jeudi 28 janvier 2016

Saint Thomas d'Aquin, Docteur angélique, Docteur de la divine Eucharistie

De l'Office des lectures au jour de la fête de Saint Thomas d’Aquin
pour l’office du Corps du Christ

S. Thomas d'Aquin en conversation avec le
Pape Innocent III
Le Fils unique de Dieu, voulant nous faire participer à sa divinité, a pris notre nature afin de diviniser les hommes, lui qui s’est fait homme.

En outre, ce qu’il a pris de nous, il nous l’a entièrement donné pour notre salut. En effet, sur l’autel de la croix il a offert son corps en sacrifice à Dieu le Père afin de nous réconcilier avec lui ; et il a répandu son sang pour qu’il soit en même temps notre rançon et notre baptême : rachetés d’un lamentable esclavage, nous serions purifiés de tous nos péchés.

Et pour que nous gardions toujours la mémoire d’un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles son corps à manger et son sang à boire, sous les dehors du pain et du vin.

Banquet précieux et stupéfiant, qui apporte le salut et qui est rempli de douceur ! Peut-il y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l’on ne nous propose plus, comme dans l’ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu ? Y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement ? ~

Aucun sacrement ne produit des effets plus salutaires que celui-ci : il efface les péchés, accroît les vertus et comble l’âme surabondamment de tous les dons spirituels !

Il est offert dans l’Église pour les vivants et pour les morts afin de profiter à tous, étant institué pour le salut de tous. Enfin, personne n’est capable d’exprimer les délices de ce sacrement, puisqu’on y goûte la douceur spirituelle à sa source et on y célèbre la mémoire de cet amour insurpassable, que le Christ a montré dans sa passion.

Il voulait que l’immensité de cet amour se grave plus profondément dans le cœur des fidèles. C’est pourquoi à la dernière Cène, après avoir célébré la Pâque avec ses disciples, lorsqu’il allait passer de ce monde à son Père, il institua ce sacrement comme le mémorial perpétuel de sa passion, l’accomplissement des anciennes préfigurations, le plus grand de tous ses miracles ; et à ceux que son absence remplirait de tristesse, il laissa ce sacrement comme réconfort incomparable.

Tombeau de Saint Thomas d'Aquin, à Toulouse.

dimanche 24 janvier 2016

Septuagésime

Beaucoup de nos frères, de rit latin et en forme extraordinaire, entrent aujourd’hui dans le temps de la Septuagésime. Ce temps liturgique particulier prépare à la grande retraite du Carême et aux joies pascales. Ce temps rappelle les 70 ans d’exil à Babylone.

Babel, Babylone, Ninive ou l’Egypte, notre monde n’a rien à leur envier quant à la folie et à l’idolâtrie… Préparons-nous dans la joie à Celui-là seul qui peut combler nos cœurs et nous ouvrir les portes du Ciel, Notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.

  
Remarques du Chanoine Robert Lesage, Cérémoniaire de Paris, 1952.
 
Le temps de la Septuagésime est la période de trois semaines qui précède l'ouverture du carême. Aux premiers siècles du christianisme, le temps de la préparation pascale consistait uniquement dans les quarante jours du carême. Mais, comme, en Orient, on ne jeûnait pas le samedi et le dimanche, le début du carême fut anticipé d'un certain nombre de jours. L'Église romaine, qui observait l'usage de jeûner le samedi, n'avait pas les mêmes motifs d'avancer le temps des privations. Néanmoins, par déférence pour l'Église grecque, elle fit aussi précéder la sainte Quarantaine de trois semaines environ, qui, sans comporter l'obligation du jeûne, devaient être consacrées à se recueillir et à se préparer par une pénitence moins rigoureuse.

Les trois dimanches qui les ouvrent sont appelés dimanches de la Septuagésime, de la Sexagésime et de la Quinquagésime, parce que le premier dimanche de carême portant le nom de Quadragésime (carême est un dérivé et un abrégé de ce mot), on est remonté en rétrogradant. Ces dénominations signifient donc qu'à partir de ces dimanches, il y a environ 70, 60 et 50 jours jusqu'à la fête de Pâques. Il n'y faut pas chercher un compte exact de jours.

