mardi 29 septembre 2015

Saint Michel, Saint Gabriel, Saint Raphaël, priez pour nous

En ce jour de sainte joie, prions les saints Archanges de bénir et d'intercéder pour notre pays.
Qu'ils prient pour cette petite confrérie du Saint Sacrement et des Saints Anges, pour le diocèse d'Evreux et son Evêque, son clergé, ses religieux, séminaristes et novices et tout le peuple qui est consacré à Dieu de par son Baptême.
Qu'ils prient pour nous tous, pour vous en particulier qui venez visiter ce blog pour y recevoir quelques consolations et encouragements à devenir des saints.

Très sainte fête à tous et demeurons dans la joie céleste que les
saints Anges nous annoncent !

Les saints Archanges, Michel, Gabriel et Raphaël

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Vie de Saint Taurin », chap. VI

Ces aimables esprits (les Anges) ont pensé à lui (l'évêque Saint Taurin d’Evreux), auparavant qu’il fût au monde ; ils en ont pris des soins assidus durant tout le cours de sa vie avec des bontés ravissantes. Ils les ont fait éclater à sa mort, et après sa mort d’une manière admirable. 
                                                                                                         
Notre Dame, Reine des Anges, détail d'un vitrail
de la Basilique de Pontmain
Ce fut un ange, comme il a été dit, qui révéla sa naissance à sa bienheureuse mère.
Ce fut un ange qui lia le démon lorsqu’il lui donna ordre de se montrer sous une forme visible.
Ce fut un ange qui prédit au saint ce qui lui devait arriver, et les grands princes du ciel se trouvèrent dans une multitude innombrable, paraissant avec des vêtements d’une blancheur céleste pour honorer sa précieuse mort.
Son ange gardien parut pour ordonner du lieu de sa sépulture et ensuite il consola en sa manière angélique le peuple extraordinairement affligé.
Ces sublimes esprits ont chanté divinement ses louanges plusieurs fois après son bienheureux décès ; ils ont conservé ses reliques sacrées ; et enfin ils les ont révélées pour leur faire rendre la vénération qui leur est due.

Car enfin c’est ainsi que Dieu a aimé les hommes, destinant à leur service les glorieux princes de sa cour. C’est ainsi qu’il les a aimés d’un amour si excessif, que tous les anges et le nombre ne s’en peut dire, sont tous des esprits servant aux hommes car, qui en serait exempt, puisque saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël qui en sont les premiers, ont été envoyés plusieurs fois pour leur service.

Il est écrit dans l’Apocalypse que l’Agneau a sept yeux qui sont les esprits de Dieu, qu’il a envoyés par toute la terre.
Ce sont les sept yeux que le prophète Zacharie dit que le Seigneur envoie dans tout le monde.
Et saint Jean dans son Apocalypse commence par la grâce et la paix qu’il envoie de leur part aux Eglises.

Saints Anges, vitrail, Cathédrale du Mans
Ces sept anges principaux que la divine Providence emploie dans les affaires les plus importantes qui regardent le gouvernement du monde demandent une application particulière et une dévotion très spéciale

Nous en avons parlé dans notre livre « De la dévotion aux neuf chœurs des saints anges » que la divine Providence nous a fait écrire pour tâcher de réveiller en sa divine vertu les hommes de leur étrange assoupissement, et à l’égard de Dieu qui nous envoie ses anges, et à l’égard des anges qui nous sont envoyés.

Oh ! qu’il faut bien dire que le cœur de l’homme soit quelque chose de bien dur et vraiment de très insensible pour n’être pas touché vivement à la vue des amours de Dieu et des amours des saints anges !

Ah ! qu’ils sont étonnants, qu’ils sont admirables, mais qu’ils sont touchants !
Et quel moyen de n’avoir pas le cœur sous le pressoir du céleste amour !

Magnifique gravure aquarellée du Mont Saint-Michel au moment de la marée montante, 1705

dimanche 27 septembre 2015

L'archidiaconé du vénérable abbé Henri Marie Boudon

Du vénérable abbé Henri-Marie Boudon,
Lettre 241

Après cela, la divine Providence me suscite Mgr l’évêque de Québec (Saint François de Montmorency-Laval) pour lors archidiacre d’Evreux, qu’elle me fait connaître à Paris ; et elle me donne l’archidiaconat d’Evreux par lui, que l’on m’obligea de prendre après l’avoir refusé durant quelque temps.

