mardi 6 décembre 2016

1er mardi du mois de Décembre - Saint Nicolas



Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Dieu seul ou le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu » chap 18, De l'oraison de la très sainte Vierge

Saint Nicolas, par Sergei Vefoshkin
Le grand saint Nicolas, étant encore laïque, faisait un usage très chrétien de ses biens, en en faisant part à ceux qui en avaient besoin ; mais dès lors qu'il fut prêtre, il les vendit, et ayant aimé les pauvres, il se fit pauvre lui-même.

« Les riches, dit saint Bernard, qui assistent les pauvres, sont heureux, en ce qu'ils sont les amis des rois du ciel ; ils sont en faveur, et ont du crédit auprès de ces grands princes : mais les pauvres ne sont pas les favoris des rois, mais ils sont eux-mêmes de grands rois. Ils ne sont pas seulement du royaume du ciel, mais le royaume du ciel leur appartient. » (cf. Matth. V, 3.)

Saint Nicolas ayant été choisi pour évêque, bien loin au moins de se réserver quelque peu de chose pour soutenir sa dignité épiscopale, il voulut être plus pauvre que jamais, car n'ayant plus que quelques livres, il s'en défit, n'en voulant plus avoir que par emprunt. Que ne fit pas cet évêque pauvre pour la gloire de Dieu et l'honneur de l'Église ?



Recette de pain d’épices Saint Nicolas

Ingrédients :
150 gr de beurre
250 gr de sucre roux
5 cuillères à soupe de miel
375 gr de farine
1 cuillère à café de levure chimique
4 cuillères à soupe d’un mélange d’épices de Noël (cannelle, gingembre, muscade, anis étoilé et un clou de girofle)
1 œuf
du sucre glace et du kirsch (ou un autre alcool, du cognac par exemple) pour le glaçage.

Dans une casserole faire fondre doucement le mélange beurre, sucre et miel. Laissez ensuite un peu refroidir.

Pendant ce temps mélangez la farine, la levure et les épices, puis ajoutez le mélange de beurre sucré. Mélangez bien. Enfin incorporez l’œuf et pétrir. Formez une boule avec la pâte obtenue, filmez et placez au réfrigérateur toute une nuit.
Le lendemain sortir la pâte pour qu’elle ramollisse un peu, étalez-la et découpez des rectangles. Enfournez pour 12 minutes dans un four à 200°c.

Laissez refroidir sur une grille, et glacez les pains d’épices avec le mélange de sucre glace et de kirsch. Vous pouvez décorez vos pains d’épices avec une image de Saint Nicolas imprimée (collée avec une pointe de lait si le glaçage a durci).




dimanche 4 décembre 2016

2e Dimanche de l'Avent : un temps de conversion

Saint François de Sales, évêque de Genève et docteur de l’Église, « Sermon pour le quatrième dimanche de l’Avent »


Puisque notre divin Sauveur est proche, que faut-il faire pour nous préparer à son avènement ? Saint Jean Baptiste l’enseigne : « Faites pénitence, dit-il, abaissez ces monts d’orgueil et remplissez ces vallées de tiédeur et de pusillanimité, puisque le salut est proche ». Ces vallées ne sont autres que la crainte, laquelle, quand elle est trop grande, nous porte au découragement. Le regard des grandes fautes commises apporte avec soi un étonnement et une crainte qui abat le cœur. Voilà les vallées qu’il faut remplir de confiance et d’espérance, pour l’avènement de notre Seigneur.

« Abaissez les montagnes et les collines » : quelles sont-elles, sinon la présomption, l’orgueil et l’estime qu’on a de soi, qui est un très grand empêchement pour l’avènement de notre Seigneur, lequel a coutume d’humilier et d’abaisser les superbes, car il va pénétrant au fond du cœur, pour découvrir l’orgueil qui y est caché. « Aplanissez les chemins, redressez ceux qui sont tortueux, pour les rendre égaux. » C’est comme s’il disait : « Redressez tant d’intentions obliques, pour n’avoir plus que celle de plaire à Dieu en faisant pénitence, ce qui doit être le but auquel nous devons tous viser ».

