jeudi 25 août 2016

Saint Louis IX de France, priez pour nous

Saint Louis, roi de France.
Vitrail de la Paroisse Sainte-Marguerite,
Paris
Entretien intégral du prince Louis de Bourbon par Stéphane Bern (Le Figaro du 24 avril 2014), publié dans Communication des princes, le vendredi 25 avril 2014

« Le message de Saint Louis est bien actuel »

Il y a 800 ans, naissait Louis IX. Né le même jour que lui, un 25 avril, son descendant nous parle de l’héritage laissé par celui qui est entré dans l’histoire sous le nom de Saint Louis.
La France va célébrer, ce vendredi, le 800ème anniversaire de la naissance de Louis IX, Saint Louis pour l’histoire. Un timbre commémoratif, une exposition à Poissy, où il est né le 25 avril 1214, des concerts à la Sainte-Chapelle de Paris vont accompagner cet événement. Tandis que le prince Jean de France, duc de Vendôme, rendra un hommage à la chapelle Saint-Louis de Dreux, nécropole de la famille d’Orléans, le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, participera aux cérémonies organisées à Aigues-Mortes, d’où le roi partit pour les Croisades. A cette occasion, l’aîné des Capétiens s’est confié en exclusivité au Figaro.

LE FIGARO. – Que représente pour vous cette date du 25 avril ?
Fonts baptismaux dans lesquels le jeune Louis IX
fut plongé pour recevoir la vie divine
Louis de Bourbon. – Une date importante ! Celle de mon anniversaire, mais surtout celle de la naissance et du baptême de Saint Louis, dont nous fêtons, en 2014 le 800ème anniversaire. En effet, nous sommes nés tous les deux le 25 avril, de sorte que 760 ans, jour pour jour, nous séparent. J’ai souhaité cette année solenniser spécialement cette date. C’est mon saint protecteur, comme il est aussi celui de la France et, plus largement, de tous ceux qui sont préoccupés par le bien commun. Cette date est donc à la fois émouvante et importante.

Pourquoi avoir souhaité marquer l’anniversaire de Saint Louis, ici, à Aigues-Mortes ?
Beaucoup de villes commémorent cette année la naissance de Saint Louis. En mars, je suis allé à Poissy, qui était associée à un très beau triduum de vénération de la sainte couronne d’épines, organisé par les diocèses de Versailles et de Paris. Pour le 25 avril, j’ai souhaité un geste fort, et il m’a semblé qu’être, en ce jour, à Aigues-Mortes était symbolique. Aigues-Mortes est une ville importante de l’histoire de France, dont l’image est totalement attachée au souvenir de Saint Louis, qui l’a fait bâtir en 1240 pour donner au royaume une porte sur la Méditerranée. Par la suite, il lui a octroyé une des premières chartes communales ouvrant la voie à une profonde réforme des institutions. Cela a permis d’affranchir les villes du pouvoir des féodaux. Le roi y est venu plusieurs fois, et la ville est toujours fidèle au souvenir de Saint Louis, qu’elle fête chaque 25 août. Que le chef de la maison capétienne y vienne est une occasion de rendre hommage à cette fidélité. C’est d’ailleurs ici qu’en 1992, j’ai effectué un de mes premiers déplacements de chef de maison, successeur des rois de France, en venant y déposer solennellement des reliques du saint roi. En 2014, je tenais à y revenir aussi, car j’ai le souci de ne pas associer les commémorations du 800ème anniversaire de Saint Louis aux seules grandes villes, mais à l’ensemble des cités – quelle que soit leur taille – où les rois ont laissé une trace. Les rois, en particulier Louis IX, ont toujours été de grands voyageurs, laissant le souvenir de leur passage de ville en ville.

Né le même jour que Saint Louis et portant son prénom, quels liens filiaux et sentimentaux entretenez-vous avec cette figure historique ?
Au-delà du prénom qui nous relie et qui est celui de la majorité des rois de France depuis Clovis, dont Louis n’est qu’une déformation, il y a cette similitude dans nos dates de naissance. Je ne peux qu’y voir un encouragement à regarder le souvenir de mon aïeul comme un modèle. Le roi Louis IX fut à la fois un grand souverain sachant réformer son Etat et imposer la paix, un  mari et un père de famille exemplaire et ce fut aussi un grand saint. Cette triple qualité n’est pas très courante. Bel et lourd héritage, car comment pourrait-on l’égaler ? Saint Louis est un modèle et je partage avec lui quelques liens intimes. D’abord, nos épouses portent le même prénom, Marguerite. Ensuite, le roi Louis à sa naissance n’était pas le successeur, puisqu’il avait un frère aîné, Philippe, mort alors qu’il avait à peine une dizaine d’année. Avec la mort de mon frère aîné, François, j’ai vécu le même deuil. Enfin, Saint Louis est devenu roi à 12 ans, et j’en avais à peine plus grand quand je suis devenu chef de famille.

