jeudi 30 mai 2013

Préparons-nous à célébrer la Fête Dieu


Nous nous apprêtons à célébrer la solennité du Corps et du Sang eucharistiques du Seigneur, nous célébrons notre fête patronale. La Fête-Dieu, ou Corpus Domini, est une grande fête pour toute l’Eglise et nous allons nous mettre à la suite du Seigneur si nous processionnons.

Par le Baptême, nous avons reçu la filiation divine et la sainteté de la Trinité Sainte.

Par la Confirmation, l’Esprit Saint vient nous enrichir de ses 7 dons sacrés pour faire de nous des testes et miles Christi, des témoins et des soldats du Christ pour conquérir le monde, non pas force, mais par la douceur et la vérité de notre Seigneur, enseignées par les saints Evangiles.

Par les dons sacrés du Corps et du Sang du Christ dans le Saint Sacrement, le Christ vient habiter en nous pour nous changer en Lui.

Mettons-nous à l’écoute du vénérable Henri Marie Boudon. Nous sommes parfois coupables de grandes négligences vis-à-vis de la bonté du Seigneur qui vient à nous dans la divine Eucharistie.


 « L’Amour de Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l’Autel », par M. l’abbé Henri Marie Boudon, 12e motif, Jésus souffre tout au Très Saint-Sacrement


Icône du Christ - Eucharistique. Les inscriptions en
grec en haut de l'icône signifient "Le Pain de la Vie".
Charitas omnia suffert (I Cor. 13 : « La Charité endure tout »).

Allons, mon âme, nous perdant de plus en plus dans l'abîme des amours immenses de notre Dieu. Aimables Séraphins, servez-nous de guides favorables à la clarté de ces feux sacrés qui vous consument si saintement. Esprits très-aimants, soutenez-nous dans des voies amoureuses, par l'ardeur des divines flammes qui vous brûlent si délicieusement. Ouvrez nos yeux pour contempler ce spectacle si étonnant, et dont les mondains sont si peu étonnés. Purifiez nos cœurs, afin de les rendre susceptibles des impressions les plus vives de l'amour qui y éclate si miraculeusement.

Animez nos courages à ne prendre plus que des desseins relevés, à n'avoir plus que des résolutions, mais les plus généreuses que l'amour puisse inspirer ; car voici que le grand Roi Jésus, devant qui tout l'univers n'est pas un point, s'est tellement laissé aller à l'amour des hommes au très saint Sacrement, que non content d'y quitter tout, et d'y faire partout un prodige qui n'a jamais eu de pareil, il y souffre tout, il y endure tout, lui qui est impassible, qui habite au milieu d'une gloire infinie, qui est le sujet des adorations et des respects des puissances des Cieux. Il y souffre des infidèles blasphémant ce qu'ils ignorent, des hérétiques qui nient sa présence. Etrange injure au cœur le plus aimant de tous les cœurs, en ce que non seulement on ne reconnaît pas son amour, mais encore on le nie, qui est la chose du monde la plus sensible à une personne qui aime beaucoup.

Mais qui pourra nous dire ce qu'il y endure des catholiques, de ceux qui le reconnaissent en la divine Eucharistie, par leurs offenses et leurs ingratitudes ? Car si nous entrons dans nos églises, elles sont des solitudes, des lieux abandonnés ; ou si l'on y remarque des troupes de monde, ce n'est que pour y découvrir davantage l'ingratitude extrême des cœurs. Car combien d'insolences se commettent, combien d'irrévérences, combien d'immodesties par les discours que l'on y tient, par les gestes et les actions que l'on y fait, par des postures peu séantes, par des nudités exécrables, que l'on porte jusqu'aux pieds de nos sanctuaires.