Je le perds, l’ayant résigné en ma maladie ; le roi me le redonne sans que jamais je m’en sois mêlé et à mon insu, le temps marqué dans les lettres pour prendre de nouveau possession étant expiré sans l’avoir fait et les lettres ayant été présentées à M. le chancelier pour le proroger comme il les mettait au rebut.

Feu M. de Gaumont, conseiller au parlement, à qui il avait obligation, se trouve présent, qui lui dit que c’est pour un de ses amis. Il remédie au défaut des lettres.

Et puis, dira-t-on qu’il n’y a point de Providence ! Ah ! qu’il allait bon de s’y laisser conduire ! Elle saura bien disposer des choses à votre égard si elle demande de vous le changement défendu.

mercredi 23 septembre 2015

Mille mercis à Notre-Dame, M. Boudon et aux saints Anges


150.000 vues !!!


Le Bon Dieu consultant régulièrement le blog
D'aucuns diront que c'est un cri triomphal qui manque quelque peu de modestie.
D'autres diront que, après tant de travail de lecture et de mise en page, de recherche d'images et autres illustrations qui élèvent l'âme, c'est bien légitime d'exulter d'avoir passé la barre des 150.000 vues.

Nous remercions d'abord Dieu tout puissant que ce petit blog puisse être regarder sur les 5 continents. C'est une grâce pour nous de nous mettre à son service comme au vôtre, à l'édification de votre foi, au soutien de votre espérance, à contribuer à votre charité. 

Depuis le Ciel et les cieux des cieux ce sont Saint Michel Archange, Saint Gabriel et Saint Raphaël ; les 9 chœurs des Esprits bienheureux ; tous nos saints Anges gardiens ; le vénérable abbé Henri Marie Boudon et tous les Saints du Ciel qui prient et œuvrent pour nous, que nous remercions de leurs intercessions et protections.

Un saint Ange de Dieu lisant le Bulletin
Sur la terre, ce sont des "petites mains" qui vous préparent ce magnifique Bulletin des Saints Anges qui parait 4 fois par an ainsi que ce modeste blog qui le complète

Nous profitons aussi de cet article pour souhaiter la bienvenue à nos amis : 
- de Chypre et de Roumanie, de Grèce, de Bosnie-Herzégovine et de Moldavie pour l'Europe ;
- de Chine, de Turquie et de Taïwan pour l'Asie ; 
- du Congo-Kinshasa et de République Centrafricaine pour l'Afrique


76 pays en tout !


Nous souhaitons la bienvenue sur ce blog à nos nouveaux visiteurs, leurs bons anges gardiens, ceux de leurs pays et de leurs régions. 

Que, dans un concert unanime, hommes et anges chantent la gloire de Dieu, fassent connaître ses merveilles à tous les peuples et nous aident à nous aimer les uns les autres comme le Seigneur nous l'a commandé.


Saint Michel contemplant la baie du Mont qui porte son nom.
Saints Anges et Archanges, priez pour nous et pour la France.


Délivre-nous du Mal - Le combat contre le démon

Méditation du Pape François Ier, chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le Vendredi 11 octobre 2013 : Comment vaincre la stratégie du démon


Saints Anges de Dieu, protégez-nous.
« S’il vous plaît, ne faisons pas des affaires avec le démon » et prenons au sérieux les dangers qui dérivent de sa présence dans le monde.

C’est ce qu’a recommandé le Pape François dans l’homélie du 11 octobre. « La présence du démon est dans la première page de la Bible et la Bible se termine aussi avec la présence du démon, avec la victoire de Dieu sur le démon ». Mais celui-ci, a-t-il averti, revient toujours avec ses tentations. Et c’est nous qui « ne devons pas être naïfs ».

