vendredi 30 mai 2014

Sainte Jeanne d'Arc, priez pour nous et pour la France !

Seigneur, ayez pitié de nous!
Jésus-Christ, ayez pitié de nous!
Seigneur, ayez pitié de nous!

Jésus-Christ, écoutez-nous!
Jésus-Christ, exaucez-nous!

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous!
Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous!
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous!
Trinité Sainte qui êtes un Seul Dieu, ayez pitié de nous!

Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous!
Notre Dame de l'Assomption, Patronne Principale de la France priez pour nous!

Saint Michel Archange, Patron et Spécial Protecteur de la France, priez pour nous!
Sainte Catherine d'Alexandrie, Vierge et Martyre, priez pour nous!
Sainte Marguerite d'Antioche, Vierge et Martyre, priez pour nous!

Sainte Jeanne d'Arc, docile à l'Appel de Dieu, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, choisie par Dieu à Domrémy, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, avertie par Saint Michel Archange et ses Anges, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, docile à l'Appel de Dieu, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, confiante et soumise à vos Voix, priez pour nous !
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de vie familiale et laborieuse, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de vos compagnes, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, fidèle dévote à Notre Dame, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, qui faisiez vos délices de la Sainte Eucharistie, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de générosité au service de Dieu, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, exemple de fidélité à la vocation Divine, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle d'union à Dieu dans l'action, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, Vierge et guerrière, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de bravoure et de pureté dans les camps, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de nos soldats, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, compatissante envers tous ceux qui souffrent, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, salut d'Orléans, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, gloire de Reims, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, libératrice de la patrie, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, trahie et prisonnière à Compiègne, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, pure et patiente dans votre prison, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, héroïque et vaillante devant vos juges, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, seule avec Dieu à l'heure du supplice, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, martyre de Rouen, priez pour nous!

Sainte Jeanne d'Arc et Sainte Thérèse de Lisieux, patronnes de la France, priez pour nous!
Tous les Saints et Saintes de France, intercédez pour nous !

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde ; Pardonnez-nous Seigneur !
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde ; Exaucez-nous , Seigneur!
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde ; Ayez pitié de nous Seigneur !

Sainte Jeanne d'Arc, priez pour nous!
Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ !

Prions :

       O Dieu, qui avez suscité d'une manière admirable La Vierge de Domrémy, Sainte Jeanne d'Arc, pour la défense de la Foi et de la patrie ; faites, nous Vous en prions, que par son intercession, l'Église triomphe des assauts de ses ennemis et jouisse d'une Paix durable. Par Jésus Christ, Notre Seigneur. Ainsi soit-il.


Armoiries de Sainte Jeanne d'Arc, vitrail.



jeudi 29 mai 2014

Ascension du Seigneur

Cathédrale de Monreale, Sicile, mosaïques de
l'Ascension du Seigneur

A la droite du Père, ô Verbe,
Tu T'assois,
de Tes Apôtres Saints affermissant la foi.

Lorsqu'avant Sa Passion le Sauveur se trouvait avec Ses disciples, Il leur annonça la venue de l'Esprit très Saint en disant: Il faut que Je M'en aille, car si Je ne M'en vais pas, le Paraclet ne viendra pas ! Et encore: Lorsqu'Il viendra, Il vous enseignera toute la vérité.

C'est pourquoi, après Sa résurrection d'entre les morts, pendant quarante jours, Il se fit voir à eux, non pas constamment, mais de façon intermittente, mangeant et buvant avec eux, pour rendre plus certaine Sa résurrection. Finalement, après les avoir longuement entretenus sur le royaume de Dieu, Il leur demanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'y rester pour attendre la venue de l'Esprit très-Saint dans lequel ils devaient aussi être baptisés. Car jusqu'alors, ils n'avaient été baptisés que par Jean (même si plus tard Epiphane de Chypre a raconté que Jean le Théologien aurait baptisé la Mère de Dieu et que Pierre, à son tour, aurait baptisé les autres Apôtres). Il les prie donc de rester à Jérusalem, afin que ce soit là que soit d'abord effectuée la prédication de la Bonne Nouvelle, de peur que, s'ils partaient vers d'autres lieux, il ne fût trop facile de les diviser. Comme des soldats, il fallait qu'ils s'exercent aux armes de l'Esprit, afin de marcher au combat contre les ennemis du Christ.