Mais si l'on pouvait pénétrer dans le fond des âmes, qui est très connu à celui à qui rien ne peut être caché, que l'on verrait de choses monstrueuses et diaboliques ! Combien d'esprits dont le corps est à l'église, qui errent de tous côtés par des distractions volontaires ! Combien de bouches qui mentent impudemment au Seigneur, qui lui offrent des prières, qui disent qu'elles le veulent servir, pendant que leurs cœurs ne respirent que l'amour du monde, l'ennemi juré de Jésus, pendant que leurs imaginations ne sont remplies que de pensées sales et vilaines en présence du Roi des vierges et de l'ami très fidèle de la pureté ; de desseins de vengeance, de sentiments de haine et d'aversion, devant celui qui est le Dieu d'amour, et qui veut que nous nous aimions comme il nous a aimés ; de mouvements de superbe et de vanité, pendant que le Dieu de toute gloire est dans des états infiniment humiliants !

Ce n'est pas tout, les souffrances que l'amour fait porter à notre Souverain, ne s'arrêtent pas là. Ici, mon cœur, il faut que tu éclates de douleur et d'amour, ou bien il faut dire que tu seras bien dur. Plusieurs, par un attentat qui doit faire trembler les colonnes des Cieux, prennent le corps du Dieu du Ciel et de la terre en état de péché mortel, soit parce qu'ils ont des péchés, dont ils n'ont pas une véritable douleur, soit parce que leur résolution pour l'avenir n'est pas assez forte ; car elle doit être telle qu'on soit plutôt prêt à perdre tout, le président sa charge, le marchand sa boutique, l'homme riche son bien, une dame sa beauté, enfin tout ce que nous avons de plus cher, que de commettre jamais un péché mortel, soit par l'impureté, soit par la haine, soit par l'injustice, que de se trouver dans une occasion prochaine du péché.

O Dieu, que ces résolutions sont rares dans le siècle ! Et il n'est pas aisé de les voir, comme plusieurs le pensent, se trompant faussement : et tous ces gens logent Jésus-Christ avec le diable. Quel crime ! quel attentat !

Nous lisons, hélas ! et notre siècle a vu des outrages abominables faits en la personne du Roi Jésus au très saint Sacrement. Ce corps adorable, qui fait les délices des bienheureux, après la vision de Dieu, a été donné aux chiens, a été foulé aux pieds, a été frappé à coups de couteau sur les saintes espèces, a été jeté à la voirie. Ces choses nous font peur, et avec grand sujet : mais le pécheur qui le reçoit en péché mortel, en un cœur qui est la demeure du diable, et ainsi qui le loge avec le démon, et (ce qui est épouvantable) en un lieu où le démon est le seigneur, que sera-t-il à la vue d'une vérité si terrible ? Hélas ! où en sommes-nous ? Les Juifs, qui ne connaissaient pas le Dieu de gloire, l'ont crucifié ; ils l'on fait sans le connaître ; car s'ils l'eussent connu, dit saint Augustin jamais ils ne l'eussent crucifié. Cependant nous pleurons sur sa passion, nous crions contre ses juges, nous sommes animés contre ses bourreaux, et nous ne nous apercevons pas, disent les saints Pères, que nous commettons les mêmes crimes, avec cette différence, que leur péché a été commis avec ignorance, et le nôtre avec connaissance et une dernière impiété.

Je vous appelle donc, ô âme catholique, non pas pour méditer la passion du Fils de Dieu, qu'il a endurée il y a tant de siècles, et en la seule Judée ; mais celle qu'il souffre à présent en tous les lieux du monde par les mauvais catholiques, et peut-être par vous, qui lisez ces choses. Ne passez pas outre, sans vous examiner sur un cas si pitoyable. N'êtes-vous point coupable de ces infidélités que nous venons de remarquer ? Relisez-les encore, examinez-vous sur tous les désordres que vous y pouvez voir, soit par les irrévérences qui se pratiquent en nos Eglises, soit par ce qui se passe en votre intérieur, soit par les mauvaises communions qu'on fait.

N'êtes-vous point du nombre de ces misérables, ou bien n'en avez-vous pas été ? Si vous en êtes, apprenez de saint Jean Chrysostome et des autres Pères, que vous êtes pire que Judas, que Pilate, que les Juifs qui ont crucifié le Fils de Dieu. O l'horreur des horreurs ! Ô crime plus propre de l'enfer que des hommes ! Mais, je vous demande, y avez-vous jamais bien pensé ? Savez-vous bien que vous étiez un autre Judas, et cent fois pire que Judas ? Mais à présent que vous dit le cœur ? Est-ce fait du péché ? Dit-il un éternel adieu aux vanités, aux impuretés et aux inimitiés qui règnent dans le siècle ? Quelle résolution prenez-vous ? Ne vous suffit-il pas d'avoir été coupable de la mort d'un Dieu ? N'êtes-vous point satisfait des peines que vous lui avez fait souffrir ? Voudriez-vous bien encore ajouter des peines à ses peines, des douleurs à ses douleurs, des croix à ses croix ? Ne vous y trompez pas ; c'est ce que vous ferez, si vous ne donnez ordre à votre conscience.