Redressez les chemins, rendez égales vos humeurs par la mortification de vos passions, inclinations et aversions. Oh, que c’est une chose désirable que cette égalité d’esprit et d’humeur ; que nous devons travailler fidèlement à acquérir ! Car nous sommes plus variables et inconstants qu’il ne se peut dire. L’on trouvera des personnes qui maintenant étant de bonne humeur seront d’une conversation agréable et joyeuse ; mais tournez la main, vous les trouverez chagrins et inquiets — en somme, les chemins tortueux et raboteux à redresser pour l’avènement de notre Seigneur.




jeudi 1 décembre 2016

Le temps de l'Avent, temps de l'attente de la venue de Notre Seigneur qui reviendra dans la gloire

Du vénérable abbé Henri Marie Boudon, « Science et pratique du Chrétien »

Venez ! Mettez toujours dans notre cœur ce désir ardent de la venue de notre adorable Rédempteur !

Que nous célébrions avec allégresse la venue de ce Roi, notre Seigneur ! 
Que la mer en soit émue avec tout ce qu’elle renferme, la terre et tous ceux qui y habitent ! 
Que les fleuves en témoignent leur applaudissement et que les montagnes en tressaillent de joie en sa présence ! 

Amen ! Venez, Seigneur Jésus !





mardi 29 novembre 2016

Neuvaine à l'Immaculée Conception avec S. Maximilien Kolbe

Consécration à l’Immaculée par saint Maximilien Kolbe


« Jésus dit au disciple : Voilà ta Mère ! Et dès cette heure-là, le disciple La prit chez lui. » (Jn 19,27).

‘‘ La consécration à l’Immaculée est un acte par lequel chacun, laïc ou religieux, marié ou non, s’engage à prendre Marie dans sa propre vie. C’est un don libre et par amour, de soi-même à l’Immaculée, sans limites ni condition, en ratification des promesses du baptême. C’est se dévouer à la Mère du Sauveur, entièrement, pour qu’elle réalise par nous sa Mission de Mère des Hommes, et ‘pour que, d’une certaine façon, nous devenions Elle-même’’
‘‘Là où l’Immaculée est présente, là s’affermit sûrement le règne du Cœur Sacré de Jésus’’ (P.Kolbe).

Marie immaculée, par Joan de Joanes
Acte de Consécration :

Immaculée Conception,
Reine du Ciel et de la terre,
Refuge des pécheurs et notre Mère très aimante,
à qui Dieu voulut confier tout l’ordre de la Miséricorde,

me voici à tes pieds, moi, N…, pauvre pécheur.
Je t’en supplie, accepte mon être tout entier
comme ton bien et ta propriété ;
agis en moi selon ta volonté,
en mon âme et en mon corps,
en ma vie et ma mort et mon éternité.
Dispose avant tout de moi comme tu le désires,
pour que se réalise enfin ce qui est dit de toi :
‘ La Femme écrasera la tête du serpent ‘
et aussi :
‘ Toi seule vaincras les hérésies dans le monde entier ‘.
Qu’en tes mains toutes pures, si riches de miséricorde,
je devienne un instrument de ton amour,
capable de ranimer et d’épanouir pleinement
tant d’âmes tièdes et égarées.
Ainsi s’étendra sans fin le Règne du Cœur divin de Jésus.
Vraiment, ta seule présence attire les grâces
qui convertissent et sanctifient les âmes,
puisque la Grâce jaillit du Cœur divin de Jésus sur nous tous, en passant par tes mains maternelles.



dimanche 27 novembre 2016

1er Dimanche de l'Avent

Avec Notre Dame, attendons le Seigneur et préparons-nous !
Charles Péguy – "Ève" (extraits)


Les pas des légions allaient marcher pour lui.
Les voiles des bateaux pour lui s’étaient gonflées.
Pour lui les grands soleils d’automnes avaient lui.
Les voiles des bateaux pour lui s’étaient pliées.

Rome avait fait marcher les lourds légionnaires
Et le lourd bouclier et le glaive pour lui,
Et la lourde tortue.
Et les durs mercenaires devant Rome et César et le glaive avaient fui.

C’est lui qui marchait derrière le Romain,
Derrière le préfet, derrière la cohorte.
C’est lui qui passait par cette haute porte.
Il était le seigneur d’hier et de demain.

