dimanche 31 mars 2013

Saintes fêtes de Pâques !

Le Christ est ressuscité !
Il est vraiment ressuscité !

 
En ce beau Dimanche, l’Eglise tout entière célèbre la victoire du Crucifié sur le péché et la mort, sur le démon qui nous retenait en son pouvoir. 

Le Ciel, jadis fermé, est maintenant ouvert. 

En cette sainte solennité pascale, en cette Année de la Foi, entrons dans la joie des Anges et des Saints.

A tous nos lecteurs,

saintes et heureuses
 
fêtes de Pâques





Extrait de l’Homélie de l’Évêque Méliton de Sardes sur la Pâque

Bien des choses ont été annoncées par de nombreux prophètes en vue du mystère de Pâques qui est le Christ : à lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

C'est lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l'homme qui souffre ; il a revêtu cette nature dans le sein de la Vierge et, quand il en est sorti, il était devenu homme ; il a pris sur lui les souffrances de l'homme qui souffre, avec un corps capable de souffrir, et il a détruit les souffrances de la chair ; par l'esprit incapable de mourir, il a tué la mort homicide.
 
Andrea da Firenze, la descente du Christ dans les enfers pour  les libérer
du pouvoir du démon
 
Conduit comme un agneau et immolé comme une brebis, il nous a délivrés de l'idolâtrie du monde comme de la terre d'Egypte ; il nous a libérés de l'esclavage du démon comme de la puissance de Pharaon ; il a marqué nos âmes de son propre Esprit, et de son sang les membres de notre corps.

C'est lui qui a plongé la mort dans la honte et qui a mis le démon dans le deuil, comme Moïse a vaincu Pharaon. C'est lui qui a frappé le péché et a condamné l'injustice à la stérilité, comme Moïse a condamné l'Egypte.

Enluminure.
Sacramentaire Saint-Géréon
C'est lui qui nous a fait passer de l'esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C'est lui qui est la Pâque de notre salut.

C'est lui qui endura bien des épreuves en un grand nombre de personnages qui le préfiguraient: en Abel il a été tué ; en Isaac il a été lié sur le bois ; en Jacob il a été exilé ; en Joseph il a été vendu ; en Moïse il a été exposé à la mort ; dans l'agneau il a été égorgé ; en David il a été en butte aux persécutions ; dans les prophètes il a été méprisé.

C'est lui qui s'est incarné dans une vierge, a été suspendu au bois, enseveli dans la terre, ressuscité d'entre les morts, élevé dans les hauteurs des cieux.

C'est lui, l'agneau muet ; c'est lui, l'agneau égorgé ; c'est lui qui est né de Marie, la brebis sans tache ; c'est lui qui a été pris du troupeau, traîné à la boucherie, immolé sur le soir, mis au tombeau vers la nuit. Sur le bois, ses os n'ont pas été brisés ; dans la terre, il n'a pas connu la corruption ; il est ressuscité d'entre les morts et il a ressuscité l'humanité gisant au fond du tombeau.

 
Gravure des cloches de Pâques revenant de Rome. Grandville.


Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre CXLVIII,
à M. Bosguerard

Chapelle de la Résurrection (Anastasis
en grec). Basilique du Saint Sépulcre
de Jérusalem.
(…) Le Chrétien ne doit avoir aucune part au monde dont le diable est prince : il faut donc qu’il y meure avec son bon Maître, sachant que s’il porte la ressemblance de sa mort, il lui ressemblera en la résurrection.

Le vieil homme a été crucifié par la croix de l’adorable Jésus, afin que le corps du péché soit détruit (Rom. 6,6), et que la vie divine soit établie en nos âmes.

Toute notre vie doit donc être une mort continuelle. Tous nos désirs, nos desseins, nos soins, nos occupations doivent tendre à la mort. Notre grande affaire est de mourir ; mourir à nos passions, à nos inclinations, à nos humeurs ; mourir aux plaisirs des sens, aux consolations de l’esprit, aux mouvements de volonté ; mourir à ses pensées, à son jugement, à ses lumières ; mourir à l’estime des créatures, à leur amitié, à la réputation, à l’honneur, à toutes les maximes du monde, à tout respect humain ; mourir à toute recherche propre, à toute satisfaction, à l’amour de soi-même, à tout propre désir, dans toutes les choses les plus spirituelles et les plus saintes, par un anéantissement de la propre volonté, par un abandon sans réserve à la volonté divine ; pour être tout ce qui lui plaira, pour être rien de ce qui ne lui plaira pas ; pour tout faire, tout souffrir, tout quitter selon la disposition de son amoureuse providence ; pour ne rien faire quand elle ne le demandera pas de nous, et ne souffrir qu’autant qu’elle le voudra. Oh ! les grandes et saintes paroles : Nous sommes des morts (Col 3,3).