Le Pape a commenté l’épisode dans lequel Luc (11, 15-26) raconte que Jésus chasse les démons. L’évangéliste rapporte également les commentaires de ceux qui y assistent perplexes et accusent Jésus de magie ou, tout au plus, le reconnaissent comme un guérisseur de personnes frappées par l’épilepsie. Aujourd’hui aussi, « il y a des prêtres qui lorsqu’ils lisent ce passage et d’autres passages de l’Évangile disent : Jésus a guéri une personne d’une maladie psychique ». Assurément, « il est vrai qu’à cette époque on pouvait confondre l’épilepsie avec la possession du démon. Mais nous, nous n’avons pas le droit de rendre la chose si simple », en la liquidant comme s’il s’agissait de malades psychiques et non de possessions démoniaques.

Combat des Anges fidèles et des Anges déchus devenus démons
En revenant à l’Évangile, le Pape a noté que Jésus n’offre aucun critère pour comprendre cette présence et réagir. « Comment suivre notre route chrétienne quand les tentations se présentent ? Quand le diable entre pour nous déranger ? » s’est-il demandé. Le premier des critères suggérés par le passage évangélique « est que l’on ne peut pas obtenir la victoire de Jésus sur le mal, sur le diable, à moitié ». On ne peut pas continuer à croire qu’ils s’agit d’une exagération : « Ou tu es avec Jésus ou tu es contre Jésus. Et sur ce point il n’y a pas de nuances. Il existe une lutte, une lutte dans laquelle est en jeu notre salut éternel à tous ». Et il n’existe pas d’alternative, même si quelquefois nous entendons « certaines propositions pastorales » qui semblent plus accommodantes. « Non ! Ou tu es avec Jésus ou tu es contre. Il en est ainsi. Et c’est l’un des critères ».

La chute des Anges
Le dernier critère est celui de la vigilance. « Nous devons toujours veiller, veiller contre la tromperie, contre la séduction du malin ». « Quand un homme fort et bien armé monte la garde de son palais, ce qu’il possède est en sécurité. Et nous pouvons nous poser la question : est-ce que je veille sur moi ? Sur mon cœur ? Sur mes sentiments ? Sur mes pensées ? Est-ce que je protège le trésor de la grâce ? Est-ce que je protège la présence de l’Esprit Saint en moi ? ». Si on ne le conserve pas « quelqu’un de plus fort arrive, gagne, lui arrache les armes sur lesquelles il comptait et en partage le butin ». Tels sont donc les critères pour répondre aux défis lancés par la présence du diable dans le monde : la certitude que « Jésus lutte contre le diable » ; « qui n’est pas avec Jésus est contre Jésus » ; et « la vigilance ».

Il faut garder à l’esprit, que « le démon est astucieux : il n’est jamais chassé pour toujours, il ne le sera que le dernier jour ».

« Demandons au Seigneur la grâce de prendre ces choses au sérieux. Lui est venu lutter pour notre salut, lui a vaincu le démon ».



samedi 19 septembre 2015

Notre Dame de la Salette

Apparition de Notre-Dame de la Salette

Notre Dame de la Salette
Le 19 septembre 1846, sur les pentes du mont Planeau à près de 1800 m, deux enfants bergers, Mélanie et Maximin, illettrés et pauvres jouent à faire un paradis avec les fleurs de la montagne. Après avoir partagé un frugal repas vers midi ils s'endorment au soleil, puis recherchent leurs vaches éloignées et voient une grande clarté, une sorte de globe de feu tournoyé d'un éclat insoutenable. Dans la lumière apparaît une femme assise sur une pierre dans le paradis des enfants, les coudes sur les genoux, les mains lui couvrant le visage. Elle pleure. Elle ressemble, au dire de Maximin, à une pauvre mère que ses fils auraient battue. « Avancez, mes enfants, n'ayez point peur. Je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. »

Se levant elle ressemble à une servante (bonnet, fichu, tablier) qui serait reine. Sa tête s'orne d'un diadème de rayons, sa robe est pailletée d'étoiles. Elle cache les mains dans ses manches, serrant contre elle le crucifix vivant qu'elle porte sur la poitrine suspendue à une chaîne. Aux extrémités de la traverse de la croix sont visibles un marteau et des tenailles entrouvertes. Elle porte une guirlande de roses jouxtant une chaîne sur ses épaules. Elle pleure abondamment.