Mais si vous y avez apporté le remède, pensez un peu au passé, songez combien de fois vous avez crucifié le Fils de Dieu ; car c'est une vérité qui nous est enseignée par le Saint-Esprit : Rursùs crucifigentes. Et puis donnez congé à vos larmes ; qu'elles coulent le reste de vos jours, comme les eaux d'une source intarissable : gémissez, soupirez, criez dans l'excès de votre, douleur : parlez-en aux anges, parlez-en aux hommes, regrettez tous les moments qui vous restent de votre vie, l'excès de vos crimes, et détestez les avec horreur.

Enfin, souvenez-vous que Jésus souffre tout au très saint Sacrement, puisqu'il permet aux méchants prêtres magiciens de le porter au sabbat, où toute la troupe infernale danse souvent sur une multitude d'Hosties consacrées qui y sont en très grand nombre, et dont quelquefois il en sort un sang miraculeux qui baigne les pieds de ces abominables ; mais en même temps souvenez-vous que c'est pour vous qu'est réduit en un état si extrême. Hélas ! je demande à votre cœur ce qu'il veut donner à un tel amour, ce qu'il veut souffrir pour lui. Y a-t-il injure après cela qu'il n'endure pauvreté, affliction, peine intérieure ou extérieure ? Ne souffrira-t-il pas de toute sorte de personnes, de ses ennemis, de ses amis, de ses proches, de ceux qui ne lui sont rien, de ses supérieurs, de ses inférieurs, de ceux qu'il a obligés, aussi-bien que de ceux qui n'ont reçu aucune faveur de lui ?

Pourra-t-on bien mettre quelque exception, après avoir considéré un Dieu dans de telles souffrances ? Pensez encore ici à la chose qui vous fait plus de peine, à cet affront que vous avez reçu, à la perte que vous avez faite, à l'injustice que l'on a commise en votre endroit, à cette inclination qui vous tourmente davantage, à la voix intérieure où vous souffrez le plus : c'est ce qui vous peine davantage, que vous devez accepter plus volontiers, pour avoir lieu de montrer votre amour à celui que l'amour a tant fait souffrir pour vous.

Les Saints dans ces vues sont devenus insatiables de la croix ; et il est vrai que plus les âmes sont pures, plus le Fils de Dieu les fait souffrir. Les membres les plus étroitement unis à ce chef, ayant plus grande sympathie avec lui, ont le plus de part à ses souffrances.


Le Saint Père Benoît XVI donnant la bénédiction du Saint Sacrement


dimanche 26 mai 2013

Dimanche de la Très Saint Trinité et fête des Mères


+ Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

La Très Sainte Trinité, De Proprietatibus Rerum par Bathélemy
l'Anglais, XVe.
C’est ainsi, en faisant le signe de la Croix et en invoquant le nom trois fois saint de Dieu, que nous commençons chacune de nos prières et de nos célébrations.
La Croix, parce que c’est sur une Croix que Jésus, le Fils unique et bien-aimé du Père, est mort pour nous sauver du péché et faire de nous des fils adoptifs par la puissance du Saint Esprit.

Et c’est au nom de la Trinité Sainte que nous sommes rassemblés et constitués en frères d’une même famille qu’est l’Eglise. Cependant, nous avons peine à concevoir que 1 = 3 parce que nous raisonnons mal, que nous posons mal l’équation. Ce n’est pas 1 = 3 mais 3 = 1.

