dimanche 17 décembre 2017

3e dimanche de l'Avent - Dimanche de Gaudete

Vierge enceinte. En Marie, le Verbe,
la Parole de Dieu s'est faite chair.


Le 3e dimanche de l'Avent, le blanc de la fête qui s'annonce, celle de la Nativité du Sauveur, s'invite dans le dur violet du temps de l'Avent.

Le violet mêlé de blanc nous offre ce rose de la joie, comme l'annonce de l'aurore des temps nouveaux inaugurés les nuits de Noël et de Pâques.

Jésus, le Soleil de Justice, vient à notre rencontre. Il vient mettre en lumière nos vies, nos joies comme nos peines.

Avant qu'Il ne paraisse, plaçons-nous d'ores et déjà dans sa douce lumière, en nous confessant, en Lui livrant nos cœurs et nos vies. Il vient, offrons-Lui tout, dès maintenant. Car après il sera trop tard.

Alors aimons sans mesure notre Dieu et notre Roi et vivons un saint Avent, pour sa gloire et notre Salut.



Du saint Pape Jean-Paul II, Allocution du 27 novembre 1983

La joie est une composante fondamentale du temps sacré qui commence. L’Avent est un temps de vigilance, de prière, de conversion, en plus d’une attente fervente et joyeuse. Le motif est clair : « Le Seigneur est proche » (Ph 4,5).

La première parole adressée à Marie dans le Nouveau Testament est une invitation joyeuse : « Exulte, réjouis-toi ! » (Lc 1,28 grec). Une telle salutation est liée à la venue du Sauveur. À Marie la première est annoncée une joie qui par la suite sera proclamée à tout le peuple (Lc 2,10) ; elle y participe d’une manière et dans une mesure extraordinaire. En elle la joie de l’ancien Israël se concentre et trouve sa plénitude ; en elle le bonheur des temps messianiques éclate irrévocablement. La joie de la Vierge Marie est en particulier celle du « petit reste » d’Israël (Is 10,20s), des pauvres qui attendent le salut de Dieu et qui font l’expérience de sa fidélité.

Pour participer à cette fête nous aussi il est nécessaire d’attendre avec humilité et d’accueillir le Sauveur avec confiance. « Tous les fidèles, qui par la liturgie vivent l’esprit de l’Avent, en considérant l’amour inexprimable avec lequel la Vierge Mère attendait le Fils, seront amenés à la prendre comme modèle et à se préparer pour aller à la rencontre du Seigneur qui vient, ‘ vigilants dans la prière et remplis d’allégresse ‘ » (Bx. Paul VI, Marialis cultus 4 ; Missel romain).




jeudi 14 décembre 2017

Venez, venez, venez !

L'adoration du Saint Nom de Jésus, par Jean Senelle, 1605
Notre Dame, enceinte, tabernacle véritable de la
Présence de Dieu parmi les hommes.


Préface de l’Avent selon le rite de S. Pie V et de S. Jean XXIII, à l’usage des Diocèses de France


Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut,
de vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint,
Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ notre Seigneur.

Car c’est Lui qu’en votre miséricorde et votre fidélité
vous avez promis comme Sauveur au genre humain en perdition :
Lui dont la vérité instruirait les ignorants,
Lui dont la sainteté justifierait les impies,
Lui dont la force soutiendrait les faibles.
Les Anges à la Crèche

Maintenant donc qu’approche le moment où doit venir Celui que vous allez envoyer
et que luit déjà le jour de notre délivrance
confiants en vos promesses, 
nous exultons de saintes joies.

C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, 
avec les Trônes et les Dominations, 
avec la troupe entière de l’armée céleste,
nous chantons une hymne à votre gloire, redisant sans fin :

Saint, Saint, Saint


mardi 12 décembre 2017

Notre Dame de Guadalupe, priez pour nous

Saint Juan Diego montrant l'image de la Mère de Dieu
vénérée à Guadalupe. Le miracle des roses.
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 211

J’invoque l’immaculée Vierge Mère de Dieu, notre grande Reine, notre fidèle Avocate, notre bonne Maîtresse, notre sainte Médiatrice, notre puissante Protectrice, notre très douce et très miséricordieuse mère, pour qu’elle vienne nous secourir.