Oh ! quand sera-ce qu’étant remplis de la science de la mort, nous n’aimerons qu’à mourir, mourir à tout, et mourir continuellement ?

Je salue votre saint Ange, tous les Anges et patrons de la ville et du Diocèse d’Evreux.



Les œufs de Pâques sont le signe de la vie que rien ne peut enfermer.
Comme une coquille vide, le tombeau ne peut garder le Seigneur de gloire,
Jésus-Christ. La couleur rouge des œufs de Pâques russes est à la fois le signe de la Passion douloureuse et de la royauté glorieuse du Christ.
 



samedi 30 mars 2013

Homélie du pseudo-Epiphane de Salamine pour le grand et saint Samedi

Le Guerchin, Jésus, mort, pleuré par les Anges.

 Que se passe-t-il ?
 
Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille.
 
La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’Il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis les origines.
 
Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s'est mis à trembler. C'est le premier homme,  Adam, notre premier Père, qu'il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort.
 
Pourquoi le Christ est-il "descendu aux enfers" avant Sa résurrection ?
Il va délivrer de leur prison et de leurs peines Adam et Ève, captive elle-aussi, lui qui est à la fois Dieu et fils d’Ève. Descendons avec lui pour voir l’alliance entre Dieu et les hommes.

Là se trouve Adam, le premier père et, comme premier créé, enterré plus profondément que tous les condamnés.
 
Palerme, mosaïques du XIIe siècle, chapelle Palatine.
Le péché originel. Adam et Eve quittent le Paradis terrestre
Là se trouve Abel, le premier mort, et comme premier pasteur juste, figure du meurtre injuste du Christ pasteur.
 
Là se trouve Noé, figure du Christ, le constructeur de la grande arche de Dieu, l’Église.
Là se trouve Abraham, le père du Christ, le sacrificateur qui offrit à Dieu par le glaive et sans le glaive un sacrifice mortel sans mort.
 
Là demeure Moïse, dans les ténèbres inférieures, lui qui jadis a séjourné dans les ténèbres supérieures de l’arche de Dieu.
 
Là se trouve Daniel, dans la fosse de l’enfer, lui qui jadis a séjourné sur la terre, dans la fosse aux lions.

Jonas dévoré par le monstre marin.
Détail des portes de bronze
de la Basilique de l'Annonciation,
Nazareth.
Là se trouve Jérémie, dans la fosse de boue, dans le trou de l’enfer, dans la fosse de la mort.
 


Là se trouve Jonas dans le monstre capable de contenir le monde, c’est-à-dire dans l’enfer en signe du Christ éternel.
 
Et, parmi les prophètes, il en est un qui s’écrie : « du ventre de l’enfer, entends ma supplication, écoute mon cri ! » et un autre « des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, entends ma voix » - Et un autre encore : « Fais rayonner ton visage, et nous serons sauvés ! »…
 
Mais, comme par son avènement, le Seigneur voulait pénétrer dans les lieux les plus inférieurs, Adam en tant que premier père et que premier créé de tous les hommes et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres, et avec le plus grand soin, il entendit le premier le bruit des pas du Seigneur qui venait vers les prisonniers.
 
Et il reconnut la voix de celui qui cheminait dans la prison et s’adressant à tous ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla ainsi : « J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous ! » Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra tenant les armes victorieuses de la croix. Et lorsque le premier père Adam le vit, plein de stupeur il se frappa la poitrine et cria aux autres : « Mon Seigneur soit avec vous tous ! » Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit ». Et lui ayant saisi la main, il lui dit : « Tiens-toi debout, toi qui dormais, lève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera. »
 
Antonello da Messina
Ecce Homo
Je suis ton Dieu et, à cause de toi, je suis devenu ton fils.
Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer.
Surgis d’entre les morts, je suis la Vie des morts.
Lève-toi, toi, l’œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image.
Lève-toi et partons d’ici car tu es en moi et je suis en toi, nous formons tous deux une personne unique et indivisible.
 
À cause de toi, moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils ; à cause de toi, moi le Seigneur, j’ai pris la forme d’esclave ; à cause de toi, moi qui demeure au-dessus des cieux, je suis descendu sur la terre, et sous la terre.
 
Pour toi, homme, je me suis fait comme un homme sans protection, livré aux juifs dans le jardin et j’ai été crucifié dans le jardin.
 