Dieu unique ne se décline pas en Père, Fils et Esprit Saint mais ce sont les Trois Personnes divines du Père, du Fils et du Saint Esprit qui agissent et aiment comme un seul et même Dieu. D’ailleurs, ne disons-nous pas d’un groupe qu’il agit comme un seul homme ? Que les Apôtres au Cénacle étaient un seul cœur et une seule âme avec la Vierge Marie ? Et bien la Trinité agit comme un seul et même Dieu.

Quand le Père crée l’univers, c’est par son Verbe, son Fils, et c’est l’Esprit de Vie qui anime ce monde comme Adam et Eve.
Quand le Fils vient sur terre pour nous sauver, c’est par la puissance du Saint Esprit et envoyé par son Père qu’Il s’incarne dans le sein de la Vierge Marie.
Quand l’Esprit Saint vient dans le cœur des Apôtres à la Pentecôte et, pour nous, aux jours de notre Baptême et de notre Confirmation, c’est envoyé par le Père et le Fils, pour nous unir au Père et au Fils, pour aimer le Père comme fils, dans le Fils unique.

Quand un agit, ce sont les trois qui agissent comme un seul et même Dieu.

Tout ce qu’est Dieu en Lui-même, Il le donne en partage. Parce que Dieu est bon, le monde est bon. Parce que Dieu est unique, c’est dans l’unité et la communion, le don de soi, que nous nous réalisons. Parce que Dieu est Trinité, communion des Trois Personnes divines, c’est dans nos différences que peut se réaliser la véritable communion.

La Sainte Famille, prions
pour les familles !
Quel est le signe de la sainte Trinité en ce monde ? C’est l’homme et la femme. Dieu ne crée pas seulement Adam, Il crée Adam et Eve. Et c’est à eux deux, et seulement à eux deux qu’ils sont image et ressemblance de Dieu. Non pas Adam seul ou Eve seule ; non pas l’homme et l’homme ou la femme et la femme ; mais bien l’homme et la femme ensemble. Ils sont deux humains, partageant la même vie, ayant la même dignité. Et pourtant, ils sont si différents par leur constitution physique, leur manière d’être et de penser. En fait, ils sont un parce que complémentaire. L’amour du semblable, du même, l’homosexualité, est une forme de narcissisme qui rejette la différence et qui ne peut donc trouver ni l’unité ni la communion parce qu’il n’y a pas de différence.

Allez acheter un puzzle de 500 pièces identiques à vos enfants, vous verrez comme ils auront du mal à le faire ! c’est parce que nous sommes différents et complémentaires que l’homme et la femme peuvent s’unir et communier, s’enrichir l’un l’autre de leurs talents, de leurs spécificités. C’est bien la famille qui est l’image et la ressemblance de Dieu.

Quand nous disons Dieu est Amour, nous disons Dieu est Trinité et la Trinité est Dieu unique. Pour qu’il y ait amour, il faut quelqu’un qui aime et quelqu’un qui est aimé et de l’amour qui unisse l’aimant et l’aimé. L’amour humain est le signe de la Trinité, de la communion dans la différence qui crée l’unité. Le fruit de l’amour de l’homme et de la femme est l’enfant. Il ne peut en être autrement.

C’est la Providence qui nous offre cette solennité en ce jour où nous sommes appelés à marcher pour la défense de la famille, pour la défense de la spécificité des hommes et des femmes, pour le rôle des familles en ce monde comme pour leur bien. C’est la Providence qui nous offre ces événements aujourd’hui où nous célébrons nos mères – pour ceux qui ont encore la chance d’avoir un père et une mère – et au cœur du mois de Mai, le mois de Marie, notre Mère.

Nous, Chrétiens, avons un rôle à jouer en un monde qui a perdu la tête et le sens du bien, de la réalité. Nous sommes appelés à manifester l’amour de Dieu entre nous et pour tous.
Les époux chrétiens ont reçu un Sacrement spécial qu’ils se sont donnés sous le regard de Dieu pour témoigner de l’amour infini du Père et du Fils et du Saint Esprit dans leurs relations familiales. Les époux, les familles chrétiennes, sont, selon les mots du bienheureux Jean Paul II, la première église avant même la Paroisse.