Elle est appelée avec justice, et elle l’est en effet, Notre Dame de Bon Secours. C’est la créature de Dieu seul par excellence, en ayant la plénitude plus que tout le reste des créatures.






dimanche 10 décembre 2017

2e dimanche de l'Avent


De Saint Ælred de Rievaulx, « Sermon pour l’Avent »


Voici arrivé pour nous, frères très chers, le temps où nous devons « chanter amour et jugement pour le Seigneur » (Ps 100, 1). C’est l’Avent du Seigneur, l’avènement du Maître de tout qui vient et qui va venir (Ap 1, 8).

Vierge Marie, enceinte.
Adorons-Le comme au tabernacle
Mais comment et où va-t-il venir ; comment et où vient-il ? N’a-t-il pas dit : « Je remplis le ciel et la terre ? » (Jr 23, 24) Comment vient-il donc au ciel et sur terre celui qui emplit ciel et terre ? Écoute l’Évangile : « Il était dans le monde et le monde a été fait par lui et le monde ne l’a pas connu » (Jn 1, 10). Il était donc présent et absent à la fois : présent, car il était dans le monde ; absent car le monde ne l’a pas connu... Comment n’aurait-il pas été loin, celui qui n’était pas reconnu, en qui l’on ne croyait pas, qui n’était pas craint, que l’on n’aimait pas ?...

Il vient donc pour qu’on le connaisse, celui qui n’était pas reconnu ; pour qu’on le croie, celui en qui l’on ne croyait pas ; pour qu’on le craigne, celui qui n’était pas craint ; pour qu’on l’aime, celui qui n’était pas aimé. Celui qui était présent par sa nature vient dans sa miséricorde... Pensez un peu à Dieu et voyez ce que cela représente pour lui de déposer une si grande puissance, comment il humilie un si grand pouvoir, comment il affaiblit une si grande force, comment il rend déraisonnable une si grande sagesse. Était-ce un devoir de justice envers l’homme ? Certainement pas !...

La Sainte Famille adorée par les myriades angéliques
Vraiment, Seigneur, ce n’est pas ma justice, mais ta miséricorde, qui t’a conduit ; ce n’est pas ton indigence, mais mon besoin. Tu as dit en effet : « La miséricorde est bâtie dans les cieux » (Ps 88, 3). C’est bien cela, parce que la misère abondait sur la terre. Voilà pourquoi « je chanterai pour toi, Seigneur, la miséricorde » que tu as manifestée lors de ta venue... Quand il s’est montré humble dans son humanité, puissant en ses miracles, fort contre la tyrannie des démons, doux dans l’accueil des pécheurs, tout cela provient de sa miséricorde, tout cela vient de ses entrailles de bonté.

Voilà pourquoi, « je chanterai, Seigneur, la miséricorde » que tu as manifestée lors de ta première venue. Et à juste titre, car « la terre est remplie de la miséricorde du Seigneur » (Ps 118, 64).



vendredi 8 décembre 2017

Solennité de l'immaculée conception de la Mère de Dieu, la Très Sainte Vierge Marie, notre Dame et notre Mère



L'immaculée Mère de Dieu, Marie toute sainte, notre Mère.

Consécration à l’Immaculée Conception
de Saint Maximilien Kolbe

Immaculée-Conception,
Reine du ciel et de la terre,
Refuge des pécheurs et Mère très aimante,
à qui Dieu voulut confier tout l'ordre de la Miséricorde,
me voici à tes pieds, moi N... pauvre pécheur.

Je t'en supplie, accepte mon être tout entier
comme ton bien et ta propriété ;
agis en moi selon ta volonté,
en mon âme et mon corps, en ma vie et ma mort et mon éternité.

Dispose avant tout de moi comme tu le désires,
pour que se réalise enfin ce qui est dit de toi :
"La Femme écrasera la tête du serpent"
et aussi "Toi seule vaincras les hérésies dans le monde entier".

