mercredi 28 avril 2010

Le Patronage de saint Joseph

Aujourd'hui s'achève l'Octave du Patronage de saint Joseph. L'occasion de méditer ces belles leçons de Dom Guéranger en son Année liturgique :

La série des mystères du Temps pascal est suspendue aujourd'hui ; un autre objet attire pour un moment nos contemplations. La sainte Eglise nous propose de donner la journée au culte de l'Epoux de Marie, du Père nourricier du Fils de Dieu, Patron de l'Eglise universelle. Au 19 mars cependant nous lui avons rendu notre hommage annuel : aussi n'est-ce pas proprement sa fête que nous allons célébrer en ce jour. Il s'agit d'ériger par la piété du peuple chrétien un monument de reconnaissance au puissant Protecteur, à Joseph, le recours et l'appui de tous ceux qui l'invoquent avec confiance. Assez de bienfaits lui ont mérité cet hommage ; la sainte Eglise se propose aujourd'hui, dans l'intérêt de ses enfants, de diriger leur confiance vers un secours si puissant et si opportun.
La dévotion à saint Joseph avait été réservée pour ces derniers temps. Le culte de cet admirable personnage, culte fondé sur l'Evangile-même, ne devait pas se développer dans les premiers siècles de l'Eglise ; non pas que les fidèles, considérant le rôle sublime de saint Joseph dans l'économie du mystère de l'Incarnation, fussent entravés en quelque chose dans les honneurs qu'ils auraient voulu lui rendre ; mais la divine Providence avait ses raisons mystérieuses pour retarder le moment où la Liturgie devait prescrire chaque année les hommages publics à offrir à l'Epoux de Marie. L'Orient précéda l'Occident, ainsi qu'il est arrivé d'autres fois, dans le culte spécial de saint Joseph; mais au XVe siècle l'Eglise latine l'avait adopté tout entière ; et depuis lors il n'a cessé de faire les plus heureux progrès dans les âmes catholiques. Les grandeurs de saint Joseph ont été exposées au 19 mars ; le but de la présente fête n'est pas de revenir sur cet inépuisable sujet. Elle a son motif spécial d'institution qu'il est nécessaire de faire connaître.
La bonté de Dieu et la fidélité de notre Rédempteur à ses promesses s'unissent toujours plus étroitement de siècle en siècle, pour protéger en ce monde l'étincelle de vie surnaturelle qu'il doit conserver jusqu'au dernier jour. Dans ce but miséricordieux, une succession non interrompue de secours vient réchauffer, pour ainsi dire, chaque génération, et lui apporter un nouveau motif de confiance dans la divine Rédemption. A partir du XIIIe siècle, où le refroidissement du monde commença à se faire sentir, ainsi que l'Eglise elle-même nous en rend témoignage, chaque époque a vu s'ouvrir une nouvelle source de grâces. Ce fut d'abord la fête du très-saint-Sacrement, dont les développements ont produit successivement la Procession solennelle, les Expositions, les Saluts, les Quarante Heures. Ce fut ensuite la dévotion au saint Nom de Jésus, dont saint Bernardin de Sienne fut le principal apôtre, et celle du Via crucis ou Chemin de la Croix, qui produit tant de fruits de componction dans les âmes. Le XVIe siècle vit renaître la fréquente communion, par l'influence principale de saint Ignace de Loyola et de sa Compagnie. Au XVIIe fut promulgué le culte du sacré Cœur de Jésus, qui s'établit dans le siècle suivant. Au XIXe, la dévotion à la très sainte Vierge a pris des accroissements et une importance qui sont un des caractères surnaturels de notre temps. Le saint Rosaire, le saint Scapulaire, que nous avaient légués les âges précédents, ont été remis en honneur ; les pèlerinages aux sanctuaires de la Mère de Dieu, suspendus par les préjugés jansénistes et rationalistes, ont repris leur cours ; l'Archiconfrérie du Saint-Cœur de Marie a étendu ses affiliations dans le monde entier ; des prodiges nombreux sont venus récompenser la foi rajeunie ; enfin notre temps a vu le triomphe de l'Immaculée Conception, préparé et attendu dans des siècles moins favorisés.
Mais la dévotion envers Marie ne pouvait se développer ainsi sans amener avec elle le culte fervent de saint Joseph. Marie et Joseph ont une part trop intime dans le divin mystère de l'Incarnation, l'une comme Mère du Fils de Dieu, l'autre comme gardien de l'honneur de la Vierge et Père nourricier de l'Enfant-Dieu, pour que l'on puisse les isoler l'un de l'autre. Une vénération particulière envers saint Joseph a donc été la suite du développement de la piété envers la très sainte Vierge. Mais la dévotion à l'égard de l'Epoux de Marie n'est pas seulement un juste tribut que nous rendons à ses admirables prérogatives ; elle est encore pour nous la source d'un secours nouveau aussi étendu qu'il est puissant, ayant été déposé entre les mains de saint Joseph par le Fils de Dieu lui-même. Ecoutez le langage inspiré de l'Eglise dans la sainte Liturgie : « O Joseph, l'honneur des habitants du ciel, l'espoir de notre vie ici-bas, le soutien de ce monde ! » Quel pouvoir dans un homme ! Mais aussi cherchez un homme qui ait eu avec le Fils de Dieu sur la terre des rapports aussi intimes que Joseph. Jésus daigna être soumis à Joseph ici-bas ; au ciel, il tient à glorifier celui dont Il voulut dépendre, et à qui Il confia Son enfance avec l'honneur de Sa Mère. Il n'est donc pas de limites au pouvoir de saint Joseph ; et la sainte Eglise nous invite aujourd'hui à recourir avec une confiance absolue à ce tout-puissant Protecteur. Au milieu des agitations terribles auxquelles le monde est en proie, que les fidèles l'invoquent avec foi, et ils seront protégés. En tous les besoins de l'âme et du corps, en toutes les épreuves et toutes les crises que le chrétien peut avoir à traverser, dans l'ordre temporel comme dans l'ordre spirituel, qu'il ait recours à saint Joseph, et sa confiance ne sera pas trompée. Le roi de l'Egypte disait à ses peuples affamés : « Allez à Joseph » (Gn) ; le Roi du ciel nous fait la même invitation ; et le fidèle gardien de Marie a plus de crédit auprès de Lui que le fils de Jacob, intendant des greniers de Memphis, n'en eut auprès de Pharaon.
La révélation de ce nouveau refuge préparé pour les derniers temps a été d'abord communiquée, selon l'usage que Dieu garde pour l'ordinaire, à des âmes privilégiées auxquelles elle était confiée comme un germe précieux ; ainsi en fut-il pour l'institution de la fête du Saint-Sacrement, pour celle du sacré-Cœur de Jésus, et pour d'autres encore. Au XVIe siècle, sainte Thérèse, dont les écrits étaient appelés à se répandre dans le monde entier, reçut dans un degré supérieur les communications divines à ce sujet, et elle consigna ses sentiments et ses désirs dans sa Vie écrite par elle-même. On ne s'étonnera pas que Dieu ait choisi la réformatrice du Carmel pour la propagation du culte de saint Joseph, quand on se rappellera que ce fut par l'influence de l'Ordre des Carmes, introduit en Occident au XIIIe siècle, que ce culte s'établit d'abord dans nos contrées. Voués depuis tant de siècles à la religion envers Marie, les solitaires du Mont-Carmel avaient découvert avant d'autres le lien qui rattache les honneurs auxquels a droit la Mère de Dieu à ceux qui sont dus à son virginal Epoux. Sur cette terre où s'est accompli le divin mystère de l'Incarnation, l'œil du fidèle plonge plus avant dans ses augustes profondeurs. Entouré de tant de souvenirs ineffables, le Chrétien arrive plus promptement à comprendre que le Fils de Dieu prenant la nature humaine, s'il lui fallait une Mère, il fallait à cette Mère un protecteur ; en un mot que Jésus, Marie et Joseph forment à des degrés divers l'ensemble de relations et d'harmonies sous lesquelles l'ineffable mystère devait se produire sur la terre.
Voici donc comment s'exprime la séraphique Thérèse : « Je pris pour avocat et pour protecteur le glorieux saint Joseph, et je me recommandai très instamment à lui. Son secours éclata de la manière la plus visible. Ce tendre père de mon âme, ce bien-aimé protecteur se hâta de me tirer de l'état où languissait mon corps, comme il m'a arrachée à des périls plus grands d'un autre genre, qui menaçaient mon honneur et mon salut éternel. Pour comble de bonheur, il m'a toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé jusqu'à ce jour, qu'il ne l'ait accordé. Quel tableau je mettrais sous les yeux, s'il m'était donné de retracer les grâces insignes dont Dieu m'a comblée, et les dangers, tant de l'âme que du corps, dont il m'a délivrée par la médiation de ce bienheureux saint ! Le Très-Haut donne seulement grâce aux autres saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin ; mais le glorieux saint Joseph, je le sais par expérience, étend son pouvoir à tous. Notre-Seigneur veut nous faire entendre par là que, de même qu'Il lui fut soumis sur cette terre d'exil, reconnaissant en lui l'autorité d'un père nourricier et d'un gouverneur, de même Il se plaît encore à faire sa volonté dans le ciel, en exauçant toutes ses demandes. C'est ce qu'ont vu comme moi, par expérience, d'autres personnes auxquelles j'avais conseillé de se recommander à cet incomparable Protecteur ; aussi le nombre des âmes qui l'honorent commence-t-il à être grand, et les heureux effets de sa médiation confirment de jour en jour la vérité de mes paroles »
Ces paroles, accompagnées de plusieurs autres témoignages de la même précision et de la même énergie, trouvèrent un écho dans les âmes. Elles avaient été semées en leur temps ; leur germination fut lente, mais elle fut sûre. Dès la première moitié du XVIIe siècle, le pressentiment qu'un jour l'Eglise dans sa Liturgie convierait les fidèles à recourir à leur puissant Protecteur, se manifestait chez les dévots clients de saint Joseph. Nous lisons ces paroles, que l’on dirait inspirées, dans un livre pieux public à Dijon en 1645 : « Beau soleil, père des jours, hâte ta course, fais vitement naître cette heure fortunée, en laquelle doivent être accomplis les oracles des saints, qui nous promettent que, sur le déclin du monde, on fera magnifiquement paraître toutes les grandeurs de saint Joseph ; qui nous assurent que Dieu-même tirera le rideau, et déchirera le voile qui nous a empêchés jusqu'à maintenant de voir à découvert les merveilles du sanctuaire de l'âme de Joseph ; qui prédisent que le Saint-Esprit agira incessamment dans le cœur des fidèles, pour les émouvoir à exalter la gloire de ce divin personnage, lui consacrant des maisons religieuses, lui bâtissant des temples et dressant des autels ; qui publient que, par tout l'empire de l'Eglise militante, on reconnaîtra pour Protecteur particulier ce saint qui l'a été de Jésus-Christ, fondateur du même empire ; qui nous font espérer que les Souverains Pontifes ordonneront, par un secret mouvement du ciel, que la fête de ce grand Patriarche soit solennellement célébrée par toute l'étendue du domaine spirituel de saint Pierre ; qui annoncent que les plus savants hommes de l'univers s'emploieront à la recherche des dons de Dieu cachés dans saint Joseph, et qu'ils y rencontreront des trésors de grâces incomparablement plus précieux et plus abondants, que n'en posséda la meilleure partie des prédestinés de l'Ancien Testament par l'espace de quarante siècles ».
De si ardents désirs ont été comblés. Déjà depuis plus d'un siècle un Office en l'honneur du Patronage de saint Joseph avait été présenté à l'approbation du Siège Apostolique par l'Ordre des Carmes, et il avait été accepté. Un grand nombre d'Eglises en avaient successivement sollicité et obtenu l'extension. Un dimanche avait été choisi pour la célébration de cette pieuse solennité, afin d'y intéresser le peuple fidèle, qui n'est pas appelé par le devoir à l'église au jour de la propre fête de saint Joseph. Cette fête principale tombant toujours en Carême, on choisit pour la seconde le troisième dimanche après Pâques, afin d'unir aux joies pascales les consolations et les espérances que cette solennité apporte avec elle. La nouvelle fête allait s'étendant peu à peu par des concessions locales, lorsque tout à coup un Décret apostolique du 10 septembre 1847 vint l'établir dans toute la Chrétienté. A la veille des grandes tribulations de l'Eglise, Pie IX, par un instinct surnaturel, appelait Joseph au secours du troupeau confié au successeur de Pierre. Nous avons vu comment le titre et les honneurs de Patron de l'Eglise universelle sont venus, au temps marqué, donner satisfaction entière à la piété des fidèles, et confirmer leur confiance envers le puissant Protecteur qui jamais n'eut tant de maux à combattre, ni tant de fléaux a détourner.
Mettons donc notre confiance dans le pouvoir de l'auguste Père du peuple chrétien, Joseph, sur qui tant de grandeurs n'ont été accumulées qu'afin qu'il répandît sur nous, dans une mesure plus abondante que les autres saints, les influences du divin mystère de l'Incarnation dont il a été, après Marie, le principal ministre sur la terre.