C’est en famille que s’expérimente le don, le pardon, la communion, la tradition c’est-à-dire la transmission d’un savoir vivre et d’un savoir aimer pour éduquer, c’est-à-dire conduire vers la maturité, vers la capacité de se donner soi-même pour se construire et construire la société.

En niant la réalité familiale et la différence sexuée, on ni l’amour, on nie Dieu, c’est l’autodestruction de l’homme et de la femme, et donc de la société et de ce monde.

Selon les mots de saint Léon le Grand, il nous faut redécouvrir notre dignité pour la faire redécouvrir aux hommes de ce monde. Vous qui êtes des époux chrétiens vous avez une vocation sainte, celle d’apprendre au monde à aimer comme Dieu nous aime.

Chers frères et sœurs, dans la famille des enfants de Dieu, de l’Eglise que nous formons, si nous ne marchons pas, nous sommes cependant appelés à prier. La prière fait des miracles, plus que la marche même.
A Fatima, la Vierge Marie est apparue à trois petits enfants, peut-être parce que eux seuls écoutaient le Ciel. A ces trois enfants, elle demandait de prier le chapelet pour éviter au monde les deux guerres mondiales. C’est trois enfants ont priés et ont fait prier. Mais si peut ont écouté l’appel de Marie ! Et nous savons quelles catastrophes et combien de morts sont issus de ces événements terribles. Nous avons une arme pour échapper aux désastres, c’est le chapelet.

Qu’est-ce que le chapelet face aux puissances de ce monde ? rien, ou si peu, si dérisoire, ces quelques grains de bois, ces quelques Notre-Père et Je vous salue Marie égrainés avec foi.

Pourtant le chapelet est l’arme des chrétiens qui, avec force et conviction, vont marcher et prier pour défendre la famille et les enfants de ce pays et de ce monde. Ce sera dans la paix et la charité, dans la justice et la vérité. Et ce petit rien aux yeux de Dieu sera puissant et confondra la méchanceté qui peut être dans les cœurs. Nous serons des artisans de paix comme saint François, notre saint Patron, car le chrétien répond à la haine et à la violence par son amour et son pardon, fermement vécus dans la justice et en proclamant haut et fort la vérité.

Chers frères et sœurs, tournons nos cœurs vers Dieu notre Père, vers Jésus-Christ notre Seigneur et notre Dieu, Roi véritable de nos cœurs et de notre pays, vers Dieu le Saint Esprit, Seigneur qui donne la vie. Que la sainte Trinité nous aide et nous assiste pour témoigner aux hommes de quel Amour ils sont aimés.
Amen.

abbé Nicolas Van der Maelen+
Paroisse Saint-François
Archidiodèse de Paris 


samedi 25 mai 2013

Solennité de la Très Sainte Trinité, mystère glorieux et insondable de la foi


Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,
au DIEU unique en trois Personnes qui est, qui était et qui vient,
comme Il était au commencement, maintenant et toujours,
et dans les siècles des siècles !

Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice.

Ô mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer jusqu'à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me «revêtir de vous-même», d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m'envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre vie.

Venez en moi comme adorateur, comme réparateur et comme sauveur. Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d'apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière ; ô mon astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

Ô feu consumant, Esprit d'amour, survenez, en moi, afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je lui sois une humanité de surcroît en laquelle il renouvelle tout son mystère

Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, «couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».

Ô mes trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.

Sainte Elisabeth de la Trinité, ocd.
le 21 novembre 1904


Catéchisme de l’Eglise Catholique

« Je crois en Dieu le Père tout-puissant, 
Créateur du Ciel et de la terre »


199      Je crois en Dieu " : cette première affirmation de la profession de foi est aussi la plus fondamentale. Tout le Symbole parle de Dieu, et s’il parle aussi de l’homme et du monde, il le fait par rapport à Dieu. Les articles du Credo dépendent tous du premier, tout comme les commandements explicitent le premier. Les autres articles nous font mieux connaître Dieu tel qu’il s’est révélé progressivement aux hommes. " Les fidèles font d’abord profession de croire en Dieu " (Catech. R. 1, 2, 2).