Et le pas d’Annibal avaient marché pour lui
Du fin fond des déserts vers la porte Colline.
Jusqu’au fond des frimas les Parthes avaient fui
Sous le redoublement de la force latine.

Les éléphants d’Afrique avaient marché pour lui
Du fin fond des déserts jusqu’aux portes de Rome.
Et pour lui les soleils d’Israël avaient lui,
Du haut du Sinaï jusqu’au fin fond de l’homme.

Il allait hériter des naufrages de Rome,
Du monde divisé dans des morcellements.
Il allait hériter des naufrages de l’homme,
Du cœur subdivisé par amoncellements.

Il allait hériter des partages de Rome,
D’un empire brisé par des morcellements.
Il allait hériter des partages de l’homme,
D’un royaume épuisé par des ruissellements.

Les éléphants massus avaient marché pour lui,
Et les princes captifs et les peuples liés.
Et pour lui les soleils d’Israël avaient lui
Le long du fil du temps sur des jours oubliés.

Il allait hériter de lourds légionnaires,
Tout harnachés de fer comme des cuirassiers.
Il allait hériter des maigres mercenaires,
Tout harnachés de cuir comme des carnassiers.

Il allait hériter des lourds légionnaires,
Tout en muscles de fer comme des cuirassiers.
Il allait hériter des maigres mercenaires,
Tout en paquets de nerfs comme des carnassiers.

Il allait hériter des lourds legionnaires
Gainés dans des étuis comme des scarabées.
Il allait hériter des martyrs Macchabées.
Il allait hériter des maigres mercenaires.

Il allait hériter des peuples débonnaires
Et des peuples cruels et du peuple romain.
Il allait hériter des antiques tonnerres,
Des foudres oubliés sur le bord du chemin.

Il allait hériter des peuples centenaires,
Des peuples nouveau-nés et du peuple romain.
Il allait hériter des foudres séculaires,
Et des étonnements laissés sur le chemin.

Il allait hériter des princes débonnaires
Et des princes cruels et du peuple monarque.
Il allait hériter des princes sanguinaires
Et des peuples humains et d’Hérode tétrarque.

Il allait hériter des peuples diplomates.
Et des consternements d’un peuple sénateur.
Il allait hériter des peuples démocrates.
Et des prosternements d’un peuple donateur.

Il allait hériter des forêts séculaires
Et des déboisements laissés sur le chemin.
Il allait hériter des chênes centenaires
Et des abattements et du peuple romain.

Il allait hériter des lourds légionnaires
Reliquaire de la Crèche, basilique
Sainte-Marie Majeur
Tout lamellés de fer comme des scarabées.
Il allait hériter des géants Macchabées.
Il allait hériter des maigres mercenaires.

Il allait hériter des lourds légionnaires
Bardés, plaqués, lamés comme des cuirassiers.
Il allait hériter des maigres mercenaires
Battus, creusés, tendus comme des carnassiers.

Il allait hériter des lourds légionnaires
Tout bardés de métal comme de grands carabes,
Il allait hériter des cavaliers arabes.
Il allait hériter des maigres mercenaires.

Il allait hériter des lourds légionnaires
Trapus, musclés, barbus comme des cuirassiers.
Il allait hériter des maigres mercenaires
Tout tendus de tendons comme des carnassiers.

Il allait hériter des lourds légionnaires
Sanglés dans la rudesse et la force romaine.
Il allait hériter des maigres mercenaires
Noueux et ravinés comme une écorce humaine.

Et les peuples de Rome et les légionnaires
Étaient comme des chiens rompus à toute garde.
Et les hordes d’Afrique à la face hagarde
Étaient comme des loups maigres et mercenaires.

Et les peuples de Rome et les légionnaires
Sous les centurions étaient d’énormes dogues.
Et les loups de Carthage impérieux et rogues
Sous les négociants demeuraient mercenaires.

Et les hordes d’Afrique et les durs mercenaires
Se payaient d’or, d’argent, de sang et de fureur.
Et les peuples de Rome et les légionnaires
Se payaient d’avoir fait un immense empereur.