Recommandons-nous à la protection de ce grand Saint, confions-lui notre Archiconfrérie, notre Cité, notre Province de Normandie ainsi que la Douce France, qui se consacra à lui par les lèvres de son Roi Louis XIV, le 19 mars 1661.



Fête du Disciple de Monsieur Boudon

Le 28 avril est la fête liturgique de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), lecteur assidu du vénérable Henri-Marie Boudon (1624-1702) : il suffit pour s´en convaincre de lire les références auxquelles il puise en bas de page de ses ouvrages, notamment sa Lettre circulaire aux amis de la Croix, qui reprend parfois mot pour mot Les saintes Voies de la Croix. C´est également chez Boudon que Louis-Marie a puisé sa dévotion à l´esclavage - bien compris - de la Sainte Vierge. Henri-Marie doit se réjouir du succès d´un tel disciple, qui est actuellement proposé comme candidat au Doctorat de l´Église : et pourquoi pas également le grand-archidiacre d´Évreux ? À nous de le faire connaître, ainsi que ses ouvrages. Rappelons encore que c'est dans sa maison natale de Montfort-sur-Meu qu'une délégation de l'Archiconfrérie célébra la Messe de S. Jean-Marie Vianney, le 8 août dernier, coeur de l'Année sacerdotale décrétée par Notre Saint-Père le Pape.

Litanies de saint Louis-Marie Grignion de Monfort

Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, ayez pitié de nous,
Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous,
Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie, priez pour nous.
Médiatrice de toutes les grâces, priez pour nous.
Reine des coeurs, priez pour nous.
Saint Louis-Marie de Monfort, priez pour nous,
Saint Louis-Marie,  fidèle imitateur de Jésus-Christ, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, prédicateur éloquent de la Croix, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, chantre du Sacre-Coeur, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, dévot esclave de Jésus en Marie, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, apôtre du très saint Rosaire, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, homme d'oraison, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, prodige de mortification, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, amant passionné de la pauvreté, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, champion intrépide de la vérité, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, défenseur ardent de la foi catholique, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, zélateur infatigable de la gloire de Dieu et du salut des âmes, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, restaurateur des temples du Seigneur, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, père des pauvres, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, secours des infirmes et des malades, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, instituteur de l'enfance et de la jeunesse, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, fondateur de congrégation religieuses, priez pour nous,
Saint Louis-Marie, modèle des prêtres et des missionnaires,
Obtenez-nous la véritable sagesse, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous l'esprit de foi, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous l'esprit de prière, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous l'esprit d'humilité, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous l'amour de la croix, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre vraie dévotion à Marie, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre amour pour l'Église, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre dévouement au Vicaire de Jésus-Christ, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre obéissance filiale au Pape infaillible, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre courage dans les épreuves, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre amour de la vie cachée, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous votre zèle pour la conversion des pécheurs, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous la persévérance dans le bien, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous la grâce d'une bonne mort, saint Louis-Marie,
Obtenez-nous le règne de Jésus par Marie, saint Louis-Marie,

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
V. Priez pour nous, saint Louis-Marie Grignion de Monfort.
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de N.S. J.-C..

PRIONS
Ô Dieu, qui avez fait de saint Louis-Marie un prédicateur éminent du Règne de votre Fils unique, et par lui avez suscité dans votre Église une double famille religieuse; daignez nous accorder, selon son enseignement et à son exemple, la grâce de servir toujours sous le joug suave de la bienheureuse Vierge Mère, ce même Fils bien-aimé qui vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Chant Vive Jésus composé par S. Louis-Marie
1.Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! Oh ! Qu'il est bien juste qu'on L'aime,
Puisqu'en expirant sur ce bois, Il nous aima plus que Lui-même.
Chrétiens chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! (bis)
2. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! C'est l'étendard de la victoire ;
De ce trône Il donne Ses lois, Il conquiert le ciel et sa gloire.
3. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! De nos biens la source féconde !
Saint autel où le Roi des rois En mourant rachète le monde.
4. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! La chaire de son éloquence,
Où me prêchant ce que je crois, Il m'apprend tout par son silence.
5. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! Ce n'est pas le bois que j'adore,
Mais c'est mon Sauveur, sur ce bois, Que je révère et Que j'implore.
6. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! Dans la main du Juge inflexible.

