dimanche 29 janvier 2012

Anniversaire de la béatification de saint François de Sales


       Conformément au décret d’Urbain VIII[1],  selon lequel aucun Serviteur de Dieu ne pouvait bénéficier d’un culte tant que le Saint-Siège ne s’était pas prononcé solennellement, en attendant cinquante ans entre le décès et l’introduction d’une cause en béatification, la cause de M. de Genève avait dû attendre ce délai, qui prenait fin en 1662 exactement. Néanmoins, le Clergé de France n’avait pas attendu pour demander l’exaltation de l’évêque savoyard, puisque l’assemblée du Clergé de France écrivit au pape, le 19 août 1625 (trois ans après la mort de l’intéressé) : 
« Accordez donc, Très-Saint-Père, aux prières de notre assemblée et aux vœux unanimes de tous les peuples, l'effet de nos demandes, et puisque Votre juridiction s'étend jusqu'au ciel, ne tardez pas à déclarer la béatification de notre très-cher et très-respectable confrère, afin que ce qui n'a été jusqu'ici l'objet que d'une opinion humaine, mais universelle, et qui paraît bien fondée, acquière par Votre décret le degré de certitude nécessaire pour autoriser notre culte et pour affermir notre confiance »[2].

            À peine nommé sur le siège d’Évreux, Maupas fut envoyé par le Roi à Rome pour presser le procès de Mgr François de Sales. Il reçut les consignes du roi à Fontainebleau en septembre 1661[3], et arriva à la Ville éternelle début décembre, accompagné par Mgr Simon Legras, évêque de Soissons[4].

            Le décret de béatification fut signé le 28 décembre 1661, son dies natalis, trente-neuf ans auparavant, et le 8 janvier 1662 avait enfin lieu la béatification tant attendue de Mgr de Sales. « Le Pape voulut que Maupas, en qualité de député du clergé de France, célébrât pontificalement la Messe en cette solennité »[5], sur l’autel-même de la Confession de la basilique Saint-Pierre, grâce insigne rarement accordée, cet autel étant réservé au Souverain Pontife. Il s’agissait de la première béatification de l’histoire de l’Église[6].

            Le 2 janvier fut publiée par le vicaire général du Pape l’indulgence plénière pour les assistants de la Messe de béatification du dimanche suivant. En présence des cardinaux, des consulteurs de la Sacrée Congrégation des Rites, de l’archiprêtre, des chanoines et des clercs de la basilique Saint-Pierre, le solliciteur de la cause remit au préfet de ladite congrégation le bref apostolique de béatification, puis l’archiprêtre en fit lecture publique. Mgr de Maupas entonna ensuite le Te Deum d’action de grâces, tandis que toutes les images – sur l’autel comme dans l’église – du Saint étaient alors découvertes. Notre évêque chanta alors pour la première fois l’oraison en l’honneur du bienheureux François, puis célébra la Messe pontificale. Le pape Alexandre VII se rendit quant à lui dans la basilique après les Vêpres, afin de vénérer l’image du bienheureux. Le dimanche 29 janvier 1662, la même Messe fut célébrée, au jour propre de la fête, en les églises romaines de Saint-Louis-des-Français et du Saint-Linceul, en lesquelles une chapelle lui avait été érigée, puis à la fin de l’octave en l’église de la Trinité des Monts (du Mont Pincius)[7]. Le 29[8], la Visitation d’Annecy célébra également la Messe du Bienheureux, « trois mois avant qu’on y célébrât la fête de la béatification »[9], c’est-à-dire l’office liturgique propre

            L’évêque d’Évreux put annoncer l’heureuse nouvelle de l’honneur à lui échu, à ses confrères d’Outre-Monts, qui lui répondirent de hâter la canonisation. Celle-ci toutefois ne fut pas aussi rapide que prévu. Il fallait bien sûr l’intervention de nouveaux miracles[10], la sollicitation d’une commission apostolique de reprise de la cause grâce aux attestations épiscopales d’extension de la renommée de sainteté[11], voire des lettres royales et princières demandant la canonisation. Les nouveaux miracles seraient étudiés par les trois congrégations : l’antépréparatoire, la préparatoire et la générale, à laquelle une nouvelle étudierait l’opportunité et la sûreté d’une canonisation. Cette dernière, qui approuva aussi trois miracles[12], se tint en présence du Souverain Pontife le 14 février[13], soit sept semaines seulement après le décret de béatification, donc très rapidement. Alexandre VII approuva un peu plus tard la canonisation[14] et assembla trois consistoires[15].

            M. d’Évreux devait encore avoir le 1er mars 1662 l’honneur de consacrer vingt-sept autels de la basilique de Saint-Jean de Latran, la cathédrale de Rome ; et quatre jours plus tard, le Souverain Pontife le faisait célébrer en sa présence la Messe au Quirinal, et le nommait prélat assistant au trône pontifical[16].