Les Séraphins servent de trône au Seigneur,
icône moderne.
Lorsqu'arriva le moment de son Ascension, Il les entraîna sur la montagne des Oliviers (appelée ainsi parce qu'elle est plantée de nombreux oliviers). Les ayant entretenus de ce qu'ils devaient prêcher à Son sujet jusqu'au bout de la terre et leur avoir parlé de Son royaume indissoluble, celui du siècle à venir, lorsqu'Il vit qu'ils allaient aussi L'interroger sur ce qu'il ne fallait pas, Il fit venir auprès d'eux, alors que Sa Mère immaculée était aussi présente en ce lieu, des Anges qui leur montrèrent Sa montée vers les cieux.

A leur vue, Il fut ravi du milieu d'eux, s'élevant dans la nuée, qui le reçut. Ainsi escorté par les Anges, qui l'un à l'autre se disaient d'élever les portes des cieux et qui s'étonnaient de Sa chair rougie par le sang, Il monta et S'assit à la droite du Père, divinisant Sa chair et, j'ose dire, la rendant semblable à Dieu, de sorte que par elle nous avons été réconciliés, absous de l'antique inimitié.

Quant aux Apôtres, des Anges ayant l'aspect d'hommes survinrent pour leur dire: Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous dans l'étonnement, à regarder vers le ciel ? Ce Jésus que vous avez vu comme Dieu dans la chair, Lui-même reviendra, et ce dans sa chair, non pas de la manière pauvre et modeste qu'Il avait auparavant, mais avec grande gloire, comme vous le voyez maintenant escorté par les Anges.
Dôme de l'Ascension, sur le Mont des Oliviers,
à Jérusalem

Alors les Apôtres, cessant de regarder, retournèrent de la montagne des Oliviers. Elle se trouve près de Jérusalem, à une distance de deux mille quarante pieds, le chemin qu'il est permis de faire un jour de sabbat. Et si la loi de Moïse permet de faire ce chemin un jour de sabbat, c'est parce que la tente du témoignage se trouvait à cette distance du camp des Hébreux. Car le sabbat, il était permis aux fidèles de s'y rendre, mais ils ne pouvaient marcher au-delà, c'est pourquoi on appela cette distance: chemin de sabbat. De là, certains ont cru que l'Ascension du Christ avait eu lieu un jour de sabbat, ce qui jusque-là était impensable.


De retour, les Apôtres montèrent à la chambre haute, dans laquelle ils demeuraient, avec les femmes Myrrophores et la Mère du Verbe, s'adonnant au jeûne, à la prière et l'oraison, et attendant la venue de l'Esprit très-Saint, comme ils en avaient reçu la promesse.






lundi 26 mai 2014

Processions et jeûne des Rogations, les 26, 27 et 28 mai, avant la grande fête de l'Ascension

Procession des Rogations, enluminure.
Extraits de « L’année liturgique »
de Dom Guéranger, Mercredi des Rogations, Vigile de l’Ascension


Pour la troisième fois la sainte Eglise reprend sa marche, et sort du saint temple, afin de faire un dernier appel à la divine miséricorde. Rangeons-nous sous sa bannière, et unissant nos voix à la sienne, invoquons avec elle le secours des Saints. Elle est glorieuse, mais aussi elle est puissante, la Litanie dans laquelle sont invoques tour à tour les chœurs de la Jérusalem céleste. C'est l'Eglise triomphante s'unissant à l'Eglise militante pour obtenir le salut de la terre.


