion 2ème éd., 1909, vol. I, pp. 25-26.

 
L'arrivée à Bethléem, mosaïques anciennes
Il est vraiment impossible de comparer directement le christianisme à l'hellénisme sans par le fait même sous-estimer son originalité. 

Car son originalité ne consiste pas tant dans ses doctrines particulières, ni même dans son enseignement total, ou encore dans la place spéciale que chaque doctrine occupe à l'intérieur de cet enseignement.


Elle consiste dans la révélation qu'il apporte, à travers la personne et l'exemple de son Fondateur (…). Dès lors, si le christianisme est avant tout la révélation de la Personnalité (…).

Les Anges montrant à l'Enfant Jésus les
glorieux trophées de sa Passion rédemptrice
Car une Personne est venue, qui vécut et qui aima, qui agit et qui enseigna, mourut et ressuscita ; et cette Personne continue à vivre par sa puissance et par son Esprit, à jamais ; en nous et parmi nous ; si indiciblement riche et cependant si simple, si sublime et cependant si familière, si divinement au-dessus de nous précisément en tant qu'elle est divinement proche, (…) de toutes les races et de toutes les civilisations, de toutes les vies individuelles et collectives, simultanées et successives, de l'Humanité jusqu'à la fin des temps.


Le sapin de Noël, aux portes de la Custodie franciscaine
de Jérusalem, Terre Sainte.

samedi 17 décembre 2016

17 décembre - début de la neuvaine préparatrice à Noël. Viens, Seigneur Jésus ! Viens nous sauver !

Venez, divin Messie !
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La dévotion au règne de Dieu »

Le Règne de Dieu est la fin de l’Incarnation du Verbe. C’est pour l’établissement de ce Règne de Dieu que le Verbe incréé s’incarne et, ô miracle incompréhensible !, qu’il s’anéantit lui-même.

C’est de cette manière que l’Apôtre en parle. C’est ce que ce divin Maître nous enseigne lui-même lorsqu’il dit aux peuples qui le retenaient de peur, qu’il ne les quittât : Il faut que j’annonce aussi aux autres Villes l’Evangile du Royaume de Dieu car c’est pour cela que je suis envoyé.

C’est ce qui lui fait encore dire que, depuis l’avènement de Jean, le Royaume de Dieu est annoncé. La mission qu’il donne à ses douze Apôtres est de prêcher ce Royaume. Il donne le même ordre aux soixante-douze disciples lorsqu’il les envoie et il leur dit : Dites : Le Royaume de Dieu est proche ! En quelque Ville que vous arriviez, allez dans les places et dites : Sachez que le Royaume de Dieu est proche. Nous lisons dans les Actes des Apôtres que saint Philippe annonçait ce qui regardait le Royaume de Dieu et, quand saint Paul dans l’Epître aux Colossiens parle de ceux qui l’assistent dans ses fonctions apostoliques, il déclare : Que c’est pour le Royaume de Dieu.

Le Règne de Dieu est donc la fin de l’Incarnation de ce Mystère caché de tout temps, en qui Dieu a fait paraître les richesses incompréhensibles de sa grâce, et dans lequel les Principautés même et les Puissances des cieux ont appris par l’Eglise la diversité de sa sagesse dans les siècles qu’il a destiné de la faire paraître en Jésus-Christ, Notre Seigneur.

Oh qu’il faut bien dire que le Règne de Dieu est infiniment précieux à ses yeux, puisqu’il s’anéantit lui-même en s’incarnant dans les entrailles d’une Vierge tout immaculée et toute sainte pour l’établir.



jeudi 15 décembre 2016

Le temps de l'Avent, temps de grande joie

Bienheureuse Teresa de Calcutta, Something Beautiful for God (trad. La Joie du don, p. 73)

La joie est prière. La joie est force. La joie est amour. Elle est comme un filet d'amour qui prend les âmes. « Dieu aime ceux qui donnent avec joie » (2 Co 9,7). Ceux qui donnent avec joie donnent le plus. Il n'y a pas de meilleure façon de manifester notre gratitude à Dieu et aux hommes que d'accepter tout avec joie. Un cœur brûlant d'amour est nécessairement un cœur joyeux.

Ne laissez jamais la tristesse vous envahir au point de vous faire oublier la joie du Christ ressuscité. Nous éprouvons tous l'ardent désir du ciel où se trouve Dieu. Or il est en notre pouvoir à tous d'être dès maintenant au ciel avec lui, d'être heureux avec lui en cet instant même.