            En février, le P. de Chaugy avait annoncé à sa sœur la reconnaissance des miracles, et lui demandait de régler les taxes d’usage pour les bulles. La Mère de Chaugy (du 1er monastère de la Visitation de Lyon) envoya l’argent, demandant un bref interdisant sous peine d’excommunication de retrancher quelque nouvelle relique du corps. Le pape le remit au brave Père[17], le 14 juillet 1662. Sur la demande expresse du Souverain Pontife, la Mère lui envoya néanmoins « la faucille du bras droit et les os du pouce de la main droite ». Ce fut M. de Maupas qui lui présenta les reliques en une boîte de satin cramoisi, accompagnées d’une lettre. « Le Saint-Père reçut ce présent avec une vénération inexprimable »[18].

Saint François de Sales recevant 
de SS Clément VIII la bulle de confirmation 
de son  élévation à l'épiscopat.
            Le lundi 21 août, jour anniversaire de la mort de l’évêque de Genève, Alexandre VII tint un consistoire secret. « Le cardinal Sacchetti fit un discours sur les vertus et les miracles du bienheureux François de Sales, après lequel le Saint-Père dit aux cardinaux : Êtes-vous d’avis qu’on procède à la canonisation de ce bienheureux ? Tous témoignèrent leur assentiment : Placet »[19]. Le jeudi 14 septembre, dans un consistoire public cette fois, l’avocat Prosper Bottini prononça en italien le panégyrique de M. de Genève, abrégé de sa vie, qui fit l’unanimité. Au nom du pape, son secrétaire, Mgr Nerli, archevêque de Florence, invita l’assemblée à se mettre en prière, et le cardinal-vicaire de Rome publia une indulgence plénière pour le jeûne des 21, 22 et 23 septembre en vue d’éclairer le Souverain Pontife. Le 2 octobre, lors d’un consistoire, tous les cardinaux et évêques donnaient leurs suffrages à la canonisation. À celui, semi-public, du lundi 11 octobre, tous les réitéraient. MM. du Puy et de Soissons, rappelés peu auparavant par leur roi, firent lire leur sentiment laissé par écrit. « J’y remarque dans celui de Henri de Maupas, note l’auteur de l’Histoire de la canonisation de S. François de Sales, qu’il s’y qualifie d’envoyé du roi très-chrétien, de député de tout le clergé de France et procureur général des religieuses de la Visitation. J’y remarque encore qu’il y compte plus de cent-vingt monastères de cet Ordre ». À partir de là, tout fut bloqué jusqu’en 1664. « Le P. de Chaugy, dans sa circulaire aux religieuses de la Visitation, d’août 1663, dit que la cause de ce délai fut le différend survenu entre le Pape et le roi de France »[20]. Selon l’abbé de Baudry, Rome attendait également d’être pressée par les princes.

            Biographe du prince-évêque de Genève[21], il l’était également de sa compagne sainte Chantal[22] : « Henri de Maupas a publié, étant évêque du Puy, la Vie de vénérable Mère Jeanne-Françoise Fremiot, fondatrice, première Mère et religieuse de l'Ordre de la Visitation de Sainte-Marie, qu'il dédia à la reine régente dont il était le premier aumônier ». Quant à l'autel de S. François de Sales, qu’il fonderait en sa nouvelle cathédrale, il « faisait face à la porte de la grande sacristie »[23]. Le prélat rapporta de Rome comme relique « une chasuble en satin vert et une mule de saint François de Sales. Il en fit don au Séminaire où la chasuble ne servait qu’à la fête de l’évêque de Genève »[24].