Bas-relief babylonien, au temps de l'Exil à Babylone.
Le plus ancien témoin de la liturgie septuagésimale est un lectionnaire du VIe siècle (bibliothèque de l'université de Wurtzbourg), qui nous révèle « la liturgie romaine telle qu'elle devait être... à l'époque où S. Grégoire porta vers elle son génie organisateur ». On y trouva déjà les épîtres et les évangiles que nous lisons en ces dimanches.

« Vestibule » du carême, le temps de la Septuagésime s'en rapproche par l'invitation à penser à notre destinée, par la couleur des ornements et par la suppression des chants joyeux.
  • La couleur violette sert à l'Office et à la Messe du Temps pour tous les vêtements et ornements liturgiques.
  • Aux Messes solennelles de la férié, le Diacre et le Sous-Diacre portent encore la dalmatique et la tunique, et l'on peut toucher l'orgue.
  • Les trois dimanches sont majeurs de seconde classe, c'est-à-dire qu'ils ne cèdent leur place qu'à une fête double de première classe. Toutes les féries sont mineures.
  • L'Alleluia est supprimé jusqu'au jour de Pâques.

La veille de la Septuagésime, à la fin des Vêpres, les Chantres ajoutent deux Alleluia au Benedicamus Domino et le chœur deux Alleluia au Deo gratias. C'est la déposition de l'Alleluia, que nos pères appelaient « Clausum Alleluia » ou les adieux de l'Alleluia.

Quand, au XIe siècle, ce cri d'allégresse fut interdit à partir de ce jour, la piété chrétienne prit en affection l'acclamation joyeuse, comme elle eut fait d'une personne chère, dont elle eût éprouvé de la peine à se détacher.

Au Moyen Âge, ce congé fut même dramatisé en bien des endroits. On alla jusqu'à coucher un mannequin, appelé Alleluia sur une civière et à le porter en cortège à sa sépulture provisoire. Des hymnes, antiennes, capitules et répons, en un mot toute une littérature émouvante exprimait la douleur des fidèles et les souhaits de « bon voyage » et « heureux retour ».

À l'Office, l'Alleluia qui accompagne le Deus, in adjutorium du début, est remplacé par Laus tibi, Domine, Rex aeternae gloriae. À la fin de Matines, le Te Deum est remplacé par un répons à l'Office du Temps.

À la Messe du Temps, même le dimanche, le Gloria in excelsis est toujours omis. En semaine, le graduel est dit seul ; le dimanche et les jours de fête, il est suivi d'un trait qui remplace l'Alleluia.

Le Benedicamus Domino remplace Ite, missa est à toutes les Messes de férie.

Le roi Louis XII et Anne de Bretagne dans la Sainte-Chapelle, vénérant la très
précieuse relique de la Sainte Couronne d'épines, conservée aujourd'hui dans l'église
Cathédrale Notre-Dame de Paris, vénérée tous les 1ers vendredis du moi et tous les vendredis
de Carême à 15 heures.

samedi 23 janvier 2016

Marche pour la vie

Marche pour la Vie naissante annulée mais pas selon le Coeur de Dieu quand nous jeûnons et prions !
Le chapelet est une arme qui fait trembler les démons malheureusement si nombreux. Prions !

De saint Pape Jean-Paul II, Evangelium vitæ, nn.99...105 :

n.99. ~ Je voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à l'avortement. L'Eglise sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre âme n'est pas encore refermée. En réalité, ce qui s'est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l'espérance.

Sachez plutôt comprendre ce qui s'est passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l'avez pas encore fait, ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir: le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. C’est à ce même Père et à sa miséricorde qu’avec espérance vous pouvez confier votre enfant.
Un foetus, un embryon ? Non. Un innocent.
Un futur très grand saint.

Avec l'aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie, éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et exercé par l'accueil et l'attention envers ceux qui ont le plus besoin d'une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer la vie de l'homme.

n.100. Dans ce grand effort pour une nouvelle culture de la vie, nous sommes soutenus et animés par l'assurance de savoir que l'Evangile de la vie, comme le Royaume de Dieu, grandit et donne des fruits en abondance (cf. Mc 4, 26-29). Certes, la disproportion est énorme entre les moyens considérables et puissants dont sont dotées les forces qui travaillent pour la « culture de la mort » et les moyens dont disposent les promoteurs d'une « culture de la vie et de l'amour ». Mais nous savons pouvoir compter sur l'aide de Dieu, à qui rien n'est impossible (cf. Mt 19, 26).