Les damnés tremblant à sa voix, Te verront, ô croix invincible !
7. Vive Jésus ! Vive Sa Croix ! Prenons-la pour notre partage
Ce juste, cet aimable choix Conduit au céleste héritage.

Lien vers les ouvrages en ligne de saint Louis-Marie : Oeuvres de S. Louis-Marie

Voici la suite des Saintes Voies de la Croix, au chapitre VIe.

Les croix sont une marque de prédestination et d'une haute prédestination

Ô éternité ! Ô éternité, que tu entres peu dans l'esprit des hommes ! Leur aveuglement est si déplorable qu'ils sont tous plongés dans la pensée de ce qui ne fait que passer, et ils ne s'occupent de rien moins que de ce qui est éternel. Il est bien vrai encore que l'éternité entre peu dans les âmes qui en sont même les plus pénétrées, parce que tous les hommes ne peuvent la comprendre ; mais en même temps il est aussi vrai qu'elle comprendra tous les hommes. Ô éternité, tous les hommes entreront, pour n'en sortir jamais, dans les abîmes dont la profondeur n'a point de fin. Mon âme, voilà de grandes vérités qui nous regardent, dont nous aurons l'expérience, et dans peu. Bientôt nous allons entrer dans cette éternité, après quelques années qui nous restent, s'il nous en reste encore. Sera-ce dans l'éternité bienheureuse ou malheureuse ! C'est ce que nous ne savons pas. Ô incertitude épouvantable : j'aperçois les colonnes du ciel qui en tremblent : je vois que ceux qui doivent juger le monde en pâlissent d'effroi. Cependant, tremblons tant qu’il nous plaira, faisons de nos yeux des sources intarissables de larmes, il en faut passer par là. Ô mon âme, dans peu, encore une fois, nous y allons passer.
C'est donc en ce sujet qu'il faut prendre des mesures bien justes : s'y tromper, c'est se perdre sans ressource. Hélas ! Ô pensée terrible ! c'est une damnation assurée. Les docteurs se présentent, et les saints Pères, qui nous donnent des signes de prédestination, c'est-à-dire, des marques pour connaître si l'on possédera la bienheureuse éternité. Ils en apportent plusieurs qui demandent de profonds respects, qui sont bien capables de consoler. Mais écoutons celui qui ne peut se tromper et qui ne peut tromper, le Saint-Esprit, l'Esprit de vérité. Assurément les choses qu'il révèle sont infaillibles.
J'entends donc qu'Il dit dans l'Écriture : Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec leur vie et leurs convoitises. (Galat. V, 24) Ô mon âme, il faut donc être crucifié pour être à Jésus-Christ. J'entends qu'Il dit que celui qui hait son âme en ce monde la garde pour la vie éternelle. (Joan. XII, 25) Voilà qui nous apprend qu'il faut se haïr pour être sauvé ; et si certainement, qu'Il assure, pour ôter tout doute, que celui qui s'aime se perdra. J'entends qu'Il dit, que les élus sont des gens que le Père éternel a prédestinés pour être conformes à l'image de Son Fils. Donc la véritable marque de la prédestination se trouve dans la ressemblance que l'on a avec ce Fils bien-aimé. Arrêtons, arrêtons donc nos yeux sur ce divin original, pour en devenir de véritables copies ; et de temps en temps regardons-nous pour voir si nous lui ressemblons. C'est ce qui doit faire notre règle en matière de salut ! Vous qui lisez ceci, prenez-y garde. Êtes-vous semblable à Jésus-Christ ? Ô mon âme, nous qui écrivons ces vérités, lui sommes-nous semblables ! On entendit, dit l'Écriture, une voix des cieux, qui disait : Vous êtes mon Fils bien-aimé (Matth. XVII, 15) : et incontinent l'Esprit Le chassa dans le désert, et il y était avec les bêtes, comme le rapporte saint Marc. Aussitôt que le ciel déclare que l'adorable Jésus est Fils bien-aimé du Père éternel, aussitôt le voilà dans la souffrance. Mais hélas ! toute sa vie n'a été qu'une continuelle croix. Si l'on demande au Fils de Dieu que Son favori, saint Jean l'Évangéliste, soit assis auprès de lui en son royaume, Il demande s'il peut boire Son calice. Voilà la condition nécessaire dont les favoris ne sont pas exempts. Benjamin, dans l'ancienne loi, était la figure des prédestinés ; aussi la coupe ou calice lui est donnée ; présent, dit saint Ambroise, qui ne se fait qu'à l'un de tous les enfants de Jacob. On donne bien du blé à tous ; mais le calice est réservé pour un seul. Enfin, notre grand docteur du salut, l'adorable Jésus, nous enseigne que ses disciples pleureront, et que le monde se réjouira, ce monde qui ne connaît pas Dieu et qui est Son ennemi. On ne peut donner des marques plus visibles du salut. Les pleurs et les larmes, selon la doctrine d'un Dieu-Homme, sont le partage des prédestinés.
Mais ces marques sont-elles si certaines et si générales qu'elles conviennent à tous les élus ? Il n'y a point à douter, puisque le Saint-Esprit nous assure très clairement, en l'épître des Hébreux, que Dieu reprend et châtie tous Ses enfants. Qui dit tous n'en excepte pas un. Et afin de ne laisser aucun subterfuge à l'esprit humain, Il appelle ceux qui ne sont pas châtiés des illégitimes, et non pas de véritables enfants. L'Écriture peut-elle parler plus clairement ? C'est pourquoi saint Augustin ne fait pas difficulté de dire que celui qui n'est pas au nombre des personnes qui souffrent n'est pas au nombre des enfants de Dieu : qu'il ne faut pas espérer l'héritage du salut, sans participer à la croix ; que c'est bien se tromper que de vouloir s'exempter des peines en cette vie, aucun des élus n'en ayant pas été exempt. Voulez-vous l'entendre, dit ce Père ? Dieu n'a qu'un Fils naturel, Qui est l'innocence-même, et Qui est impeccable, et cependant Il ne L'a pas exempté de la loi des souffrances. Un saint évêque, bien pénétré de cette vérité, ayant rencontré un homme qui lui dit qu'il avait toujours été dans l'honneur et dans l'aise, jouissant d'une bonne santé, au milieu d'une abondance de biens, et d'une famille qui était toute dans la prospérité : Hélas ! s'écria ce prélat, voilà de grands signes de la colère de Dieu ; fuyons bien vite d'une maison où il ne paraît aucune croix. À peine était-il sorti que la colère de Dieu tomba sur cet homme et sur sa famille, qui furent tous accablés sous les ruines de leur maison.
Il faut dire de plus que les croix non seulement sont les marques de la prédestination, mais d'une haute prédestination : cela se voit manifestement en la personne de Notre-Seigneur, de la très-Sainte Vierge, et des plus grands Saints, qui ayant été élevés à une plus haute sainteté, ont été chargés de plus pesantes croix. Ces pierres vives, dont le Tout-Puissant bâtit la Jérusalem céleste, sont, comme le chante l'Église, polies par le coup des afflictions. Or, dans cette grande cité de la Jérusalem céleste, tous les prédestinés y ont chacun une demeure particulière, qui, à proportion qu'elle doit être ample et élevée, demande plus ou moins de travail. Le peu de travail que l'on fait pour commencer et achever est une marque bien évidente que ce n'est pas grand-chose. Courage donc, ô mon âme qui souffrez : toutes vos peines ne servent qu'à l'accroissement de votre gloire. Voyez-vous tous ces gens qui s'unissent pour vous faire souffrir ; ces démons qui vous attaquent avec rage ; ces hommes méchants qui vous font des persécutions si injustes, ces bons qui s’y mêlent, pensant bien faire ; ces amis qui vous laissent, ces proches qui vous rebutent ? Ce sont autant d'ouvriers qui travaillent à vous faire de glorieuses couronnes. Oh ! les bons ouvriers ! Et qu'ils sont aimables, si vous les connaissez bien, et si vous les regardez par les yeux de la foi, et non par les yeux de la chair ? Oh ! Que bienheureux sont ceux qui pleurent ! Demeurons-en aux sentiments d'un Dieu, quoi qu'en pensent les créatures. Ô mon âme, les heureuses nouvelles ! Nous régnerons, nous régnerons avec le grand Roi Jésus, si nous souffrons avec lui.