[1] Cf. Bref Cœlestis Jerusalem, du 5 juillet 1634.                
[2] In Baudry : op. cit., col. 1115. Le clergé de France réitéra ses demandes à Innocent X, le 11 août 1650, à Alexandre VII, les 12 janvier 1656, 2 septembre 1660 et 15 juin 1661.
[3] Abbé de Baudry : Notice bibliographique, historique et critique des auteurs qui ont écrit sur la vie de S. François de Sales, in Migne : Œuvres complètes de S. François de Sales ; Migne, Paris, 1861, vol. I, art. 19, col. 1191.
[4] Procès verbaux du Clergé ; t. IV, p. 4056.
[5] Baudry : op. cit., col. 1192.
[6] Cf. Benoît XIV : De canonizationibus ; I, 24, 3.
[7] Dans la première, M. de Soissons officia, tandis que son confrère ébroïcien faisait en français le panégyrique du Saint. Dans la seconde, M. de Belley célébra la Messe pontificale, et un Barnabite prêcha, en italien cette fois. Dans la troisième enfin, ce fut M. d’Évreux qui se chargea et de la Messe, et de la prédication, en français toujours... Cf. Baudry : Histoire de la canonisation de S. François de Sales, in Migne : op. cit., col. 1087-1088. 
[8] Ce même jour eut lieu à Rome une assemblée générale de la Congrégation des Rites pour fixer au 14 février l’authentification des 3 miracles : ceux de Jean-Claude Ricard (né avec 2 langues, et dont l’une disparut au contact d’une relique), de la guérison (de 22 maladies mortelles dont une paralysie universelle depuis 4 ans), par une goutte de sang de François, de Sr Marie-Judith Gilbert (Visitandine d’Annecy), et de la préservation de François Lachenal (meunier ayant dévalé les roches d’une falaise et tombé dans une rivière sain et sauf).
[9] Cf. Baudry : op. cit., col. 1102.
[10] Cf. Benoît XIV : op. cit., I, 25, 1 : « Ut pro obtinenda canonizatione, nova per indulta beatificationem miracula superveniant ».
[11] Cf. Benoît XIV : op. cit., I, 26, 1.
[12] Baudry remarque que ces 3 miracles-ci sont nécessairement antérieurs à la béatification ; op. cit., col. 1099-1100. Il s’agissait pour la Curie de la première application des nouvelles normes, d’où le flou.
[13] Baudry : op. cit., col. 1099.
[14] Cf. Benoît XIV : op. cit., I, 26, 7.
[15] Cf. Benoît XIV : op. cit., I, 34, 3-4 : un secret – où sont traités plusieurs cas de canonisations, pour limiter les frais des postulateurs (Idem : op. cit., VII, 13, 16) –, un public – ouvert aux évêques, consulteurs, officiers des Rites, protonotaires, avocats, gouverneur de Rome, et même aux ambassadeurs catholiques et députés des villes pontificales (Idem : op. cit., I, 34, 5), et où un avocat fait la harangue du Bienheureux (au maximum de deux), le cardinal secrétaire des brefs appelant à invoquer publiquement le Saint-Esprit (Idem : op. cit., I, 9sq) et chaque évêque présent à Rome recevant une vie et le récit des précédentes démarches – puis un semi-public – un par Bienheureux, devant les cardinaux, évêques et protonotaires apostoliques, les deux doyens de Rote, le secrétaire des Rites et le promoteur de la foi. Seuls les deux premiers donnent leur avis (motivé) par écrit au secrétaire des Rites, puis le pape le clôt en fixant la date de la canonisation.
[16] Cf. Fisquet : op. cit., p. 70.
[17] Qui avait ses entrées chez le pape. Cf. Baudry : op. cit., col. 1104.
[18] Cf. Baudry : op. cit., col. 1105.
[19] Baudry : op. cit., col. 1105.
[20] Baudry : op. cit., col. 1106.
[21] Cf. Mgr de Maupas : Vie du vénérable serviteur de Dieu François de Sales, évêque et prince de Genève, fondateur des religieuses de la Visitation Sainte-Marie ; Paris, 1657.
[22] Cf. Maupas : Vie de la vénérable Mère Jeanne-Françoise Frémyot, fondatrice, première Mère et religieuse de la Visitation Sainte-Marie ; Paris, 1644. Sera aussi publié, à Rouen cette fois, en 1696, un Abrégé de l’esprit intérieur des religieuses de la Visitation Sainte-Marie.
[23] Chassant : op. cit., p. 164.
[24] Bonnenfant : op. cit., p. 175.

samedi 28 janvier 2012

Saint Thomas d'Aquin, Docteur de l'Eglise

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, est appelé "Docteur Angélique" mais aussi "Docteur Commun de l'Eglise". Il est l'auteur de l'Office de la Fête-Dieu, notre fête titulaire, et de magnifiques hymnes en l'honneur du Saint Sacrement comme le Tantum ergo Sacramentum que nous chantons aux Saluts du Saint Sacrement. 
Par sa vertu, sa pureté et toute sa vie, les Pontifes le qualifièrent d'angélique, tout pénétré d'esprit d'adoration ; par sa doctrine admirable, il révéla à beaucoup les grandeurs des mystères sacrés de notre foi, comme les saints Anges qui portèrent la Bonne Nouvelle. Docteur commun, tous les futurs Prêtres doivent , par une demande formelle de l'Eglise, l'étudier d'une manière particulière (Décret Optatam Totius sur la formation des Prêtres, n.16 ; Déclaration Gravissimum educationis, sur l'éducation  n.10). Mettons-nous à son école pour aimer, adorer et servir Dieu, et proclamer par toute notre vie ces saints Mystères de la foi.

« Somme Théologique », Ia pars, question 62 : 
L’élévation des Anges à la grâce et à la gloire.

Article 2 : Les Anges avaient-ils besoin de la grâce pour se tourner vers Dieu ?

            Réponse : Les Anges ont eu besoin de la grâce pour se tourner vers Dieu en tant qu'il est l'objet de la béatitude. Comme on l'a dit plus haut en effet, le mouvement naturel de la volonté est principe de tous les autres vouloirs Or, l'inclination naturelle de la volonté a pour objet ce qui est adapté à la nature. Ce qui est au-dessus de la nature ne peut donc devenir objet de la volonté si celle-ci n'est pas aidée par quelque principe surnaturel. Ainsi en est-il du feu : il possède bien une inclination naturelle à chauffer et à se communiquer, mais produire ou engendrer de la matière vivante dépasse son pouvoir naturel, et il n'y est nullement incliné si ce n'est pour autant qu'il est mu, à titre d'instrument, par l'âme nutritive.