Ayant cette certitude au cœur et animé par une sollicitude inquiète pour le sort de chaque homme et de chaque femme, je répète aujourd'hui à tous ce que j'ai dit aux familles engagées dans leurs tâches rendues difficiles par les embûches qui les menacent: une grande prière pour la vie, qui parcourt le monde entier, est une urgence. Que, par des initiatives extraordinaires et dans la prière habituelle, une supplication ardente s'élève vers Dieu, Créateur qui aime la vie, de toutes les communautés chrétiennes, de tous les groupes ou mouvements, de toutes les familles, du cœur de tous les croyants!

Par son exemple, Jésus nous a lui-même montré que la prière et le jeûne sont les armes principales et les plus efficaces contre les forces du mal (cf. Mt 4, 1-11) et il a appris à ses disciples que certains démons ne peuvent être chassés que de cette manière (cf. Mc 9, 29). Retrouvons donc l'humilité et le courage de prier et de jeûner, pour obtenir que la force qui vient du Très-Haut fasse tomber les murs de tromperies et de mensonges qui cachent aux yeux de tant de nos frères et sœurs la nature perverse de comportements et de lois hostiles à la vie, et qu'elle ouvre leurs cœurs à des résolutions et à des intentions inspirées par la civilisation de la vie et de l'amour.

n.101. ~ L’Évangile de la vie est pour la cité des hommes. Agir en faveur de la vie, c'est contribuer au renouveau de la société par la réalisation du bien commun.

En effet, il n'est pas possible de réaliser le bien commun sans reconnaître et protéger le droit à la vie, sur lequel se fondent et se développement tous les autres droits inaliénables de l'être humain. Et une société ne peut avoir un fondement solide si, tout en affirmant des valeurs comme la dignité de la personne, la justice et la paix, elle se contredit radicalement en acceptant ou en tolérant les formes les plus diverses de mépris ou d'atteintes à la vie humaine, surtout quand elle est faible ou marginalisée. Seul le respect de la vie peut fonder et garantir les biens les plus précieux et les plus nécessaires de la société, comme la démocratie et la paix. En effet, il ne peut y avoir de vraie démocratie si l'on ne reconnaît pas la dignité de toute personne et si l'on n'en respecte pas les droits.

Il ne peut y avoir non plus une vraie paix si l'on ne défend pas et si l'on ne soutient pas la vie, comme le rappelait Paul VI: « Tout crime contre la vie est un attentat contre la paix, surtout s'il porte atteinte aux mœurs du peuple... Alors que là où les droits de l'homme sont réellement professés et publiquement reconnus et défendus, la paix devient l'atmosphère joyeuse et efficace de la vie en société ».

Le « peuple de la vie » est heureux de pouvoir partager avec tant d'autres personnes ses engagements; et ainsi sera toujours plus nombreux le « peuple pour la vie », et la nouvelle culture de l'amour et de la solidarité pourra se développer pour le vrai bien de la cité des hommes.

~ n.105. L'annonce de l'ange à Marie tient dans ces paroles rassurantes: « Sois sans crainte, Marie » et « Rien n'est impossible à Dieu » (Lc 1, 30. 37). ~


O Marie, 
aurore du monde nouveau, 
Mère des vivants, 
nous te confions la cause de la vie: 
regarde, ô Mère, le nombre immense 
des enfants que l'on empêche de naître, 
des pauvres pour qui la vie est rendue difficile, 
des hommes et des femmes 
victimes d'une violence inhumaine, 
des vieillards et des malades tués 
par l'indifférence 
ou par une pitié fallacieuse. 
Fais que ceux qui croient en ton Fils 
sachent annoncer aux hommes de notre temps 
avec fermeté et avec amour 
l'Évangile de la vie. 
Obtiens-leur la grâce de l'accueillir 
comme un don toujours nouveau, 
la joie de le célébrer avec reconnaissance 
dans toute leur existence 
et le courage d'en témoigner 
avec une ténacité active, afin de construire, 
avec tous les hommes de bonne volonté, 
la civilisation de la vérité et de l'amour, 
à la louange et à la gloire de Dieu 
Créateur qui aime la vie.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 25 mars 1995, solennité de l'Annonciation du Seigneur, en la dix-septième année de mon pontificat.