La Dame leur parle « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils : il est si fort et si pesant que je ne puis le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres... vous n'en faites pas de cas. »

Elle indique les deux choses qui appesantissent le bras de son Fils : le travail du dimanche et les jurons grossiers des charretiers. Elle se plaint des gens qui manquent la messe... Viendront des châtiments divins redoutables pour les paysans ~. Pourtant la Dame promet la prospérité si les cœurs changent. « S'ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en monceaux de blé et les pommes de terre se trouveront ensemencées par les terres. » « Se convertir, c'est déclouer Jésus de sur la croix » dira le Curé d'Ars.

Elle interroge ensuite les enfants « Faites-vous bien votre prière ? » et leur recommande de la faire soir et matin. La Vierge Marie leur montre la chaîne qui, un jour, doit enchaîner Satan, c'est le collier de roses, le rosaire qui doit lier l'ennemi. À la Salette elle vient leur apprendre que seul le chapelet donnera la victoire.

Après leur avoir confié un secret à chacun des enfants, la Vierge Marie, ses pieds ne touchant plus terre leur dit et redit « Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple. »

Le Sanctuaire Notre Dame de la Salette  est situé aux confins du département de l’Isère, au dessus du village de Corps (entre La Mure et Gap) à 1787 m d’altitude.


Sanctuaire de Notre-Dame de la Salette

jeudi 17 septembre 2015

Dévotion aux saints Anges

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, "Dévotion aux neuf chœurs des saints Anges"
2nd traité, 7e pratique, Prendre de certains jours tous les mois et toutes les semaines, pour honorer plus spécialement les saints anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles


Je sais une sainte communauté de religieuses carmélites, où tous les mois l’on prend l’un des neuf chœurs des saints anges pour l’honorer ; et comme il en reste trois, y en ayant douze en l’année, l’on applique ces trois mois qui restent à quelqu’un des chœurs qui touche le plus, comme par exemple, à celui des Séraphins. Mon cher lecteur, il ne tiendra qu’à vous de faire la même chose, et elle est bien facile.

Si vous voulez, vous pourrez choisir les neuf premiers jours de chaque mois, pour rendre vos respects à ces esprits angéliques ; et ensuite quelques jours pour invoquer les anges à qui vous avez plus d’obligation ;

Ou bien, si vous étiez d’assez bonne volonté,
  1. le dimanche vous seriez appliqué aux Séraphins, Chérubins et Trônes ;
  2. le lundi aux Dominations, Vertus et Puissances ;
  3. le mardi aux Principautés, Archanges et Anges ;
  4. le mercredi, aux anges des infidèles et hérétiques ;
  5. le jeudi, aux anges des royaumes et provinces, des églises et autels, et spécialement de ceux qui tiennent compagnie à notre divin Roi, au très-saint Sacrement ;
  6. le vendredi, aux anges de vos ennemis, ou des personnes qui vous font quelque peine, ou de qui vous avez sujet de craindre quelque mal ;
  7. le samedi, aux anges de vos parents et amis, de ceux avec qui vous êtes le plus souvent ;

Si vous demeurez en une communauté, des personnes avec lesquelles vous y vivez, surtout de vos amis spirituels et de votre directeur. Ces anges s’intéressent bien plus à votre bien que vous ne pensez. N’oubliez pas les anges des villes et villages où vous faites votre séjour.

~ Il faut tout au moins se souvenir que le mardi est un jour dédié en l’honneur des saints anges, et ce jour doit être d’une singulière dévotion à tous ceux qui les aiment.


Le vingt-neuvième de septembre est le jour de la grande fête de saint Michel et de tous les autres anges.
Le huitième de mai est la fête de son apparition sur le mont Gargan.
Et en Normandie l’on célèbre le seizième d’octobre l’apparition de ce glorieux archange sur le Mont de Tombe, communément appelé le Mont-Saint-Michel.

~ On fait la fête de saint Gabriel le 18 mars, et en quelques lieux le 24 du même mois, veille de la fête de la sacrée Mère de Dieu. On célèbre celle de saint Raphaël le 20 novembre, et en quelques endroits l’un des dimanches qui arrivent entre Pâques et la Pentecôte. Celle des anges gardiens se solennise le premier jour d’octobre non occupé par une fête de neuf leçons, et elle est encore célébrée le premier jour de mars.