jeudi 22 avril 2010

S. Anselme du Bec

Nous célébrions hier la fête de S. Anselme de Cantorbéry, qui fut abbé du Bec-Hellouin dans notre diocèse. Noble piémontais, il fit ses études à l'abbaye Notre-Dame du Bec dont il fut élu abbé en 1078, et où il eut pour élève Anselme de Laon. Nommé archevêque de Cantorbéry en 1093, il déplut au roi Guillaume II le Roux qui voulait soumettre l'Église à son autorité, tandis qu'Anselme voulait aller à Rome recevoir son pallium du bienheureux pape Urbain II. Il fut forcé à l'exil par le roi et mourut fidèle le 21 avril 1109, il y a 901 ans.

L'Archiconfrérie célèbrait également hier la solennité du Patronage de S. Joseph, un patron discret mais si puissant, aux dires de sainte Thérèse d'Avila notamment.

jeudi 15 avril 2010

Nouveaux confrères

L'Archiconfrérie des saints Anges rend grâces à Dieu pour les deux nouveaux membres admis en son sein, le samedi 10 avril dernier. L'occasion de rappeler l'importance de la récitation de la prière commune quotidienne.

mardi 6 avril 2010

1er mardi du mois

L'Archiconfrérie fait célébrer comme chaque 1er mardi du mois une Messe en l'honneur de S. Michel pour le salut de l'Eglise et de la France. La célébration aura lieu ce soir, à 21 h, en l'église Saint-Aubin de Pacy. Le petit pèlerinage de la cathédrale Notre-Dame d'Evreux à la colline Saint-Michel est avancé de quelques heures.
Le bedeau vous attend !

lundi 5 avril 2010

355e anniversaire de la 1re Messe de M. Boudon

12 mars 1654 : Inauguration de l'Adoration perpétuelle par la Reine Anne d'Autriche chez les Bénédictines du Saint-Sacrement rue du Bac à Paris, où Monsieur Boudon célébrera sa première Messe un an plus tard.