200      C’est avec ces paroles que commence le Symbole de Nicée-Constantinople. La confession de l’Unicité de Dieu, qui a sa racine dans la Révélation Divine dans l’Ancienne Alliance, est inséparable de celle de l’existence de Dieu et tout aussi fondamentale. Dieu est Unique : il n’y a qu’un seul Dieu : " La foi chrétienne confesse qu’il y a un seul Dieu, par nature, par substance et par essence " (Catech. R. 1, 2, 8).

201      A Israël, son élu, Dieu S’est révélé comme l’Unique : " Écoute, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est le Seigneur Un. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force " (Dt 6, 4-5). Par les prophètes, Dieu appelle Israël et toutes les nations à se tourner vers Lui, l’Unique : " Tournez-vous vers Moi et vous serez sauvés, tous les confins de la terre, car Je suis Dieu, il n’y en a pas d’autre (...). Oui, devant Moi tout genou fléchira, par Moi jurera toute langue en disant : en Dieu seul sont la justice et la force " (Is 45, 22-24 ; cf. Ph 2, 10-11).

202      Jésus Lui-même confirme que Dieu est " l’unique Seigneur " et qu’il faut L’aimer " de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit et de toutes ses forces " (cf. Mc 12, 29-30). Il laisse en même temps entendre qu’Il est Lui-même " le Seigneur " (cf. Mc 12, 35-37). Confesser que " Jésus est Seigneur " est le propre de la foi chrétienne. Cela n’est pas contraire à la foi en Dieu l’Unique. Croire en l’Esprit Saint " qui est Seigneur et qui donne la Vie " n’introduit aucune division dans le Dieu unique :
Nous croyons fermement et nous affirmons simplement, qu’il y a un seul vrai Dieu, immense et immuable, incompréhensible, Tout-Puissant et ineffable, Père et Fils et Saint Esprit : Trois Personnes, mais une Essence, une Substance ou Nature absolument simple (Cc. Latran IV).


Enluminure de la TS Trinité, De proprietatibus rerum, par Bathélemy l'anglais, XVe.
Parce que Dieu est unique, le Père, le Fils et l'Esprit Saint siège sur le même trône et est couronné de la même tiare.
"Qui me voit, voit le Père", dit le Seigneur Jésus. Le Père et le Fils se regardent donc en se renvoyant l'un à l'autre l'honneur, la gloire et la puissance. Et parce que l'Esprit Saint est l'Amour du Père et du Fils, Il est comme leur cœur.
Le Père et le Fils touchent le livre des saintes Ecritures et l'Esprit Saint repose sur lui car ce n'est que par révélation divine que nous pouvons entrer dans ce mystère insondable.  

dimanche 19 mai 2013

Solennité de la Pentecôte - Que l'Esprit Saint renouvelle nos cœurs et la face de la terre

Enluminure d'un livre d'Heures, la Pentecôte

Des Actes des Apôtres (Ac 2)

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux. Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.


Aujourd’hui, l’Eglise célèbre dans la joie la venue du Paraclet, la troisième Personne de la Trinité.

L’Esprit Saint vient sous la forme de langues de feu remplir le cœur et les âmes des disciples pour en faire des Apôtres véritables, les envoyés et les témoins du Christ Jésus par toute la terre.

Dans l’action de grâces, recevons le Don de Dieu, l’Amour du Père et du Fils qui nous recrée, nous pardonne, fait de nous des fils adoptifs et de véritables chrétiens.


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Science et pratique du Chrétien »

Oraison au Saint-Esprit

O Saint Esprit, mon Dieu, que Jésus a envoyé du Ciel et que les Anges désirent de considérer dans les manières dont vous agissez dans toute l’Eglise et dans tous les Saints, qui sont des spectacles bien dignes de ces sublimes et glorieux Esprits ; vous êtes l’âme de notre âme, comme parle votre fidèle serviteur saint Augustin, aidez notre faiblesse et faites nous demander, selon vous et par vous avec ces gémissements ineffables que vous inspirez, le pur amour de Jésus.