Qu'en tes mains toutes pures, si riches de miséricorde,
je devienne un instrument de ton amour,
capable de ranimer et d'épanouir pleinement
tant d'âmes tièdes ou égarées.
Ainsi s'étendra sans fin le Règne du Cœur Divin de Jésus.

Vraiment, ta seule présence attire les grâces
qui convertissent et sanctifient les âmes,
puisque la Grâce jaillit du Cœur Divin de Jésus sur nous tous,
en passant par tes mains maternelles.



Le pied virginal de Marie écrasant le serpent et le croissant.

jeudi 7 décembre 2017

Saint Michel Archange, défendez dans le combat pour la foi et la vérité le nouvel Archevêque de Paris

Les Anges portant l'église, la mitre et la crosse.
Que Saint Michel Archange bénisse celui qui sera bientôt le nouvel Archevêque de Paris. Qu’il soit fort dans la foi en étant son intrépide défenseur contre le mensonge et l’erreur, et un amoureux des Saints Noms de Jésus et de Marie comme son illustre Archange protecteur !



S.Em.R. le Cardinal André Vingt-Trois
Le Pape François a nommé, ce jeudi 7 décembre, Mgr Michel Aupetit archevêque de Paris. Le cardinal André Vingt-Trois est nommé administrateur apostolique du diocèse de Paris jusqu’à la prise de possession canonique de Mgr Aupetit, le 6 janvier.

Mgr Michel Aupetit était évêque du diocèse de Nanterre depuis 2014. Ordonné prêtre en 1995, il avait été vicaire général du diocèse de Paris de 2006 à 2014.
Le cardinal André Vingt-Trois est nommé administrateur apostolique du diocèse de Paris jusqu’à la prise de possession canonique de Mgr Aupetit, le 6 janvier. Ordonné prêtre en 1969, il était archevêque de Paris depuis plus de 12 ans.
Une messe d’action de grâce pour les douze ans d’épiscopat du cardinal Vingt-Trois au service de l’Église à Paris sera célébrée le samedi 16 décembre à 10h30 en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

L’installation de Mgr Aupetit sera célébrée le samedi 6 janvier à 18h30 en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

S.Exc.R. Mgr Michel Aupetit
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 154

Cependant avec tous mes maux, j’espère que la divine Providence ma toujours très bonne et très fidèle Mère, sous la protection de l’immaculée Vierge Mère de Dieu ma bonne Maîtresse, de saint Joseph, de saint Joachim, de sainte Anne, de saint Jean l’Evangéliste, de tous les bons Anges et Saints, et spécialement des sept premiers Princes, de mon bon Ange gardien, des bons Anges et saints Patrons des Diocèses de Paris et d’Evreux et des personnes qui y sont, nous conduira à Paris lundi prochain si elle nous laisse encore au monde.
La divine Providence me loge toujours à Paris chez M. Thomas, Conseiller, près la place Maubert, d’une manière digne de la charité des premiers Chrétiens.

Je salue bien le bon Ange qui vous garde, etc…

mercredi 6 décembre 2017

Saint Nicolas, priez pour nous

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 102

J’ai pensé, Monsieur, qu’il vous fallait vous faire recevoir Docteur dans l’école du Ciel où l’on apprend la science des Saints qui est la doctrine de notre bon Sauveur Jésus-Christ, remettant à d’autres temps à prendre le bonnet de Docteur dans les écoles de la terre.

Mon Dieu ! Monsieur, vous avez pensé mourir. Oh ! qu’à la mort il fait bon être Docteur de la science des Saints car le Ciel reçoit avec joie les Docteurs de son école. Saint Nicolas, votre bienheureux Patron, était l’un des grands Docteurs de cette école céleste car, ayant donné tout son bien aux pauvres quand il fut fait Evêque, il vendit encore ses livres qui lui restaient pour les leur donner, et le grand serviteur de Dieu de notre siècle, le Père de Condren, avait renoncé à l’héritage de son père, vendit encore ses livres pour en donner le prix aux pauvres ; cependant ce n’était pas dans des temps de misère et de besoins comme ceux où nous sommes.