Tous ces jours doivent être des jours solennels pour les dévots des saints anges. Il faut y communier, y entendre la messe en leur honneur, y pratiquer quelque mortification, quelque œuvre de charité ; mais, outre cela, au moins à l’une ou plusieurs de ces fêtes, l’on doit s’y préparer avec grand soin.

Saint François jeûnait quarante jours pour se disposer à la fête de saint Michel ; et ce fut durant cette quarantaine qu’un séraphin lui imprima les sacrés stigmates. Sainte Élisabeth faisait la même chose, mais elle jeûnait au pain et à l’eau. J’ai déjà parlé de sainte Mechtilde, qui avait demandé à Notre-Seigneur ce qu’elle pourrait faire pour honorer les anges, il lui répondit : « Ma fille, vous direz neuf fois le Pater en l’honneur de leurs neuf chœurs. » Elle en ajouta encore neuf en l’honneur de son bon ange, afin qu’il présentât sa dévotion à ces glorieux esprits : L’on pourrait se préparer par une neuvaine, y faisant les choses que nous avons marquées au chapitre précédent. De plus, il ne faut pas oublier à en faire l’octave, s’acquittant tous les jours de quelques devoirs de piété envers ces princes du ciel.
Chapelet de Saint Michel et des saints Anges

L’on aura soin de réciter l’office et les litanies de ces saints esprits, au moins en de certains jours et temps de l’année.

Il y a un chapelet en l’honneur du saint ange gardien.
Sur la croix l’on dit le Credo ou le Te Deum, ensuite l’Oraison dominicale, la Salutation angélique ; et puis, sur les gros grains, ou le Gloria Patri, ou l’Ave, Maria ; et sur tous les petits grains l’Angele Dei ; ou, pour ceux qui ne le savent pas, cette courte prière : Mon bon ange, je vous aime et vous veux aimer.

Si on le veut dire en l’honneur de tous les neuf chœurs, l’on se servira de ces autres paroles : Saints anges, je vous aime et vous veux aimer. L’usage des oraisons jaculatoires est d’une merveilleuse utilité. Si l’on aime les esprits célestes, souvent on leur parlera, on répandra son cœur en leur présence ; il n’y a rien de plus aisé, à un cœur qui aime, que de leur dire sa douleur sur les ingratitudes des hommes, son étonnement sur l’oubli où ils sont de leurs perfections et de leurs bontés ; rien de plus aisé que de leur témoigner ses reconnaissances pour leurs soins, les désirs que l’on a d’en profiter ; rien de plus facile que de les appeler à notre secours en nos besoins, que de les prier d’agir auprès de Jésus et Marie pour nous les rendre favorables, pour leur dire ce que nous voudrions bien leur dire, et, hélas ! ce que nous ne pouvons pas. Nous ne savons rien au langage de la cour du paradis ; ces princes de la cour nous sont nécessaires pour y parler pour nous. On peut dire cela durant le jour, en deux ou trois petits mots enflammés, tantôt d’une manière et tantôt d’une autre.

J’oubliais à vous dire une pratique pour faire tantôt : la fête d’un ange et tantôt celle d’un autre ; il faut pour cela prendre le dessein, quand vous ferez la fête d’un saint, de faire en même temps celle du saint ange qui le gardait lorsqu’il vivait ici-bas. Cela ne multipliera pas vos pratiques ; il ne faut que prendre l’intention d’honorer le saint ange du saint par toutes les bonnes œuvres que vous ferez en son honneur, et cependant vous passerez l’année de la sorte à faire la fête des différents anges. Vous obligerez les saints de rendre ainsi vos respects à ces glorieux esprits, à qui ils ont tant d’obligations ; vous gagnerez les bonnes grâces de tous ces anges, et vous attirerez toutes les plus douces bénédictions du paradis.




mardi 15 septembre 2015

Notre Dame des douleurs

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Les saintes voies de la Croix »