Regarde sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour toi, afin de te replacer dans l’antique paradis.
Regarde sur mes joues la trace des soufflets que j’ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite.
Regarde sur mon dos la trace de la flagellation que j’ai reçue afin de te décharger du fardeau de tes péchés, qui avait été imposé sur ton dos.
Regarde mes mains qui ont été solidement clouées au bois à cause de toi qui autrefois as mal étendu tes mains vers le bois…
 
Je me suis endormi sur la croix et la lance a percé mon côté à cause de toi qui t’es endormi au paradis et as fait sortir Ève de ton côté. Ma douleur a guéri la douleur de ton côté. Et mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer.

Descente aux enfers. Le Christ libère les âmes de nos frères
défunts et ouvre les portes du Paradis.
Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle.
 
Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel. L'ennemi t'a fait sortir de la terre du paradis ; moi je ne t'installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste. Je t'ai écarté de l'arbre symbolique de la vie ; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu'un avec toi.
 
Mon Père céleste attend la brebis perdue.
 
J'ai posté les Chérubins pour qu'ils te gardent comme un serviteur ; je fais maintenant que les chérubins t'adorent comme un Dieu. Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le Royaume des cieux qui existait avant tous les siècles est prêt de toute éternité

Ascension, du Correggio



samedi 23 mars 2013

Dimanche des Rameaux et de la Passion ; entrons dans la Semaine Sainte

Les Rameaux, l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.
Lorenzotti Pietro
Du prophète Zacharie 
Exulte avec force, fille de Sion ! Crie de joie, fille de Jérusalem ! Voici que ton roi vient à toi : il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse.

De l'Evangile selon saint Jean 
Jésus, trouvant un petit âne, s'assit dessus selon qu'il est écrit : Sois sans crainte, fille de Sion : voici que ton roi vient, monté sur un petit d'ânesse.
Cela, ses disciples ne le comprirent pas tout d'abord ; mais quand Jésus eut été glorifié, alors ils se souvinrent que cela était écrit de lui et que c'était ce qu'on lui avait fait.

De l'Evangile selon saint Matthieu 
Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem et qu'ils furent arrivés à Bethphagé, vers le mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples en leur disant : «Allez au village qui est devant vous ; vous y trouverez tout de suite une ânesse attachée et un ânon avec elle ; détachez-les et amenez-les-moi. Si quelqu'un vous dit quelque chose, vous répondrez : 'Le Seigneur en a besoin.' Et à l'instant il les laissera aller.»
 
Or tout ceci arriva afin que s'accomplisse ce que le prophète avait annoncé : Dites à la fille de Sion : 'Voici ton roi qui vient à toi, plein de douceur et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse.'
 
Les disciples allèrent faire ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l'ânesse et l'ânon, mirent leurs vêtements sur eux, et Jésus s'assit dessus. Une grande foule de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d'autres coupèrent des branches aux arbres et en jonchèrent la route. Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : «Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna dans les lieux très hauts !»
Lorsqu'il entra dans Jérusalem, toute la ville fut troublée. On disait : «Qui est cet homme ?» La foule répondait : «C'est Jésus, le prophète de Nazareth en Galilée.»

 
Ecce Homo, d'Abraham Bloemaert

Impropères
 
Mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je offensé ? Réponds-moi !
Ô Dieu Saint, ô Dieu Saint et Fort, ô Dieu Saint, Dieu Fort, Immortel, prends pitié de nous.
 
Mon peuple que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je offensé ?
De l'esclavage d'Égypte moi je t'ai tiré, mais toi, tu prépares une croix pour ton Rédempteur.
Mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je offensé ? Réponds-moi !
Ô Dieu Saint, ô Dieu Saint et Fort, ô Dieu Saint, Dieu Fort, Immortel, prends pitié de nous.
 
Quarante ans je t'ai conduit à travers le désert, je t'ai nourri de la manne, et je t'ai fait entrer dans la terre Promise, mais toi, tu prépares une croix pour ton Rédempteur.
Mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je offensé ? Réponds-moi !
Ô Dieu Saint, ô Dieu Saint et Fort, ô Dieu Saint, Dieu Fort, Immortel, prends pitié de nous.
 
Qu'aurais-je dû faire pour toi que je n'ai fait ? Je t'ai planté moi-même comme une vigne choisie, mais toi, tu m'as nourri d'amertume.
J'avais soif, tu m'as abreuvé de vinaigre et d'une lance tu as percé le cœur de ton Sauveur.
Ô Dieu Saint, ô Dieu Saint et Fort, ô Dieu Saint, Dieu Fort, Immortel, prends pitié de nous.
 