Mais ce bonheur immédiat avec lui veut dire : aimer comme il aime, aider comme il aide, donner comme il donne, servir comme il sert, secourir comme il secourt, demeurer avec lui toutes les heures du jour, et toucher son être même derrière le visage de l'affliction humaine.


Nous sommes à l'aube des temps nouveaux. Saurons-nous être prêts pour accueillir le Seigneur qui vient ou trouverons-nous la porte fermée à cause de notre négligence ? Le Seigneur vient, préparons-nous !


mardi 13 décembre 2016

Saint Jean n'était pas la Lumière mais il Lui rendait témoignage

Saint Augustin, « Sermons sur l'évangile de Saint Jean »

Comment le Christ est-il venu ? Il est apparu en homme. Parce qu'il était homme à ce point que Dieu était caché en lui, un homme remarquable a été envoyé devant lui pour faire reconnaître qu'il était plus qu'un homme, lui, le Christ...

Qui était-il, celui qui devait ainsi rendre témoignage à la Lumière ? Un être remarquable, ce Jean, un homme d'un haut mérite, d'une grâce éminente, d'une grande élévation. Admire-le, mais comme on admire une montagne : la montagne reste dans les ténèbres tant que la lumière ne vient pas l'envelopper : « Cet homme n'était pas la Lumière ». Ne prends pas la montagne pour la lumière ; ne va pas te briser contre elle, bien loin d'y trouver du secours. 

Et que faut-il admirer alors ? La montagne, mais comme montagne. Élève-toi jusqu'à celui qui éclaire cette montagne qui est dressée pour recevoir, la première, les rayons du soleil, afin de les renvoyer à tes yeux... De nos yeux, on dit aussi qu'ils sont des lumières ; et pourtant si on n'allume pas de lampe la nuit ou si le soleil ne se lève pas durant le jour, nos yeux s'ouvrent en vain. Jean lui-même était ténèbres avant d'être illuminé ; il n'est devenu lumière que par cette illumination. S'il n'avait pas reçu les rayons de la Lumière, il serait demeuré ténèbres comme les autres... 

Et la Lumière elle-même, où est-elle ? « la Lumière véritable qui illumine tout homme en venant dans ce monde » ? (Jn 1,9) S'il illumine tout homme, il illuminait aussi Jean, par qui il voulait être manifesté... Il venait pour des intelligences infirmes, pour des cœurs blessés, pour des âmes aux yeux malades..., des gens incapables de le voir directement. Il a couvert Jean de ses rayons. En proclamant qu'il avait été lui-même illuminé, Jean a fait connaître Celui qui illumine, Celui qui éclaire, Celui qui est la source de tout don






dimanche 11 décembre 2016

3e Dimanche de l'Avent - Gaudete, Dimanche de la Joie


En ce dimanche, 3e Dimanche de l'Avent, le rose de la joie remplace le dur violet de l'attente et de la pénitence. Il s'atténue du blanc de la fête et de la solennité que nous préparons. 

Réjouissons-nous dans le Seigneur, seul Sauveur, le seul qui puisse donner sens à notre vie et aux événements du monde.




Saint Antoine de Padoue, 

« Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints, 3e dimanche Avent »

« Réjouissez-vous dans le Seigneur, je vous le redis : réjouissez-vous » (Ph 4,4). Double joie motivée par un double bienfait : le premier et le second avènement.

Nous devons nous réjouir parce que le Seigneur, à son premier avènement, nous a apporté richesses et gloire.
Nous devons nous réjouir encore parce que, à son second avènement, il nous donnera « la longueur des jours sans fin » (Ps 20,5). Comme le disent les Proverbes : « La longueur des jours est dans sa droite, et sa gauche tient les richesses et la gloire » (3,16). La gauche, c'est le premier avènement, avec ses richesses glorieuses, l'humilité et la pauvreté, la patience et l'obéissance. La droite, c'est le second avènement, avec la vie éternelle

Du premier avènement, Isaïe parle en ces termes : « Lève-toi, lève-toi ; revêts-toi de force, ô bras du Seigneur ; lève-toi comme aux jours antiques des siècles lointains. N'as-tu pas frappé l'orgueilleux, blessé le serpent ? N'as-tu pas desséché la mer et l'eau de l'abîme agité ? N'as-tu pas fait du fond de la mer une route, où devaient passer les délivrés ? » (51,9-10). Le bras du Seigneur, c'est Jésus Christ, Fils de Dieu, par qui et en qui Dieu a fait toutes choses... Ô bras du Seigneur, ô Fils de Dieu, lève-toi ; viens à nous de la gloire de ton Père, en prenant notre chair. Revêts-toi de la force de la divinité, pour lutter contre « le prince de ce monde » (Jn 12,31) et pour « chasser le fort », toi qui es « plus fort que lui » (Lc 11,21-22). Lève-toi, pour racheter le genre humain, comme tu as délivré, aux jours antiques, le peuple d'Israël de la servitude d'Egypte... Tu as séché la mer Rouge ; ce que tu as fait, tu le feras encore..., comme tu as tracé au fond de l'enfer la route où passent les rachetés. 