« Je vous donne le même avis à présent que j’ai donné autrefois à M. Gontier, Grand-Vicaire de Dijon, au sujet de la dévotion envers cette digne et toute bonne Mère, et de la célébration du sacrifice de la sainte Messe pour la 1ère fois, que c’est une grande grâce de l’offrir au jour de quelqu’une de ses Fêtes : ce bon Monsieur retarda assez pour ce sujet. Pour moi, notre Seigneur me fit la grâce de différer de trois mois ». Voilà ce qu'écrivait l'abbé Henri-Marie Boudon à M. Bosguérard, le 13 juin 1669.
C'est en effet le 5 avril 1655, deuxième lundi après Pâques, que le vénérable Grand-Archidiacre d'Evreux avait choisi pour célébrer sa première Messe, trois mois après son ordination, comme il était de coutume à l'époque, après avoir complété sa formation auprès de Monsieur Bourdoise, grand admirateur de saint François de Sales. L'on célébrait ce jour-là la fête de l'Annonciation, reportée du fait de la Semaine Sainte. Ce moment si important pour notre admirateur et défenseur du Sacerdoce catholique, Monsieur Boudon choisit de le célébrer en un haut lieu de la spiritualité catholique : la rue du Bac, en l'église du monastère des Bénédictines du Saint-Sacrement de sa fidèle amie Mère Mechtilde du Saint-Sacrement.
Demandons à notre vénérable Fondateur d'intercéder "pour la sanctification, l'exemplarité et la régularité du Clergé" catholique, comme le demande la prière de Mgr Nourrichard. Ce 5 avril correspond aujourd'hui au Lundi de l'Ange...

Lundi de l'Ange

Nolite timere : scio enim quod Jesum quaeritis, alleluia !
Ne craignez pas : je sais que vous cherchez Jésus, alleluia !
Voici huit ans que furent jetées les bases du relèvement de l'Archiconfrérie des saints Anges du vénérable Monsieur Boudon : l'occasion de rendre grâces au Seigneur et à Sa Très Sainte Mère, leur Souveraine. L'occasion également de vous inviter à la Messe du 1er mardi du mois en l'honneur de saint Michel pour la France, demain, Mardi de Pâques, en l'église Saint-Aubin de Pacy-sur-Eure, à 21 h.