Faites nous demander l’entier établissement de ce pur amour par l’avènement de son règne. Ah, vous qui dites, et aussi votre Eglise, à l’aimable Jésus : « Venez » ; vous qui voulez que celui qui l’entend dise aussi : « Venez » ; mettez toujours dans notre cœur ce désir ardent de la venue de notre adorable Rédempteur. Que nous célébrions avec allégresse la venue de ce Roi notre Seigneur. Que la mer en soit émue avec tout ce qu’elle renferme, la terre et tous ceux qui y habitent. Que les Fleuves en témoignent leur applaudissement, et que les montagnes en tressaillent de joie en sa présence.
Amen. Venez, Seigneur Jésus.

Les Anges adorent Dieu le Saint Esprit. Mosaïque de la Basilique de la Transfiguration
du Mont Thabor, chapelle latérale Nord.


Du Catéchisme de l’Eglise Catholique,

‘‘Je crois en l’Esprit Saint’’

688                 L’Église, communion vivante dans la foi des apôtres qu’elle transmet, est le lieu de notre connaissance de l’Esprit Saint :

– dans les Écritures qu’Il a inspirées ;
– dans la Tradition, dont les Pères de l’Église sont les témoins toujours actuels ;
– dans le Magistère de l’Église qu’Il assiste ;
– dans la liturgie sacramentelle, à travers ses paroles et ses symboles, où l’Esprit Saint nous met en communion avec le Christ ;
– dans la prière dans laquelle Il intercède pour nous ;
– dans les charismes et les ministères par lesquels l’Église est édifiée ;
– dans les signes de vie apostolique et missionnaire ;
– dans le témoignage des saints où Il manifeste sa sainteté et continue l’œuvre du salut.

731                  Le jour de la Pentecôte (au terme des sept semaines Pascales), la Pâque du Christ s’accomplit dans l’effusion de l’Esprit Saint qui est manifesté, donné et communiqué comme Personne divine : de sa Plénitude, le Christ, Seigneur, répand à profusion l’Esprit.

732                  En ce jour la Trinité Sainte est pleinement révélée. Depuis ce jour, le Royaume annoncé par le Christ est ouvert à ceux qui croient en Lui : dans l’humilité de la chair et dans la foi, ils participent déjà à la communion de la Trinité Sainte. Par sa venue, et elle ne cesse pas, l’Esprit Saint fait entrer le monde dans les " derniers temps ", le temps de l’Église, le Royaume déjà hérité, mais pas encore consommé :

Nous avons vu la vraie Lumière, nous avons reçu l’Esprit céleste, nous avons trouvé la vraie foi : nous adorons la Trinité indivisible car c’est elle qui nous a sauvés " (Liturgie byzantine, Tropaire des vêpres de Pentecôte ; il est repris dans les liturgies eucharistiques après la communion).

737                 La mission du Christ et de l’Esprit Saint s’accomplit dans l’Église, Corps du Christ et Temple de l’Esprit Saint. Cette mission conjointe associe désormais les fidèles du Christ à sa communion avec le Père dans l’Esprit Saint : L’Esprit prépare les hommes, les prévient par sa grâce, pour les attirer vers le Christ. Il leur manifeste le Seigneur ressuscité, Il leur rappelle sa parole et leur ouvre l’esprit à l’intelligence de sa Mort et de sa Résurrection. Il leur rend présent le mystère du Christ, éminemment dans l’Eucharistie, afin de les réconcilier, de les mettre en communion avec Dieu, afin de leur faire porter " beaucoup de fruit " (Jn 15, 5. 8. 16).

738                 Ainsi la mission de l’Église ne s’ajoute pas à celle du Christ et de l’Esprit Saint, mais elle en est le sacrement : par tout son être et dans tous ses membres elle est envoyée pour annoncer et témoigner, actualiser et répandre le mystère de la communion de la Sainte Trinité :
                          
" Nous tous qui avons reçu l’unique et même esprit, à savoir, l’Esprit Saint, nous nous sommes fondus entre nous et avec Dieu. Car bien que nous soyons nombreux séparément et que le Christ fasse que l’Esprit du Père et le sien habite en chacun de nous, cet Esprit unique et indivisible ramène par lui-même à l’unité ceux qui sont distincts entre eux (...) et fait que tous apparaissent comme une seule chose en lui-même. Et de même que la puissance de la sainte humanité du Christ fait que tous ceux-là en qui elle se trouve forment un seul corps, je pense que de la même manière l’Esprit de Dieu qui habite en tous, unique et indivisible, les ramène tous à l’unité spirituelle " (S. Cyrille d’Alexandrie).