Voilà ce que le Saint Esprit enseigne dans l’école de Jésus-Christ. Si j’étais donc en votre place, je donnerais aux pauvres ce que vous réservez pour le Doctorat de la terre. Ah, Monsieur ! Dieu seul ! rien que lui, rien que lui, rien que lui, ne plus voir de créature, s’oublier soi-même, ne plus voir que le seul Dieu du ciel et de la terre.

Je salue votre bon Ange, etc…



dimanche 3 décembre 2017

1er dimanche de l'Avent


L'Avent, du latin Adventus, avènement. 4 dimanches pour nous préparer à l'avènement du Roi de l'Univers. Non, nous ne nous préparons pas à la Nativité proprement dite - auquel cas nous aurions un peu plus de 2.000 ans de retard... c'était à Bethléem en Judée -, non, nous nous préparons à la venue dans la gloire du Sauveur du monde. 

"Il reviendra dans la gloire pour juger vivants et les morts". Venu une première fois dans la pauvreté et l'humilité pour nous donner sa vie sur la Croix. Présent dans son Eglise, sa Parole et ses Sacrements, celui de la divine Eucharistie en particulier. Il reviendra dans la gloire pour le Jugement dernier.

Sommes-nous prêts ? Suis-je prêt ? Et si c'était maintenant, dans quel état lui présenterai-je mon âme ? 

L'Avent ne nous prépare pas à célébrer d'abord la naissance du Sauveur. L'Avent nous prépare à la rencontre ultime, au face à Face, quand le Roi de l'Univers viendra pour séparer les boucs des brebis.

En ce temps de l'Avent qui commence, en cette neuvaine préparatrice à la fête de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu, redécouvrons la joie de prier quotidiennement, de recevoir le pardon de nos péchés dans la confession sacramentelle, de nous mettre au service du divin Maître.

Saint Avent à tous !
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dévotion au Règne de Dieu »

Mais ce n’est pas assez de renoncer au péché : les Chrétiens doivent apprendre avec l’Apôtre à renoncer aux désirs du siècle, c’est à dire des honneurs, des biens et des plaisirs de cette vie, pour vivre en ce monde sobrement, justement et religieusement, attendant l’avènement de la gloire du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ, et nous souvenant de ses vérités terribles mais indubitables.

Que le Royaume de Jésus-Christ n’est point de ce monde ! Que le Démon est le prince du monde ! et que cependant personne ne peut servir à deux maîtres.

Nous ne devons servir qu’à Dieu seul et c’est dans cette justice que consiste son Royaume ; c’est ce que nous devons demander instamment à sa suprême Majesté et, en cela, nous pratiquons une dévotion que lui-même a ordonnée.


mercredi 29 novembre 2017

Neuvaine à l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, du 29 novembre au 7 décembre

Tous les jours, au moins une dizaine de chapelet, suivie de la prière suivante ou d’une autre prière à sa convenance et de l’invocation : 
« O Marie, conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à vous » (3 fois). 


Confession ; communion le jour du 8 décembre ou un jour de l’octave.
 Prière proposée :
Très Sainte Vierge Marie, Reine des Anges et des Saints, Médiatrice de toutes grâces, nous trouvons refuge et protection auprès de votre Cœur immaculé, car vous êtes notre Mère.
Accordez-nous, comme vous l’avez promis aux trois pastoureaux de Fatima, de savoir offrir chaque jour notre vie pour le salut des pécheurs.
Que votre amour maternel touche les cœurs endurcis par le péché pour que tous les hommes, sauvés par le Sang de votre Fils versé sur la Croix, trouvent le chemin de l’amour, de la pénitence et de la réconciliation avec Dieu et avec leurs frères.
Alors, nous pourrons chanter tous ensemble et d’un seul cœur le triomphe de votre maternelle Miséricorde. Ainsi soit-il

+ Robert, cardinal Sarah
au Vatican, le 25 mars 2017

Son Éminence Révérendissime Robert Cardinal Sarah donnant la bénédiction du Très Saint Sacrement

lundi 27 novembre 2017

Notre Dame de la Médaille miraculeuse, priez pour nous

Médaille miraculeuse. Né méprisons pas
les dons de Dieu et de sa sainte Mère !
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « La gloire de la sainte Trinité », 4e pratique

Il faut ici remarquer l’aveuglement de quantité de personnes qui sont chargées de médailles bénites qui sont associées à des confréries à qui le Souverain Pontife a accordé plusieurs indulgences qui peuvent être appliquées aux défunts et qui les ignorent au lieu d’en faire un saint usage.