            Or nous avons montré en traitant de la connaissance de Dieu, que la vision de l'essence divine, objet de la béatitude suprême pour la créature rationnelle, dépasse la nature de toute intelligence créée. C'est pourquoi aucune créature rationnelle ne peut avoir un mouvement de volonté ordonné à cette béatitude, si elle n'est mue par un agent surnaturel. Et c'est ce que nous appelons le secours de la grâce. La volonté de l'Ange n'a donc pu se tourner vers cette béatitude sans le secours de la grâce.

Article 3 : Les Anges ont-ils créés en grâce ?

Enluminure,
La création des 9 choeurs des Anges
            Réponse : Sur ce sujet, il y a diverses opinions. Les uns disent que les Anges ont été créés avec leur nature seulement ; les autres qu'ils ont été créés en grâce. Il semble pourtant que l'on doive regarder cette seconde opinion comme plus probable et plus conforme à l'enseignement des Pères. D'après S. Augustin, en effet, toutes les choses qui, au cours du temps, sont produites par l'œuvre de la Providence divine, la créature opérant sous la motion de Dieu, ont été réalisées en leur première condition à l'état de raisons séminales : tels les arbres, les animaux, et autres réalités du même genre. Or, il est manifeste que la grâce sanctifiante peut être comparée à la béatitude comme la raison séminale dans la nature à son effet naturel. Aussi dans S. Jean (I Jn 3,9) la grâce est-elle appelée « semence de Dieu ». De même donc qu'au premier instant de la création, ont été produites les raisons séminales de tous les effets naturels, ainsi, dès le principe, les Anges ont-ils été créés en grâce.

Article 4 : Les Anges ont-ils mérités leur béatitude ?

            Réponse : La béatitude parfaite est naturelle à Dieu seul, car en lui béatitude et existence sont identiques.

            Pour la créature, la béatitude n'est pas naturelle, mais représente sa fin ultime. Or, toute chose parvient à sa fin par le moyen de son opération. Cette opération conduisant au terme est soit productrice de la fin quand celle-ci n'excède pas la puissance de l'agent, comme le remède produit la santé ; soit méritoire à l'égard de la fin, quand la réalisation de celle-ci dépasse le pouvoir de l'agent, qui ne peut alors l'attendre que d'un autre. Nous avons montré que la béatitude ultime surpasse le pouvoir de la nature angélique et humaine. Il appartient donc à l'homme, comme à l'Ange, de mériter sa béatitude. Et si nous admettons que l'Ange a été créé dans la grâce, sans laquelle il n'y a pas de mérite, il est aisé de voir qu'il a pu mériter sa béatitude. Il en serait de même si l'on admettait que l'Ange a possédé la grâce à un moment quelconque avant la gloire. Mais si l'on prétend que l'Ange n'a pas possédé la grâce avant d'être bienheureux, il faut dire alors qu'il a reçu la béatitude sans mérite de sa part, comme nous-mêmes recevons la grâce. Or cela va à l'encontre du concept même de béatitude, laquelle a raison de fin et est la récompense de la vertu, selon le Philosophe. (…) L'Ange, avant d'être béatifié, a eu la grâce qui lui a permis de mériter sa béatitude


Comme nous, les saints Anges ont du choisir librement de se mettre au service de Dieu. Comme nous, ils ont été créés parfaits et purs, dès l'origine, et ils ont du persévérer dans cet état de grâce ; ce qu'Adam et Eve, nos premiers parents, ne firent pas. Certains se sont dévoyés, d'autres ont été parés de mille grâces, et c'est à cela que nous sommes appelés : devenir cohéritiers avec le Christ notre Seigneur de la gloire éternelle si nous persévérons dans les grâces du Baptême par toute notre vie chrétienne. Puisse l'intercession de saint Thomas et de tous les Anges nous donner la force nécessaire pour accomplir notre devoir d'état. 



mercredi 25 janvier 2012

25 janvier - Fête de la Conversion de saint Paul, Apôtre des gentils

Au terme de cette grande semaine de prière pour l'unité des Chrétiens, l'Eglise nous offre en méditation cette belle fête, la Conversion de saint Paul. Comme le Seigneur Jésus ne cesse de nous y inviter : "Convertissez-vous et croyez en la Bonne Nouvelle". C'est ainsi que nous serons les véritables témoins de l'Amour de Dieu et que l'unité se fera.


De la Légende dorée, par Mgr Jacques de Voragine

            La conversion de saint Paul eut lieu l’année même que Jésus-Christ fut crucifié et que saint Etienne fut lapidé, non pas dans l’année, selon la manière ordinaire de compter, mais dans l’intervalle d'une année ; car Jésus-Christ fut crucifié le 8 avant les calendes d'avril (25 mars), saint Étienne fut lapidé le 3 août de la même année et saint Paul fut converti le 8 avant les calendes de février (25 janvier).

            Maintenant pourquoi célèbre-t-on sa conversion plutôt que celle des autres saints : on en assigne ordinairement trois raisons. La première pour l’exemple ; afin que personne, quelque grand pécheur qu'il soit, ne désespère de son pardon, quand il verra celui qui a été si coupable dans sa faute, devenir dans la suite si grand parla grâce.
La seconde pour la joie ; car autant l’Église à ressenti de tristesse à cause de sa persécution, autant elle reçoit d'allégresse à cause de sa conversion.
La troisième pour le miracle que le Seigneur manifesta en lui ; quand du plus barbare persécuteur il fit le plus fidèle prédicateur.