Que retenez-vous de Saint Louis après huit siècles d’histoire ?
S. Louis en procession avec la sainte Couronne
d'épines et quelques reliques de la Passion.
Les trois qualités que je viens de signaler : un bon mari et un excellent père de famille ; un souverain reconnu par tous ses contemporains ; et un saint. Il me semble que ces trois vertus sont toujours actuelles dans notre monde en pleine mutation où la jeunesse est inquiète. La société contemporaine manque de repères et se replie sur elle-même. J’ai été frappé de voir, ces dernières années, que l’abstention domine dans les élections, même au niveau le plus local. Comment peut-on s’abstenir de la vie sociale ? Voilà quelque chose que Louis IX n’aurait pas compris ! Nos contemporains ne croient malheureusement plus dans leurs institutions et préfèrent l’individualisme à l’ouverture aux autres. Ils manquent de confiance en l’avenir. Pourtant, la petite lueur de l’espérance n’est pas éteinte.

Saint Louis peut-il servir d’exemple pour ranimer cette espérance ?
Pourquoi pas ? Le roi est souvent présenté comme celui qui rend la justice sous le chêne de Vincennes. Belle image. Cette aspiration n’est-elle pas toujours celle de notre temps ? Les gouvernements doivent être les garants de la justice et de l’intérêt général. Ce message est bien actuel. Saint Louis demeure l’un des fondateurs de la France et de ses institutions. Il faut s’en souvenir au moment où, comme au XIIIe siècle, un cycle historique s’achève, pour ouvrir de nouvelles pages de notre histoire commune. Mais ces pages ne peuvent s’écrire qu’en respectant les valeurs qui ont toujours fait la grandeur de la France. Le respect du beau, du vrai et du bien et, comme le rappelle notamment le pape François, il faut remettre l’homme au centre de l’action politique.

Quel sens voulez-vous donner à votre 40e anniversaire ?
Le 40ème anniversaire est toujours un tournant important. Milieu de la vie, c’est l’époque où tout homme se pose le problème de sa destinée et du sens de son existence. Cet anniversaire correspond au moment où l’on peut véritablement s’affirmer. Deviens ce que tu es ! A notre époque, la génération des quadras aspire à prendre toutes ses responsabilités.

Quel rôle peut encore jouer la monarchie en France ? N’est-elle pas une nostalgie regardée avec sympathie, mais sans avenir, par les Français ?
Avec ma position d’héritier de l’une des plus vieilles dynasties d’Europe, j’ai du mal à parler de la royauté en termes nostalgiques. Pour moi, elle est beaucoup plus concrète. En observant les huit siècles de monarchie ininterrompue, j’ai plutôt envie de parler d’une continuité. Ce régime a fait ses preuves et il y a deux manières de le regarder. Ceux qui parlent de nostalgie se retournent vers le passé et essayent d’y voir un âge d’or qui serait meilleur que le présent. Ce n’est pas ma manière de voir. Ceux qui ont fait la royauté française, c’est-à-dire les rois et les Français, eux, n’étaient pas des nostalgiques. Ils ont toujours cherché à aller de l’avant. A faire progresser leur pays. A l’agrandir, à lui donner la première place en Europe, à faire triompher ses lettres et ses industries, ses arts et sa langue. La royauté « à la française », comme Saint Louis nous le rappelle, est avant tout un esprit, une volonté d’agir, guidée par la foi, qui donne les principes, et la raison, qui permet de rester dans le réel. Cet esprit est celui de l’unité contre la division, de la vérité contre le scepticisme qui mine nos sociétés, d’un sens de l’aventure commune contre les individualismes, d’un monde qui respecte l’homme de sa conception à sa mort plus que l’argent, d’une société qui protège la famille.