~ On donnera, dit saint Augustin conformément à l’Evangile, à celui qui aura bien usé des dons de Dieu, celui qui ne les fait pas profiter sera châtié. Le serviteur de l’Evangile qui avait caché son talent en terre fut jeté dehors dans les ténèbres ; prenons donc garde à ne pas rendre inutile le prix du sang du Sauveur de tous les hommes.

Manuel (enchiridion) des Indulgences
Pour ce sujet, ceux qui ont des médailles bénites ou qui sont associés dans quelque sainte confrérie doivent s’instruire des indulgences qu’elles peuvent gagner pour les âmes des personnes décédées. Le Pape Innocent XI a donné le pouvoir de leur appliquer toutes les indulgences des médailles ordinaires.

Il y en a pour tous les dimanches, les fêtes des apôtres, les fêtes de Notre-Seigneur de sa sainte Mère, et même pour tous les jours, en faisant les choses marquées. Il faut avoir le petit livre qui en parle. Il y a plusieurs jours de l’année, dans la plupart des grandes associations, où il y a délivrance d’une âme du purgatoire et où l’on peut leur appliquer les indulgences que l’on gagne pour elles dans les stations de Rome, que le Pape accorde à ces associations.



dimanche 26 novembre 2017

Ô Christ - Roi de l'Univers - aie pitié de nous !


De Dom de Mauléon

Autrefois, cette royauté universelle du Christ était proclamée à tout venant par le crucifix dont les bras s’étendaient sur les écoles, les tribunaux, les assemblées publiques.

Le Christ-Roi, en effet, se confond avec le Christ crucifié, et le trône de notre Souverain n’est que la croix sur laquelle il est mort.

Sa présence rappelait aux maitres la nécessité d’accorder leur enseignement avec la vérité éternelle, et l’obligation où ils seront un jour de rendre compte au Verbe de ce qu’ils auront dit. Elle rappelait aux juges la redoutable éventualité du Jugement général, où toutes leurs sentences seront révisées par Celui qui sonde les reins et les Cœurs. Elle rappelait aux législateurs leur devoir de travailler sans cesse en fonction de l’Ordre éternel fixé par Dieu, et avec le souci constant de conduire les hommes sur le chemin du salut.

Ainsi le Christ, silencieusement, du haut de cette croix à laquelle il s’est laissé clouer pour l’amour de nous, diffusait un rayonnement de justice et de miséricorde sur le gouvernement des peuples, et sa présence était pour tous une garantie de paix.


Mais hélas! on a enlevé le crucifix des tribunaux et des Parlements, comme on l’a enlevé des écoles et des hôpitaux. Au mépris de toute justice, au mépris de l’évidence, on a fait du Christ un ennemi de la société humaine. On a oublié  qu’après avoir dit " Rendez à Dieu ce qui est à Dieu", il avait dit aussi " Rendez à César ce qui est à César", et que sa doctrine était le seul fondement possible de l’autorité.

On a repris contre lui la politique des Princes de sa nation, telle que le Psalmiste l’avait annonée dix siècles à l’avance : " Les rois de la terre se sont dressés, et les princes se sont concertés contre le Seigneur Dieu, et pour faire périr son Christ. Brisons - ont ils dit - les liens dont ils veulent nous enlacer, et rejetons loin de nous le joug de leur loi. " Ps. II 2,3) On l’a fait entendre à nouveau, sans songer aux conséquences qu’avait entrainées pour les juifs ce solennel reniement.