La Conversion de saint Paul, par Paul Rubens
       En effet, sa conversion fut miraculeuse du côté de celui qui l’a faite, du côté de ce qui l’y a disposé, et du côté de celui qui en est le sujet. Celui qui fit cette conversion, c'est Jésus-Christ ; en cela il montra : 1° son admirable puissance, quand il lui dit : « Il vous est dur de regimber contre l’aiguillon » et quand il le changea si subitement, ce qui lui fit alors répondre : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Sur ces paroles saint Augustin s'écrie : « L'agneau tué par les loups a changé le loup en agneau, déjà il se prépare à obéir, celui qui auparavant était rempli de la fureur de persécuter »
            2° il manifesta en cela son admirable sagesse ; car il abattit l’enflure de son orgueil, en lui inspirant les bassesses de l’humilité, mais non les splendeurs de la majesté. « C'est moi, dit-il qui suis ce Jésus de Nazareth que tu persécutés » La glose ajoute : « Il ne dit pas qu'il est Dieu, ou même le Fils de Dieu, mais : accepte les bassesses de mon humilité et dépouille-toi des écailles dont te couvre ton orgueil »
         3° Il lui témoigne une clémence extraordinaire ; ce qui est évident puisque, au moment où Paul était dans l’acte et dans la volonté de persécuter, Dieu opère sa conversion. En effet, quoique avec une affection désordonnée ; puisqu'il ne respirait que menaces et carnage, quoique se livrant à des essais criminels, puisqu'il vint trouver le grand' prêtre, comme s'il s'immisçait de lui-même en cela, quoique dans le fait même d'un acte coupable, puisqu'il allait chercher les prisonniers pour les amener à Jérusalem, et qu'ainsi le but de sa démarche fut détestable, cependant ce pécheur-là même est converti par la divine miséricorde.

            Secondement, cette conversion fut miraculeuse du côté de ce qui l’y disposa, savoir, la lumière. En effet, cette lumière fut subite, immense, et venant du ciel : « Et il fut tout d'un coup environné d'une lumière qui venait du ciel » dit l’Ecriture (Ac IX). Car Paul avait en lui trois vices : le premier, c'était l’audace ; ces paroles des Actes en font foi : « Il vint trouver le grand prêtre » et la glose porte : « Personne ne l’y avait engagé, c'est de lui-même, c'est son zèle qui le pousse » Le second, c'est l’orgueil ; et on en a la preuve par ces paroles : « Il ne respirait que menaces et carnage » Le troisième, c'était l’intelligence charnelle qu'il avait de la loi. Ce qui fait dire à la glose sur ces paroles : « Je suis Jésus. Je suis le Dieu du ciel ; c'est ce Dieu qui te parle, ce Dieu que tu crois, comme les juifs, avoir éprouvé la mort » Donc cette lumière divine fut subite, pour frapper d'épouvante cet audacieux ; elle fut immense, pour abîmer ce hautain, ce superbe, dans les profondeurs de l’humilité : elle vint du ciel pour rendre céleste cette intelligence charnelle. Ou bien encore, trois moyens disposèrent ce prodige : 1° la voix qui appelle ; 2° la lumière qui brille et 3° la force toute puissante.

            Troisièmement, cette conversion fut miraculeuse du côté de celui qui en est le sujet, c'est-à-dire, du côté de Paul lui-même qui fut converti. Dans sa personne, il y eut trois miracles : opérés extérieurement son renversement, et son aveuglement, et son jeûne de trois jours, car il est renversé, pour être relevé de cet état d'infirmité où il gisait. Saint Augustin dit : « Paul fut renversé pour être aveugle ; il fut aveuglé pour être changé ; il fut changé pour être envoyé ; il fut envoyé pour que la vérité se fît jour » Le même père dit encore : « Le cruel fut écrasé et devint croyant ; le loup fut abattu et il se releva agneau le persécuteur fut renversé et il devint prédicateur; le fils de perdition fut brisé et il est changé en un vase d'élection. Il est aveuglé pour être éclairé, dans son intelligence pleine de ténèbres » Aussi est-il dit que, pendant ces trois jours, il resta aveugle, parce qu'il fut instruit de l’Evangile. En effet il n'a pas reçu l’Evangile de la bouche d'un homme, ni par le moyen de l’homme ; il l’assure lui-même, mais il l’a reçu de Jésus-Christ même qui le lui révéla. Augustin dit ailleurs : « Paul, je te proclame le véritable athlète de Jésus-Christ qui l’a instruit, qui l'a oint de sa substance avec lequel il a été crucifié ; et qui se glorifie en lui ». Il eut sa chair meurtrie, pour que cette même chair fût disposée à embrasser les généreux desseins : En effet, dans la suite, son corps fut parfaitement apte à toutes sortes de bonnes œuvres ; car il savait vivre et dans la pénurie et dans, l’abondance ; il avait éprouvé de tout, et il supportait volontiers toutes les adversités. Saint Chrysostome dit : « Il regardait comme des moucherons les tyrans et les peuples qui ne respiraient que la fureur; la mort, les tourments, et des milliers de supplices, il les prenait pour jeux d'enfants. Il les accueillait de son plein gré, et il retirait plus de gloire des chaînes dont il était lié, que s'il eût été couronné de précieux diadèmes. Il recevait les blessures avec plus de bonne grâce que les autres ne reçoivent les présents »