Marie, Mère de Dieu, Vierge des vierges, miracle de la puissance divine, employez en notre faveur votre maternelle médiation auprès de celui qui étant Dieu est aussi votre fils.

Michel l'invincible, Gabriel, heureux messager du salut, Raphaël, médecin compatissant de nos misères ; Anges et Archanges qui veillez à notre défense et coopérez à notre salut ; hiérarchies célestes qui attendez les élus de la terre pour renforcer vos rangs, intercédez pour vos frères et vos clients.

Notre Dame de la moisson,
icône, Optina.
Jean-Baptiste, précurseur de l'Agneau de Dieu ; Joseph, époux de Marie immaculée, père nourricier du Fils de Dieu ; Patriarches, ancêtres majestueux de la race humaine, aïeux du divin Messie ; Prophètes qui avez annoncé sa venue et décrit tous ses traits, afin que la terre reconnût en lui son Sauveur : souvenez-vous des habitants de cette terre lointaine sur laquelle vous avez été voyageurs.

Pierre, Pasteur universel, porte-clefs du royaume des cieux ; Paul, apôtre des Gentils, armé du glaive de la parole et consommé par le glaive du martyre; André, crucifié comme votre Maître; Jacques le Majeur, enfant du tonnerre, fondateur du royaume Catholique ; Jean le Bien-Aimé, fils et gardien de Marie, Evangéliste et le dernier des Prophètes; Thomas, apôtre des Indes, immolé par la lance ; Jacques le Mineur, appelé frère du Seigneur ; Philippe, qui avez évangélisé les Scythes et rencontré la croix à Hiérapolis; Barthélemy, docteur de l'Arménie, arrosée de votre sang ; Evangéliste Matthieu, qui êtes allé porter la foi jusque dans les régions brûlantes de l'Ethiopie ; Simon, dont la Mésopotamie a entendu la voix ; Thaddée, qui avez affronté l'Egypte et ses idoles; Mathias, appelé à prendre la place du traître Judas, et digne d'un tel honneur; Barnabé, compagnon de Paul, et plus tard la lumière de l'île de Chypre ; Luc, disciple de l'Apôtre des Gentils, historien du Verbe incarné ; Marc, disciple de Pierre, qui avez écrit sous sa dictée l'Evangile du salut : nous vous saluons tous avec amour comme nos pères dans la foi ; priez en ces jours avec nous et pour nous.

Disciples du Seigneur, qui, sans avoir été élevés jusqu'au rang des Apôtres, fûtes choisis par lui pour être leurs coopérateurs, et qui, au jour de la Pentecôte, avez été remplis des feux de l’Esprit-Saint ; tendres enfants de Bethléhem, prémices des Martyrs: daignez tous vous associer à nos supplications.

Etienne le Couronné, Laurent, dont le front est ceint de lauriers, Vincent le Victorieux, tous trois unis dans la forte milice du diaconat; Fabien, pontife désigné par la colombe céleste ; Sébastien, noble chevalier de la sainte Eglise; Jean et Paul, Côme et Damien, Gervais et Protais, généreux frères qui avez combattu le même combat : armée innombrable des Martyrs, protégez-nous à l'ombre de vos palmes.

Sacramentaire de Charles le Chauve, IXe siècle.
Les Saints et les Anges prient pour nous.
Sylvestre, pontife de la paix; Grégoire, vicaire du Christ dans sa mansuétude comme dans son autorité; Ambroise, dont la parole fut douce comme le miel, et la force indomptable comme celle du lion ; Augustin, soleil de vérité, apôtre delà charité divine; Jérôme, interprète inspiré de la parole de Dieu ; Martin, thaumaturge de l'Occident ; Nicolas, thaumaturge de l'Orient : saints pontifes, saints docteurs, ramenez à Jésus ses brebis errantes.