Dieu, en effet, semble vouloir les prendre au mot, lorsque, devant Pilate, insensibles aux traitements odieux subis par l’homme qui, depuis trente-trois ans, les comblait de bienfaits, ils proclamèrent à l’envi : "Non habemus regem nisi Caesarem, nous n’avons d’autre roi que César." (Jean XIX.15) Puisque vous voulez César, ô Juifs, vous aurez César.

"Voici que le Seigneur a  été rempli de colère contre son peuple, avait dit, dans l’une de ses visions, le prophète Isaïe... Et il a fait signe au peuple qui domine les extrémités de la terre - (c’est à dire au peuple romain) - et voici qu’une armée composée de toutes les nations s’avance à marches forcées. Nul ne peine, nul n’est fatigué parmi ces soldats: ils ne prendront ni le temps ni de dormir, ni de sommeiller, ni de défaire le baudrier de leurs reins. Les courroies de leurs chaussures ne se corrompt pas. Leurs flèches sont perçantes et tous leurs arcs sont bandés. Les sabots de leurs chevaux sont durs comme la pierre et les roues de leurs chars ressemblent au bruit de la tempête. Le rugissement de cette armée est semblable à celui des lions, elle rugira comme les petits des lions. Elle frémira, elle saisira sa proie, elle l’embrassera étroitement et personne ne sera capable de la lui enlever. (Is. V 26-29)

Voici qu’ils font venir en effet, ces soldats romains les plus redoutables alors de l’univers. Avant un demi-siècle ils seront sous vos murs et le siège de Jérusalem dépassera en horreur les horreurs de tous les temps. Mais quand enfin, ajoutant la guerre civile à la guerre du dehors, vous vous entre-tuerez vous-même dans la ville encerclée; quand la famine atteignant ses dernières limites, conduira une mère à manger son propre enfant; quand le nombre des Juifs crucifiés par Titus ne permettra plus, les arbres manquant de faire des croix; quand le flot des Romains, pénétrant dans la ville après un suprême assaut, aura massacré au hasard les enfant et les femmes, les riches et les pauvres, les prêtres et le peuple; quand la gloire de la Judée, le Temple magnifique par Salomon, ne sera plus qu’un brasier immense; quand de la cité sainte il ne restera pas pierre sur pierre; quand la dure main de César, s’abaissant sur vous de tout son poids, aura transformé en désert la terre où vous vivez.. alors, mais alors seulement, vous pourrez dire en vérité : "Non habemus regem nisi Caesarem, nous n’avons pas d’autre roi que César…"

Tragique leçon, qui montre bien le sort auquel s’exposent les peuples lorsqu’ils ne veulent pas accepter la royauté du Fils de Dieu.

Ils se condamnent eux-mêmes aux plus dures oppressions : en raison du besoin absolu où se trouvent les hommes d’avoir un chef pour gouverner la marche de leur société, ceux qui repoussent le Christ se livrent nécessairement à César.

César : entendez par là tout pouvoir - monocéphate ou polycéphate, peu importe - tout pouvoir qui, cessant de se considérer comme un intermédiaire entre l’homme et Dieu, se prend lui-même comme fin et absorbe à son profit la force de la nation ; vrai César en effet - comme le dit le mot - qui tue dès sa naissance la mère dont il reçoit la vie.

A qui veut éviter un sort semblable, un seul moyen se présente : celui que propose le Souverain Pontife, le retour au Monarque dont "le joug est suave et le fardeau léger", au Roi de la paix, au Christ Jésus.



samedi 25 novembre 2017

Préparons-nous à la fête de la Médaille miraculeuse

Notre Dame tenant le globe terrestre dans ses mains.
"A la fin, mon Cœur immaculé triomphera"
O Marie conçue sans péché,
Mère de Dieu et Mère des hommes,
disciple du Christ Jésus,
vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et toutes les générations
vous proclament bienheureuse.

Modèle de consécration à Dieu,
que sainte Catherine Labouré,
qui venait de perdre sa maman,
a choisi pour Mère,
à mon tour je vous choisis pour Mère
afin de me consacrer à Dieu notre Père.

Debout au pied de la Croix,
votre Cœur immaculé
a été transpercé de douleur comme d’un glaive,
et votre Cœur est uni au Cœur de votre Fils.