Moi, pour toi j'ai frappé l'Egypte, mais toi, tu m'as flagellé et tu m'as livré à la mort.
Je t'ai fait sortir d'Egypte, j'ai englouti Pharaon, mais toi, tu m'as livré aux grands prêtres.
Ô Dieu Saint, ô Dieu Saint et Fort, ô Dieu Saint, Dieu Fort, Immortel, prends pitié de nous.
 
Je t'ai ouvert un passage dans la mer, mais toi, tu m'as ouvert le côté avec une lance.
J'ai marché devant toi dans une colonne de nuée, mais toi, tu m'as conduit devant Pilate.
Mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je offensé ? Réponds-moi !
Ô Dieu Saint, ô Dieu Saint et Fort, ô Dieu Saint, Dieu Fort, Immortel, prends pitié de nous.
 
Quand tu étais dans le désert, je t'ai nourri de la manne, mais toi, tu m'as frappé au visage et flagellé.
J'ai fait jaillir l'eau du rocher et je t'ai sauvé, mais toi, tu m'abreuves de fiel et de vinaigre.
Mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je offensé ? Réponds-moi !
Ô Dieu Saint, ô Dieu Saint et Fort, ô Dieu Saint, Dieu Fort, Immortel, prends pitié de nous.
 
Moi, pour toi j'ai frappé les Rois de Canaan, mais toi, tu m'as frappé d'un roseau.
Moi, par ma toute puissance, je t'ai élevé, exalté, mais toi, tu m'as élevé et cloué sur le bois de la Croix.
Ô Dieu Saint, ô Dieu Saint et Fort, ô Dieu Saint, Dieu Fort, Immortel, prends pitié de nous.
 
Le Titien. Jésus portant la Croix.

vendredi 22 mars 2013

Prions pour notre Pape François

Le Pape François Ier à Sainte-Marie Majeure priant devant son illustre prédécesseur le Pape saint Pie V.

 Alors que le Christ vient de donner un nouveau Pape à son Eglise en la personne de Notre Saint Père François Ier, demandons à Dieu de nous inspirer de vifs sentiments de foi, d’obéissance et d’amour envers ce nouveau Successeur de saint Pierre, Prince des Apôtres.

C’est à Pierre que le Christ confia les clefs du Royaume des cieux et de mener paître le troupeau de l’Eglise jusqu’au Ciel. Qui écoute Pierre et ses successeurs, écoute le Christ et obéit au Père, comme le Seigneur nous l’enseigne : Qui vous écoute, m’écoute. Qui vous rejette me rejette et rejette Celui qui m’a envoyé.

Demandons à l’Esprit de Sainteté de combler nos cœurs d’affection filiale envers notre Pape, comme Monsieur Boudon et tous les saints se sont mis à l’école du « doux Christ en Terre » (sainte Catherine de Sienne).
 
Vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu en la personne du Révérend Père Jean-Joseph Seurin, de la Compagnie de Jésus » ; Protestation de l’Auteur
 
Comme je veux de tout mon cœur rendre mon obéissance toute ma vie au chef visible de l’Eglise, le Souverain Pontife, le vicaire général du Fils de Dieu, et le Successeur de saint Pierre …
 
Lettre CXCV, à M. de Bosguérard, à propos des Curés qui ont peine à obéir aux décrets pontificaux 
 
(…) Ma petite pensée est qu’il fait bon d’obéir au Pape. Je ne puis dire, ni vouloir, autre chose ; car en vérité, j’estime même comme une grâce inestimable, le dessein qu’il plaît à Notre Seigneur et à sa très Sainte Mère me donner une entière soumission au Saint Siège. Cela ne détruit point la charge de curé, de reconnaître le Souverain Pontife encore plus Curé de sa paroisse qu’on ne l’est soi-même. Il lui a été dit sans réserve : Sois le bergers de mes brebis (Jean XXI,17), et non seulement d’une province ou d’un royaume, mais de tout le monde, et partout il peut déléguer. Il ne vous ôte pas pour cela votre pouvoir, qui vous reste tout entier.
 
Constitution dogmatique Lumen Gentium n.22 
 
De même que saint Pierre et les autres apôtres constituent, de par l'institution du Seigneur, un seul collège apostolique, semblablement le Pontife romain, successeur de Pierre et les évêques successeurs des apôtres, forment entre eux un tout.
 