            Ou bien encore ces trois états peuvent être opposés aux trois autres états de notre premier père. Celui-ci se leva contre Dieu ; saint Paul au contraire fut renversé par terre. Les yeux d'Adam furent ouverts ; saint Paul au contraire devint aveugle. Adam mangea du fruit défendu, saint Paul s'abstint de manger une nourriture légale.

mardi 24 janvier 2012

Saint François de Sales, Evêque et Docteur de l'Eglise

Aimons les Saints de nos Diocèses et de notre pays !

Saint François de Sales, 1567-1622, Evêque de Genève où il ne put jamais se rendre par faute des Protestants qui lui interdisaient d'entrer dans son propre Diocèse. Il fut proclamé Docteur de l'Eglise avec le titre particulier de "Docteur de l'Amour". 
Nous célébrons cette année le 390e anniversaire de sa naissance au CielPrions-le de nous inspirer le véritable amour de Dieu qui nous prépare, jour après jour, à la rencontre qui ne finira pas dans le Ciel avec ce Dieu - Amour qui nous a créé et racheté. 

Tableau représentant saint François, Cathédrale du Puy

Vénérable Henri Marie Boudon, « L’amour de Dieu seul ou Vie de la Sœur Marie Angélique de la Providence », 3e partie, Chp. 1er, Son estime er son amour pour Dieu seul
           
             La connaissance et l’amour de Dieu en cette vie se causent réciproquement, dit saint François de Sales, car si la connaissance de Dieu en produit l’amour, l’amour en augmente la connaissance par de plus grandes et plus pénétrantes lumières qui sont données. Ainsi nous voyons des gens simples et sans étude, admirables dans la science des saints parce qu’ils aiment, beaucoup pendant que des personnes habiles et doctes sont bien éloignées de cette science parce qu’elles aiment peu.
           
« L’homme de Dieu en la personne du R.P. Jean-Joseph Seurin, de la Compagnie de Jésus », 1ère  partie, Chap. XI, De son esprit de mort aux biens surnaturels

            L’amour, dit saint François de Sales, sépare de tout, il dénue même l’âme des affections les plus aimables comme sont celles qu’elle avait aux consolations spirituelles, aux exercices de piété, à la perfection des vertus qui semblaient être la propre vie de l’âme dévote. Oui, Théotime, le même Seigneur qui nous fait désirer les vertus en notre commencement, c’est lui-même qui nous ôte les affections sensibles des vertus et de tous les exercices spirituels afin que, avec plus de tranquillité et de simplicité, nous n’affectionnions rien que le bon plaisir de sa divine majesté.

            Nous ne devons point affectionner la pratique des vertus ni les exercices de la dévotion, ni en revêtir notre cœur, sinon à mesure que nous savons que c’est le bon plaisir de Dieu. Nous devons paisiblement demeurer revêtus de notre abjection parmi nos faiblesses et nos imperfections jusqu’à ce que Dieu nous exalte à la pratique des excellentes actions. Il se faut dénuer des affections sensibles, petites et grandes, voir même de notre avancement à la perfection, et il faut souvent examiner notre cœur pour voir s’il est bien prêt à se dévêtir, comme fit Isaïe, de tous ses habits.



samedi 21 janvier 2012

Vive le Roi !

Le Roi des rois et Seigneur des seigneurs au TS. Sacrement de l'Autel

Vénérable abbé Henri Marie Boudon, « L’homme de Dieu en la personne du Révérend Père Jean-Joseph Seurin, de la Compagnie de Jésus » ; Première partie, Chap.1er, De l’homme de Dieu

            Ô mon unique tout (…)

           Que je me laisse entièrement à votre esprit, renonçant de tout mon cœur à tout ce que mon propre esprit y pourrait mêler par lui-même. Je désire de tout mon cœur sortir de moi-même en la force de votre grâce pour vous adhérer uniquement, ô mon adorable Sauveur, entrant dans tous les desseins que vous avez, que votre Père céleste soit glorifié par cet ouvrage, desseins que j’adore, que j’aime de tout mon cœur, et de toutes mes forces.

        Ah ! mon Roi, ah ! mon Souverain et mon Dieu, seulement soyez glorifié, rien que vous seul, rien que vous seul, rien que vous seul, perte totale, anéantissement entier de tout ce qui n’est pas vous, vos seuls intérêts, votre seul amour, votre seul amour.

Bénédiction d'un des agneaux par SS le Pape Benoît XVI

Et en ce 21 janvier, mémoire de Sainte Agnès, martyre, prions pour les futurs Archevêques qui recevront le pallium confectionnés  à partir de la laine récoltée aujourd'hui, et bénie par le Saint Père. Et prions pour notre pays qui vit, en 1793, l'exécution de son roi, lieutenant de Dieu pour notre beau pays, au cri de "Liberté, Egalité, Fraternité"...