Jean-Paul II, pp.




jeudi 21 janvier 2016

21 janvier, Sainte Agnès, martyre, et triste anniversaire du meurtre du Roi Louis XVI. Prions pour la France !




Le 21 juillet 1792, le vœu de Louis XVI est remis au père Hébert, supérieur général des Eudistes et confesseur du Roi.
C'est le vœu par lequel Louis XVI a dévoué sa personne, sa famille et tout son Royaume, au Sacré-Cœur de Jésus.


                 « Vous voyez, ô mon Dieu, toutes les plaies qui déchirent mon cœur, et la profondeur de l'abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m'environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la face du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m'avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n'ai pas réprimé la licence du peuple et l'irréligion, qui en sont les principales sources ; parce que j'ai fourni moi-même des armes à l'hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l'audace de tout oser.
La dernière confession de Sa Majesté Très Chrétienne,
le roi Louis XVI, lieu-tenant du Christ-Roi en France.

Je n'aurai pas la témérité, ô mon Dieu, de me justifier devant vous ; mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs ; mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémé contre vous ; au roi Manassès, qui avait entraîné son peuple dans l'idolâtrie. Désarmé par leur pénitence, vous les avez rétablis l'un et l'autre sur le trône de Juda ; vous les avez fait régner avec paix et gloire. Seriez-vous inexorable aujourd'hui pour un fils de saint Louis, qui prend ces rois pénitents pour modèles, et qui, à leur exemple, désire réparer ses fautes et devenir un roi selon votre Cœur ? 0 Jésus-Christ, divin Rédempteur de toutes nos iniquités, c'est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J'appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère, et l'assistance de saint Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux.

Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté le vœu satisfactoire que la confiance m'inspire et que je vous offre comme l'expression naïve des sentiments de mon cœur.

Si, par un effet de la bonté infinie de Dieu, je recouvre ma liberté, ma couronne et ma puissance royale, je promets solennellement :
De révoquer le plus tôt possible toutes les lois qui me seront indiquées, soit par le pape, soit par quatre évêques choisis parmi les plus vertueux de mon royaume, comme contraires à la pureté et à l'intégrité de la foi, à la discipline et à la juridiction spirituelle de la sainte Eglise catholique, apostolique, romaine, et notamment la constitution civile du clergé ;
De rétablir sans délai tous les pasteurs légitimes et tous les bénéficiés institués par l'Eglise, dans les bénéfices dont ils ont été injustement dépouillés par les décrets d'une puissance incompétente, sauf à prendre les moyens canoniques pour supprimer les titres de bénéfices qui sont moins nécessaires, et pour en appliquer les biens et revenus aux besoins de l'Etat ;
De prendre, dans l'intervalle d'une année, tant auprès du pape qu'auprès des évêques de mon royaume, toutes les mesures nécessaires pour établir, suivant les formes canoniques, une fête solennelle en l'honneur du Sacré Cœur de Jésus, laquelle sera célébrée à perpétuité dans toute la France, le premier vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, et toujours suivie d'une procession générale, en réparation des outrages et des profanations commis dans nos saints temples, pendant le temps des troubles, par les schismatiques, les hérétiques et les mauvais chrétiens ;
D'aller moi-même en personne, sous trois mois à compter du jour de ma délivrance, dans l'église Notre-Dame de Paris, ou dans toute autre église principale du lieu où je me trouverai, et de prononcer, un jour de dimanche ou de fête, au pied du maître-autel, après l'offertoire de la messe, et entre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon royaume au Sacré Cœur de Jésus, avec promesse de donner à tous mes sujets l'exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable ;
D'ériger et de décorer à mes frais, dans l'église que je choisirai pour cela, dans le cours d'une année à compter du jour de ma délivrance, une chapelle ou un autel qui sera dédié au Sacré Cœur de Jésus, et qui servira de monument éternel de ma reconnaissance et de ma confiance sans bornes dans les mérites infinis et dans les trésors inépuisables de grâces qui sont renfermés dans ce Cœur sacré;
Enfin, de renouveler tous les ans, au lieu où je me trouverai, le jour qu'on célébrera la fête du Sacré-Cœur, l'acte de consécration exprimé dans l'article quatrième, et d'assister à la procession générale qui suivra la messe de ce jour.