Antoine, la gloire du désert, le vainqueur de Satan; Benoît, nouvel Abraham, entouré d'une postérité sans nombre ; Bernard, soutien de la sainte Eglise, favori de l'auguste Reine des cieux ; Dominique, prédicateur de la vraie doctrine, fléau de l'hérésie ; François, amant et époux de la pauvreté, crucifié avec le Christ: nous vous honorons tous ; ranimez dans nos âmes le sentiment de la perfection chrétienne.                                                                                                                             
Prêtres du Seigneur, saints moines, saints ermites, saints confesseurs, priez pour ce peuple qui implore votre secours.

Marie-Madeleine, pécheresse sanctifiée, amante du Rédempteur, obtenez-nous la componction du cœur qui répare le péché par l'amour.

Agathe et Lucie, fleurs odorantes de l'heureuse Sicile ; Agnès, qui suivez partout l'Agneau divin ; Cécile, couronnée de roses et de lis, brillante reine de l'harmonie ; Catherine, vierge sage qui confondîtes la fausse sagesse des philosophes ; Anastasie, femme forte qui avez triomphé des épreuves de la vie et de la rigueur des supplices : vous toutes, vierges sacrées ou épouses fidèles, jetez un regard de compassion sur les habitants de la terre.

Saints et saintes de Dieu, justes de tout âge, de tout sexe et de toute condition, qui peuplez déjà l'empyrée, souvenez-vous de nous qui gémissons encore dans cette vallée de larmes, et élevez nos cœurs jusqu'au séjour de l'éternel bonheur que les vanités de ce monde nous feraient si souvent oublier.

Grappes et épis, vitrail réalisé par Joseph Benoit.

La Litanie est achevée ; et, pour la troisième fois, l'auguste Sacrifice va sceller la réconciliation du Dieu offensé avec ses enfants coupables ; espérons désormais une année tranquille et féconde.

Daigne le Seigneur, en l'année qui suivra celle-ci, accroître le nombre de ceux qui viendront s'unir à son Eglise pour implorer le pardon général ! Assistons à la Messe avec le sentiment de l'insuffisance de nos réparations personnelles, mais avec une entière confiance dans les mérites infinis de la victime pascale.


(Prière gallicane pour le commentaire du Mardi des Rogations :)

Il est juste et raisonnable ô Dieu tout puissant et éternel, de vous offrir nos vœux, en accompagnant ce jeûne annuel de toute la contrition de nos cœurs, par Jésus-Christ notre Seigneur, qui étant venu à nous pour nous manifester la profondeur de vos mystères, nous a révélé le symbole qui fut offert aux yeux de Noé dans la branche de l'olivier pacifique que la colombe portait dans son bec, lorsqu'il nous a présenté le signe glorieux de la croix, qui est l'arbre verdoyant.
Cet arbre, que la colombe mystique a dédié à l'honneur du Christ, elle l'a en même temps sanctifié par la grâce de l’Esprit-Saint, afin qu'il fût pour tous l'objet d'un culte religieux, et nous inspirât le désir de retracer en nous l'innocence de cet oiseau, et de recevoir la sanctification par le divin Esprit dont il figura un jour la présence.
Nous offrons donc nos vœux dans ce jeûne et cette humiliation de trois jours, portant en tête des bataillons formés de fidèles le signe invincible de la croix, et faisant retentir dans le chant des psaumes la louange de votre divine Majesté.
Nous vous supplions, ô Dieu tout-puissant, d'agréer tous les hommages que vous présente votre peuple et tous les rites sous lesquels il les exprime, et de nous accorder, au moyen de ce jeûne, la sanctification de nos âmes, en leur faisant mériter d'être affranchies de tout péché.




dimanche 25 mai 2014

La victoire de la vie sur la mort par la Croix et la Résurrection

Christ - Agneau de Dieu, crosse.
Homélie de Saint Ephrem sur notre Seigneur


Notre Seigneur a été piétiné par la mort, mais, en retour, il a frayé un chemin qui écrase la mort. Il s'est soumis à la mort et il l'a subie volontairement pour la détruire malgré elle. Car notre Seigneur est sorti en portant sa croix, sur l'ordre de la mort. Mais il a crié sur la croix et il a tiré les morts des enfers, quoique la mort s'y refusât.