OÙ IL EST TRAITÉ DE PLUSIEURS PEINES INTÉRIEURES ET EXTÉRIEURES, ET DES MOYENS D'EN FAIRE BON USAGE.
 *
À NOTRE-DAME DE PITIÉ
* 
Notre Dame des douleurs, au pied
de la Croix
Sainte Vierge, ce petit ouvrage vient se rendre à vos pieds sacrés aussi bien que tous les autres qui sont sortis de mes mains, comme chose qui vous appartient par ma qualité d'esclave ; et parce que vous êtes ma souveraine maîtresse et auguste reine, j'ose vous le dédier, appuyé sur votre douceur inconcevable, comme à la dame de toute pitié, votre douleur n'en ayant jamais eu de semblable parmi les pures créatures : et de vrai, si la douleur a pour fondement l'amour, il faut bien dire bien dire que la vôtre n'en a jamais eu d'égale, puisque votre amour ne peut souffrir de comparaison.

Aussi êtes-vous toujours incomparable en quelque manière que l'on vous considère. Vos souffrances mériteraient que les créatures fondissent en larmes, et que tous les cœurs se fendissent de regret ; mais le mien particulièrement ne devrait plus vivre après la vue d'un tel spectacle et si digne de compassion.

Je le confesse, ma divine princesse, il y a longtemps que je devrais être mort de douleur par la considération de l'extrémité de vos peines ; mais d’autre part, je reconnais que je suis entièrement indigne d'une si grande grâce. Au moins, ô très pieuse et très douce dame, recevez avec votre bénignité ordinaire, ce petit ouvrage consacré à Dieu seul en votre honneur pour une marque des respects que je veux rendre à vos douleurs, pour un témoignage, et de la grande compassion que j'en ai, et de l'amour que je leur désire porter le reste de ma vie.

Ah ! je voudrais, de toute l'étendue de mon cœur, du plus intime de mon âme, que toutes les lignes et toutes les paroles qui le composent, fussent autant de voix qui vous criassent de la terre au ciel que je veux prendre la part possible à toutes vos douleurs, aussi bien qu'à toutes vos joies, à tout ce qui vous a affligée, aussi bien qu'à tout ce qui vous a consolée. Je voudrais que ce fussent autant de langues qui bénissent et donnassent des louanges sans fin à la très suradorable Trinité, pour la fermeté inviolable et la constance invincible qu'elle vous a données au milieu de tous les orages et de toutes les tempêtes dont votre cœur a été environné sans être ébranlé. Souffrez, ma glorieuse dame, ces élans d'amour à mon pauvre cœur en votre aimable présence, et obtenez-moi quelque part, et à ceux qui liront cet ouvrage, à l'amour et à la fidélité que vous avez eus pour les saintes voies de la croix. Ainsi soit-il.



lundi 14 septembre 2015

Salut, ô Croix, notre unique espérance !


Canon de la sainte Croix de Saint Théodore le Studite

Ce jour est un jour de joie. En ressuscitant, le Christ a fait disparaître la mort ; la vie apparaît dans tout son éclat ; Adam sorti du tombeau conduit les chœurs dans l'allégresse; faisons entendre aussi nos chants de victoire.

Le jour est venu d'adorer la Croix précieuse; en ce moment elle étincelle des rayons du Christ ressuscité ; venez tous, embrassons-la, couvrons-la de nos baisers avec une joie spirituelle.

Apparais à mes regards, ô Croix du Seigneur, toi dont la gloire est sans limites ; montre-moi ta beauté, ton éclat divin ; sois propice à ton adorateur, afin qu'il chante dignement tes louanges ; je m'entretiens avec toi, je te serre dans mes bras comme un être plein de vie.

Le ciel et la terre s'unissent dans un même concert ; car la Croix bienheureuse a été offerte aux regards de l'univers entier; c'est sur elle que le Christ attaché fut immolé ; dans la joie de nos cœurs honorons-la par nos baisers.

Le divin Moïse figura jadis ta Croix, ô Christ Dieu, lorsqu'il divisa les eaux avec sa verge, conduisant le peuple d'Israël à travers la mer Rouge, et chantant à ta gloire le cantique du passage.

La Croix que nous baisons aujourd'hui, c'est celle que figurait Moïse par ses bras étendus ; par elle nous mettons en fuite l'Amalec spirituel ; par elle aussi, Seigneur, nous obtenons le salut.