+ R.I.P +

lundi 16 janvier 2012

Prions pour l'unité des Chrétiens

Du 16 au 24 janvier,
Grande semaine de prière pour l’unité des Chrétiens


« Je crois en UN SEUL DIEU, le Père tout-puissant… en UN SEUL SEIGNEUR, Jésus-Christ… en L’ESPRIT SAINT, qui est Seigneur et qui donne la vie… en L’EGLISE, UNE, SAINTE, CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE… en UN SEUL BAPTÊME pour la rémission des péchés »


            Matt XVI,15-19 : Il leur dit : "Et vous, qui dites-vous que je suis ?" Simon Pierre, prenant la parole, dit : "Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant." Jésus lui répondit : "Tu es heureux, Simon Bar-Jona, car ce n'est pas la chair et le sang qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux."

            Jn XVII, 20-22 : Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, par leur prédication, croiront en moi, pour que tous ils soient un, comme vous, mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous, pour que, eux  aussi, ils soient un en nous, afin que le monde croie que vous m'avez envoyé. Et je leur ai donné la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient un, comme nous sommes un, moi  en eux, et vous en moi.



Catéchisme de l’Eglise Catholique, Ière partie, chap. 3 art. 9 §3, L’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique

            n.811 " C’est là l’unique Église du Christ, dont nous professons dans le symbole qu’elle est une, sainte, catholique et apostolique " (LG 8). Ces quatre attributs, inséparablement liés entre eux (cf. DS 2888), indiquent des traits essentiels de l’Église et de sa mission. L’Église ne les tient pas d’elle-même ; c’est le Christ qui, par l’Esprit Saint, donne à son Église, d’être une, sainte, catholique et apostolique, et c’est Lui encore qui l’appelle à réaliser chacune de ces qualités.

            n.812 Seule la foi peut reconnaître que l’Église tient ces propriétés de sa source divine. Mais leurs manifestations historiques sont des signes qui parlent aussi clairement à la raison humaine. " L’Église, rappelle le premier Concile du Vatican, en raison de sa sainteté, de son unité catholique, de sa constance invaincue, est elle-même un grand et perpétuel motif de crédibilité et une preuve irréfragable de sa mission divine " (DS 3013).

        n.817 De fait, " dans cette seule et unique Église de Dieu apparurent dès l’origine certaines scissions, que l’apôtre réprouve avec vigueur comme condamnables ; au cours des siècles suivants naquirent des dissensions plus amples, et des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l’Église catholique, parfois de par la faute des personnes de l’une et de l’autre partie ". Les ruptures qui blessent l’unité du Corps du Christ (on distingue l’hérésie, l’apostasie et le schisme ne se font pas sans les péchés des hommes :
Où se trouve le péché, là aussi la multiplicité, là le schisme, là l’hérésie, là le conflit ; mais où se trouve la vertu, là aussi l’unité, là l’union qui faisait que tous les croyants n’avaient qu’un corps et une âme (Origène, hom. in Ezech. 9, 1).

           n.820 L’unité, " le Christ l’a accordée à son Église dès le commencement. Nous croyons qu’elle subsiste de façon inamissible dans l’Église catholique et nous espérons qu’elle s’accroîtra de jour en jour jusqu’à la consommation des siècles " (UR 4). Le Christ donne toujours à son Église le don de l’unité, mais l’Église doit toujours prier et travailler pour maintenir, renforcer et parfaire l’unité que le Christ veut pour elle. C’est pourquoi Jésus lui-même a prié à l’heure de sa passion, et Il ne cesse de prier le Père pour l’unité de ses disciples : " ... Que tous soient un. Comme Toi, Père, Tu es en Moi et Moi en Toi, qu’eux aussi soient un en Nous, afin que le monde croie que Tu M’as envoyé " (Jn 17, 21). Le désir de retrouver l’unité de tous les chrétiens est un don du Christ et un appel de l’Esprit Saint (cf. UR 1).

            n.821 Pour y répondre adéquatement sont exigés :
– un renouveau permanent de l’Église dans une fidélité plus grande à sa vocation. Cette rénovation est le ressort du mouvement vers l’unité (cf. UR 6) ;
– la conversion du cœur " en vue de vivre plus purement selon l’Évangile " (cf. UR 7), car c’est l’infidélité des membres au don du Christ qui cause les divisions ;
– la prière en commun, car " la conversion du cœur et la sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l’unité des chrétiens, doivent être regardées comme l’âme de tout œcuménisme et peuvent être à bon droit appelées œcuménisme spirituel " (UR 8) ;
– la connaissance réciproque fraternelle (cf. UR 9) ;
– la formation œcuménique des fidèles et spécialement des prêtres (cf. UR 10) ;
– le dialogue entre les théologiens et les rencontres entre les chrétiens des différentes Églises et communautés (cf. UR 4 ; 9 ; 11) ;
– la collaboration entre chrétiens dans les divers domaines du service des hommes (cf. UR 12).