Dans le corps qu'il avait, la mort l'a fait mourir ; et c'est par les mêmes armes qu'il a remporté la victoire sur la mort. Sa divinité, se dissimulant sous l'humanité, s'est ainsi approchée de la mort qui a tué et en est morte ; la mort a tué la vie naturelle, mais la vie surnaturelle à son tour a tué la mort.

La descente du Christ aux enfers et la délivrance
des saints âmes.
Parce que la mort n'aurait pas pu le dévorer s'il n'avait pas eu de corps, parce que l'enfer n'aurait pas pu l'engloutir s'il n'avait pas eu de chair, il est venu jusqu'à la Vierge afin d'y trouver la chair qui le porterait aux enfers. ~ Mais, après avoir pris un corps, il est entré aux enfers, il leur a arraché leurs trésors qu'il a dispersés

Il est donc venu jusqu'à Ève, la mère de tous les vivants. Elle était la vigne dont la mort avait ouvert la clôture et il en goûta le fruit. Ainsi Ève, la mère de tous les vivants, était-elle devenue source de mort pour tous les vivants.

Mais un surgeon a levé : Marie, la vigne nouvelle, a remplacé Ève, la vigne antique. Le Christ, la Vie nouvelle, a fait en elle sa demeure. Ainsi, lorsque la mort conduisant son troupeau viendrait comme d'habitude, sans méfiance, avec ses fruits mortels, la Vie qui détruit la mort serait cachée dans la Vigne nouvelle. Et lui, lorsque la mort l'eut englouti, sans rien craindre, il délivra la vie, et avec elle la multitude des hommes.

Il est le glorieux fils du charpentier qui, sur le char de sa croix, vint au-dessus de la gueule vorace des enfers et transféra le genre humain dans la demeure de la vie. Et parce que, à cause de l'arbre du paradis, le genre humain était tombé dans les enfers, c'est par l'arbre de la croix qu'il est passé dans la demeure de la vie. Sur ce bois avait donc été greffée l'amertume ; mais sur celui-ci fut greffée la douceur, pour que nous reconnaissions en lui le chef auquel ne résiste nulle créature.

Gloire à toi ! tu as jeté ta croix comme un pont au-dessus de la mort, pour que les hommes y passent du pays de la mort à celui de la vie. ~ 

Gloire à toi ! tu as revêtu le corps de l'Adam mortel et en as fait la source de la vie pour tous les mortels.

Oui, tu vis ! Car tes meurtriers se sont comportés envers ta vie comme des semeurs : ils ont semé ta vie dans les profondeurs de la terre comme on sème le blé, pour qu'il lève lui-même et fasse lever avec lui beaucoup de grains.

Venez, faisons de notre amour comme un encensoir immense et universel, prodiguons cantiques et prières à celui qui a fait de sa croix un encensoir à la Divinité, et nous a tous comblés de richesses par son sang.







mercredi 21 mai 2014

Ne pas faiblir mais suivre le Christ Ressuscité de tout son coeur par le Père Alexander Elchaninov

La Résurrection du Christ, par Raffaleino del Garbo, 1510
Extrait du "Journal d'un prêtre Russe"


Je suis attristé par la faiblesse de la vie spirituelle après Pâques.

D'abord, il y a accroissement des forces spirituelles lorsque nous entrons dans le Grand Carême. Tout ce qui est intérieur devient considérablement plus aisé. Notre âme plus pure, et plus en paix. Notre amour est plus grand, notre prière plus profonde. Puis viennent les jours de la Semaine Sainte, qui sont aussi remarquables

Et après ça, la joie de Pâques. Je ne sais pas comment remercier Dieu pour me laisser participer à tout cela aussi pleinement que je le fais comme prêtre. 