739                 Parce que l’Esprit Saint est l’Onction du Christ, c’est le Christ, la Tête du Corps, qui le répand dans ses membres pour les nourrir, les guérir, les organiser dans leurs fonctions mutuelles, les vivifier, les envoyer témoigner, les associer à son offrande au Père et à son intercession pour le monde entier. C’est par les sacrements de l’Église que le Christ communique aux membres de son Corps son Esprit Saint et Sanctificateur.

740                Ces " merveilles de Dieu ", offertes aux croyants dans les sacrements de l’Église, portent leurs fruits dans la vie nouvelle, dans le Christ, selon.

741                 L’Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons que demander pour prier comme il faut ; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables " (Rm 8, 26). L’Esprit Saint, artisan des œuvres de Dieu, est le Maître de la prière.




lundi 13 mai 2013

13 mai - Notre Dame de Fatima

Notre Dame de Fatima, invoquée sous le vocable de "Notre-Dame du saint Rosaire".
En ce beau mois de mai, prions le chapelet avec ferveur pour obtenir de nombreuses grâces à l'Eglise,
notre pays, le monde, les pécheurs et nos chers défunts.

Au printemps 1916, alors que la première guerre mondiale sévissait, c'est au lieu-dit la Loca du Cabeco, qu'un ange est apparu à trois petits bergers.


Bienheureuse Jacintha Marto
Bienheureux Francisco Marto














Lucie de Santos, alors âgée de 10 ans était accompagnée de ses deux cousins Jacinthe (7 ans) et François Marto (10 ans), tous trois issus d'une famille paysanne misérable. Les petits bergers eurent par 3 fois la vision d'un ange de la paix qui avait pour mission de les préparer à la venue de la Vierge Marie.


Sœur Lucie, ocd, retournée à Dieu le 14 février 2005.
Elle vit maintenant auprès de Celui et Celle qu'elle a aimé. Sa joie, nul ne la ravira.

A chaque apparition, l'ange invitait les enfants à prier et les accompagnait dans leur recueillement. Durant l'été, l'ange se manifesta une seconde fois auprès des enfants qui jouaient et les exhorta à prier :

" Offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des Sacrifices.

Mon Dieu,
je crois, j'adore, j'espère et je Vous aime!
Je Vous demande pardon pour ceux
qui ne croient pas,
qui n'adorent pas,
qui n'espèrent pas,
qui ne Vous aiment pas.

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit,
je Vous adore profondément,
et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité
de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre,
en réparation des outrages,
sacrilèges et indifférences
par lesquels il est lui-même offensé.
Par les mérites infinis de son Très saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie,
je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. "



Il se présenta alors comme étant l'ange gardien du Portugal. A sa dernière apparition, en automne 1916, l'Ange céleste donna l'hostie à Lucie et fit boire le contenu du calice à Jacinthe et François en disant :

"Prenez et buvez le corps et le sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats, réparez leurs crimes et consolez votre Dieu"

François disait :
– J'aime beaucoup voir l'Ange, mais le pire c'est que, après, nous sommes incapables de faire quoi que ce soit. Je ne pouvais même plus marcher, je ne sais pas ce que j'avais.
« Après quelques jours, confie Lucie, et lorsque nous eûmes retrouvé notre état normal, François me demanda :
– L'Ange t'a donné, à toi, la sainte Communion, mais à moi et à Jacinthe, qu'est-ce qu'il a donné ?
« Et Jacinthe aussitôt, débordant d'une joie qu'elle ne pouvait contenir, lui répondit :
– Mais c'est aussi la sainte Communion ! Tu n'as donc pas vu que c'était le Sang qui tombait de l'Hostie ?
« Alors François, comme s'éveillant d'un rêve, lui dit :
– Je sentais que Dieu était en moi, mais je ne savais pas comment cela s'était fait.
« Et se prosternant à terre, avec sa petite sœur, il demeura très longtemps à répéter la prière de l'Ange : “ Très Sainte Trinité... ” »