Quelle place entendez-vous occuper aujourd’hui ?
A la suite de mes aïeux, je suis là pour continuer à donner cette envie, de faire mieux demain qu’aujourd’hui. Rappeler que l’espoir peut animer notre société, que les jeunes y ont toute leur place et que l’on compte sur leurs idées et leur énergie, qu’ils doivent avoir confiance dans l’avenir. Certes, cela n’est peut-être pas facile, mais est-ce que cela le fut à Bouvines que l’on commémore aussi en 2014, ou après la guerre de Cent Ans ou celles de religions, quand il a fallu reconstruire un royaume ruiné ?
Personnellement, parce que j’ai 40 ans, parce que j’ai une famille et trois enfants, bien plus que d’une quelconque nostalgie, j’ai envie d’un lendemain et d’un avenir.


Source : Le Figaro du 24 avril 2014 – propos recueillis par Stéphane Bern


Paroisse Saint-Ouen de Rouen, vitrail

lundi 22 août 2016

Fête du couronnement de Marie, Mère de Dieu, Reine des hommes et des anges



Vitrail du couronnement de la Vierge Marie



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon,
« Dieu seul »


A la divine Marie toute sainte en sa très pure Conception, toujours immaculée,
toujours Vierge,
la véritable Mère de Dieu,
la Fille du Père éternel,
l’Epouse du Saint Esprit,
Reine des Anges,
Impératrice du ciel et de la terre,
ma très chère,
très admirable,
très fidèle Mère en Dieu seul,
et pour Dieu seul mon espérance,
ma vie et ma douceur.






vendredi 19 août 2016

La beauté due à Dieu seul, même durant les visites pastorales du grand Archidiacre d'Evreux, le vénérable Monsieur Boudon

Carte ancienne du département de l'Eure qui correspond au Diocèse d'Evreux
dont le vénérable abbé Boudon était le grand Archidiacre.
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, Lettre 272

Messieurs nos curés à Evreux me reçoivent processionnellement, et presque tous avec la croix. Nous chantons le « Veni Creator » ensuite, et dans les campagnes le « Laudate Pueri » en allant aux fonts (baptismaux) puis nous faisons des prières pour les morts, ce qui ne se devrait jamais omettre.

Étole pastorale
Comme je suis le premier qui ai introduit l’usage de l’étole, car on ne la portait point de temps immémorial dans l’archidiaconé d’Evreux, ni à la ville ni à la campagne, ces messieurs, de leur côté, m’ont accordé ce qui ne s’était pratiqué qu’en quelques lieux et à l’égard de quelques archidiacres, et je crois que notre bon Sauveur est plus glorifié de cette manière.

Messieurs du Vaucel et de Gauville ne permettent à personne de porter l’étole, aussi on les reçoit sans aucune cérémonie et d’une manière, ce me semble, qui ne marque pas assez l’esprit de l’Eglise dans les visites.

Il y en a encore quelques-uns dans l’archidiaconé d’Evreux qui aiment mieux ne point porter l’étole et ne point observer de cérémonie, disant qu’ils veulent faire comme par le passé. C’est ce qui est en leur liberté, je ne saurais agir plus doucement que de leur laisser le choix mais il va des doyennés où il n’y a plus qu’un seul curé de cette humeur ; ainsi il n’y a presque plus personne qui n’observe les cérémonies !
Fermoir en émaux aux armes d'Evreux

Il me semble que c’est la très sainte Vierge à qui j’ai dédié de prime abord l’archidiaconé (ce dont j’ai été heureusement bien raillé et que j’estime à grand honneur), qui y a obtenu cette bénédiction, ainsi que les bons anges et les saints

Car cela est arrivé dans le temps que mon Évêque m’était entièrement opposé et que j’étais contredit de toute part ; ainsi, sans appui humain et dans l’abjection et sans pouvoir :
«Lapidem quem reprobaverunt aedificantes hic factus est in caput anguli. A Domino factum est istud et est mirabile in oculis nostris» (Psal CXVII, 22-23 : «La pierre qu’ont rejeté les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. Voici ce que fit le Seigneur, une merveille devant nos yeux»).


Et après une visite pastorale menée en bonne et due forme...
le réconfort avec les fruits bénis que Dieu nous donne !

lundi 15 août 2016

Assomption de la Très Sainte Vierge Marie

Le roi Louis XIII offrant sa couronne et son royaume à la Reine des cieux

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Le triomphe de la Croix », partie III

Assomption de la Très Sainte Vierge Marie,
Reine des Anges, Modèle des Saints

C’est une sainte pratique de remettre entre ses mains (celles de la B. Vierge Marie) tout ce que l’on a de considérable, en en faisant la maîtresse ; et c’est avec l’édification de l’Eglise et pour le bonheur du royaume que le roi très chrétien Louis treizième, de glorieuse mémoire, lui a offert tous ses Etats, offrande qui a été renouvelée par Louis quatorzième, heureusement régnant.