(…) Mais le collège ou corps épiscopal n'a d'autorité que si on l'entend comme uni au Pontife romain a sur l'Eglise, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l'Eglise, un pouvoir plénier, suprême et universel qu'il peut toujours exercer librement. L'Ordre des évêques qui succède au collège apostolique dans le magistère et le gouvernement pastoral, bien mieux dans lequel se perpétue le corps apostolique, constitue, lui aussi, en union avec le Pontife romain, son chef, et jamais en dehors de ce chef, le sujet d'un pouvoir suprême et plénier sur toute l'Eglise, pouvoir cependant qui ne peut s'exercer qu'avec le consentement du Pontife romain.
 
Le Seigneur a fait du seul Simon la pierre de son Eglise, à lui seul il en a remis les clés (cf. Mt 16,18-19) ; il l'a institué pasteur de tout son troupeau (cf. Jn 21,15 s.), mais cette charge de lier et de délier qui a été donnée à Pierre (Mt 16,19) a été aussi donnée, sans aucun doute, au collège des apôtres unis à leur chef (Mt 18,18; 28,16-20).
 
L'Eglise belle comme une armée en ordre
de bataille. Le Sacré Collège des Cardinaux, les
Evêques et les Prêtres, représentants du
Seigneur Jésus-Christ.
Par sa composition multiple, ce collège exprime, par son rassemblement sous un seul chef, l'unité du troupeau du Christ. Dans ce collège, les évêques fidèles à observer le primat et l'autorité de leur chef jouissent d'un pouvoir propre, pour le bien de leurs fidèles et même de toute l'Eglise, dont l'Esprit-Saint assure par l'action continue de sa force la structure organique et la concorde.
 
(…) Le pouvoir collégial (des évêques) peut être exercé en union avec le pape par les évêques résidant sur la surface de la terre, pourvu que le chef du collège les appelle à agir collégialement ou du moins qu'il donne à cette action commune des évêques dispersés son approbation ou sa libre acceptation pour en faire un véritable acte collégial.
 
 
 

mardi 19 mars 2013

19 mars - Solennité de la saint Joseph et Messe d'inauguration du pontificat de Sa Sainteté le Pape François Ier


Saint Joseph. Epoux de la Vierge Marie, protecteur et gardien de l'Enfant Jésus, de la Sainte Famille et de l'Eglise universelle. Priez pour nous !

MESSE SOLENNELLE
D'INAUGURATION DU PONTIFICAT
DU PAPE FRANÇOIS Ier

Place Saint-Pierre
Mardi 19 mars 2013
Solennité de saint Joseph


Chers frères et soeurs ; 

Songe de Joseph. Vitrail de la crypte de
l'église de la maison de saint Joseph
et de Notre Dame. Nazareth.
(...) Comment Joseph exerce-t-il cette garde ? Avec discrétion, avec humilité, dans le silence, mais par une présence constante et une fidélité totale, même quand il ne comprend pas. Depuis son mariage avec Marie jusqu’à l’épisode de Jésus, enfant de douze ans, dans le Temple de Jérusalem, il accompagne chaque moment avec prévenance et avec amour. Il est auprès de Marie son épouse dans les moments sereins et dans les moments difficiles de la vie, dans le voyage à Bethléem pour le recensement et dans les heures d’anxiété et de joie de l’enfantement ; au moment dramatique de la fuite en Égypte et dans la recherche inquiète du fils au Temple ; et ensuite dans le quotidien de la maison de Nazareth, dans l’atelier où il a enseigné le métier à Jésus.

Comment Joseph vit-il sa vocation de gardien de Marie, de Jésus, de l’Église ? Dans la constante attention à Dieu, ouvert à ses signes, disponible à son projet, non pas tant au sien propre ; et c’est cela que Dieu demande à David, comme nous l’avons entendu dans la première Lecture : Dieu ne désire pas une maison construite par l’homme, mais il désire la fidélité à sa Parole, à son dessein ; c’est Dieu lui-même qui construit la maison, mais de pierres vivantes marquées de son Esprit. Et Joseph est « gardien », parce qu’il sait écouter Dieu, il se laisse guider par sa volonté, et justement pour cela il est encore plus sensible aux personnes qui lui sont confiées, il sait lire avec réalisme les évènements  il est attentif à ce qui l’entoure, et il sait prendre les décisions les plus sages. En lui, chers amis, nous voyons comment on répond à la vocation de Dieu, avec disponibilité, avec promptitude, mais nous voyons aussi quel est le centre de la vocation chrétienne : le Christ ! Nous gardons le Christ dans notre vie, pour garder les autres, pour garder la création !