Et ces peuples brûlés et tous ces marchands d’homme
Se payaient d’avoir fait un monde mercenaire.
Mais les peuples civils et les hommes de Rome
Se payaient d’avoir fait un monde centenaire.
 
Et ces peuples payés, ces maigres mercenaires
Se payaient d’or, d’argent, de sang et de luxure.
Mais ces peuples profonds, les lourds légionnaires
Se payaient d’avoir fait une immense nature.

Et ces peuples véreux, les maigres mercenaires
Se payaient d’or, d’argent, de luxe et de bavure.
Mais ces peuples terreux, les lourds légionnaires
Se payaient d’avoir fait une immense armature.

Ces peuples ramassés, ces brûlants mercenaires
Étaient comme des loups maigres et décharnés.
Ces peuples assemblés, ces lourds légionnaires
Étaient des chiens de garde ardents et acharnés.

Et ces peuples crevés, ces âcres mercenaires
Se payaient d’or, d’argent, de crimes et d’ordure.
Mais ces peuples sevrés, les grands légionnaires
Se payaient d’avoir fait une magistrature.

Les Romains préposés à la garde du monde
Étaient assis en rond devant les triples portes.
Et l’univers était une immense rotonde
Sous le gouvernement de deux mille cohortes.

Et les peuples payés en outre se frayaient
Une route de sang effroyable et profonde.
Mais les soldats romains en outre se payaient
Par le gouvernement de l’empire du monde.

Et les peuples payés en outre se frayaient
Une route d’horreur solennelle et profonde.
Mais les soldats romains en outre se payaient
Lampe de sanctuaire remplie d'huile. Ici, photo
de l'huile miraculeuse de Notre-Dame du Laus.
Comme les vierges sages, gardons nos lampes allumées.
Par le gouvernement de tout l’orbe du monde.

Il allait hériter des peuples mercantiles
Et du peuple nomade et des peuples marchands.
Il allait hériter des comptoirs et des champs
Et des peuples déserts et des races fertiles.

Il allait hériter des peuples inactifs
Et des peuples bourreaux et du peuple martyr.
Il allait hériter de Sidon et de Tyr.
Il allait hériter des Romains et des Juifs.

Il allait hériter des frondeurs baléares,
Du bouclier gaulois et du glaive romain.
Il allait hériter des héritiers barbares.
Il allait hériter de l’héritier latin.

Il allait hériter des cavaliers numides
Et d’Assourbanipal et de Masinissa.
Il allait hériter du rude Micipsa.
Il allait hériter des hautes Pyramides.

Et les pas d’Alexandre avaient marché pour lui
De son jeune berceau jusqu’à sa jeune mort.
Il était le seigneur de l’un et l’autre port.
Il était le seigneur d’hier et d’aujourd’hui.

Et les pas d’Hérodote avaient marché pour lui.
Il était le seigneur de l’un et l’autre sort.
Il était le seigneur de l’une et l’autre mort.
Il était le seigneur d’hier et d’aujourd’hui.

Les pas même d’Hercule avaient marché pour lui.
Il était le seigneur de l’Averne et de Lerne,
Et de la monstrueuse et sanglante caverne,
Il était le seigneur d’hier et d’aujourd’hui.

Et les pas de Thésée avaient marché pour lui.
C’est lui qu’on attendait dans les pâles enfers.
C’est lui qu’on attendait dans l’immense univers.
Il était le seigneur d’hier et d’aujourd’hui.

Les pas de Darius avaient marché pour lui.
C’est lui qu’on attendait au fin fond de la Perse.
C’est lui qu’on attendait dans une âme disperse.
Il était le seigneur d’hier et d’aujourd’hui.

Et l’Asie et l’Europe avaient marché pour lui.
Il était le seigneur de l’un et l’autre bord.
Il était le preneur de l’un et l’autre fort
Et seul Poliorcète hier et aujourd’hui.

Les pas de la phalange avaient marché pour lui,
Du fin fond de la Thrace aux portes de la Chine.
Pour lui les vieux sapins avaient courbé l’échine.
Pour lui les vents d’hiver et d’automne avaient fui.

Et les pas de César avaient marché pour lui,
Du fin fond de la Gaule aux rives de Memphis.
Tout homme aboutissait aux pieds du divin fils.
Et il était venu comme un voleur de nuit.