Conclusion de la Dévotion aux neuf Choeurs des saints Anges de l'abbé Henri-Marie Boudon, par le dessein d'une association en leur honneur.
Il y a plusieurs confréries ou associations, dont les fins sont bien différentes ; car les unes ont pour fin la délivrance de quelque mal temporel, quoique Dieu y soit considéré principalement et en premier lieu, ce qui est absolument nécessaire ; ainsi l'on voit des confréries en l'honneur de saint Sébastien, pour être préservé de la peste, et d'autres en l'honneur de saint Firmin, pour être délivré de la goutte.
Il y en a d'autres qui ne regardent que l'intérêt spirituel, comme, par exemple, pour obtenir la grâce d'une bonne mort, et d'être délivré de l'enfer. Or celle dont nous parlons n'aura qu'une seule et très unique vue en toutes choses, le seul intérêt de Dieu seul, dans un entier oubli de tout ce qui n'est pas Dieu : et comme il y va de son intérêt que l'empire de Jésus et de Marie soit établi par toute la terre, elle aurait pour fin cet heureux règne de cet adorable roi, et de cette grande souveraine des anges et des hommes. Il y a tant de gens qui sont occupés par tout le monde de leurs propres intérêts et des intérêts des créatures leurs semblables ; c'est l'intérêt qui donne le branle et le mouvement à toutes choses, qui est la cause de la division des plus proches, de toutes les disputes et procès, des tristesses, des ennuis, des inquiétudes, des guerres dans les États, des empressements dans toutes les affaires, du trouble dans les consciences, et enfin de tous les malheurs que nous voyons en cette misérable vie.
S'il se trouve quelques personnes dégagées de l'intérêt temporel, elles seront attachées avec imperfection à leur intérêt spirituel et il est bien rare de trouver des âmes qui ne veulent plus que Dieu seul. C'est à quoi cette dévotion tâche de remédier, ne considérant que le pur intérêt de Dieu. Hélas ! Toutes les rues des villes sont pleines d'une foule de monde, les palais d'une multitude nombreuse de personnes qui vont, qui courent, qui s'inquiètent pour le propre intérêt. On court la poste, on fait de longs et pénibles voyages, on passe les mers, on s'y expose mille fois à la mort, on va jusqu'aux extrémités de la terre, on abandonne parents, enfants, amis, et tout ce que l'on a de plus doux en la vie pour le soutenir ; on lève des armées, on assemble des soldats, on sacrifie la vie pour sa défense, l'on s'engage dans des états sans vocation, exposant son salut éternel pour l'intérêt du propre honneur, pour posséder le revenu de quelques bénéfices, pour entrer dans quelque charge : l'on y engage le salut de ses enfants : il n'y a que le seul intérêt du grand Dieu des éternités qui est négligé. Hélas ! que font les hommes pour cet intérêt sacré ? Or cette association tend à lier des âmes pour une si noble fin, et à faire de saintes troupes pour le grand roi Jésus et son aimable Mère, qu'il a associée à ses grandeurs, et rendue participante de ses couronnes.
L'association serait en l'honneur de tous les neuf chœurs des anges, pour les prier de s'unir avec nous, et faire une sainte union du ciel et de la terre, pour obtenir l'avènement du règne de Dieu. Comme ce sont des esprits entièrement désintéressés, qui n'ont jamais eu le moindre mouvement pour leur propre intérêt, qui ont été toujours tout perdus dans le pur amour, dans l'amour de Dieu seul, qui ont combattu dès le commencement du monde pour l'intérêt de Dieu, et pour la querelle du Verbe incarné ; l'on ne peut choisir de meilleurs protecteurs, ni des intercesseurs plus puissants pour obtenir la grâce du règne du pur amour de Jésus et de Marie. On les honore tous, on les invoque tous, afin d'appeler tout le ciel à notre secours, et rendre notre union plus forte contre la rage de l'enfer et la malice des hommes, qui travaillent sans cesse à la destruction de l'empire de Dieu par l'empire du péché.
Les associés, le jour de leur entrée, ou quelques jours auparavant, feraient une confession générale de toute leur vie, s'ils n'en ont jamais fait, prenant garde, s'ils en ont fait, de ne pas recommencer par scrupule ; ainsi ils ne feront rien en cela que selon l'avis de leur directeur. Ces confessions sont très nécessaires à la campagne, plusieurs de ces pauvres gens ayant honte de se confesser de leurs péchés aux prêtres avec qui ils sont fort souvent ; c'est pourquoi il est bon que leurs pasteurs, d'eux-mêmes, leur insinuent quelque bon confesseur extraordinaire, prenant garde non-seulement à sa capacité et bonté, mais à la facilité et ouverture de cœur qu'ils y pourront avoir, leur témoignant qu'ils leur feront plaisir d'en user de la sorte, et les y invitant doucement et par plusieurs fois, bien loin de leur en faire froid, et leur en marquer de la répugnance. Outre la honte que l'on a de dire les péchés mortels, le défaut de regret et de dessein de s'en corriger demande une bonne confession générale, par une revue de toute sa vie.
L'on communierait le jour de l'entrée, et tous les ans à la fête de Saint-Michel, le premier jour ou le premier dimanche de mars, et l'on serait exhorté de le faire encore tous les mois au dimanche que l'on aura choisi pour y honorer spécialement les saints anges.
Tous les jours on réciterait neuf fois le verset Gloria Patri, ou neuf fois la Salutation angélique, en l'honneur des neuf chœurs des saints anges, et l'on se souviendrait de dire de temps en temps, par forme d'oraison jaculatoire, ces paroles du Pater : Adveniat regnum tuum : « Ô Seigneur, que votre règne arrive ! » mais on les dirait bien plus de cœur que de bouche, entrant dans des désirs ardents de l'empire de Jésus et de Marie.
On choisirait un dimanche le plus commode dans le mois, et le moins occupé ordinairement aux autres dévotions de confréries, comme, par exemple, le troisième ; et dans ce jour, à l'imitation des autres saintes confréries, l'on célébrerait une messe en l'honneur des anges, si cela se peut commodément, et en cas qu'il y ait plusieurs prêtres en la paroisse, l'office du dimanche ne devant pas être interrompu ; s'il n'y a que le seul curé qui est obligé à la messe paroissiale, on y ferait la procession après vêpres, y chantant des hymnes et répons en l'honneur de ces glorieux esprits, et l'on y pourrait porter l'image du saint ange, que l'on ferait faire à ce dessein : on tâcherait d'y donner aussi quelque sermon, ou petit discours, ou instruction au sujet de cette dévotion.