Bethléem, Basilique de la Nativité.
Vitrail de la Sainte Famille et de l'adoration
des Mages.
La vocation de garder, cependant, ne nous concerne pas seulement nous les chrétiens, elle a une dimension qui précède et qui est simplement humaine, elle concerne tout le monde. C’est le fait de garder la création tout entière, la beauté de la création, comme il nous est dit dans le Livre de la Genèse et comme nous l’a montré saint François d’Assise : c’est le fait d’avoir du respect pour toute créature de Dieu et pour l’environnement dans lequel nous vivons. C’est le fait de garder les gens, d’avoir soin de tous, de chaque personne, avec amour, spécialement des enfants, des personnes âgées, de celles qui sont plus fragiles et qui souvent sont dans la périphérie de notre cœur. C’est d’avoir soin l’un de l’autre dans la famille : les époux se gardent réciproquement, puis comme parents ils prennent soin des enfants et avec le temps aussi les enfants deviennent gardiens des parents. C’est le fait de vivre avec sincérité les amitiés, qui sont une garde réciproque dans la confiance, dans le respect et dans le bien. Au fond, tout est confié à la garde de l’homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. Soyez des gardiens des dons de Dieu !

Massacre des Saints Innocents. Détail.
Et quand l’homme manque à cette responsabilité, quand nous ne prenons pas soin de la création et des frères, alors la destruction trouve une place et le cœur s’endurcit. À chaque époque de l’histoire, malheureusement, il y a des «Hérode» qui trament des desseins de mort, détruisent et défigurent le visage de l’homme et de la femme.

Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : nous sommes « gardiens » de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde ! Mais pour « garder » nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes ! Rappelons-nous que la haine, l’envie, l’orgueil souillent la vie ! Garder veut dire alors veiller sur nos sentiments, sur notre cœur, parce que c’est de là que sortent les intentions bonnes et mauvaises : celles qui construisent et celles qui détruisent ! Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse !

La fuite en Egypte.
Détail de la porte de bronze de la Basilique de
l'Annonciation. Nazareth.
Et ici j’ajoute alors une remarque supplémentaire : le fait de prendre soin, de garder, demande bonté, demande d’être vécu avec tendresse. Dans les Évangiles, saint Joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son âme émerge une grande tendresse, qui n’est pas la vertu du faible, mais au contraire, dénote une force d’âme et une capacité d’attention, de compassion, de vraie ouverture à l’autre, d’amour. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse !

Aujourd’hui, en même temps que la fête de saint Joseph, nous célébrons l’inauguration du ministère du nouvel Évêque de Rome, Successeur de Pierre, qui comporte aussi un pouvoir. Certes, Jésus Christ a donné un pouvoir à Pierre, mais de quel pouvoir s’agit-il ? À la triple question de Jésus à Pierre sur l’amour, suit une triple invitation : sois le pasteur de mes agneaux, sois le pasteur de mes brebis. N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service et que le Pape aussi pour exercer le pouvoir doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la Croix ; il doit regarder vers le service humble, concret, riche de foi, de saint Joseph et comme lui, ouvrir les bras pour garder tout le Peuple de Dieu et accueillir avec affection et tendresse l’humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles, les plus petits, ceux que Matthieu décrit dans le jugement final sur la charité : celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison (cf. Mt 25, 31-46). Seul celui qui sert avec amour sait garder !

Songe de saint Joseph. Icône contemporaine.

Dans la deuxième Lecture, saint Paul parle d’Abraham, qui « espérant contre toute espérance, a cru » (Rm 4, 18). Espérant contre toute espérance ! Aujourd’hui encore devant tant de traits de ciel gris, nous avons besoin de voir la lumière de l’espérance et de donner nous-mêmes espérance. Garder la création, tout homme et toute femme, avec un regard de tendresse et d’amour, c’est ouvrir l’horizon de l’espérance, c’est ouvrir une trouée de lumière au milieu de tant de nuages, c’est porter la chaleur de l’espérance ! Et pour le croyant, pour nous chrétiens, comme Abraham, comme saint Joseph, l’espérance que nous portons a l’horizon de Dieu qui nous a été ouvert dans le Christ, est fondée sur le rocher qui est Dieu.

Garder Jésus et Marie, garder la création tout entière, garder chaque personne, spécialement la plus pauvre, nous garder nous-mêmes : voici un service que l’Évêque de Rome est appelé à accomplir, mais auquel nous sommes tous appelés pour faire resplendir l’étoile de l’espérance : gardons avec amour ce que Dieu nous a donné !