Lettre Apostolique de Sa sainteté le bienheureux Pape Pie XI
« Galliam, Ecclesiæ filiam primogenitam »
Pour perpétuelle mémoire

Les Pontifes Romains Nos prédécesseurs ont toujours, au cours des siècles, comblé des marques particulières de leur paternelle affection la France, justement appelée Fille aînée de l’Eglise. Notre prédécesseur de sainte mémoire, le pape Benoît XV, qui eut profondément à cœur le bien spirituel de la France, a pensé à donner à cette nation, noble entre toutes, un gage spécial de sa bienveillance.

La couronne de France offerte à Notre Dame.
Que, du haut du Ciel, elle continue de protéger notre pauvre pays
et les lys.
En effet, lorsque, récemment, Nos Vénérables Frères les cardinaux, archevêques et évêques de France, d’un consentement unanime, lui eurent transmis par Notre Vénérable Frère Stanislas Touchet, évêque d’Orléans, des supplications ardentes et ferventes pour qu’il daignât proclamer patronne principale de la nation française la bienheureuse Vierge Marie reçue au ciel, et seconde patronne céleste sainte Jeanne, Pucelle d’Orléans, Notre prédécesseur fut d’avis de répondre avec bienveillance à ces pieuses requêtes. Empêché par la mort, il ne put réaliser le dessein qu’il avait conçu. Mais à Nous, qui venons d’être élevé par la grâce divine sur la Chaire sublime du Prince des Apôtres, il Nous est doux et agréable de remplir le vœu de notre très regretté prédécesseur et, par Notre autorité suprême, de décréter ce qui pourra devenir pour la France une cause de bien, de prospérité et de bonheur.

Il est certain, selon un ancien adage, que le Royaume de France a été appelé le Royaume de Marie, et cela à juste titre. Car, depuis les premiers siècles de l’Eglise jusqu’à notre temps, Irénée et Eucher de Lyon, Hilaire de Poitiers, Anselme, qui, de France, passa en Angleterre comme archevêque, Bernard de Clairvaux, François de Sales, et nombre d’autres saints docteurs, ont célébré Marie et contribué à promouvoir et amplifier à travers la France le culte de la Vierge Mère de Dieu. A Paris, dans la très célèbre Université de Sorbonne, il est historiquement prouvé que dès le XIII° siècle la Vierge a été proclamée conçue sans péché.

Le voeu de Louis XIII, Cathédrale Notre-Dame de Paris
Même les monuments sacrés attestent d’éclatante manière l’antique dévotion du peuple à l’égard de la Vierge : trente-quatre églises cathédrales jouissent du titre de la Vierge Mère de Dieu, parmi lesquelles on aime à rappeler comme les plus célèbres, celles qui s’élèvent à Reims, à Paris, à Amiens, à Chartres, à Coutances et à Rouen. L’immense affluence des fidèles accourant de loin chaque année, même de notre temps, aux sanctuaires de Marie, montre clairement ce que peut dans le peuple la piété envers la Mère de Dieu et plusieurs fois par an la basilique de Lourdes, si vaste qu’elle soit, paraît incapable de contenir les foules innombrables des pèlerins.

La Vierge en personne, trésorière de toutes les grâces de Dieu, a semblé, par des apparitions répétées, approuver et confirmer la dévotion du peuple françaisBien plus, les princes et les chefs de la nation se sont fait gloire longtemps d’affirmer et de défendre cette dévotion envers la Vierge.

Converti à la vraie foi du Christ, Clovis s’empresse, sur les ruines d’un temple druidique, de poser les fondements de l’Eglise Notre-Dame, qu’acheva son fils Childebert.
Plusieurs temples sont dédiés à Marie par Charlemagne. Les ducs de Normandie proclament Marie Reine de la nation
Le roi saint Louis récite dévotement chaque jour l’office de la Vierge.
Louis XI, pour l’accomplissement d’un voeu, édifie à Cléry un temple à Notre-Dame. 
Enfin, Louis XIII consacre le Royaume de France à Marie et ordonne que chaque année, en la fête de l’Assomption de la Vierge, on célèbre dans tous les diocèses de France de solennelles fonctions : et ces pompes solennelles, Nous n’ignorons pas qu’elles continuent de se dérouler chaque année.