Mais ensuite vient le Samedi de la Semaine Radieuse (NB. le Samedi de Pâques), les portes du sanctuaire sont closes comme si les portes du Ciel étaient refermées, et tout redevient plus difficile, les âmes se renforcent en faiblesse, deviennent molles et fainéantes, tout effort spirituel est dur.





dimanche 18 mai 2014

La fête de Pâques, par saint Théophane le reclus


Pâques, la Pâque du Seigneur ! 

Le Seigneur nous a conduit de la mort à la vie par le biais de Sa résurrection. Et cette résurrection, les anges la chantent dans les cieux ayant vu la luminosité de la nature de l'homme divinisée dans la gloire prédestinée pour elle, dans le visage du Seigneur et Rédempteur. 

Tous ceux qui croient vraiment en Lui, et s'attachent à Lui de toute leur âme sont changés en Son image par la puissance de Sa résurrection. Gloire, Seigneur, à Ta très glorieuse résurrection !
Saint Théophane le reclus
Les anges chantent, se réjouissant avec nous, et prévoyant l'accomplissement de leur assemblée.

Accorde-nous, nous aussi avec le cœur pur, ô Seigneur, de Te glorifier ressuscité ; voyant dans Ta résurrection la cessation de notre  corruption, l'ensemencement d'une vie nouvelle très brillante, et l'aube de la future gloire éternelle, dans laquelle Tu es allé avant nous par Ta résurrection pour nous.

Les langues non seulement des hommes, mais aussi des anges ont une force insuffisante pour exprimer Ta miséricorde ineffable envers nous, ô Seigneur très glorieusement ressuscité !




jeudi 15 mai 2014

Monsieur Boudon, vivre à la suite de Jésus ressuscité


Rembrandt, la Résurrection de Jésus et l'apparition
des Anges à sainte Marie Madeleine

Du vénérable abbé Henri-Marie Boudon, « L’homme de Dieu », partie I
                 
(…) Qu’est ce que le Chrétien, dans la doctrine du Saint Esprit révélée en la divine parole, sinon un homme qui est mort et enseveli avec Jésus-Christ et qui, par suite, est mort au péché, au monde, et à soi même ? C’est un homme qui est ressuscité avec le même Sauveur en une nouvelle vie toute céleste et divine, qui n’agit plus par soi-même mais par l’Esprit de Jésus-Christ dans lequel il est enté et avec qui il est uni comme le membre avec le chef et, par suite, qui doit opérer surnaturellement et divinement. C’est un homme qui, dans cette union avec Jésus, est glorieusement allié avec les trois Personnes divines et qui ne se doit plus occuper que de leurs adorables intérêts. Or, ces grandes vérités supposent les trois états de l’homme de Dieu une parfaite mort à tout le créé, une vie céleste et divine dans l’exercice des vertus chrétiennes, un zèle ardent pour tout ce qui regarde l’intérêt de Dieu.

Mais, ô mon Dieu, que ces vérités sont peu connues parmi les enfants de la lumière, vos fidèles Chrétiens ! Que la grâce de leur vocation sainte et divine est peu pénétrée ! Que les Chrétiens savent peu ce que c’est d’être Chrétien !

Comment donc, mon Seigneur et mon Roi, suivraient-ils l’attrait de leur grâce éminente ? Comment marcheraient-ils d’une manière digne de l’Esprit Saint qui les anime ? Mais ce qui est infiniment touchant est que parmi ces ténèbres vous êtes peu connu ; vos amours et vos bontés, les excès incompréhensibles de votre charité divine, sont peu entendus.