L'allégresse est aujourd'hui au ciel et sur la terre ; car il a été révélé au monde. le signe de la Croix trois fois heureuse ; sa vue seule fait couler sur nous une grâce éternelle.

Comment reconnaîtrons-nous, ô Christ, le bienfait que tu nous accordes d'adorer ta Croix si digne d'hommages, sur laquelle ton sang divin a été répandu, ta chair a été attachée par les clous? C'est en la couvrant de nos baisers que nous te rendons grâces.

En ce jour consacré à l'adoration de ta Croix, les Anges forment des chœurs et tressaillent de joie ; car c'est sur la Croix, ô Christ, que tu as écrasé l'armée des démons et sauvé la race humaine.

L'Eglise est devenue un second paradis ; elle possède l'arbre de vie qui était la gloire du premier ; c'est ta Croix, ô Seigneur ! par son contact, elle nous rend participants de l'immortalité.

L'oracle du Psalmiste est accompli : car voici que nous adorons l'escabeau de tes pieds immaculés, en vénérant ta Croix, ce bois très aimé.

Le bois que Jérémie a vu mettre dans ton pain par tes ennemis, c'est ta Croix, ô miséricordieux ! Nous la couvrons de baisers, nous célébrons tes liens et ton sépulcre, la lance et les clous.

En ce jour les plus suaves parfums s'exhalent des cassolettes divines ; la Croix est inondée d'un baume de vie ; aspirons l'odeur céleste qu'elle répand, adorons-la avec foi à jamais.

Viens, Elisée ! dis-nous quel est ce bois que tu plongeas dans l'eau. C'est la Croix du Christ qui nous a tirés de l'abîme de la mort ; adorons-la avec foi à jamais.

Jacob vit la figure de ta Croix, ô Christ ! lorsqu'il adora le sommet de la verge divine que tenait Joseph; il y entrevoyait le sceptre de ta royauté, que maintenant nous adorons à jamais.

Jeté dans la fosse aux lions, le grand prophète Daniel étendit ses mains en forme de croix ; il échappa sain et sauf à la gueule des bêtes féroces, bénissant le Christ à jamais.

Tous les arbres des forêts tressaillent et font entendre leurs cantiques, en ce jour où nous embrassons avec effusion le bois de la Croix, dont le Christ a glorifié le sommet, comme l'avait prédit le divin prophète David.

Un arbre m'avait donné la mort ; je t'ai retrouvé, arbre de vie, ô Croix qui portes le Christ ! tu es ma garde invincible, ma défense contre les démons ; en ce jour je t'adore et jeté crie : Sanctifie-moi par ta gloire.

Réjouis-toi et triomphe. Eglise de Dieu ; car trois fois heureuse tu adores aujourd'hui le bois de la très sainte Croix, autour de laquelle les chœurs des Anges assistent dans une crainte respectueuse, comme pour la servir.

  
« Le Christ crucifié est la force et la sagesse même de Dieu. » C'est la célèbre parole de votre Apôtre, ô Jésus ! et nous en voyons aujourd'hui la vérité. 

La Synagogue voulut anéantir votre gloire en vous clouant à un gibet; elle se délectait en pensant qu'il est écrit dans la loi de Moïse : « Maudit celui qui est suspendu au bois ! » Et voici que ce gibet, ce bois infâme, est devenu votre trophée le plus insigne. Dans les splendeurs de votre résurrection, la Croix, loin de jeter une ombre sur les rayons de votre gloire, relève d'un éclat nouveau l'ineffable magnificence de votre triomphe

Vous avez été attaché au bois, vous avez pris sur vous la malédiction ; crucifié entre deux scélérats, vous avez passé pour un vil imposteur, et vos ennemis ont insulté à votre agonie sur ce lit de douleur. Si vous n'eussiez été qu'un homme, il ne restait de vous qu'une mémoire déshonorée ; la croix eût dévoré sans retour votre gloire passée, ô fils de David ! Mais vous êtes le Fils de Dieu, et c'est la croix qui nous le prouve. Le monde entier se prosterne devant elle et l'adore; c'est elle qui vous l'a conquis, et les hommages qu'elle reçoit vengent surabondamment votre gloire de l'éclipse passagère que votre amour pour nous lui imposa un jour. On n'adore pas un gibet, ou, si on l'adore, c'est le gibet d'un Dieu. Oh ! béni soit celui qui a été suspendu au bois ! En retour de nos hommages, divin Crucifié, accomplissez en notre faveur la promesse que vous avez faite : « Lorsque je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi. »