Sainte Jeanne d'Arc, église de Bellecombe
En ce qui concerne la Pucelle d’Orléans que Notre prédécesseur a élevée aux suprêmes honneurs des saints, personne ne peut mettre en doute que ce soit sous les auspices de la Vierge qu’elle ait reçu et rempli la mission de sauver la France ; car d’abord, c’est sous le patronage de Notre-Dame de Bermont, puis sous celui de la Vierge d’Orléans, enfin de la Vierge de Reims, qu’elle entreprit d’un cœur viril une si grande œuvre, qu’elle demeura sans peur en face des épées dégainées et sans tache au milieu de la licence des camps, qu’elle délivra sa patrie du suprême péril et rétablit le sort de la France. C’est après avoir reçu le conseil de ses voix célestes qu’elle ajouta sur son glorieux étendard le nom de Marie à celui de Jésus, vrai Roi de France. Montée sur le bûcher, c’est en murmurant au milieu des flammes en un cri suprême, les noms de Jésus et de Marie, qu’elle s’envola au ciel. Ayant donc éprouvé le secours évident de la Pucelle d’Orléans, que la France reçoive la faveur de cette seconde patronne céleste : c’est ce que réclament le clergé et le peuple, ce qui fut déjà agréable à Notre prédécesseur et qui Nous plaît à Nous-mêmes.

C’est pourquoi, après avoir pris les conseils de nos Vénérables Frères les cardinaux de la Sainte Eglise Romaine préposés aux Rites, de Notre propre initiative, de science certaine et après mûre délibération, dans la plénitude de Notre pouvoir apostolique, par la force des présentes et à perpétuité, Nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie Mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité.

De plus, écoutant les vœux pressants des évêques, du clergé et des fidèles des diocèses et des missions de la France, Nous déclarons avec la plus grande joie et établissons l’illustre Pucelle d’Orléans, admirée et vénérée spécialement par tous les catholiques de la France comme l’héroïne de la religion et de la patrie, sainte Jeanne d’Arc, vierge, patronne en second de la France, choisie par le plein suffrage du peuple, et cela encore d’après Notre suprême autorité apostolique, concédant également tous les honneurs et privilèges que comporte selon le droit ce titre de seconde patronne.

En conséquence, nous prions Dieu, auteur de tous biens, que, par l’intercession de ces deux célestes patronnes, la Mère de Dieu élevée au ciel et sainte Jeanne d’Arc, vierge, ainsi que des autres saints patrons des lieux et titulaires des églises, tant des diocèses que des missions, la France catholique, ses espérances tendues vers la vraie liberté et son antique dignité, soit vraiment la fille première-née de l’Eglise Romaine ; qu’elle échauffe, garde, développe par la pensée, l’action, l’amour, ses antiques et glorieuses traditions pour le bien de la religion et de la patrie.

Nous concédons ces privilèges, décidant que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, qu’elles obtiennent et gardent leurs effets pleins et entiers, qu’elles soient, maintenant et dans l’avenir, pour toute la nation française, le gage le plus large des secours célestes ; qu’ainsi il en faut juger définitivement, et que soit tenu pour vain dès maintenant et de nul effet pour l’avenir tout ce qui porterait atteinte à ces décisions, du fait de quelque autorité que ce soit, sciemment ou inconsciemment.
Nonobstant toutes choses contraires.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l’anneau du Pécheur, le 2 du mois de mars de l’année 1922, de Notre Pontificat la première année.

Pie pp. XI
P. cardinal Gasparri, secrétaire d’Etat


jeudi 11 août 2016

Saint Taurin d'Evreux, priez pour nous !



Châsse de Saint Taurin d'Evreux
Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Vie de Saint Taurin », chap. 10

C’était de ce petit désert que, sortant pour aller aux offices divins de sa cathédrale, il entendit les anges qui chantaient les louanges de saint Taurin, ce qu’ayant fait connaître à l’évêque nommé Viateur qui gouvernait pour lors la ville d’Evreux, ils se sentirent unanimement pressés de faire la recherche du lieu de sa sépulture qui était ignoré depuis un long temps.

Saint Taurin,
détail de sa châsse
On fit pour cela beaucoup de prières afin qu’il plût à la divine bonté de révéler ce trésor caché. Mais la divine Providence réservait cette grâce au temps du pontificat du glorieux saint Lau.