Sainte Catherine à genoux devant la Vierge Marie,
dans son couvent de la rue du Bac
Puisque la grâce jaillit du Cœur sacré de Jésus, sur nous tous,
en passant par vos mains, acceptez mon être tout entier,
disposez de moi, corps et âme, pour marcher à la suite du Christ

et recevoir la lumière et la force de l’Esprit Saint.

En signe de cette consécration, je porterai la sainte Médaille avec confiance
pour que le Dieu d’Amour, Père, Fils et Saint Esprit,

règne dans mon cœur de baptisé et dans tous les cœurs.
A Lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

(Imprimatur du Vicaire épiscopal de Paris – juin 2005)


jeudi 23 novembre 2017

Monsieur Boudon, un exemple de sainteté pour notre temps

Vitrail du Jeudi Saint. Le disciple bien-aimé Saint Jean,
saint Apôtre préféré du vénérable abbé Boudon, plongé
dans la contemplation et l'adoration du Bien-Aimé
« La Vie de M. Henri Marie Boudon, Grand Archidiacre d’Evreux », par M. ***, tome 1er


Les dispositions que le grand Archidiacre avait apportées au Sacerdoce firent descendre sur lui la plénitude de l’Esprit de Jésus-Christ.

Il célébra sa première Messe avec une piété capable de toucher les cœurs les plus endurcis. Mais sa ferveur ne fut pas une de ces lueurs passagères que la nouveauté de l’action fait naître et que l’habitude à bientôt fait évanouir.

Boudon, pendant plus de quarante-deux ans qu’il a vécu depuis son Ordination, n’a jamais manqué, hors les cas de maladie, d’offrir le Sacrifice de la nouvelle Alliance et, chaque jour, le vit plus respectueux, plus attentif, plus pénétré que le jour précédent. Plût à Dieu qu’un si bel éloge lui fût moins propre ou qu’il le partageât avec un plus grand nombre de Ministres.

Icône contemporaine du miracle eucharistique de Bolséna
Sa conscience était si pure que, de l’aveu d’un de ses Directeurs, d’une candeur admirable et d’une piété exemplaire à qui il se confessa chaque semaine pendant dix ou douze ans de suite lorsqu’il résidait à Evreux ; à peine trouvait-on de l’absoudre après l’avoir entendu. Il ne portait au sacré Tribunal que quelques-unes de fautes dont la vertu la plus pure n’est pas exempte. Avec cela il donnait des marques si vives de contrition, il criait miséricorde d’une manière si pressante, qu’il communiquait à ceux qui en étaient témoins une partie de la douleur dont il était pénétré.

A cette pureté de conscience qui ne fit que croître avec les années se joignait une attention si continuelle à la présence de Dieu qu’il ne le perdait de vue ni le jour ni la nuit. De-là naissait en lui un amour actuel qui n’était presque jamais interrompu.

« Aimons Dieu, s’écriait-il, et quoi qu’il nous en coute, quoi qu’il nous arrive, aimons toujours Dieu seul. Ne soyons pas assez malheureux pour partager nos cœurs et nos affections ! Que tout l’être créé en sorte, que Dieu seul les remplisse sans aucune exception. Ce Dieu si grand, si bon, nous doit bien suffire.
O mon Dieu, disait-il encore, et cela presque à toutes les heures du jour, souvent même les genoux en terre lorsqu’il était seul ; O sainte et suradorable Trinité, Père, Fils et Saint Esprit ; ô mon Tout, comme vous remplissez toutes choses ; vous êtes ici plus présent que je ne le suis moi-même. Ah je vous y adore ; je vous y aime ; je vous y demande pardon ; je vous y remercie ; je vous y glorifie de tout mon cœur ! »

Ces actes répétés à l’infini et toujours avec les plus vifs sentiments d’anéantissement et de respect nourrissaient sur l’autel intérieur un feu à qui tous les moments du jour donnaient un nouveau degré de force et de vivacité.


Coeur Sacré de Jésus, je vous offre mon coeur !
Possédez-le pour le temps et pour l'éternité.