Tous les ans on prendrait un jour plus particulièrement qui serait la grande fête de l’association, comme le jour de saint Michel à la fin de septembre ; ou parce que souvent en ce temps les personnes des villes sont à la campagne, et celles de la campagne dans les occupations qui leur restent de la moisson ou de la vendange, on pourrait prendre le premier dimanche de mars, qui donnerait occasion d'avoir un prédicateur avec facilité, à raison du carême ; ou le dimanche le plus proche après le huitième de mai, que se fait la fête de l'apparition de saint Michel ; et ce jour on demanderait une permission à l'ordinaire d'exposer le très-saint sacrement, on le porterait en procession, on ferait l'office solennel, il y aurait sermon, et tous les associés ne manqueraient pas d'y communier et de la célébrer avec toute la dévotion possible. La veille, si l'on n'y jeûnait pas hors le temps de carême, au moins l'on y ferait quelque abstinence ; et, pour s'y disposer, l'on ferait la visite de quelque pauvre ou l'on donnerait quelque aumône, si l'on en avait le moyen. L'on visiterait quelque chapelle ou autel dédié à Dieu, sous l'invocation de ces princes du ciel.
Tous les mardis seraient des jours d'une dévotion spéciale, consacrés particulièrement à ces bienheureux esprits. On entendrait la messe ce jour en leur honneur, si la commodité le permettait, et l'on se souviendrait de penser à eux avec encore plus d'application qu'à l'ordinaire. De plus, la fête de Notre-Dame des Anges, qui se célèbre le second d'août, serait dans une vénération très particulière, comme le jour auquel la très sacrée Vierge est honorée en qualité de leur souveraine et bien-aimée dame et maîtresse.
Il y aurait un registre ou livre pour y écrire les noms de tous les associés de l'un et l'autre sexe qui seraient reçus par le supérieur de l'association, ou par quelque autre député de sa part, sans prendre quoi que ce soit pour la réception des confrères et sœurs, pour donner lieu aux personnes les plus pauvres d'y entrer sans difficulté, laissant à la liberté d'un chacun de donner à sa dévotion pour l'entretien des ornements, luminaires et autres choses nécessaires. Je ne doute pas que dans les grandes villes l'on ne trouve toujours suffisamment pour faire célébrer les messes et pour les autres dépenses nécessaires. Mais comme-il est plus difficile dans les villages, on travaillerait à y procurer quelques fondations, ce qui serait aussi à souhaiter pour les villes ; et l'on pourrait recevoir quelque peu de chose, comme, par exemple, deux sous des confrères tous les ans, prenant garde néanmoins à ne rien demander des pauvres ; et pour ce sujet il y aurait un trésorier ou une trésorière qui recevrait ce qui serait donné, et qui en rendrait compte chaque année dans un jour arrêté par la confrérie.
Tous les trois mois, ou au moins deux fois l'année, le supérieur avec les principaux de l'association s'assembleraient pour délibérer des moyens d'établir et d'augmenter la dévotion des saints anges : et pour cette fin on y lirait le chapitre précédent, qui en donne de différentes vues, chacun proposant simplement les lumières qu'il en aurait.
Tous les confrères se souviendraient que l'association ayant pour fin l'empire de Jésus et de Marie, qui ne s'établit que par la connaissance et l'amour de Dieu, ils ont une obligation spéciale de faire instruire leurs enfants et domestiques des mystères de la foi, et en apprendre eux-mêmes les vérités les plus nécessaires, qu'ils n'ignorent que trop souvent. Ils ne manqueraient pas de les enseigner aux pauvres qu'ils visitent ou à qui ils donnent t'aumône, de travailler par leurs soins auprès des prélats ou curés, à ce que le catéchisme se fasse avec exactitude ; de procurer, selon leur pouvoir, des missions dans les campagnes, et surtout de contribuer en tout ce qu'ils pourront pour les missions étrangères, qui est le moyen de faire régner Jésus-Christ dans ces pays infidèles assujettis à la tyrannie du démon.
Ils auraient grand soin du très-saint sacrement de l'autel et de tout ce qui le regarde, comme des ciboires, calices, tabernacles, ornements, corporaux, autels ; et ils tâcheraient de l'accompagner quand on le porte aux malades, gardant une modestie extrême dans nos églises, ayant en horreur les moindres irrévérences qui s'y commettent, n'y parlant jamais, tâchant d'empêcher les immodesties qui s'y font. Ils seraient exhortés à la fréquentation des sacrements avec la disposition requise, à l'oraison mentale, à la lecture des bons livres, à l'examen de conscience, à prier Dieu en commun tous les soirs avec toute leur famille, à assister les pauvres, et à la solide pratique de toutes les autres vertus.
Ils fuiraient avec horreur le péché et toutes les occasions de péché, surtout l'impureté, qui est le péché le plus opposé à la pureté des anges. Ils éviteraient toutes les choses qui y portent, comme la trop grande familiarité entre personnes de différents sexes, les paroles à double entente, les privautés indécentes, les chansons et lectures qui peuvent choquer le moins du monde les oreilles chastes ; et ils travailleraient à ruiner ce maudit péché, le plus grand ennemi du règne de Jésus-Christ, non-seulement en leurs personnes, mais en toutes celles où ils pourraient avoir de l'accès. Ils tâcheraient de gagner à Notre-Seigneur les âmes malheureusement engagées dans ce vice, et leur donneraient, avec douceur et une charité toute cordiale, toute la subsistance nécessaire pour les en retirer, prenant bien garde de leur donner sujet de continuer dans leurs offenses par le défaut de secours, par leurs rebuts ou certaine dureté de cœur, dont plusieurs répondront sévèrement au rigoureux tribunal de Dieu. Toutes les inimitiés, querelles, médisances doivent être bannies des cœurs des personnes qui font profession d'aimer les anges ; mais elles doivent aimer ceux qui les haïssent, et faire du bien à ceux qui ne leur font que du mal.
Enfin, dans les grandes villes, l'on pourrait prendre neuf jours, qui seraient destinés pour faire une grande solennité en l'honneur des neuf chœurs des anges. L'on pourrait pendant tout ce temps-là exposer le tressaient sacrement, à l'exception du temps où le peuple s'assemble pour entendre le sermon (c'est une chose qui est bien digne d'être remarquée, car il s'y fait toujours mille irrévérences) ; si l'on pouvait, il y aurait tous les jours sermon, et l'office des anges s'y ferait les jours qui ne seraient pas empêchés ; il y aurait chaque jour une messe solennelle, et un salut au soir, et l'on n'y oublierait rien de ce qui se pratique dans les plus grandes fêtes, et de tout ce qu'une sainte dévotion peut suggérer. L'on choisirait quelque temps pour ce sujet qui serait le plus libre de fêtes, afin de pouvoir, avec plus de liberté, faire l'office des anges. Il semble que le dimanche de la Quasimodo serait propre pour commencer cette solennité, arrivant souvent dans le mois d'avril, qui est peu occupé, et puis c'est dans ce temps-là que le monde est plus dans les villes, et par suite qu'il y peut se rencontrer un plus grand concours de peuples.