Je ne puis aujourd'hui prononcer qu'en secret cet engagement, mais je le signerais de mon sang s'il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le temple.

Ô Cœur adorable de mon Sauveur ! Que j'oublie ma main droite et que je m'oublie moi-même, si jamais j'oublie vos bienfaits et mes promesses, et cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation. Ainsi soit-il. »



samedi 16 janvier 2016

Marie, Refuge des pécheurs, ayez pitié de nous


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Exhortation sur la sainte Vierge »

Ce précieux et très digne cœur est roi parce qu’il est le cœur de la mère de Dieu.
Ç’a été, lui dit l’un de ses plus grands dévots dont je ne vous cache pas le nom (il se nomme le dévot du cœur de la bienheureuse Vierge, sa dévotion particulière étant assez connue par le bel office qu’il a composé en son honneur), ç’a a été, donc, dit ce dévot personnage, ce cœur qui a été le principe de la vie humaine et sensible de l’Enfant Jésus pendant qu’il reposait dans ses sacrées entrailles puisque, pendant que l’enfant est dans le sein de sa mère, le cœur de la mère est tellement la source de la vie de l’enfant aussi bien que la sienne propre, que la vie de l’enfant n’en dépend pas moins que celle de la mère, ainsi ce cœur a été le principe de la vie humainement divine et divinement humaine de Jésus Dieu.

Marie, Reine du Saint Rosaire
Ç’a été sur ce cœur que le divin Enfant Jésus a pris tant de fois son repos, qui par sa chaleur naturelle a formé et produit le très pur lait dont il a été nourri, qui a donné un cœur au Verbe éternel qui sera éternellement l’objet des adorations et des louanges des esprits bienheureux et ensuite de ces opérations admirables : on ne peut pas lui dénier la qualité de roi.

Saint Athanase le soutient fortement et dit puisque celui qui est de la Vierge est Dieu et roi tout ensemble, celle qui l’a portée, mérite en toute vérité et en toute propriété les titres de reine. Tous les saints Pères sont de cet avis, et saint Anthelme particulièrement, assure que ce cœur auguste par le droit qu’il a commande au ciel et en la terre.

Mais l’argument qui me semble le plus pressant et qui conclut c’est l’union ; on peut même dire l’unité de ce cœur au cœur de Jésus. L’on rapporte des premiers Chrétiens qu’ils n’avaient qu’un cœur et qu’une âme, à plus forte raison peut-on dire la même chose de Jésus, fils de Marie, et de Marie Mère de Jésus.

On le disait des premiers fidèles parce qu’ils n’avaient qu’un même esprit, mêmes désirs, mêmes sentiments, mêmes desseins et mêmes affections, mais nous le devons dire de Jésus et de Marie qui, à plus juste raison, avaient mêmes inclinations et mêmes volontés ; et si saint Paul a pu dire avec vérité que ce n’était plus lui qui vivait mais Jésus qui vivait en lui.

"Sous votre protection, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu..."
Antienne la plus ancienne en l'honneur de la Vierge Marie
qui date du IVe siècle.
Ô Dieu d’amour ! que pouvons-nous dire de la précieuse Vierge Marie et qu’est-ce que cette Mère du bel Amour pourrait dire là-dessus. Oh ! qu’il est vrai que Marie ne vivait pas mais Jésus dans Marie. Jésus était l’esprit de son esprit, l’âme de son âme ; elle, cœur de son cœur, sachez que c’est une vérité aussi solide que pieuse que le cœur de Marie est le cœur de Jésus tellement que, si le cœur de Jésus est roi du ciel et de la terre, il faut nécessairement que le chaste cœur de Marie possède la même qualité.

Il n y a nul moyen de séparer la puissance et la douceur du fils de celles de la mère, c’est une même chair, un même esprit et un même amour de tous les deux ~

Allez donc, brave cœur, allez cœur aimable, anéantissez-vous à la bonne heure, changez-vous et transformez-vous en cœur glorieux de Jésus, jouissez de ses mêmes grandeurs et de son autorité royale, soyez tout puissant au ciel et en la terre, vivez et régnez partout et en tout.