Du second avènement, le Seigneur parle en ces termes dans Isaïe : « Voici que je crée Jérusalem » — la Jérusalem céleste, formée des anges et des hommes — « dans l'allégresse, et son peuple dans la joie. Et je tressaillirai dans Jérusalem, je me réjouirai dans mon peuple, et il n'y aura plus ni pleurs ni cris » (65,18-19), parce que, comme il est dit ailleurs : « Le Seigneur essuiera les larmes de tous les visages » (25,8).




vendredi 9 décembre 2016

Vivre l'Avent avec Notre Dame, Marie immaculée

Marie, Immaculée Conception, Mère de Dieu,
Mère et Modèle des Saints
Méditation du Frère J. Webert, op.

En cette heure décisive pour le monde, Marie accepte avec humilité et abandon le bon plaisir divin : Je suis la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon votre parole".
Consentement auquel est suspendue la destinée spirituelle de milliards d'êtres humains de tous les temps. L'acte de Marie était libre. Dieu qui a créé la liberté en laisse l'usage aux hommes.

La grâce la plus éminente, la plus pressante, ne contraint jamais. Grand mystère que ce fond de la volonté humaine qui est libre de dire oui ou non. Sans doute, la Sainte Vierge Marie était-elle si parfaitement en accord avec la pensée de Dieu qu'elle s'harmonisait sans hésitation à la volonté divine, dès qu'elle la concevait clairement.

Ce qui nous révèle la liberté de Marie, c'est justement sa question à l'ange. Pour faire un acte d'une spontanéité spirituelle, il lui fallait une connaissance raisonnable de ce que Dieu demandait. Mais aussitôt la clarté obtenue, elle dit : Fiat "qu'il en soit ainsi puisque Dieu le veut". Nous n'aurons jamais assez de reconnaissance à Marie pour cette acceptation si lumineuse, si ordonnée, si aimante.

Remarquons toutefois que la Sainte Vierge ne demande que juste ce qu'il faut, pour que son acte soit raisonnablePuisque Dieu accorde cette maternité avec son dessein de demeurer vierge, elle accepte sans interroger sur la suite des événements. Cela lui apportera-t-il joie ou souffrance, exaltation ou abaissement ? Comment ce fils de Dieu, qui sera aussi le sien, arrivera-t-il à réaliser ce règne éternel que l'ange annonce ? ~ Elle ne va pas plus vite que Dieu. Quel exemple pour nous toujours si impatients de scruter l'avenir, pour savoir ce qui nous arrivera en bien ou en mal.

Contemplons maintenant l'éminente dignité de Marie, devenue réellement mère de Dieu.

Toute sa grandeur est dans cet événement. Avant, ce n'était que préparation, sans que la sainte Vierge trop humble, pour rêver une si haute destinée, y ait songé. Après, aucun événement ne pourra rien y ajouter. Son couronnement dans le ciel "ne fera que révéler parfaitement ce qui existe" secrètement.

L'Annonciation.
Et le Verbe s'est fait chair, et Il a habité parmi nous
dans le sein virginal et pur de Marie
Cette union avec Dieu par l'humanité de l'enfant qui doit naître est pour Marie une transfiguration totale de son être. On ne peut que suggérer quelques idées par analogie. Il est légitime de comparer cette union à cette fusion des êtres que saint Paul exprime ainsi: Est-ce que je vis ? Ce n'est plus moi. C'est le Christ qui vit en moi. (Gal. II,20)



La fin de la vie surnaturelle, telle que Dieu nous l'a révélée, c'est l'union avec Dieu. Nous en parlons, comme d'une très belle chose. Nous la voyons surtout comme une réalité magnifique dans l'avenir. Sur terre, on peut l'atteindre par la foi. Et même chez les saintes âmes, il y a des " pressentiments d'éternité". Les saints nous décrivent comme ils pensent ce sentiment d'union, avec toutes les illuminations et les transformations qu'elle opère dans tout leur être. Etant déjà si inhabiles à parler de la vie d'union des âmes privilégiées, que dirons-nous de cette union à la fois physique et spirituelle telle qu'elle se réalise en Marie, à partir de l'Annonciation?