Je demande l’intercession de la Vierge Marie, de saint Joseph, des saints Pierre et Paul, de saint François, afin que l’Esprit Saint accompagne mon ministère et je vous dis à tous : priez pour moi ! Amen. 

Charles Le Brun. Nativité du Seigneur et adoration des bergers.

dimanche 17 mars 2013

5e Dimanche de Carême


 Audience au Sacré Collège des Cardinaux

Salle Clémentine
Vendredi 15 mars 2013

Frères Cardinaux,

Ce temps dédié au Conclave a été riche de significations non seulement pour le Collège Cardinalice, mais aussi pour tous les fidèles. En ces jours, nous avons ressenti de façon quasi sensible l’affection et la solidarité de l’Eglise Universelle, comme également l’attention de tant de personnes qui, bien que ne partageant pas notre foi, regardent avec respect et admiration l’Eglise et le Saint-Siège.
 
De tous les confins de la terre s’est élevée la prière fervente et unanime du Peuple chrétien pour le nouveau Pape et c’est avec grande émotion que j’ai vécu ma première rencontre avec la foule rassemblée place Saint-Pierre, rempli d’émotion. C’est avec cette image émouvante du peuple joyeux et en prière encore imprimée dans ma mémoire que je désire manifester ma sincère reconnaissance aux Evêques, aux prêtres, aux personnes consacrées, aux jeunes, aux familles et aux personnes âgées pour leur proximité spirituelle si touchante et chaleureuse.

Je ressens le besoin d’exprimer ma plus vive et profonde gratitude à vous tous, vénérés et chers frères Cardinaux, pour votre collaboration empressée dans le gouvernement de l’Eglise durant la Vacance du Siège. J’adresse à chacun un salut cordial – à commencer par le Doyen du Collège Cardinalice, le Seigneur Cardinal Angelo Sodano – que je remercie pour les sentiments dévoués et les souhaits fervents qu’il m’a exprimés en votre nom. Avec lui, je remercie le Seigneur cardinal Tarcisio Bertone, Camerlingue de la Sainte Eglise Romaine, pour le rôle attentif qu’il a joué durant cette période délicate de transition, et aussi le très cher Cardinal Giovanni Battista Re, qui s’est occupé de nous au Conclave : merci beaucoup ! Ma pensée affectueuse rejoint les vénérés Cardinaux qui, en raison de l’âge ou de la maladie, ont manifesté leur participation et leur amour de l’Eglise à travers l’offrande de leurs souffrances et de la prière. Et je voudrais vous dire qu’avant-hier le Cardinal Mejia a eu un infarctus cardiaque : il est hospitalisé à Pie XI. Mais on pense que sa santé est stable, et il nous a envoyé ses salutations.

Ma gratitude ne peut manquer de rejoindre aussi ceux qui – à titres divers – se sont consacrés à la préparation et au déroulement du Conclave en ménageant la sécurité et la tranquillité des Cardinaux durant ce moment si important pour la vie de l’Eglise.

J’adresse une pensée pleine d’affection et de profonde gratitude à mon vénéré Prédécesseur Benoit XVI qui, durant son Pontificat, a enrichi et vivifié l’Eglise par son Magistère, sa bonté, son gouvernement et sa foi, son humilité et sa douceur. Ils resteront un patrimoine spirituel pour tous. Le ministère pétrinien, vécu dans un esprit de totale abnégation, a trouvé en lui un messager docte et humble dont le regard est resté toujours fixé sur le Christ, le Christ ressuscité, présent et vivant dans l’Eucharistie. Notre prière fervente, notre souvenir constant, notre reconnaissance affectueuse et pérenne l’accompagneront toujours. Nous ressentons combien Benoit XVI a allumé en nos cœurs une flamme qui continuera à briller parce qu’entretenue par sa prière qui soutiendra l’Eglise sur son chemin spirituel et missionnaire.

            Chers Frères Cardinaux, notre rencontre se veut comme le prolongement de l’intense communion ecclésiale que nous venons de vivre. Pénétrés par un profond sentiment de responsabilité et soutenus par un grand amour pour le Christ et son Eglise, nous avons prié ensemble, partageant nos sentiments, nos expériences et réflexions. Dans ce climat de grande cordialité se sont ainsi accrues la connaissance réciproque et l’ouverture mutuelle ; et cela est bon, parce que nous sommes frères. Quelqu’un me disait : les Cardinaux sont les prêtres du Saint-Père. Cette communauté, cette amitié, cette proximité nous feront du bien à tous. Et cette connaissance et cette ouverture mutuelle nous ont facilité la docilité à l’action de l’Esprit Saint. Lui, le Paraclet, est l’acteur premier de toute initiative et manifestation de la foi. C’est curieux : cela me fait penser. Le Paraclet fait toutes les différences dans les Églises, et il semble que ce soit un apôtre de Babel. Mais d’autre part, il est Celui qui fait l’unité de ces différences, non dans « l’égalité », mais dans l’harmonie. Je me rappelle ce Père de l’Église qui le définissait ainsi : « Ipse harmonia est ». Le Paraclet qui donne à chacun de nous des charismes différents, nous unit dans cette communauté d’Église, qui adore le Père, le Fils et Lui, l’Esprit-Saint.