~ O digne et très précieux cœur auprès duquel tous les cœurs ne sont rien !
O grand cœur qui avez compris celui que le ciel et la terre ne peuvent comprendre !
O cœur vraiment royal, c’est par vous que les rois règnent, que les justes vivent !
Cœur à qui toute puissance a été donné au ciel et sur la terre, devant qui toutes les grandeurs royales du monde ne sont qu’un beau rien !
Hélas ! nous vous demandons pardon de nos trahisons, de nos discordes, de nos séditions.

Marie, Salus populi Romani, Salut du peuple romain, Basilique Sainte-Marie Majeure

vendredi 15 janvier 2016

Testament de Saint Rémi de Reims. Prions pour la France et sa conversion

Francesco Penni, le baptême de Constantin par le Pape Saint Sylvestre, préfiguration du baptême de la France,
fille aînée de l'Eglise.
"Que le présent testament que j'ai écrit pour être gardé respectueusement intact par mes successeurs les Évêques de Reims, mes Frères, soit aussi défendu, protégé, partout, envers et contre tous, par mes très chers fils, les Rois de France, par moi consacrés au Seigneur, à leur baptême, par un don gratuit de Jésus-Christ et la grâce du Saint-Esprit.

Le Saint Esprit peine bien avec nous... !
Ayons pitié de Lui.
"Qu'en tout et toujours, il garde la perpétuité de sa force et l'inviolabilité de sa durée.
"Mais, par égard seulement pour cette race royale qu'avec tous mes frères et co-évêques de la Germanie, de la Gaule et de la Neustrie, j'ai choisi délibérément pour régner jusqu'à la fin des temps, au sommet de la majesté royale, pour l'honneur de la Sainte Eglise et la défense des humbles.

"Par égard pour cette race que j'ai baptisée, que j'ai reçue dans mes bras, ruisselante des eaux du baptême ; cette race que j'ai marquée des sept dons du Saint-Esprit, que j'ai ointe de l'onction des Rois, par le Saint-Chrême du même Saint-Esprit,
"J'ai ordonné ce qui suit :

1 - Malédictions

"Si, un jour, cette race royale que j'ai tant de fois consacrée au Seigneur, rendant le mal pour le bien, lui devenait hostile, envahissait ses églises, les détruisait, les dévastait
"que le coupable soit averti une première fois par tous les évêques réunis du diocèse de Reims
"une deuxième fois par les Eglises réunies de Reims et de Trêves
"une troisième fois par un Tribunal de trois ou quatre Archevêques des Gaules
"Si à la septième monition il persiste dans son crime, trêve à l'indulgence ! Place à la menace.
"S'il est rebelle à tout, qu'il soit séparé du Corps de l'Eglise, par la formule même inspirée aux Évêques par l'Esprit-Saint ; parce qu'il a persécuté l'indulgent, le pauvre au cœur contrit ; parce qu'il ne s'est point souvenu de la miséricorde ; parce qu'il a aimé la malédiction, elle lui arrivera et n'a point voulu la bénédiction, elle s'éloignera.
"Et tout ce que l'Eglise a l'habitude de chanter de Judas le traître et des mauvais évêques, que toutes les Eglises le chantent de ce roi infidèle.
"Parce que le Seigneur a dit : "Tout ce que vous avez fait au plus petit des miens, c'est à moi que vous l'avez fait, et tout ce que vous ne leur avez pas fait, c'est à mol que vous ne l'avez pas fait."
"Qu'à la malédiction finale on remplace seulement, comme il convient à la personne, le mot épiscopat par le mot royauté.
"Si les archevêques de Reims, mes successeurs, négligent ce devoir que je leur prescris, qu'ils reçoivent pour eux la malédiction destinée au prince coupable : que leurs jours soient abrégés et qu'un autre occupe leur siège."

2 - Bénédictions

"Si Notre-Seigneur Jésus-Christ daigne écouter les prières que je répands tous les jours en sa présence, spécialement pour la persévérance de cette race royale, suivant mes recommandations dans le bon gouvernement de son royaume et le respect de la hiérarchie de la Sainte Eglise de Dieu,
"Qu'aux bénédictions de l'Esprit-Saint déjà répandues sur la tête royale, s'ajoute la plénitude des bénédictions divines.