Ainsi ayant été élu d’une commune voix après le décès de Viateur, son prédécesseur, aussitôt il employa les jeûnes, les veilles et l’oraison auprès de la divine majesté pour impétrer cette faveur. Tant de vœux et de prières d’un homme qui lui était si agréable ne furent pas sans effet car, un jour qu’il priait avec plus de ferveur, il aperçut une colonne toute brillante de clarté et éclatante en lumières comme un soleil qui, touchant d’un bout le ciel et de l’autre la terre, lui donna des marques du sépulcre glorieux du saint.

C’est pourquoi, ayant fait ouvrir la terre au lieu que la colonne touchait, on y trouva son cercueil dans lequel était écrit : Ici repose le bienheureux Taurin, premier évêque de la ville d’Evreux.

Tout ceci arriva vers le commencement du VIIe siècle, durant le règne de Clotaire II, roi de France.


Saint Taurin, priez pour votre successeur S. Exc. R. Mgr Christian Nourrichard,
pour ceux qui l'aident dans sa charge, pour le clergé du diocèse d'Evreux,
pour tous les hommes de bonne volonté qui y vivent et y travaillent.

samedi 6 août 2016

Et si on parlait des saints Anges ?

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dévotion angélique », 12e Pratique
Procurer par toutes sortes de voies l'établissement de la dévotion
des neuf chœurs des saints anges


Si les saints anges font tout ce qui se peut faire pour le service des hommes, les hommes sont bien obligés de ne pas s'épargner, et de se servir de tous les moyens possibles dans l'ordre de Dieu pour l'augmentation de leur gloire ; et puisque non-seulement les anges du dernier chœur, mais les anges de toutes les hiérarchies veillent avec amour sur nous, nos reconnaissances doivent être générales, aussi bien que nos devoirs ; et puis Dieu seul est le grand et pressant motif qui nous doit faire agir et comme il règne dans tous les chœurs des anges, et d'une manière plus spéciale dans ceux qui sont les plus élevés, qui ont plus aimé ce Dieu tout aimable, et qui en ont été plus aimés, c'est ce qui nous doit suffire pour leur avoir à tous une singulière dévotion, et pour la procurer dans les autres par toutes sortes de voies. Un bon cœur entrera volontiers dans ces justes sentiments : il ne faut qu'aimer pour en être persuadé, et prendre de fortes résolutions de travailler de toutes ses forces à l'établissement de la gloire des anges.
 
Si vous me demandez après cela ce que vous avez à faire, je vous ai tout dit en vous disant que vous devez n'omettre rien, que vous devez tout faire, et travailler de toutes vos forces, dans l'ordre de Dieu, à l'établissement de la dévotion des saints anges. Faites réflexion sur ce peu de paroles, et vous verrez qu'elles vous fournissent une ample matière ; et que si vous les entendez bien et les pratiquez, on pourra croire que votre amour pour les anges est bien sincère ; seulement souvenez-vous d'avoir de l'amour pour des objets si aimables ; car s'il est véritable, je n'ai encore qu'à vous dire le beau mot de saint Augustin : « Aimez, et faites ce qu'il vous plaira. » L'amour est tout plein d'industrie et de riches inventions ; il vous en insinuera tout plein pour faire honorer ces princes du ciel ; car c'est le propre de l'amour cordial et véritable.

Cependant, pour vous dire simplement mes pensées, il me semble qu'un des moyens qui peut servir à les faire honorer, c'est de distribuer des images de ces glorieux esprits, et particulièrement dans les campagnes, à ces pauvres gens qui les habitent ; comme aussi aux pauvres des villes, où l'on trouve de l'ignorance plus que l'on ne pense ; l'expérience faisant voir que grande quantité de personnes, même dans les plus grandes villes, ne savent pas les mystères de notre sainte religion. On peut insinuer aux riches et à ses amis d'en avoir dans leurs chambres ; leur vue porte à ce qu'elles représentent, et touche souvent sensiblement le cœur. Saint Chrysostome ayant vu l'image du saint ange qui défit l'armée de Sennachérib, en fut touché jusqu'aux larmes. Si on a le moyen d'en donner des tableaux pour placer dans les églises, en quelque chapelle ou autel, c'est un moyen excellent pour en donner la dévotion aux peuples. Constantin le Grand fit faire quatre images des saints anges ; mais elles étaient d'une grandeur extraordinaire, et toutes brillantes de l'éclat des pierres précieuses dont elles étaient richement ornées.

