mardi 13 mars 2012

Priez en vérité

Vénérable Henri Marie Boudon, « Dieu partout présent » Chapitre VIII, Exercice de la présence de Dieu 

L'Agonie au jardin des Oliviers par Boticelli
            Il est bon à son réveil dès le matin de commencer la journée par ce divin exercice ; et d’en faire un saint usage de temps en temps durant le jour
Et pour cela la Séraphique sainte Thérèse, est d’avis que l’on se serve de saintes industries pour ramener à Dieu notre pauvre esprit qui en est si égaré. 
On peut se servir pour cela des horloges qui sonnent les heures, se mettant en la présence de Dieu à toutes les heures ; et ce sera un moyen d’en acquérir peu à peu l’habitude avec le secours divin. Il y en a plusieurs qui récitent quelques prières vocales à chaque heure du jour : et c’est une pratique très bonne, et très louable, mais souvent cela se fait avec peu d’application, et quelque fois par pure coutume. Dieu serait bien plus glorifié que l’on entrât dans un véritable recueillement pour le voir présent par la foi ; et pour ensuite l’aimer et l’adorer. On peut dans la campagne, où il n’y a point d’horloge, se servir de quelques autres moyens, pour se souvenir de quelques autres moyens, pour ce souvenir de cette divine présence quatre ou cinq fois tous les matins, et autant après avoir dîné.

            Il y en a qui portent sur leur manche une croix de deux épingles croisées, et on pourrait n’y en mettre qu’une seule, comme on en met souvent pour se souvenir de quelque chose ; et cela leur sert pour voir Dieu présent par la foi, ce qui contribue beaucoup à empêcher qu’on ne l’offense dans les occupations, ou à faire ce qu’il a demandé de nous, et à souffrir en patience les maux qui arrivent.

            Comme cet acte intérieur de la présence de Dieu se peu faire en très peu de temps, il n’y a rien qui empêche que l’on ne s’en serve, au milieu des compagnies aussi bien que si l’on était seul, dans tous les exercices extérieurs, parmi les affaires, les soins que l’on doit prendre en étudiant, en se divertissant, et enfin dans quelque état que l’on se trouve. On peut même en faire usage durant les maladies ; car comme il consiste dans un simple souvenir affectueux par la foi de Dieu présent, sans s’en former d’images distinctes, cela n’apporte aucune incommodité. Il est bon lorsqu’on est en santé, et que l’on se trouve seul, de se mettre à genoux à toutes les heures, pour adorer la suprême Majesté des trois Personnes divines de la suradorable Trinité, et même de se prosterner devant sa grandeur infinie.


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