"Que de cette race sortent des Rois et des Empereurs qui, confirmés dans la vérité et la justice pour le présent et pour l'avenir, suivant la volonté du Seigneur, pour l'extension de la Sainte Eglise puissent régner et augmenter tous les jours leur puissance et méritent ainsi de s'asseoir sur le Trône de David, dans la céleste Jérusalem, où ils régneront éternellement avec le Seigneur. Ainsi soit-il." 





jeudi 14 janvier 2016

14 janvier - Naissance et Baptême du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Baptême d'un petit enfant. La vie divine est donnée.

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le triomphe de la Croix », partie II, Oraison à l’adorable Jésus dans le tombeau


Grand Dieu des éternités, majesté intime, je vous adore dans le tombeau caché sous des anéantissements que tous les hommes et tous les anges ne pourront jamais comprendre. Car, où est l’esprit humain ou angélique qui puisse concevoir qu’un corps mort soit Dieu, le Verbe y demeurant toujours uni, n’ayant rien quitté de ce qu’il a pris de la nature humaine.


(…) Mais, mon adorable Sauveur, la grâce du baptême m’ayant enseveli avec vous pour mourir avec vous, ne permettez pas,  je vous le demande par tout l’amour de votre cœur illuminant, miséricordieux,
Je vous le demande par tout l’amour du cœur de votre charitable Mère (que vous nous avez bien voulu donner pour mère par un excès d’une bonté inénarrable ), par tous les amours des bienheureux anges et saints,
Ne permettez pas que je vive jamais pour moi-même ni pour aucune autre créature ; mais faites que je marche toujours dans la nouvelle vie que j’ai reçue, étant enté en vous et devenu le membre de votre corps mystique, et par suite, étant fait un seul corps comme la branche devient une avec l’arbre où elle est entée.

Ainsi, mon aimable Sauveur, par cette grâce d’une union si sainte, tout ce qui se passe en vous devenant propre à vos fidèles ; ah ! faites que je participe en vérité à votre vie, à votre mort, à votre résurrection, à votre gloire.


Enfant Jésus, chapelle de la Crèche, Bethléem.


dimanche 10 janvier 2016

Baptême du Seigneur dans les eaux du Jourdain

Baptême du Seigneur, par G. B. Gaulli, XVIIe
"Vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour; nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres. " (I Thess. V,5)


Cette foi qui m'attend au bord de mon tombeau,
Hélas ! il m'en souvient, plana sur mon berceau.
De la terre promise immortel héritage,
Les pères à leurs fils l'ont transmis d'âge en âge.

Notre esprit la reçoit à son premier réveil,
Comme les dons d'en haut, la vie et le soleil ;
Comme le lait de l'âme, en ouvrant la paupière,
Elle a coulé pour nous des lèvres d'une mère ;
Elle a pénétré l'homme en sa tendre saison ;
Son flambeau dans les cœurs précéda la raison.

L'enfant, en essayant sa première parole,
Balbutie au berceau son sublime symbole,
Et, sous l'œil maternel germant à son insu,
Il la sent dans son cœur croître avec la vertu.

Ah ! si la vérité fut faite pour la terre,
Sans doute elle a reçu ce simple caractère ;
Sans doute dès l'enfance offerte à nos regards,
Dans l'esprit par les sens entrant de toutes parts,
Comme les purs rayons de la céleste flamme
Elle a dû dès l'aurore environner notre âme,
De l'esprit par l'amour descendre dans les cœurs,
S'unir au souvenir, se fondre dans les mœurs ;
Ainsi qu'un grain fécond que l'hiver couvre encore,
Dans notre sein longtemps germer avant d'éclore,
Et, quand l'homme a passé son orageux été,
Donner son fruit divin pour l'immortalité.

Par le saint Baptême, la vie divine nous est donnée.
Soyons des saints !
Soleil mystérieux ! flambeau d'une autre sphère,
Prête à mes yeux mourants ta mystique lumière,
Pars du sein du Très-Haut, rayon consolateur.

Astre vivifiant, lève-toi dans mon cœur !
Hélas ! je n'ai que toi ; dans mes heures funèbres,
Ma raison qui pâlit m'abandonne aux ténèbres ;
Cette raison superbe, insuffisant flambeau,
S'éteint comme la vie aux portes du tombeau;
Viens donc la remplacer, ô céleste lumière !
Viens d'un jour sans nuage inonder ma paupière ;
Tiens-moi lieu du soleil que je ne dois plus voir,
Et brille à l'horizon comme l'astre du soir. 

Alphonse de Lamartine