Christus surrexit vere, ALLELUIA !!!

"Le Christ est vraiment ressuscité, alleluia !!!"

Sainte Fête de la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ !

Auguri, Très Saint Père !!!

Bénédiction Urbi et Orbi de Pâques 2010 de Notre Saint Père le Pape (21'21).

Voici les paroles que lui a adressées le doyen des Princes de l'Eglise, le cardinal Angelo (cela tombe bien, c'est le lundi de l'Ange...) Sodano :

"Bonne Pâque, Saint-Père (Padre Santo), l'Eglise est avec toi, doux Christ en terre"

"La liturgie de l'Eglise nous invite à une sainte joie. Même si la pluie tombe sur cette place historique, le soleil resplendit dans nos cœurs, et nous nous serrons autour de vous, roc indéfectible de la Sainte Eglise du Christ. Nous vous sommes profondément reconnaissant pour Votre grande force d'âme, et Votre courage apostolique. Nous admirons le grand amour qui avec un cœur de père fait siennes les espérances de toute l'humanité, en particulier ceux qui sont dans le besoin.
Aujourd'hui, à travers moi, toute l'Eglise, en chœur, désire vous dire, bonne Pâque, bien-aimé Saint-Père, l'Eglise est avec vous, avec vous les cardinaux, vos collègues de la Curie romaine, avec vous les évêques qui guident les 3000 circonscriptions ecclésiastiques, et les 400.000 prêtres qui servent généreusement le Peuple de Dieu dans les paroisses, les écoles, les hôpitaux, les missions. Avec vous, aussi, le peuple de Dieu qui ne se laisse pas impressionner par les commérages. Comme vous nous l'avez enseigné jeudi, Jésus, insulté, ne répondit pas aux insultes, et nous secourt dans l'épreuve: dans le monde, nous dit-il, vous aurez des peines, mais ayez courage, j'ai vaincu le monde."