Ainsi ceux qui vous sont le plus obligés sont ceux qui sont le moins reconnaissants ; ce sont les plus ingrats. Cette vue, ô mon aimable Sauveur, m’ayant grandement touché, je me suis senti pressé par votre grâce d’apporter quelque remède à un désordre si lamentable en ma petite manière, me confiant uniquement en votre divine vertu. C’est pour ce sujet que j’ai donné depuis peu au public un traité de la science et de la pratique du Chrétien, pour aider à faire connaître en votre lumière à vos enfants et à mes frères la grandeur de leur vocation admirable, pour les animer et m’animer avec eux à mener une vie conforme à la sainteté de leur vocation.

(…) Mais, ô mon unique tout, sans lequel je ne puis rien, si vous ne m’en aviez pas encore donné le mouvement. Je me laisse présentement à l’attrait que vous m’en faites porter. Je me laisse entièrement à votre Esprit, renonçant de tout mon cœur à tout ce que mon propre esprit y pourrait mêler par lui-même.


Je désire de tout mon cœur sortir de moi-même en la force de votre grâce pour vous adhérer uniquement, ô mon adorable Sauveur, entrant dans tous les desseins que vous avez ; que votre Père céleste soit glorifié par cet ouvrage, desseins que j’adore, que j’aime de tout mon cœur et de toutes mes forces. Ah ! mon Roi ; ah ! mon Souverain et mon Dieu ; seulement soyez glorifié, rien que vous seul, rien que vous seul, rien que vous seul, perte totale, anéantissement entier de tout ce qui n’est pas vous, vos seuls intérêts, votre seul amour, votre seul amour.




mardi 13 mai 2014

13 mai, Notre Dame de Fatima

Paolo de Mattei, détail d'une Annonciation.
La gloire de Marie, par Saint Séraphin de Sarov


Mon âme est dans la crainte et dans le tremblement quand je songe à la gloire de la Mère de Dieu. Bien que je n'aie que peu d'intelligence et que mon cœur soit pauvre et faible, mon âme est dans la joie et désire écrire au moins quelques mots sur elle.

Mon âme craint une telle entreprise, mais l'amour me pousse à ne pas cacher ma reconnaissance pour sa miséricorde. La Mère de Dieu n'a pas livré à l'Écriture ses pensées, ni son amour pour son Dieu et Fils, ni les douleurs de son âme au moment de la Crucifixion, car nous n'aurions tout de même pas pu les comprendre.

Saint Séraphin de Sarov priant dans la forêt.
Son amour pour Dieu est en effet plus fort et plus ardent que l'amour des Séraphins et des Chérubins ; et toutes les puissances célestes des anges et des archanges sont frappées d'étonnement à son sujet. Et bien que la vie de la Mère de Dieu soit comme voilée par un silence sacré, le Seigneur de notre Église orthodoxe nous a cependant donné de savoir que son amour embrasse le monde entier, que dans le Saint-Esprit elle voit tous les peuples de la terre, et que tout comme son Fils elle a compassion et pitié de tous les hommes. Oh! si nous savions comme la Toute Sainte aime ceux qui gardent les commandements du Christ, et comme elle a compassion et souffre pour ceux qui ne se corrigent pas. J'en ai fait l'expérience en moi-même. Je ne mens pas, je parle devant la Face de Dieu que mon âme connaît: par l'esprit je connais la Toute Pure Vierge. Je ne l'ai pas vue, mais le Saint-Esprit m'a donné de la connaître, elle est son amour pour nous. 