            C’est vraiment en partant de l’authentique sentiment vécu de la collégialité qui unit le Collège Cardinalice que j’exprime ma volonté de servir l’Evangile avec un amour renouvelé, aidant l’Eglise à devenir toujours davantage en Christ et avec le Christ, la vigne féconde du Seigneur. Encouragés également par la célébration de l’Année de la Foi, tous ensemble, Pasteurs et fidèles, nous nous efforcerons de répondre fidèlement à la mission de toujours : porter le Christ Jésus à l’homme et conduire l’homme vers la rencontre avec Jésus-Christ qui est la Voie, la Vérité et la Vie, réellement présent dans l’Eglise et contemporain en chaque homme. Cette rencontre invite à devenir des hommes nouveaux dans le mystère de la Grâce, suscitant en l’esprit cette joie chrétienne qui constitue le centuple donné par le Christ à qui L’accueille en sa propre existence.


Cardinaux et Evêques à Rome,
procession des Rameaux 2012.
            Comme le Pape Benoît XVI nous l’a rappelé de nombreuses fois dans ses enseignements et, en dernier lieu, par son geste courageux et humble, c’est le Christ qui guide l’Église par son Esprit. L’Esprit Saint est l’âme de l’Église avec sa force vivifiante et unifiante : d’une multitude il fait un seul corps, le Corps mystique du Christ. Ne cédons jamais au pessimisme, à cette amertume que le diable nous offre chaque jour ; ne cédons pas au pessimisme et au découragement : nous avons la ferme certitude que l’Esprit Saint donne à l’Église, par son souffle puissant, le courage de persévérer et aussi de chercher de nouvelles méthodes d’évangélisation, pour porter l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Ac 1, 8). La vérité chrétienne est attirante et persuasive parce qu’elle répond au besoin profond de l’existence humaine, annonçant de manière convaincante que le Christ est l’unique Sauveur de tout l’homme et de tous les hommes. Cette annonce reste valable aujourd’hui comme elle le fut au début du christianisme, quand s’opéra la première grande expansion missionnaire de l’Évangile.

Chers Frères, allez ! La moitié d’entre nous avons un âge avancé : la vieillesse est – j’aime le dire ainsi – le siège de la sagesse de la vie. Les vieillards ont la sagesse d’avoir cheminé dans la vie, comme le vieillard Siméon, la vieille Anne au Temple. Et justement cette sagesse leur a fait reconnaître Jésus. Donnons cette sagesse aux jeunes : comme le bon vin, qui avec les années devient meilleur, donnons aux jeunes la sagesse de la vie. Il me vient à l’esprit ce qu’un poète allemand disait de la vieillesse : « Es ist ruhig, das Alter, und fromm » : c’est le temps de la tranquillité et de la prière. Et aussi de donner aux jeunes cette sagesse. Vous allez retourner dans vos sièges respectifs pour continuer votre ministère, enrichis de l’expérience de ces jours, si chargés de foi et de communion ecclésiale. Cette expérience unique et incomparable nous a permis de saisir en profondeur toute la beauté de la réalité ecclésiale, qui est une réverbération de l’éclat du Christ Ressuscité : un jour nous regarderons ce très beau visage du Christ Ressuscité !


 Prière devant l'icône de la Vierge Marie -
Salus populi romani - Basilique Sainte-Marie Majeure
            Je confie mon ministère, et votre ministère, à la puissante intercession de Marie, notre Mère, Mère de l’Église. Que sous son regard maternel chacun de vous puisse marcher heureux et docile à la voix de son divin Fils, renforçant l’unité, persévérant d’un commun accord dans la prière et témoignant la foi authentique dans la présence continue du Seigneur. Avec ces sentiments – ils sont vrais ! – avec ces sentiments, je vous accorde de grand cœur la Bénédiction Apostolique, que j’étends à vos collaborateurs et aux personnes confiées à votre soin pastoral.