Un autre moyen excellent, et l'un ce me semble des meilleurs, est de faire une bonne et ample distribution des livres composés en leur honneur, ou d'inviter doucement à avoir de ces livres. Je ne sais rien qui soit plus capable de procurer leur honneur. Ce moyen renferme presque tous les autres, puisqu'il les enseigne et les donne. Entre plusieurs de ces livres, l'Horloge de l'ange gardien, du P. Drexelius ; la Dévotion aux anges, du P. de Barry ; la Dévotion aux anges, du P. Nouet : la Dévotion des saints anges gardiens, du P. de Coret, tous quatre religieux de la Compagnie de Jésus, inspirent avec tant de douceur et de force l'amour et le culte de ces bienheureux esprits, que j'estime qu'il est très difficile de les lire sans en être vivement touché, et sans concevoir de grands désirs de les honorer grandement le reste de sa vie. On trouve les trois premiers dans la plupart des grandes villes, ou à Paris ; et le dernier se vend en la ville de Caen, chez Jean Gaultier.

Les personnes qui ont des richesses, contribueront beaucoup à la gloire des anges, de les employer à l'édifice de quelque église, chapelle, ou autel en leur honneur ; et cela d'autant plus qu'elles ne travailleront pas seulement pour les saints anges pendant leur vie, mais autant de temps que ces édifices dureront, qui serviront d'occasion à toutes sortes de personnes pour les honorer, et à un grand nombre qui n'y auraient jamais pensé. Ç'a été la dévotion de Constantin, empereur, qui fit bâtir deux magnifiques temples en l'honneur de saint Michel. L'empereur Justinien en fit bâtir six en l'honneur de ce saint archange et des autres anges. Sainte Hélène en fit édifier en l'honneur de ces mêmes intelligences, au lieu où l'on croit qu'apparut l'ange aux pasteurs. Il y en a qui ne pouvant fournir à une si grande dépense, peuvent au moins donner des ornements à leurs chapelles, y faire brûler des cierges, et y donner des tableaux. Nous avons dit en un autre lieu que Jules III, Souverain Pontife, dédia une église en l'honneur des sept premiers princes qui sont auprès du trône de Dieu.

Les prédicateurs zélés serviront beaucoup à l'établissement de la dévotion des anges, s'ils veulent en instruire les peuples, et de temps en temps les y animer puissamment. J'en connais qui seraient bien fâchés de passer par un lieu sans y donner quelque sermon touchant ces glorieux esprits ; et les effets qui en arrivent font connaître que ce qu'aux l'un des plus avantageux : il ne tiendra qu'aux prédicateurs que Dieu appelle à prêcher en différentes villes et provinces, de s'en servir utilement ; et je ne doute pas, si cela était, que l'on ne vît dans peu, avec consolation, la dévotion des saints anges établie de tous côtés. Qui empêcherait un prédicateur, pendant son Avent et Carême, de destiner un jour ou deux pour y donner des sermons en leur honneur ? Les missionnaires pendant leurs missions pourraient facilement faire la même chose, y ajoutant quelques catéchismes pour instruire les âmes de leurs perfections et bontés. Les personnes séculières peuvent fonder ces sermons et catéchismes en quelques églises, donnant quelque revenu pour cette fin. Un maître de famille en sa maison, un père parmi ses enfants, une personne à la campagne parmi les paysans, ou en la visite de quelques pauvres, ou lorsqu'on leur donne l'aumône, peuvent établir cette dévotion, en apprenant ce que l'on doit croire des anges, et les secours que les hommes en reçoivent, insinuant quelques pratiques pour leur rendre ses devoirs, les faisant faire par ceux sur qui on a quelque pouvoir, et rapportant quelques exemples qui y portent et y incitent. On peut faire la même chose parmi ceux avec qui l'on voyage, prenant occasion de tant d'anges qui sont dans les lieux par où l'on passe, les saluant même publiquement et devant les autres, pour avoir sujet de s'en entretenir.