Nous vivons sur terre, nous ne voyons pas Dieu et ne pouvons pas Le voir. Mais si l'Esprit-Saint vient dans notre âme, nous verrons Dieu, comme Le vit Saint Étienne, le premier diacre. Sous l'action du Saint-Esprit, l'âme et l'intelligence reconnaissent soudain que c'est le Seigneur. Ainsi le saint Vieillard Siméon reconnut le Seigneur dans le petit enfant; et saint Jean Baptiste de la même manière reconnut le Seigneur par le Saint-Esprit et attira sur Lui l'attention du peuple. Mais sans l'Esprit-Saint, personne ne peut connaître Dieu et combien Il nous aime. Et bien que nous lisions qu'Il nous a aimés et qu'Il a souffert pour nous par amour de nous, nous ne pensons à ces choses qu'avec notre intelligence mais sans saisir avec notre âme et comme il faut cet amour du Christ. Cependant quand l'Esprit-Saint nous instruit, nous comprenons clairement et ressentons cet amour, et devenons semblables au Seigneur.





dimanche 11 mai 2014

Homélie pascale ancienne


Le Christ est mort pour que nous ayons la vie.

Saint Paul, rappelant l’heureux événement de notre salut restitué, s’écrie : « De même que par Adam la mort est entrée dans le monde, c’est ainsi que par le Christ le salut a été rendu au monde ». Et encore : « Pétri de terre, le premier homme vient de la terre. Le deuxième homme, lui, vient du ciel ». Et il ajoute : « De même que nous portons l’image de celui qui est pétri de terre, c’est-à-dire de l’homme ancien, pécheur, de même nous porterons l’image de celui qui vient du ciel », c’est-à-dire que nous posséderons dans le Christ le salut de l’homme adopté, racheté, restauré et purifié. Car le même Apôtre dit : « En premier, le Christ, c’est-à-dire l’auteur de la résurrection et de la vie, ensuite ceux qui seront au Christ », c’est-à-dire ceux qui vivent selon son modèle de pureté : ils auront en toute sécurité l’espérance de la résurrection, car ils posséderont avec lui la gloire promise par Dieu. En effet, le Seigneur a dit dans l’Évangile : « Celui qui me suivra ne périra pas, mais il passera de la mort à la vie ».

Ainsi, la passion du Christ, c’est le salut de la vie humaine. Car c’est pour cela qu’il a voulu mourir pour nous : afin que, croyant en lui, nous ayons la vie sans fin. Il a voulu devenir pour un temps ce que nous sommes, afin qu’ayant reçu la promesse de l’éternité, nous vivions sans fin avec lui.

Telle est la grâce des mystères célestes, tel est le don de la Pâque, telle est cette fête annuelle, si désirable, telle est l’aurore du monde nouveau.

C’est pourquoi les nouveau-nés, mis au monde par cet enfantement qu’est le baptême de vie donné par la sainte Église, régénérés dans la simplicité des enfants, font retentir les accents de l’innocence. C’est pourquoi des pères chastes et des mères pleines de pudeur engendrent par la foi une innombrable descendance nouvelle.

C’est pourquoi, sous l’arbre de la foi, du sein d’une source pure, brille l’éclat des cierges. C’est pourquoi ces enfants sont sanctifiés par le don d’une grâce céleste et sont nourris par le mystère d’un sacrement célébré dans l’Esprit.

C’est pourquoi, une troupe de frères, élevée sur les genoux de la sainte Église pour former un seul peuple, adorant la nature de la divinité unique et le nom de sa puissance en trois Personnes, s’unit au Prophète pour chanter le psaume de la solennité annuelle : « Voici le jour que fit le Seigneur : qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ».

Quel est donc ce jour ? Celui qui a donné naissance à la vie, qui a fait éclore le jour, l’auteur de la lumière, c’est-à-dire le Seigneur Jésus Christ en personne, qui a dit lui-même : « Moi, je suis le jour ; celui qui marche de jour ne trébuche pas ». Autrement dit : celui qui suit le Christ en toute chose, parviendra sur ses traces au trône de l’éternelle lumière. C’est ainsi qu’aux derniers jours de sa vie mortelle lui-même a prié le Père pour nous en disant : « Père, je veux que là où je suis, ceux qui ont cru en moi soient aussi ; comme tu es en moi et moi en toi, qu’ils demeurent en nous ».