Les instruments de la Passion adorés par
les saints Anges
Pour nous attirer plus efficacement, vous déposez aujourd'hui entre nos mains le bois même du haut duquel vous nous avez tendu vos bras. Ce monument de votre victoire, sur lequel vous vous appuierez au dernier jour, vous daignez nous le confier jusqu'à la fin des siècles, afin que nous puisions en lui une crainte salutaire de la divine justice qui vous a attaché à ce bois vengeur.

Je regarde nos crimes, j'ai un amour toujours plus tendre envers vous, ô notre victime qui n'avez point reculé devant la malédiction, afin que nous fussions bénis! La terre entière vous rend grâces aujourd'hui pour le don inestimable que vous lui avez octroyé. Votre Croix divisée en fragments sans nombre est présente en tous lieux ; il n'est pas de région dans le monde chrétien qu'elle ne consacre et ne protège.

Que n'avons-nous la piété d'Hélène, ô Sauveur, pour savoir connaître comme elle « la hauteur et la profondeur, la longueur et la largeur du mystère caché dans votre Croix » ! C'est parce qu'elle a aimé ce divin mystère, qu'elle a recherché la Croix avec tant d'ardeur ; mais quel sublime spectacle cette pieuse princesse nous offre en ces jours de votre triomphe ! D'une main elle orne votre glorieux sépulcre ; de l'autre elle arrache votre Croix aux ombres qui la couvraient; qui jamais proclama, avec cette majesté, le mystère pascal ? Le sépulcre nous crie : « Il est ressuscité, il n'est plus ici » ; la Croix nous dit : « Je ne l'ai retenu qu'un moment, et il s'est élancé dans sa gloire. »

O Croix ! ô sépulcre ! que son humiliation a été rapide, et que le règne qu'il a conquis par vous est assuré ! Nous adorons en vous les vestiges de son passage, et vous demeurez sacrés à jamais, parce qu'il s'est servi de vous pour notre salut. Gloire soit donc à vous, ô Croix, objet de notre amour et de notre admiration en ce jour! Continuez de protéger ce monde qui vous possède ; soyez-lui le bouclier qui le défende contre l'ennemi, le secours présent partout qui conserve le souvenir du sacrifice mêlé à celui du triomphe; car c'est par vous, ô Croix, que le Christ a vaincu, qu'il règne et qu'il commande.


CHRISTUS VINCIT !

CHRISTUS REGNAT !

CHRISTUS IMPERAT !




samedi 12 septembre 2015

Saint Nom de Marie - La petite vertu Espérance

Charles Péguy, extraits de « Le porche de la deuxième vertu »

Statue de Notre-Dame, pèlerinage de Chartres
devant la Cathédrale Notre-Dame de Paris

La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance.
La Foi ça ne m’étonne pas.
Ce n’est pas étonnant.
J’éclate tellement dans ma création.

La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas.
Ça n’est pas étonnant.
Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre,

comment n’auraient-elles point charité les unes des autres.

Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance.
Et je n’en reviens pas.
L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout.
Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière.
C’est cette petite fille de rien du tout.
Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus.

La Foi va de soi.
La Charité va malheureusement de soi
.
Mais l’Espérance ne va pas de soi.

La Foi, l'Espérance et la Charité, église Saint-Epain
L’Espérance ne va pas toute seule.
Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu,

reçu une grande grâce.

La Foi voit ce qui est.
La Charité aime ce qui est
.

L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera.

Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera.
Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé.
Sur la route montante.

Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs,
qui la tiennent par la main,
La petite espérance s’avance.
Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner.
Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher.

Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle.

Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres.
Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde.
Et qui le traîne.
Car on ne travaille jamais que pour les enfants.
Et les deux grandes ne marchent que pour la petite.