           n.822 Le souci de réaliser l’union " concerne toute l’Église, fidèles et pasteurs " (UR 5). Mais il faut aussi " avoir conscience que ce projet sacré, la réconciliation de tous les chrétiens dans l’unité d’une seule et unique Église du Christ, dépasse les forces et les capacités humaines " C’est pourquoi nous mettons tout notre espoir " dans la prière du Christ pour l’Église, dans l’amour du Père à notre égard, et dans la puissance du Saint-Esprit " (UR 24).

         n.866 L’Église est une : Elle a un seul Seigneur, elle confesse une seule foi, elle naît d’un seul Baptême, elle ne forme qu’un Corps, vivifié par un seul Esprit, en vue d’une unique espérance (cf. Ep 4, 3-5) au terme de laquelle seront surmontées toutes les divisions.

         n.867 L’Église est sainte : Le Dieu très saint est son auteur ; le Christ, son Époux, s’est livré pour elle pour la sanctifier ; l’Esprit de sainteté la vivifie. Encore qu’elle comprenne des pécheurs, elle est " la sans-péché faite de pécheurs ". Dans les saints brille sa sainteté ; en Marie elle est déjà la toute sainte.

            n.868 L’Église est catholique : Elle annonce la totalité de la foi ; elle porte en elle et administre la plénitude des moyens de salut ; elle est envoyée à tous les peuples ; elle s’adresse à tous les hommes ; elle embrasse tous les temps ; " elle est, de par sa nature même, missionnaire " (AG 2).

            n.869 L’Église est apostolique : Elle est bâtie sur des assises durables : " les douze apôtres de l’Agneau " (Ap 21, 14) ; elle est indestructible (cf. Mt 16, 18) ; elle est infailliblement tenue dans la vérité : le Christ la gouverne par Pierre et les autres apôtres, présents en leurs successeurs, le Pape et le collège des évêques.

          n.870 " L’unique Église du Christ, dont nous professons dans le Symbole qu’elle est une, sainte, catholique et apostolique, (...) c’est dans l’Église catholique qu’elle existe, gouvernée par le successeur de Pierre et par les évêques qui sont en communion avec lui " (LG 8).





16 janvier – Cœur immaculé de Marie – Notre Dame des Victoires, Refuge des pécheurs

Louis XIII, avec le Cardinal de Richelieu, fait le voeu, en 1629, d'ériger une église en l'honneur de Notre Dame des victoires, après la victoire sur les Protestants à la Rochelle. Cette Basilique sera consacrée au Coeur Immaculé de Marie - Refuge des pécheurs, par l'abbé Desgenettes en 1836.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, Patronne secondaire de la France, « Histoire d’une âme », Manuscrit A, Folio 29 verso – 30 recto :

            Un jour je vis Papa entrer dans la chambre de Marie où j'étais couchée ; il lui donna plusieurs pièces d'or avec une expression de grande tristesse et lui dit d'écrire à Paris et de faire dire des messes à Notre-Dame des Victoires pour qu'elle guérisse sa pauvre petite fille. Ah ! que je fus touchée en voyant la Foi et l'Amour de mon Roi chéri

Statue de Notre Dame des Victoires,
couronnée par S.Em.R. le Cardinal Pacca,
légat  a latere de SS. Pie IX
            J'aurais voulu pouvoir lui dire que j'étais guérie mais je lui avais déjà fait assez de fausses joies, ce n'était pas mes désirs qui pouvaient faire un miracle, car il en fallait un pour me guérir... il fallait un miracle et ce fut Notre-Dame des Victoires qui le fit. Un Dimanche (pendant la neuvaine de messes), Marie sortit dans le jardin me laissant avec Léonie qui lisait auprès de ma fenêtre, au bout de quelques minutes je me mis à appeler presque tout bas : " Mama... Mama. " Léonie étant habituée à m'entendre toujours appeler ainsi, ne fit pas attention à moi. Ceci dura longtemps, alors j'appelai plus fort et enfin Marie revint, je la vis parfaitement entrer, mais je ne pouvais dire que je la reconnaissais et je continuais d'appeler toujours plus fort : " Mama... ". 
Je souffrais beaucoup de cette lutte forcée et inexplicable et Marie en souffrait peut-être encore plus que moi ; après de vains efforts pour me montrer qu'elle était auprès de moi, elle se mit à genoux auprès de mon lit avec Léonie et Céline puis se tournant vers la Sainte Vierge et la priant avec la ferveur d'une Mère qui demande la vie de son enfant, Marie obtint ce qu'elle désirait...

Chambre de sainte Thérèse et Notre-Dame du Sourire
           
      Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s'était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son cœur d'avoir enfin pitié d'elle... Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n'avais vu rien de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu'au fond de l'âme ce fut le " ravissant sourire de la Sainte Vierge. " 



       Alors toutes mes peines s'évanouirent, deux grosses larmes jaillirent de mes paupières et coulèrent silencieusement sur mes joues, mais c'était des larmes d'une joie sans mélange... Ah ! pensai-je, la Sainte Vierge m'a souri, que je suis heureuse...