Nous pouvons dire que cette présence de Jésus en Marie, est comme un sacrement, à condition de comprendre qu'il s'agit d'une action sanctifiante qui dépasse en perfection toutes les initiations sacramentelles, et les ordinations sacerdotales et les communions eucharistiques. Marie n'avait pas à être purifiée comme nous par le Baptême, ni affermie par la Confirmation. Par l'Immaculée Conception, elle est en parfaite harmonie avec Dieu. Mais la présence du Dieu incarné est une consécration dont l'effet demeure, et une communion dont la grâce opère à tout instant.

S'il nous est donné de saisir, toujours par une analogie lointaine, ce qui se passe dans l'être de Marie, lors de l'Annonciation, il nous sera facile de comprendre pourquoi le culte de la Sainte Vierge a pris dans l'Eglise une telle extension. Certains esprits ont pu s'étonner, qui n'avaient pas approfondi le rôle de la maternité de Marie dans notre Rédemption. Penser que Jésus ait pu par la suite traiter sa mère, 'comme s'il s'était servi d'elle pour s'incarner , et il était sorti de cette chair, et, en apparence, il n'y avait plus rien de commun entre elle et lui...", c'est une idée fausse.

La Nativité de l'Agneau de Dieu qui a pris chair de Marie pour
s'offrir en holocauste d'amour pour annihiler le péché du monde.
Dieu avait choisi Marie, l'avait ornée de privilèges, à son insu, pour la préparer à cette indicible union de la maternité. Il faut songer au contraire à une infinité de délicatesses, de prévenances, d'égards, pour cette créature la plus aimée, parce qu'elle était la plus pure, la plus fidèle, " pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes."

Or ces délicatesses, qui prirent une forme humaine au cours des années de vie terrestre de Jésus, commencèrent dès la conception de l'enfant, qui est Dieu, par des effusions silencieuses, des clartés, des inspirations, des attraits d'amour, enfin tout ce qui convient à un être choisi pour être l'intermédiaire entre Dieu et l'humanité.

Jésus est le Médiateur. Mais Marie est en vérité la médiatrice du Médiateur par le consentement qu'elle a donné à l'incarnation. C'est sur quoi se fonde la dévotion exceptionnelle de l'Eglise à Marie, si l'on peut dire que cette dévotion n'aura jamais fini de se préciser et de s'accroître.

Marie est la plus proche de Dieu, et en même temps elle est femme, elle est de notre race. Lorsqu'on a compris une fois cette vérité, l'on voit très bien que notre louange sera toujours inférieure à sa dignité, et d'autre part, qu'il n'y a pas de situation si désespérée qui ne puisse trouver par Marie une solution. Elle existe pour cela : pour être l'intermédiaire humain de la grâce divine, pour notre rédemption.

C'est à cette hauteur spirituelle qu'il faut situer la très sainte Vierge Marie, Mère de DieuIl y a un fait d'ordre humain dans l'Annonciation: la conception de l'enfant. Mais ce fait ne prend tout son sens que par son aspect spirituel. Saint Augustin écrira: "Son union comme mère avec l'Enfant ne lui eut servi de rien, si elle n'avait été plus heureuse de porter le Christ dans son cœur que de le porter dans sa chair."

Maternité qui devient la cause de l'union la plus parfaite entre une créature et Dieu. Maternité qui unit toute l'humanité à Dieu, sous un mode nouveau. Nous allons de l'un à l'autre de ces deux grands aspects de la maternité de la Sainte Vierge. L'un nous révèle sa grande dignité entre toutes les femmes, son union aux richesses indescriptibles.
Il nous est doux de penser qu'une fille des hommes ait été unie si profondément à Dieu.



L'autre aspect nous révèle les espérances que nous pouvons fonder sur celle dont le consentement était attendu au nom de l'humanité tout entière. C'est pour elle, mais aussi, d'une manière indissoluble, en notre nom et pour nous qu'elle a dit: Qu'il me soit fait selon votre parole.

Nous en retirerons cette conviction que Dieu a voulu que la Rédemption fut quelque chose de très humain, pour nous tenter de mille manières de donner notre consentement à sa venue en nous.
Qu'il nous donne la grâce de trouver facile ce consentement, puisqu'il doit être fait en union avec notre Mère, si divine et si humaine.