Les archidiacres (N.B. aujourd'hui: les vicaires généraux) et autres visiteurs des églises paroissiales peuvent exhorter tous les curés de faire tous les ans quelques exhortations ou catéchismes touchant cette dévotion. C'est encore un des plus grands moyens de l'établir de tous côtés. Les visiteurs réguliers peuvent aussi beaucoup y contribuer dans les monastères et couvents y de leurs juridictions ; tous les supérieurs dans les maisons qui dépendent d'eux, mais surtout les prélats dans leurs évêchés, établissant quelque association en l'honneur de ces nobles esprits dans beaucoup de lieux de leurs diocèses, recommandant de temps en temps à leurs curés et aux prédicateurs, pendant l'Avent et le Carême, d'en instruire les peuples, témoignant en cela les désirs qu'ils en ont, et donnant à connaître combien ce leur sera une chose agréable.

Enfin, les personnes zélées peuvent se voir, pour traiter ensemble des moyens d'établir et augmenter cette dévotion ; elles pourront en parler aux prélats avec lesquels elles ont quelque accès, aux curés et autres supérieurs ; elles pourront en écrire dans les provinces où elles ont de l'habitude, y faire de saintes liaisons pour ce sujet, y envoyer quelques livres et y procurer quelque sainte association.



mardi 2 août 2016

Notre Dame des Anges, priez pour nous, le diocèse d'Evreux, la France et l'Eglise

Notre Dame, intercédant auprès de son Fils, Notre Seigneur
Jésus-Christ, au milieu des Anges. Saint François les supplient de
leur accorder la grâce de l'indulgence plénière pour tous les fidèles.
Par Claudio Coello
C'est aujourd'hui une très grande solennité.

Nous célébrons en ce 2 août la solennité de Notre-Dame des Anges si chère à Saint François d'Assise et à notre vénérable Protecteur céleste, l'abbé Henri Marie Boudon.

Cette fête ancienne est tombée dans l'oubli, bien que ce titre de Notre-Dame est sur nos lèvres quand nous disons les litanies de Lorette. Puissions-nous raviver notre foi et notre mémoire spirituelle, nous laissant habiter par cette sainte joie que l'Eglise nous offre en ce jour.

La bienheureuse Vierge Marie apparut au petit pauvre d'Assise et lui accorda ce qu'il demandait: pour toutes les âmes pieuses qui, confessées, contrites, en union de cœur et d'âme avec Jésus-Christ présent dans la divine Eucharistie et la sainte Eglise, le Seigneur accorde la grâce des grâces, la réparation des conséquences de nos péchés. 

Notre-Dame des Anges et Saint François d'Assise
La grâce de l'indulgence plénière pour nous-mêmes ou pour nos chers défunts est une très grande grâce. Ne la méprisons pas ! Se confesser, communier, prier pour le Salut de tous les hommes que Dieu aime, visiter le Seigneur Jésus au Très Saint Sacrement de l'Autel, voilà qui est à la portée de tout le monde. 

Que nos simples gestes de piété, habités d'une très grande foi, espérance et charité, contribuent à nous faire grandir dans la sainteté. Puissions-nous écouter Notre-Dame et faire tout ce qu'elle nous dira, à l'image des saints Anges du Ciel, nos gardiens et protecteurs. 

Sainte et heureuse fête à tous les membres de l'Archiconfrérie des Saints Anges et du Saint Sacrement, ainsi qu'à tous leurs proches, ceux qui lisent le Bulletin et qui suivent ce blog.

Saint Ange, chapelle royale de Versailles

Des écrits de la vénérable Benoîte Rencurel

Le jour de Notre-Dame des Anges, ou de la Portioncule, Benoîte vit des Anges sur l’autel : elle prend alors la clef de la chapelle.

Les Anges lui dirent : « C’est aujourd’hui une grande fête ; voudriez-vous communier ? »
- « Hélas ! Comment communier, puisqu’il n’y a personne pour me confesser ? » ~
L’Ange lui dit : « Peu importe, je vous donnerai la Communion : vous n’avez pas fait de péchés qui vous empêchent de communier. » ~

L’Ange lui donne la communion en mettant la sainte Hostie au milieu de sa langue
Pendant ce temps, l’autre Ange se tenant dans un très profond respect, les mains jointes, bien incliné, autant que l’autre qui donnait la communion à Benoîte
Après sa communion, l’Ange lui dit : « Eteignez les cierges, et allez dans votre chambre faire votre action de grâces » ; ce qu’elle fit, en le remerciant.
Elle lui dit : « Bel Ange, j’ai à cette heure ce qu’il me faut. »


La vénérable Benoîte Rencurel en extase devant la Vierge Marie, Mère de Dieu,
Reine des Anges, Model des Saints